‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 62 sur 519 · BAI · texte numérisé non relu

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jours donné avant l'Oblation. On y envisage ce texte de l'Evangile : « Si voire frère a • quelque chose contre vous, laissez votre don ■ devant l'autel et allez d'abord vous récon- « cilicr avec votre frère. » Cela se pratiquait ainsi dans les Gaules, avant l'introduction de la Liturgie Romaine; chez les Grecs, et dans la Liturgie Mozarabe, cela a lieu avant la Préface. Dans tout l'Occident, même dans la Liturgie Ambroisicnne, le baiser de paix se donne avant la communion.

Depuis les premiers siècles jusqu'au milieu du treizième on se donnait le baiser de paix par l'accolade fraternelle. Cet usage a cessé

Çar une raison qu'en donne le cardinal Bona : 'eteri tandem simplicilate in malitiam dégénérante subtractum paulatim est osculum

Guillaume Durand veut que les hommes seuls embrassent les hommes. Ainsi déjà au treizième siècle les deux sexes n'élaient plus exactement séparés dans l'église, comme autrefois. C'est alors que l'on a établi l'usage âtYosculaiorium ou instrument de paix que le prêtre baise d'abord et qui est ensuite baisé par les ministres servant a l'autel et par tout le clergé. Dans le principe, l'instrument de paix fut présenté à tout le peuple, et ce n'est qu'insensiblement qu'on l'a restreint d'abord aux hommes, et enfln aux seuls ecclésiastiques. En quelques églises, c'était par le moyen de la patène que la paix était communiquée au diacre, qui baisait ensuite l'instrument de paix remis au sous-diacre et par lequel celui-ci communiquait la paix au Chœur. Ce que dit Durand , au sujet des moines qui ne se donnaient pas la paix par la raison qu'ils sont morts au monde, est destitué de fondement. Le père Lebrun démontre que du temps de cet évéque, le baiser de paix se donnait dans un grand nombre d'églises monastiques.

H parait 1 que l'instrument de paix le plus ancien a été vu en Angleterre. On le trouve désigné dans les constitutions synodales de Waltérios Gray, évéque d'York. Ï250ctl252, sous Je nom d'osculatorium. D'antres synodes du même royaume l'appellent asser'pacis, tabula paeis , marmor deosculandum. Il y avait donç des instruments de paix en marbre. Ordinairement cet ustensile liturgique est fait de métal. On y figure en relief la Croix ou Noire-Seigneur, quelquefois même le patron de la paroisse ou la sainte Vierge. 11 qous semble que la figure de la Croix ou de Jésus-Christ devrait exclusivement s'y trouver.

On a suggéré, au sujet de la paix qui n'est point donnée dans les Messes de Requiem, une raison dont nous ne reconnaissons pas la justesse. C'est, dit-on, parce que tout ce qui est de solennité est ordinairement supprimé, aux Messes des morts. Nous pensons que la meilleure en est qu'autrefois on n'administrait pas la communion aux fidèles dans ces Messes, et comme, ainsi qu'on l'a vu, la communion a une intime connexilé avec le baiser de paix on ne devait point donner çc.'ui-ci.

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