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et il faut convenir que c'est la position normale des autels. Plusieurs cathédrales ne France ont leur grand autel placé de celle manière. 11 est vrai que le célébrant y tourne le dos au peuplé, contrairement à ce qui se pratique à Rome, mais c'est pour une raison que nous expliquons dans l'article Egusr. Pourquoi donc voyons-nous dans plusieurs églises anciennes V autel appliqué contre l'abside? Lorsqu'au lieu de suspensorium ou colombe suspendue qui contenait la sainte Eucharistie, on a placé sur V autel des tabernacles accompagnés de gradins destinés à
?orlcr des chandeliers, lorsque surtout on a levé des retables plus ou moins considérables, l'isolement de Vaut et au milieu du sanctuaire n'a point semblé possible. On l'a donc reculé cl appuyé contre les parois absidalcs. Toutefois, plusieurs églises ont admis les tabernacles et les gradins sans cesser de conserver leur autel isolé ; mais le Clergé, conservant son ancienne place au rond-point de l'abside, est devenu comme étranger aux augustes cérémonies du saint Sacrifice dont il ne peut être témoin, tandis que le peuple auquel on dérobait anciennement la vue de Yautel en jouit maintenant seul dans ces églises.
L'autel antique était surmonté d'un Ciborium ou baldaquin (Voy. ciboire); il avait quelquefois la forme d'un tombeau. Plus ordinairement la (ablc était portée sur des colonnes ; mais afin de préserver de la poussière les reliques qui étaient placées sur cette table, on environnait Yautel de rideaux. Le parement ou iour d'autel que nous y mettons encore servait à couvrir les tringles qui supportaient la tenture. Nous n'avons pas besoin de faire connaître les altérations successives qu'on a fait subir à ces rideaux. Sous le nom de contre-table ou de retable, • on a placé sur le devant des bas-reliefs de bois, de marbre, de mêlai, ou bien des tentures de soie enrichies de broderies et encadrées en forme de tableaux. Quelquefois même la contre-table est un tableau peint On comprend que l'Eglise a dû laisser beaucoup de latitude pour ces décorations accidentelles. Depuis que les couleurs des orne» ments sacerdotaux ont été réglées, ces tentures, lorsqu'elles sont faites d'étoffe, varient selon la qualité de l'Office.
Dans quelque position qu'il soit, Yauteleat élevé sur quelques marches. Plusieurs liturgistes veulent que le nombre en soit impair. Certains Rituels veulent qu'il y ait au moins trois marches, et jamais plus de cinq. Néanmoins Yautel de Saint-Pierre de Rome est élevé sur sept gradins. Trop souvent,- pour la construction et la position des autels, on ne consulte qu'un goût arbitraire, sans su mettre en peine d'interroger les traditions de l'antiquité, cl trop souvent encore c'est l'architecte on le décorateur qui imposent leurs devis aux recteurs des églises auxquels il appartiendrait cependant de diriger avec autorité les constructions et les embellissements. Nous parlons ailleurs des décorations accessoires des autels, telles que le tabernacle, ici
chandeliers, la croix, les nappes, etc. Scion les régies liturgiques, Y autel ne doit recevoir
2ue les vases nécessaires au sacrifice, le vre ou missel, les carions, la bourse, l in— «trumenl de paix, clc. On ne doit jamais y poser ni bonnet carré, ni calotte, ni gants ni mouchoir. Le sentiment seul de la convenance fait comprendre la sagesse de ces régies. Mais celles-ci, qui excluent les divers objets quo nous venons d'énumérer n'existent que depuis le temps où l'autel a pu recevoir plusieurs accessoires. Anciennement il n'y avait sur l'autel ni livre, ni carions, ni croix. La table du sacrifice ne portait que les vases sacrés. Cet autel isolé était entouré d'une balustrade communément de bois, can~ ceilis ex ligno fubricatis. Le luminaire était porté par les acolythes qui se tenaient autour de l'enceinte dans laquelle le célébrant et ses ministres pouvaient seuls entrer. L'Eucharistie pour les malades était conservée dans le sacrarium ou secretarium, sa-» cristie, ou bien dans une armoire pratiquée dans le mur latéral. Plus lard on la suspendit sous le ciborium. I) est aisé, d'après cela, de comprendre que ['autel ne supportait que ce qui était absolument indispensable pour le sacrifice; c'est pourquoi on le trouve dans les anciens Pères et même dans les Epi très apostoliques assez fréquemment nommé la sainte Table, la céleste Table. Nous ferons observer à ce sujet que Ton applique ordinairement aujourd'hui ces qualifications â la balustrade où le communiant se place pour recevoir l'Eucharistie. On le peut sans aucun danger pour la pureté du dogme , mais ce n'est pas le sens que donno 1 antiquité chrétienne è ces expressions.
