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Dans les premiers siècles les autels étaient suffisamment consacrés par la célébration des saints mystères. Saint Grégoire de Nysse s'explique, a ce sujet , en ces termes :Quo- Ttiam Dei cul lui consecralum algue dcdicalion est ac benediclionem accepil , mens a sancta altare immaculatum est. « L'autel est pur et « saint parce qu'il a été consacré et dédié au « culte de Dieu et qu'il en a ainsi reçu une « bénédiction qui a sanctifié la table. > Mais saint Chrysostome est encore plus explicite : Hoc altare nalura quidem lapis est; sanctum autem ef/lcitur postguam corpus Christi excepit. « Cet autel n'est par sa nature qu'une « pierre, mais il devient saint lorsqu'il a porto « le corps de Jésus-Christ, » Vers la fin du cinquième siècle , et surtout au commencement du sixième , l'Eglise ordonna que les autels reçussent une consécration spéciale. On pourrait cependant conclure de plusieurs
{>assages d'écrivains du quatrième siècle que 'autel était béni ou sanctifie par un Rit avant d'y célébrer la messe. Ici, comme pour tout ce qui lient à la Liturgie, il y a eu développe* ment progressif. La Bénédiction ou consécration des autels se fil d'abord par quelques « courtes prières et une onction d'huile sainle. On ne pouvait oublier le trait biblique de Jacob versant des parfums sur la pierre qu'il érigea comme un monument de la vision miraculeuse. Enfin l'Eglise établit un Rit trèséli-ndu pour ectie consécration. Les autels fixes sont ordinairement consacrés en mémo temps que l'église est solennellement dédiée. Les autels portatifs sont consacrés en particulier dans la chapelle épiscopalc ou ailleurs, et en tout temps. Nous allons présenter succinctement le cérémonial de celte consécration qui ne diffère de la première que par la solennité. L'évéque doit élrc à jeun. L'autel portatif est aspergé d'une eau bénite dans laquelle on a mis du sel, de la cendre et du vin que l'évéque bénit séparément par plusieurs Oraisons. Celte aspersion se fait par un Rit spécial. L'évéque trempe le pouce dans l'eau et en fait cinq croix sur la pierre, en disant : SanctiÂcetur et consecretur hœc tabula in nomine Patrie, etc. « Que cette pierre soit sanci tifiée et consacrée au nom du Père, etc. » Puis, de la même eau, U fait quatre signes de croix aux quatre angles, du colé opposede la même pierre, en répétant les mêmes paroles. Ensuite on récite le psaume Miserere sans Gloria Patri, et l'on répète l'Autierno Asperges, qui avait été récitée avant le Psaume. Pendant ce temps, le pontife, par le moyen d'un aspersoir fait d'hyssope, asperge trois fois les quatre parties latérales de la
1>ierre, et termine par une Oraison. Pendant 'Antienne Dirigatur oralio meaticul incentuin in conspeciu tuo, Domine, «Seigneur, que ma Prière monte comme cet encens, jusqu'au pied de votre trône, • il encense trois fois la pierre, tout autour, el commence l'Anlieuiu: Erexit Jacob lapidem in titulum fundens oleum desuper, a Jacob érigea la pierre comme ■ un monument, el l'arrosa d huile. » Ceci est, comme nous l'avons dit, un précieux
^ÙTI'IICIF. CATIIOIJQUE.
souvenir du premier autel érigé sur la (erre, nous la loi de nature. Il ajoute les belles paroles du Psaume : Quam dilecta tabemacula, « Que vos iabcrnacles me sont chers, ô Dieu « dos vertus ; mon âme est défaillante de « l'excès des délices qu'on y goûte, » Ici. comme au Miserere, la fin du Psaume ne se termine point par le Gloria Patri : co serait une preuve de la haute antiquité de cetto consécration. Pendant ce Psaume, l'évéquo fait cinq onctions de l'huile des catéchumènes sur la pierre, pareilles à celles faites avec l'eau, en prononçant les mêmes paroles; il encense encore la pierre comme la première fois, en répétant l'antienne Dirigatur. Une Oraison, précédée de la génuflexion, est récitée. On commence l'Antienne Mane surgens Jacob, etc., où l'on retrace plus amplement l'action de ce patriarche. Le Psaume : Bonum est confileri Domino est commencé. Pendant qu'on le récite, l'étéquc fait des onctions sur l'autel avec la même huile, cl l'encense pour lu troisième fois, le tout selon lo Kit précité. Une Oraison, précédée de la génuflexion, est récitée. Le pontife impose l'Antienne Vnxit te Deus, Deus luus oleo lœtiliœ prœ consorlibus luis, a Ton Dieu n ré- « panuu sur loi une onction de joie qui te « gratifie d'un privilège particulier, » et on commence le Psaume : Deus noster refugium et virtus. Pendant le Psaume, une onction d'huile du saint chrême est faite sur l'autel, et un qualrièmc encensement a lieu avec répétition de l'Antienne Dirigatur. Suit une troisième Oraison précédée de la génuflexion. Lorsqu'elle est terminée, l'évéque oint du
