‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 435 sur 519 · SACHE · texte numérisé non relu

SACHE

Certaines consécrations, ou même de simple Bénédictions sont appelées du nom de sttere.

Sacrer un évoque c'est l'élever à la plénimture de la puissance sacerdotale. Ici le nom •le sacre est synonyme A' ordinal ion ouù'Ordre, parce que c'est un vrai sacrement qui confère «n caractère ineffaçable, cl des pouvoirs que la personne qui est le sujet du sacre ne possédait point avant sa réception (Voyez

ÊVftQUE). * v 3

La Bénédiction des empereurs et des rois porte aussi le nom de sacre, quoiqu'elle ne donne aucun pouvoir el n'imprime aucun caractère sacramentel.

Dans l'ancienne loi, Saul et David Turent sacrés par le prophète Samuel, el Salomon par le grand prêtre. Les prophètes étaient sacrés comme les rois. Ce sacre se faisait par 1 onction d'une huile consacrée à cet effet.

Par une imitation sans doute bien louable Ue celte cérémonie de l'ancienne loi, les empereurs chrétiens voulurent être sacrés. Théodose le fut en 408 par le patriarche Proclus, et Justin II, en 565.

Les rois des Golhs .1 desFrancs, lorsqu'ils eurent embrassé le christianisme, voulurent aussi être sacrés, comme l'avaient été les empereurs dont nous avons parlé. Le premier sacre dont nous ayons un exemple, en France csl celui de Clovis qui reçut de saint Rcmi le baptême et l'onction royale. Nous n'avons pas besoin de rappeler ce que tout le monde sait sarlasom/c/lm^ou/e. on croit que l'huile sainte apportée par l ange était plutôt destinée à 1 onction baptismale qu'à celle du sacre, mais nous n'avons point à agiter ici celle question. Pourtant il vaul mieux placer l'origine du sacre, en France, au huitième siècle, lorsque Pépin déjà couronné à Soissons par saint Boni face, archevêque de Mayence, voulut être sacré parle pape Etienne qui se trouvait alors dans ses Etats.

Le cérémonial du sacre contient un grand nombre d'Antiennes el d'Oraisons qui précèdent el suivent l'action principale; qui est

0nî!,0n.: Ce,,c-ci a lieu par le consécratcur snr les diverses parties du corps du monarque consacré. Le roi reçoit des onctions sur la tote, sur la poitrine, enlre les deux épaules, «or | épaule droite, sur l'épaule gauche, à la jointure do bras droit, et à celle du bras gauche. A chacune de ces onctions, le consécrateurdil : (Jngo te in regem de oleo sanctificato tn nomme Palris et Filii et Spirilas Sancii. Amen. «Je vous oins d'huile sanctifiée pour « vous faire roi, au nom du Père, clc. »

Pendant ces onctions, le Chœur chante une Antienne qui rappelle le sacre de Salomon par le prélre Sadoc et le prophète Nathan.

roi à peu près de la même manière. Celni d «me impératrice ou d'une reine se fait a peu près avec le même cérémonial On trouve d;ins des livres spéciaux le cérémonial d'an sacre royal. Noos ne pouvions ici en donner une description complète, car notre pian nous interdit de trop longs développements. Une esquisse eût été pâle et insignifiante.

VAiutrés.

Jean Rely dans son discours aux Elats généraux assemblés à Tours, en 1483, exprime ainsi son opinion sur le sacre ; « La vertu d« « l'onction sacrée et des Bénédictions sacer - « dotales et pontificales qui se foui en la sainte « Eglise au couronnement des rois, quand ils « sonl dignement venus de lui, le font régner « en paix, en joie et en prospérité, avoir « longue vie, grande gloire et invincible sû- « reté, protection et garde de Dieu le Créa-

* leur, et des benoîts anges, de laquelle le

* roi est env ironné, défendu et gardé, etc. » Toul le inonde sait qu'en France c'esl à

Reims que le sacre de nos rois se fait par l'archevêque assisté de ses suffragants. Cependant ou a plusieurs exemples de sacres qui oui eu lieu en d'autres villes. Ainsi Pépin, Charlemagnc, Carloman, Raoul, Louis IV, Robert, Louis VI. Charles VII et Henri IV. n'ont point été sacrés à Reims. Ce dernier le fut dans la cathédrale de Chartres.

Au sacre d Alphonse roi de Naplcs, en 149V, l'ambassadeur de Turquie assista à la Messe jusqu'à la Préface, et eu ce moment, par ordre du roi, le maître des cérémonies le pria de sortir de l'Eglise: ce qu'il fit sans difficulté. Au sacre de Charles X, en 1825. un ambassadeur musulman assista à la cérémonie tout entière, sans la moindre dillicullc.

SACRÉ-COEUR (vtru ni).

Cette solennité a été inconnue, du moins dans l'Office public, jusqu'au siècle dernier. L'objet, lui-même, c'est-à-dire le culte spécial rendu au cœur de Jésus-Christ a trouvé dans les siècles précédents des zélateurs distingués par leur science et leurs vertus. On peut ciler saint Bernard, saint Pierre Damien , saint Eliéar, sainte Gerlrude , sainte Mcchlilde, sainte Claire, sainte Catherine de Sienne; mais saint Ignace, saint François Xavier et Marie Alacoque ont été presque de nos jours les principaux promoteurs de celle dévotion. Le vénérable Beizunce , évèquc de Marseille, à l'époque de la peste qui ravagea celle ville en 1720, invoqua avec éclat le Sacré-Cœur pour oblenir la cessation du fléau . el le ciel s'élanl montré propice à ses vœux, une fétc particulière fut instituée pour sqrvir de monument. Bientôt des autels, des chapelles, des communautés religieuses s'élevèrent sous l'invocation du Sacré Cwur. Les papes autorisèrent son Office en diverses contrées, principalement en Pologne. Enfin, en 1765, l'assemblée générale du clergé do Fiance, obtempérant aux vœux de la reine

Page 1