VARIÉTÉS
Génébrard, dans sa liturgie apostolique, fait observer que Vautel, de quelque dimension qu'il soit, doit être d'une seule pierre pour mieux représenter l'unité de la personne de Noire-Seigneur, que l'Ecriture appelle petra et tapit, par allégorie et mystère. Ainsi pour ce qui regarde Vautel fixe, la table supérieure doit être toujours d'une seule pièce. 11 n'existe pas d'autels formés d'un seul bloc, parce que toute table de sacrifice doit figurer, d'une manière plus ou moins fidèle , une pierre de sarcophage. L'auteur que nous venons dc-ciler dit avec raison que tout autel est une table, mais que toute table liturgique n'est point un autel. Point d'autel sans sacrifice.
L'bistoiro ecclésiastique nous fournit do très-curieux documents sur la richesse des anciens autels, avant qu'une discipline sévère n'eût ordonné qu'ils fussent faits de pierre. Sozomène raconte que l'impératrice Pulchérie, sœur de Théodose le jeune, fit présent d'une table d'autel toute d'or pur, garnie de pierreries. Anastasc le bibliothécaire rapporte que le Pape Sixte III fit faire un autel d'argent très-pur, qui pesait trois cents livres, et dont il enrichit l'église de Sainte-Marie-Majeore.ll ajoute que le Pape llilairc en plaça
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un semblable dans l'église de Saint-Laurent, et qu'il y avail employé quarante marcs de ce métal.
L'Eglise ne blâme point la coutume assez répandue d'orner de fleurs les autels. Néanmoins les autels des cathédrales où l'on conserve plus de respect pour les anciens usages, n'en sont jamais décorés. Au moyen âge Vautel était orné de riches étoffes aux jours des grandes solennités, cl principalement au saint jour de Pâques. En cette dernière félo on couvrait l'autel d'un voit» noir pendant le premier nocturne. Ce voile signifiait la loi de nature. Au second nocturne il était remplacé
Kr un voile gris-obscur, symbole de la loi de jïsc. Enfin au troisième nocturne on couvrait Vautel d'un voile rouge qui figurait la loi de grâce sanctionnée parle sang de Jésus- Christ 11 était enlevé après le Répons. Chex les Arméniens, Vautel est toujours isolé au milieu du sanctuaire, comme chez les Grecs, mais il n'est point porté comme chez ces derniers, sur des colonnes, ni surmonté d'un Ciboire. Le retable est orné de trois croix, sans doute pour mieux représenter le Calvaire. Ils placent, comme nous, des chandeliers sur l'unique gradin de ce retable. Il est inutile de dire qu'il n'y a chez eux comme chez les Grecs qu'un seul autel par église, quelque grande qu'elle soit. La raison en est qu'on n'y dit jamais, comme dans tout l'Orient , qu'uno seule Messe en un mémo jour.
Outre les exemples de Messes célébrées sans autel dans les siècles de persécution, nous lisons dans le Pamitentiale de Théodore de Cantorbéry , au septième siècle, qu'un Evéque peut dire la Messe en pleine campagne, pourvu qu'un Diacre ou un Prêtre , ou lui-même tienne dans ses mains le Calice et l'Hostie. La discipline actuelle n'admettrait
Ïioint une célébration de cette nature. Pour aciliter la célébration du saint Sacrifice en voyage, on permit les autels portatifs dont nous avons parlé, et qui sont aujourd'hui les plus communs. On lit dans la vie de Vulfran, Evéque de Sens, qu'il portail en voyageant un autel en forme de bouclier, clypei, et que cet autel, consacré aux quatre angles, renfermait au milieu quelques saintes Reliques. Les Grecs n'admettent dans leurs églises que des autels fixes ; mais ils ont des autels portatifs faits de linges bénits, auxquels ils donnent le nom d'anlimensia, autels supplémentaires.