. saint chrême le tombeau où doivent être placées les reliques, en changeant dans la formule les mot* turc tabula en ceux hoc seputcrum. Après ce Rit, il met les saintes reliques dans celle cavité, avec trois grains d'encens qui en forment comme le sceau. Il ajoute une Oraison, suivie de l'antienne Ecce oilor filii mei sicut odor agri pleni, cui benedixit Dominus, etc. Ce sont les paroles d'Isaac a Jacob : • Voici l'odeur de mon fils, pareille ■ a celle que répand un champ fertile sur « lequel repose la bénédiction du Seigneur; « que Dieu le fasse croître comme le sable « de la mer, et que la rosée du ciel s'épanche « sur loi comme une Bénédiction. » C'est ainsi que l'Kglisc sait faire un choix admirable (les traits de l'Ancien Testament, ombre des biens à venir, pour les appliquer à la réalisation de ces biens, sous la loi de grâce. On récite le Psaume Fundamenla ejus m montibus sanctis. Pendant ce Psaume, l'évéquo verse sur la pierre l'huile des catéchumènes et le saint chrême, de manière à ce que tout Yautcl en reçoive l'onction. Il adresse ensuite aux assistants celle admonition, qui doit être entièrement retracée, parce qu'elle exprime la destination de l'autel chrétien :
'Lnpid'm hune, [mires carissimi. in quo unguenlum sacra unctionis effunditur,ad sus ci pienda populi sui vota et $acri/iciat>rcmus ut Dominus noster benedicat et consecret,etquod est unctum a nobis sit unctum in nomine ejus, ut plebis vota suscipiat et altart per sacrant
unctionem perfecto dum propitiationem sacrorum imponimus, ipst propitiatoree Dei essemereamur. PerJesumCnristum Dominusn nostrum, qui cum te et Spiritu Sancto vieil et régnât Deus, in secula seculorum , amen. « Prions, chers frères, Notre-Seigneur de « bénir el de consacrer celle pierre sur la- « quelle nous versons l'huile d'une sainte « onclion, et qui est deslinée a recevoir les « vœux et les sacrifices du peuple. Prions-le « de regarder comme faite en son nom l'onc- « lion que nous faisons de nos mains, afin ■ que cet autel reçoive les voeux des fidèles, « el que la pierre, ayant comme revêtu une « nature supérieure par cette onclion, nous « méritions nous-mêmes de devenir ministres « de li propilialion, pendant que sur celle « pierre nous plaçons l'auguste victime de la « propilialion (ou au moment où la victime a propitiatoire s'y oiTrc elle-même par nos « mains). »
On récile l'Antienne jEdificavit Moyses altare Domino Deo. Après l'autel primitif de Jacob, on devait faire mention de Yaulel de la loi de Moïse, seconde révélation plus intime que la loi de nature. L'évéque récile une prière et ensuite bénit l'encens par une autre Oraison; il forme de sa propre main cinq croix, faites chacune de cinq grains d'encens, et les fixe sur les quatre angles cl le point central de la pierre, qui ont reçu les précédentes onctions. Puis, sur chaque croix il place cinq petits cierges qui ont aussi la forme d'une croix. On allume les cierges, el l'évéque, se incitant à genoux devant l'autel, commence l'Antienne qui est une invo— calion au Saint-Esprit : Alléluia. Veni, Sancte Spiritus, reple, etc. Quand l'Antienne est finie, le pontife se relève, el on récile deux Antiennes qui parlent des parfums que Tango faisait fumer dans des cassolettes d or, selon la vision de l'évangéiiste saint Jean. Ces Antiennes sont suivies d'une prière précédée de la génuflexion. Lorsque l'encens el les cierges sont consumés, l'évéque récile une autre Oraison suivie d'une plus longue, en forme de Préface. Celle-ci est accompagnée d'une Antienne, Confirma hoc, Deus, etc., avec le Gloria Patri. C'est la seule fois qu'on récite la petite doxologie pendant toute la cérémonie. Une autre Oraison est récitée. Enfin on commmence une dernière Antienne : Offrait terra adoret te, etc. : « Que toute la terre vous a adore , ô mon Dieu , qu'elle chante vos « louanges , qu'elle entonne des Psaumes « pour exaller la gloire de votre nom.» Celte Antienne esl suivie de l'Oraison finale.
Aucune autre consécration ou bénédiction ne se fait avec un aussi grand nombre d* croix. La pierre sacrée elle-même porte cinq croix gravées, et en y comprenant les signes de croix que l'Evéque fait sur l'eau, le sel, la cendre et le vin, dont il asperge Yaulel, il fait sur celle pierre, soit de la main seule, soit avec les saintes huiles, soit avec les grains d'encens, près de deux cents signes de croix.
Nous avons cru devoir donner à la consécration des autels une étendue plus considô*
(arts r*