SOUTANE
On appelle Toga subtanea, robe de dessous, l'habit long dont le prêtre se revêt avant de se couvrir des ornements sacré» pour les fonctions de son Ordre. Les ecclésiastiques inférieurs usent aussi de celte robe dans le même but. Le nom de soutane dérive donc manifestement de l'adjectif latin subtannea. loge destinée à être mise sous l'habit sacré.
11 est inutile de prouver que, dans les premiers siècles , l'homme d'église ne se distinguait point de l'homme du monde par l'ba • biL Quand la paix fut rendue à l'Eglise, et lorsqu'il fut permis aux clercs de paraître en public, il fut jugé convenable qu'un habit particulier les distinguât des laïcs ; mab
auelle forme avait ce costume ecclésiastique? serait bien difficile de le dire. Le monument lo plus ancien que nous possédions de cette différence entre les clercs el les gens du monde , se trouve dans une lettre de saint Jérôme à Népotien , et dans laquelle il lui recommande de ne point se revêtir de couleurs éclatantes ni de couleurs trop sombres , qui sans doute étaient alors celles des laïques, mais encore ici , nous ne vojons pas une forme d'habit spéciale aux clercs. Du reste, la couleur de I habit nous parait avoir d'abord constitué cette distinction , puisque le Concile de Narbonne , en 588, défend aux ecclésiastiques de s'habiller d'étoffes rouges. D'autres Conciles ont fait les mêmes défenses, el ont prononcé contre les infracteurs la peine de la prison, au pain et à l'eau, pendant trente jours.
Quant à la forme même de l'habit clérical, c'est une discipline très-ancienne que de le porter long, et c'est ce que statuent un grand nombre de Conciles sous le nom de Yenis taiaris, habillement qui doit descendre jusqu'aux talons. Treize Conciles généraux , dix-sept papes , cent cinquante Concilos provinciaux el plus de trois cents Synodes, selon lo calcul du P. Richard , ont enjoint aux ecclésiastiques l'habit long : cet habit n'est autre que la loge dite subtannea ou soutane.
On croil qnc la couleur blanche a été longtemps celle de cet habit. En effet , cela
IIGI WU
Kraît conforme à la prescription de saint romo qui ne vent rien de sombre ni d'éclatant. Jusqu'ici le pape a conservé celle couleur. Les évoques et les membres du clergé inférieurs adoptèrent insensiblement d'autres couleurs, telles que le violet et le brun ; mais longtemps encore le violet ne fut pas affecté d'une manière exclusive aux. prélats. Les chanoines et les curé1* portaient des loges ou sont/mes violelles cl même rouges. Le Concile de Trente régla que le clergé inférieur prendrait une couleur tirant sur le noir. Les évéques conservèrent seuls le violet, ou bien la pourpre violette, ou encore le violet cramoisi, scion D. Claude de Vert.
Jusqu'au pontificat de Paul II, les cardinaux s'habillaient comme les évéques ; ce pape leur donna la soutane rouge , qu'ils ont toujours portée depuis cette époque.
D'après ce que nous venons de dire , il est facile de trouver l'origine des privilèges de certains Chapitres dont les membres portaient de» soutanes violettes et même rouges. Ces Chapitres s étaient simplement maintenus dans leurs droits primitifs. On peut même expliquer ainsi pourquoi les enfants de cho»ur ont encore des soutanes rouges ou violettes. C'esl un reste de l'ancienne discipline qui exigeait dans le chœur l'uniformité de couleur dans tous ceux qui en faisaient partie.
VARIÉTÉS
Dans son ouvrage intitulé : Ritus Laudufunses redivwi, M. Belollc, doyen de l'Eglise de Laon, déplore le changement survenu aux soutanes, dont le noir a remplacé la couleur violette. Il paraphrase en celte circonstance les paroles de iérémie : Sacerdotes faeti sunt in lactum ; ptagarum atrocitale mutât us est coior optimus, elc. « Les prêtres ont été cou- « verts d'habits de deuil ; la couleur exccl- « le nie du sacerdoce, par un terrible effet c des coups qui lui ont clé portés, s'est chan- « gée en une couleur lugubre, » etc.
D. Cl. de Vert raconte que M. de La vol, évéque de la Uoehelle, en faisaut la visite de son diocèse, trouva un curé qui portail la soutane violette. Interrogé sur celle singularité, le curé répondit que tous ses prédécesseurs en avaient toujours agi de la sorte; l'évéque le laissa possesseur d'une coutume qui s'était si religieusement conservée daus sa paroisse.
L'habit long ou la toge étant plus conforme à la gravité oui doit caractériser un ecclésiastique, et d'ailleurs la magistrature s'en révélant pour se rendre plus vénérable, il convient sans contredit que le ministre des autels ne paraisse en public qu'avec celte inarque de sa dignité. Cependant la soulanstle, ou babil moins long que la soutane, fut permise pour le voyage par saint Charles Borromée, qu'on ne saurait accuser de relâchement.
Kn plusieurs diocèses ir est défendu aux Lin nutK.