AUMUSSE
Cet habit de chœur tire son nom du vieux mol Musser, qui signifie se cacher. Au mussant équivalait autrefois à ces expressions: Au soleil couchant ; d'autres prétendent que ce mot n'est que la corruption de haut mis, ce qui convient très-fort à un vêlement destiné à couvrir la tète. Les grammairiens tirent le mol latin Almutiam , d où est venu d'abord Almusscel ensuite Aumusse. du verbe Amicire. Amictum, couvrir. Le choix esl a faire.
Quand l'Office canonial se faisait rigoureusement aux heures qui en portent encore le nom, les chanoines pour se prémunir contre la rigueur de l'hiver, dans les pays froids, se couvraient pendant les Heures de la
nuit d'une fourrure qui protégeait la lêle et les épaules. Ce ne fui, dans le principe, qu une fourrure en forme de capuchon. Caputtum foderatum. Plus tard on alongea ces capuchons afin qu'ils défendissent les épaules; mais en été celle fourrure eût été incommode, on se contenta de la placer sur les bras. L i forme, la couleur, la manière de se semr de cet babil de chœur, varient presque dans chaque diocèse où l'on en fait usag Aujourd'hui en plusieurs cathédrales du nord de a France, Vaumuise n'est plus qu un objet de pur cérémonial ; en tout temps, ou la porto sur le bras gauche.
On a donné le nom à'aumusson à la capuche fourrée donl on se servait pour couvrit la tête. Vaumusse de cérémonie a encore un aumusson qui n'est qu'une petite poche, simple souvenir de Vmmusson primitif ; clic sert a mettre le Bréviaire.
LITUIICIE
En 1242, les chanoines réguliers de Can- (orbéry obtinrent du pape Innocent IV la permission de se couvrir fa léle pendant les offices, pour se préserver de l'inclémence du climat de l'Angleterre. Le Concile de Basic permet d'user, dans le même but, d'un bonnet qui y est appelé birelum d'où est venu le berrel ou barrette. Celle barrette était d'ailleurs commune à tout le monde ; il ne s'agissait que de lui donner une forme ecclésiastique. Le continuateur de Nnngis parle de Vaumusse ou barrette que portaient l'empereur Charles IV et le roi de France Charles V dans l'entrevue de ces deux princes.
A Saint-Martin de Tours, le célébrant portail Vaumusse depuis le commencement de la Messe, jusqu'au moment où il avait entonné Gloria in exeelsis.
On lit dans les annales de Bayeux, que vers la lin du treizième siècle le doyen de la calhédrale fit réformer les aumusses qui étaient trop longues. Fecit aliquibus eorum qui deferebant almulia* nimis longas sibi res~ cindi. On se plaignait dans la même Eglise que les aumusies étaient fourrées de peaux d'agneaux blancs au lieu d'être noires ou fauves.
On trouve de longs et curirux détails sur cet objet, dans l'ouvrage de D. Claude de Vert, qui y a fait graver dos modèles des aumusses et des barrettes : nous devons nous borner à ce que nous venons de dire.
Plusieurs Eglises du nord de la Franco remplacent ces aumusses par des camails et des manteaux de choeur, pendant l'hiver.
[Voir CAM AIL.)
On voit dans l'ancien cloître de l'Eglise de saint Maurice à Vienne, en Dauphiné, dit Lebrun Desroareltes , quelques anciennes peintures assez bien conservées, l'une desquelles représente une procession. « Les « chanoines y ont la chasuble et Vaumusse par- « dessus (comme à Rouen en hiver). » Ce qui prouverait que les contrées méridionales avaient aussi adopté Vaumusse pour l'Office canonial. Mais en général Vaumusse est rare dans les pays méridionaux, tandis qu'il est peu d'Eglises septentrionales qui ne l'aient pas adoptée.
