‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 497 sur 519 · VOILE · texte numérisé non relu

VOILE

Ce terme a plusieurs significations liturgiques. On donne d'abord ce nom à une pièce « clone carrée portant dans son milieu une croix en galon ou en broderie, et qui scrl à couvrir le calice avant l'Offertoire cl après la Communion ; il doit être de la couleur de la chasuble. Hors du temps où l'on s'en sert, le voile doit élrc placé sur l'autel à la droite du prêtre ; il ne doit jamais être employé comme nappe de communion, excepté loul au plus pour communier autour de I autel le diacre, sous-diacre et les autres ecclésiastiques. La Rulii . |iie vcul qu'un voile neuf, destiné à compléter un ornemeut déjà béni, reçoive une bénédiction spéciale.

Le voile, dont le calice doit être couvert remonte à uuc très-haulc antiquité j il en est

parlé dans les Constitutions apostoliques, où il est dit que le voile, lorsqu'il a été sanctifié, ne doit plus être employé aux usages profanes. Le cardinal Bona entend ces paroles du voile qui a servi à la Messe pour couvrir le calice. Cet auteur cile un passage du troisième Concile de Braguc, sous le pnutifical d'Adéodat autremenl D eus- Dédit, où la peine d'excommunication est portée contre ceux qui emploient à des usages profanes les toi/ri et ornements ecclésiastiques. Ce n'est point sans mystère que le calice est totalement caché sur l'autel par le voile, pendant la Messe des catéchumènes. Le Sacrifice ne commençant qu'à l'Offertoire, et jusqu'à ce moment les paroles liturgiques n'annonçant rien qui ait rapport au Sacrifice, les vases de ce dernier doivent être dérobés à la vue. Il est présuma ble que faute de connaître l'antiquité et les intentions mystiques de l'Eglise, plusieurs prêtres, surtout dans les campagnes, se contentent de placer le voile sur le calice sans le déployer. Il n'y a rien d'indifférent et de minutieux dans la plupart des pratiques du saint Sacrifice, même dans celles qui semblent, au premier aspect, n'avoir rien de bien important.

Chez les Grecs, le calice est couvert de trois voiles : le premier est placé sur le disque ou patène, le second sur le calice, et le troisième, beaucoup plus grand, couvre le tout; ce dernier est appelé aèr. Chacun de ces voiles est encensé à part, à mesure qu'il est placé ; il y a pour cela une Oraison qui a pour tilrc : Oraison du voile. Chez les Cophtes, ce dernier nom est donné à la prière qu'on récite lorsque le voile ou rideau est tiré entre le sanctuaire et le peuple, pour dérober à celui-ci la vue des mystères. Il est vrai que ce nom, comme nous l'avons dit* est employé en divers sens. Ainsi, dans l'ancien Rit gallican il existait un usage qui est tombé en désuétude : on étendait sur tout l'autel un voile qui le couvrait en entier. On voit que c'élail une tradition orientale. AujOurd hui encore, à Notre-Dame de Paris, ou tend pendant le Carême un voile entre le sanctuaire cl le chœur, et il est replié le Mercredi saint en deux parts, aux paroles de la Passion : Et vélum t empli scissum est. Le cardinal Bona déclare que des personnes dignes de foi lui ont assuré que dans quelques églises de la France on observait cette coutume : Ejususum adhuc vigere in quibusdam Ecclesiis Gallicanis a viris doclis et fide di~ gnis intellexi. Nous ne connaissons que l'Kglise de Paris qui conserve jusqu'à ce jour ce vestige d'antiquité parmi tant d'autres qui sont tombés dans le plus profond oubli.

Les noms latins vélum, palla, pallium, sudarium, sudariolum, sindo, orarium, se traduisent souvent par celui de voile. Néanmoins dans l'espèce, ils ont des significations particulières, comme pallc, purificatoire, corporal, nappe, couverture d autel, manutergt, etc. Nous en parlons en autant d'articles.

Sous le nom de voile on entend aussi une pièce dt toile ou d'étoffe légère dont on se

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