AUT
que l'on mettait sous Yaulel si non on corps entier, -du moins des reliques considérables d'un ou de plusieurs martyrs. C'est ce qui fait dire à saint Jean dans l'Apocalypse : Yidi subtus altare animai interfectorum propter rrrbum De t. Les autels, lorsque le corps était renfermé dans le sépulcre, pouvaient donc être d'une forme massive qui recouvrait les précieux restes. Mais lorsque Y autel était luimême le sarcophage il devait être creux et c'est assez généralement la forme des anciens autels. Mais celle-ci devait nécessairement être variable. Aussi l'histoire ecclésiastique nous parle d'autels soutenus par deux ou quatre colonnes. Des bords de la table pendaient des rideaux ou courtines qui préservaient de la poussière la sainte relique. Quelquefois c'était une maçonnerie de quatre murs supportant la table du sacrifice sous laquelle était renfermé le corps du confesseur ; plus tard, lorsqu'il n'a pas été possible d'avoir une relique considérable, on pratiqua dans la table même de l'autel une ou plusieurs petites cavités où l'on plaça des fragments d'un corps saint. C'est ce qui se pratique aujourd'hui et depuis plusieurs siècles, <*t cette civile a -conservé encore dans Je langage liturgique le nom de tombeau.
Nous distinguons deux sortes d'autels. Les premiers sont des pierres d'une dimension assez grande pour recevoir tous les objels accessoires du saint sacrifice. Leur support ordinairement de pierre est censé ne faire qu'un tout et reçoit une seule et même consécration. C'est l'autel fixe. Les seconds sont des pierres d'une surface suffisante pour recevoir le calice et 1 hostie, lorsque celle-ci est placée sur le corporal. C'est l'autel mobile que l'on appelle ordinairement la pierre sacrée. Celte pierre est incrustée dans une table ou de pierre ou de bois, mais cette table ne reçoit aucune consécration. Celle différence mérite d'être nolée , surtout en ce moment ou des archéologues peu ou nullement versés dans les matières liturgiques confondent avec le véritable autel ce qui n'en est que la table ou le support. Les autels mobiles ou portatifs sont aujourd'hui infiniment plus communs que les autels fixes.
Quelques-unes de ces pierres sacrées sont Me marbre , mais plus habituellement d'ardoise. Celte espèce de pierre se trouve en abondance aux environs d'Angers. De là lui rient le nom de petra andensis, pierre andoise et par corruption, ardoise. Ce qui a beaucoup contribué a faire adopter généralement les autels portatifs c'est qu'ils conservent leur consécration quoiqu'on les change de place. Ils ne la perdent que par leur rupture ou par celle du sceau qui était apposé sur l'excava- . lion ou tombeau qui contient les reliques, (H surtout si ces dernières en ont été enlevées. ' L'autel fixe perd sa consécration , 1* lorsque l'église perd la sienne. $' Lorsqu'il est considérablement détérioré. 3e Lorsqu'cn le transportant ailleurs la pierre-table a été séparée de ses supports avec lesquels clic no forme qu'un seul tout. V1 Lorsque les reliques dool il était enrichi n'y sont plus.