Le onzième Ordre romain dit qu'après la Messe du Jeudi saint, le pape rentré dans son palais de la Basilique de saint Laurent, se dépouille de ses vêlements jusqu'à la dalmalique, el que, plaçant sur son cou une peau, il s'assied, et posita pelle adcollum ejus sedet. D. Manillon en conclut que beaucoup d'ecclésiastiques mettaient Vaumusse sur le cou pour fc garantir du froid, sic almulia (qwe voeanl) r.onnulli collo circumponebant contra frigus. Celle peau dont parle I Ordre romain était sans doute une espèce d'aumusse; au surplus, le cainail du pape esl garni de fourrures. AUTEL.
Quelques auteurs anciens feraient penser que les chrétiens primitifs n'avaient point d'autels. Ainsi Origène a dit que chacun a pour autel sou âme cl sa pensée d'où s'é-
CATIIOLIQL'E. M
lèvent au ciel les parfums de bonne odeur» c'est-à-dire les prières d'une conscience pure. Il en est de ceci comme des temples dont les premiers chrétiens répudiaient le nom, pour ne pas imiter le langage «les païens. Il est incontestable que le christianisme prirait'f eut des autels; seulement ce* autels différaient de ceux de l'idolâtrie, en ce que l'on n'y sacrifiait point et que l'on n'y brûleil point de victimes. Aussi nous voyons que les chrétiens avaient soin de donner à leur autel le nom d'allare, tandis que le paganisme le nommait ordinairement ara, expression commune aux Grecs et aux Romains. L'étymologie d'allare ne peut donner lieu à des discussions sérieuses. La position élevé d'un autel explique l'origine du terme alla res, ou bien alta ara. L'autel du paganisme ne s'élevait sur aucune marche.
La table sur laquelle le divin Sauveur institua l'Eucharistie, la veille de sa mort, est le premier autel de la loi nouvelle. C'est en mémoire de cette ineffable institution du sacrifice chrétien que les autels ont la forme d'une table. Aussitôt que les apôtres consacrés par Jésus-Christ lui-même, comme prêtres de la religion chrétienne offrirent le saint Sacrifice, ils le célébrèrent sur un autel, c'est-à-dire sur une table carrée, de la même forme que celle de la Cène eucharistique pour imiter le plus exactement qu'il leur était possible ce que le divin fondateur leur avait ordonné de faire, selon l'exemple qu'il leur avaitdonné. Il esl donc certain que ces premiers autels furent de bois et l'on conserve à Rome Vautel de bois sur lequel une vénérable tradition nous apprend que saint Pierre a célébré la Messe.
L'Eglise jugea pourtant qu'il était plus convenable que les autels fussent en pierre , se fondant sur ce que dit l'Ecriture sainte que Jésus-Christ est la pierre angulaire de l'Eglise. Mais pendant quelques siècles, ce ne tut point une règle positive, car en même temps que nous voyons des Pères tels qu«» saint Grégoire deNysse et autres qui parlent d'autels de pierre , nous en voyons d'autres comme saint Optât, et saint Augustin qui font mention d'autels de bois. L'histoire ecclésiastique nous apprend, à son tour, que Constantin fit présent à l'église d'Antioche , bâtie par ses ordres , de sept autels d'argent pur qui ensemble pesaient deux cent soixante livres. Le cardinal Bona pense très-judicicuscmcnt que dans les temps de persécution, les autels étaient faits de bois pour pouvoir se transporter plus facilement d'un Heu en un autre , l'usage a dù en être à peu près universel. Mais lorsque la paix fui donnée à l'Eglise, les autels furent faits de pierre. Le concile d'Yene , en 509 , défend de consacrer par l'onction du saint chrême tout autel qui ne serait pas de pierre. Nous parlerons tout à l'heure de la consécration des autels.
Quelle était la forme de V autel et de son support? Il n'y a jamais eu de règle bien positive sur ce point. Ce qu'il y a d abord de certain c'esl que Vautel fixe étail toujours placé sur la tombe d'un saint confesseur, ou