11 y a diversité de sentiments sur ce qu'il faut appeler côté droit et côté gauche de l'uutrl. La question n'est pas difficile à décider. On appelait côté droit celui qui élail à la droite du célébrant quand celui-ci avait la visage tourné vers le peuple, comme aujourd'hui lorsque le Pape officie â Vautel de Saint-Pierre. Ainsi en entrant dans l'église le côté droit était ce que nous appelons aujourd'hui le côté de l'Evangile, et qui est le côté gauche du spectateur tourné vers Taule/. Ce qui explique pourquoi dans les églises décorées des statues des Apôtres saint Pierre et saint Paul, la première esl habituellement
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ilu côté de l'Evangile. Lorsque l'ancien usage a été remplacé par la coutume présente, le rôt»' droit àeVautel est devenu relui qui est à la droite du célébrant ayant le dos tourné tux Gdèles; cl dans ce cas, quelle que soit l'oricnlalion de l'église; le côlé droit est aujourd'hui le même que celui du peuple tourné vers Vautel. Néanmoins à Saint-Pierre de Rome, quoique l'ancienne position du prêtre à Vautel soit observée, on nomme côlé droit, comme ailleurs, la partie qui est à la droite du spectateur, quoique par rapport a Vautel, ce soit le côlé de l'Evangile.
L'autel de Saint-Pierre de Rome présente tous les vestiges de l'ancienne discipline. Ao-dessous de cet autel est le tombeau qui renferme le corps du prince des Apôlres; il porte le nom de confession, qui est l:i même chose que le martyrium des premiers siècles. L autel est isolé et tourné à l'orient parce que l'église est dans la direction du levant au couchant. A ses quatre angles ou carnes s'élèvent quatre colonnes torses de bronze doré supportant un baldaquin ou ciborium, couronné de la croix. L'autel n'a point de tabernacle, mais sur le gradin peu élevé s'élèvent s««pl chandeliers. Le pape seul peut y célébrer. Il est rare que cepriulége soit accordé même aux cardinaux. Ce privilège rappelle l'ancienne discipline selon laquelle l'évéque seul célébrait la Messe; entouré de son presbytère qui recevait la communion de ses mains. Quelques autels portent le nom de privilégiés parce qu'il y a des indulgences particulières qui y sont attachées. Certains auteurs pensent qu'on ne peut faire remonter l'origine de ces autels au delà du ponlifiratdc Grégoire XIII, élu en 1572; d'autres la reculent jusqu'à celui de Jules III, qui concéda un privilège de ce genre, le 1" mars f ool.Pascbal 1" accorda, selon quelques-uns, en 817, un privilège à l'autel de l'église de Sainte-Praxêde. En vertu de la constitution d'Innocent XL le 24 mai, 1688, toutes les Messes célébrées sur les autels privilégiés aux jours où il n'est point permis d'en dire de Hequiem, peuvent s'appliquer avec les mômes indulgences que si l'on avait célébré la Messe des morts. Benoit XI 11. par sa bulle Omnium salut i, accorda les indulgences d'auttlê privilégies à toutes les églises patriarcales , métropolitaines et cathédrales. Clément XIII départit la même faveur à toutes les églises paroissiales, à condition que ce privilège serait renouvelé tous les sept ans. II établi! aussi qu'au jour de la Comméraoraison générale des trépassés tous les autels, de quelque église que ce fût, jouiraient des indulgences de Vautel privilégié. Mais le privilège accordé par Clément XIII ne peut être appliqué que par les évéques à qui on en fait la demande, tandis que pour en obtenir In prorogation il faut 6'adresser directement nu saint-siège. Cette décision est de Pic VII, dans un bref adressé à l'évéque du Mans.
On trouve dans quelques Rituels la formule de la Ilénédiclion d'un autel. Ce dernier mot ne peut S'entendre de l'autel proprement dit, l.xc ou portatif, puisqu'on ne peut y dire la
LlTOMII.
.Messe sans qu'il ait été consacré. Il s'agit donc de la tabte de Vautel et de ses accessoires, tels que les marches, les gradins superposés, la lable elle-même sur laquelle est placée la pierre sacrée et sa contre-table ou devant à'autel. Il faut pour celle Bénédiction un piuvoir concédé par l'évéque. Celte Bénédiction se fait par une première Oraison suivie des Litanies et dë deux autres Oraisons. On y fait des aspersions et des encensements. Le Rituel du diocèse de Paris ne contient aucune formule dcBénédiction de relié nature.
Outre l'autel principal de la basilique (le Fainl-Pierre à Rome donl nous avons parlé, les autels des églises de Saint-Jean dcLatran, de Saint-Paul extra muros, et de Saihtc-Marie-Majciirc sont réservés au pape, et les cardinaux eux-mêmes ne peuvent y célébrer sans une dispense pontificale portée dans uno bulle qui est affichée à une carne de Vautel. Ce sont les quatre patriarcales de la ville de Rome, auqncllcs on joint quelquefois Saint- Laurcnl extra muros ( Voy. église).
AÙTO-DA FÉ.
