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e( le peuple faisaient des Processions en ce jour avec des cierges allumés, en chantant des Hymnes en l'honneur de Marie. BcnollXIV embrasse ce sentiment, et pense que si le l>apc saint Gélase abolit les Lupereales, le papeSorgius substitua aux Amburbalcs la Procession dont nous parlons, et que le peuple a designée sous le nom de Chandeleur. 11 est vrai que le pape Innocent III a émis une autre opinion : il pense que la Procession de la Chandeleur a été substituée à celle que les païens faisaient pendant la nuit avec des torches en l'honneur de Cérès. On sait que, selon la mythologie, cette déesse , désolée du rapt de Proserpinc, sa Clic, alluma des torches au mont Etna, et parcourut la terre pour tâcher de la découvrir. Quoi qu'il en soil, celte Procession n'est pas une imitation des cérémonies païennes, mais elle les a remplacées pour tourner l'esprit des nouveaux convertis a une joie bien plus réelle, au bonheur d'avoir trouvé la véritable lumière des nations dans le Verbe incarné, fils de Marie. L'illustre pape, dont nous consultons l'ouvrage, reproche à Hospinien d'avoir écrit, dans de perfides intentions, que la Chandeleur n'est qu'une imitation de cette dernière fèle païenne.
La Bénédiction des cierges et la Procession où l'on porte ces cierges allumés soul aussi ancienucs que la féte. On y chaulait des Psaumes et des Hymnes. Le Rit romain actuel leur a substitué trois Répons , dont le dernier se chante en entrant dans l'église, au retour de la Procession. En France, le cérémonial de celle dernière varie selon les Rites diocésains. A Paris, on chante deux Répons différents de ceux de Rome, et dont chacun est suivi d'une Hymne et celle dernière d'une Antienne. En plusieurs Eglises, cette Procession n'a rien qui la distingue de? autres Processions qui se font avant la Messe, ce qui semble beaucoup s'éloigner de l'ancien cérémonial. La Bénédiction qui précède se fait à peu près partout comme à Rome. A Paris , on omet la première des quatre Oraisons du Missel romain. Serait-ce parce que celle Oraison exprime formellement que la fêle est célébrée en l'honneur de la sainte Vierge? Cela nous parait probable. Le Rit de Paris n'observe pas non plus le cérémonial de la distribution des cierges par le célébrant lui-même. Les cierges y sont distribués au cierge par un acolyte. Le Rit romain nous parait plus digne. La dernière Oraison qui suit la distribution u'est pas la même dans les deux Missels.
Les Grecs placent celle féle au premier rang, et font une Procession comme dans l'Kglisc Occidentale. Guillaume Durand dit •juo la Procession de cette féte représente la marche de Marie et de Joseph pour se rendre au temple. L'ancien Rit de l'église de Saint - Aignaa , à Orléans , porte que celle féte a une Octave seulement quanti elle tombe au dimanche ou au lundi avant la Sfplugésiine. Le Rit de Rome n'a jamais eu d'Octave pour celte féle, cl Paris s'y cou forme.
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La Messe, dans ces deux derniers Rites, n'a d'Identique que l'Inlroïl . I'Ep! Ire cl l'Evan-
8ilc, ainsi que la Collecte. Quant aux autres raisons, le motif qui en a fait substituer Je nouvelles à celles du romain , est le même qui a Tait changer la dernière Oraison de la Bénédiction des cierges. Le Missel de Harlay avait conservé l'ancienne Prose : Ave , Viryo virginum, spes salutis hominum. Le Missel do Vinlimille l'a remplacée par celle que l'on connaît. Nous n'y voyons pas une amélioralion. Le Rit romain n'a pas de Proses pour celle solennité. (Voyez uymnks.)
D. Jamin , dans son Histoire des fêtes de l'Eglise, fait observer que la Purification esl, de toutes les fêles instituées en l'honneur de la sainte Vierge, la première qui ait été chômée comme le dimanche. Cela élail déjà pratiqué sous le règne de Pépin ; mais chez les Grecs, depuis son institution, elle a toujours été comptée parmi les fêles d'obligation. En France, depuis 1802, elle est supprimée, et on ne la renvoie pas même au dimanche occurrent, dans le plus grand nombre des diocèses. Du reste, lorsqu'elle y est remise, c'est contraire à l'induit de la Réduction.
VARIÉTÉS
Il est constant que dans l'Eglise Orientale, celle féte est mise au rang de celles de Noire-Seigneur. 11 en est de même dans la Liturgie Ambrosienne. Les Epbémérides du vénérable Bède lui donnent le litre de Oblatio Christi ad templum. Nous avons dit que, malgré le litre unique de Pwificalio Beatœ Muriœ Virginis, le Rit romain par l'Introït et la Préface, semble la compter parmi les fêtes de Notre-Seigneur. Le Rit de Paris lui ayant donné les deux litres de Présentation et de Purification, s'écarte sans doute du premier, mais nous ne voyons pas qu'intrinsèquement il y ail malière de blâme.
Le lexte de saint Luc, Poslquam implrti sunt dies purgationis ejus, a élé expliqué dans l'Evangile de ce jour par la substitution du mol Maria au dernier, à cause du doute
3uc le pronom pouvait laisser. Il ne s'agit onc pas de la Purification de Jésus-Christ, mais de celle de Marie. Benoit XIV fait celte observation.
Yves de Chartres, dans son Sermon Ilsur la Purification de Marie, donne des explications ascétiques fort remarquables. Selon lui. do même que la sainte Vierge porta dans ses bras l'humanité du Sauveur, dans laquelle celle heureuse Mère savait qu'était cachée la majesté divine dont la lumière éclairait nos épaisses ténèbres, le fidèle tient à la main un cierge, image de son corps, et dans la flamme de ce cierge il reconnaît la céleste lumière qui doit nous éclairer dans les ombres de notre pèlerinage terrestre. La suite de ce Sermon nous révèle un fait liturgique. Kn parlant de la cire qui a été extraite des fleurs par l'abeille, Yves de Chartres cite un passage du Prvconium paschale, tel qu'on le chantait au onzième siècle, mais qui en a été éliminé depuis Inpglcnps; c'est celui où
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Marte est comparée à l'abeille. Cm/m*, dit Yves, sicut legilur, sexum nec mascult violant uecfottus quassant. Nous transcrivons ce long passage dans l'article cjehge pascal, mais cc9 paroles n'y sont pas exactement les mômes.
La manière dont le Cantique deSiméon est chanté pendant la distribution des cierge* est digne de remarque. On appelle cela triompher. Ainsi, en plusieurs Eglises dans les grandes solennités, on triomphait les Cantiques Magnificat ci Benedictu$,cesl-k-direqn' à' près chaque Verset on répétait l'Antienne. Cela avait aussi lieu pour certains Psaumes.
Aujourd'hui encore, en beaucoup de diocèses, les Gdèlcs qui assistent à la cérémonie de la Bénédiction de la Chandeleur tiennent en main des cierges allumés que chacun re-
[>orle dans sa maison et conserve avec piété, in plusieurs provinces, c'est le cierge qu'on allume pour l'administration des derniers sacrements et qu'on Tait brûler auprès du corps après te décès. Quelque fois même on le place dans les mains de l'agonisant. On ne saurait improuver une semblable coutume lorsqu'elle est inspirée par une fui sincère.