C'est ainsi que les Espagnols nomment la cérémonie dans laquelle sont promulgues les jugements du tribunal de l'Inquisition sur les personnes accusées d'hérésie. Pendant la lecture des divers procès on s'interrompt pour lire une profession de foi à laquelle doivent prendre part les accusés, et celle profession s'appelle Acte de foi, ou en langue espagnole Auto-da-fé. Celle cérémonie, quoique faite avec un appareil religieux, ne" peut
f joint cependant être mise au rang dès Riles ilurgiques. Nous avons cru néanmoins devoir en dire quelques mots, afin que nos lecteurs puissent en avoir une idée s'ils n'ont pas sous la main des documents plus étendus. Du reste ce n'est plus en ce moment qu'un sim-
[ilc souvenir, car en Espagne et en Portugal es tribunaux d'Inquisition sont abolis depuis un grand nombre d'années.
Lorsqu'il dotait y avoir un Auto-dà-fé, le jour en était annoncé au prône des paroisses. Les inquisiteurs l'annonçaient aoSsi sur les places publiques avec un grand appareil. Au jour indiqué toutes les clôchcs étaient mises en branle dès le matin. Les patients qui devaient figurer dans cètte triste cérémonie étaient revêtus dés hxbils qui marquaient le genre de Supplice qu'ils devaient subir. Ceux qui étaient destinés au feu portaient des espèces de daim a tiques chamarrées' de flammes qui montaient, et de démons. Ils avaient en outre sur la léte de grands bonnet* en forme de pain de sucre. Ces bonnets étaient couverts de peintures semblables à celles de la dalmatique. Les accusés qui ne devaient point subir la peine de mort portaient des bonnets et des dalmatiqués dont les flammes peintes descendaient. On donnait a chacun un cierge de cire jaune. Lorsque tout élait préparé l'on se mettait en procession pour aller sur la pl.ire 06 l'exécution devait avoir lien. Celle procession étal; ouverte par les dominicains précédés de la barf
{Quatre.)
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107 LITURGIE CA TIIOLIQUE.
Bière du Saint-Office. Saint Dominique y était peint tenant un glaive d'une main et une branche d'olivier de l'autre, avec cette inscription iJuttitia et Misericordia. Les patients Tcnaiont ensuite deux à deux, la téta et les pieds nus. Les moins coupables marchaient les premiers, et à la téle des plus coupables on portait un grand crucifix dont la figure était tournée vers les premiers : les autres n'en voyaient que le dos pour marquer que tout espoir ici-bas était perdu pour eux.
Après que celte procession avait parcouru les principales rues elle 6e rendait à une église disposée pour le cérémonial. L'autel et la nef étaient tendus de noir. Sur chaque coté du sanctuaire était placé un trône. Celui de droite était pour le grand inquisiteur et ses officiers, celui de gauche pour le roi et sa cour. Les patients étaient rangés en ligne au milieu. Un prédicateur montait en chaire et
{>réchait, puis deux lecteurs y montaient à cur tour pour lire les procès. Celui dont la
Firocédure était lue se tenait debout au miicu de la nef. C'est en ce moment que se lisait aussi l'Acte de foi ou Auto-da-fé, comme il a été dit. Lorsque cette lecture était finie, le grand inquisiteur, revêtu de ses habits ponliûcaux, descendait de son trône et donnait l'absolution à ceux qui ne devaient pas subir la mort. Quant à ceux qui étaient condamnés, on les livrait aussitôt aux juges séculiers qui à leur tour les livraient aux bourreaux.
On a beaucoup écrit sur l'Inquisition et VAuto-da-fé. Les ennemis acharnés de la religion en ont fait d'affreuses peintures en exagérant beaucoup le nombre de ceux qui ont été victimes de celte législation , ou l'atrocité des procédures. Nous nous contenterons de demander si le sang n'a pas coulé en beaucoup plus grande abondance dans les régions où le tribunal du Saint-Office n'a pu
empêcher l'introduction de l'hérésie Nous
transcrivons ce passage de Bergier dans son Dictionnaire de Théologie, article uiqoisi~ non : « Nous félicitons volontiers les Fran- « çais cl les Allemands de n'avoir point ce
* tribunal chez eux : mais nous assurons « hardiment que, si les philosophes încré-
* dules -étaient les maîtres , ils établiraient m une Inquisition aussi rigoureuse que celle « d'Espagno contre tous ceux qui conserve— « raient de l'attachement pour la religion. » L'auteur do ce passage est mort en 1790. 1 rois ou quatre années de plus ajoutées à sa vjc lut auraient démontré que son affirmation hardie n'avait point été faite à la légère et que les inquisiteurs en bonnet rouge laissaient bien loin derrière eux le moine Torqueœada.