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BALUSTRADB.
Les premières églises bfllles après les persécutions, et même celles que la toléra nco de quelques empereurs avait laissé édiûer, offrent dans leur disposition intérieure des places exclusivement réservées au clergé. Des treillis en bois on en fer, qui sont connus sous le nom de canceUi ou ebaneels , séparaient les clercs du peuple. C'est ce que nous nommons balustre ou balustrade. Ces grillages n'em péchaient point les fidèles de voir les cérémonies et de s'édifier de la modestie et du recueillement des ministres. Cet usage fut à peu près universel jusqu'au treizième siècle.
Mais i cette époque l'Office canonial étant devenu plus long à cause des fondations nombreuses qui furent faites, telles que l'Oflice de la Vierge, l'Office des morts, les Psaumes pénilentianx, etc., les chanoines furent obligés de rester plus longtemps dans les églises. Or principalement dans les pays froids cette surcharge étant devenue trop pénible , surtout alors que l'Office malulinal avait lieu à sa véritable heure, c'est-à-dire dans la nuit, on dut prendre des moyens pour se mettre à l'abri de l'intempérie des hivers. Le moyen le plus simple fut d'élever, à la place des 6al us i rades qui formaient la clôture, des murs d'une hauteur assez considérable pour arriver au but qu'on se proposait. De là, à dater de celte époque, ces maçonneries massives qui environnent encore aujourd'hui les chœurs des cathédrales, des collégiales , des églises conventuelles. Alors cessa la coutume d'environner l'enceinte du clergé de ces balustres dont nous parlons. Thiers cl Bocquillot ne trouvent pas de raisons plus précises pour expliquer le remplacement des balustrades par ces murs de clôture, et il faut convenir que leurs raisons sont d'un très-grand poids.
Les balustrades reparaissent dans plusieurs églises modernes, et ici on ne saurait blâmer cet abandon de ce qu'on appelle l'ancien usage : au contraire , les balustrades sont l'antiquité , tandis que les murs ou lambris de chœur n'existent que depuis le treizième siècle. En plusieurs églises, ces massives clôtures ont disparu pour faire place à des 6a- Iratrade* . et l'on ne saurait accuser ici une innovation. Aujourd'hui, surtout en France , oa n'a plus aucune raison de préférer ces constructions lourdes aux élégants balustres qui les remplace nt. Ce qui achève de convaincre que les clôtures en pierre n'avaient remplacé les balustre* qu'à cause du froid , c'est que dans les pays méridionaux ces clôtures massives sont beaucoup plus rares que dans te nord.
On appelle aussi balustrade la grille de bois, de fer, de pierre, etc., qui sert de table de communion. Cette balustrade est ordinairement garnie d'une nappe qui doil être toujours en toile de lin , et qui est destinée, aux fidèles qui reçoivent la communion.
{ Voues tes mots ^hoelh, juué.^
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VARIÉTÉS
A Rome, il parait qu'on nommait rugee ces balustrades. On ne peut guère donner d'autres significations a ce terme , qui revient assez souvent dans les vies des anciens pape» qui en avaient établi dans diverses églises. Dom MabiUon pense que c'étaient de petites ouvertures ou fenêtres pratiquées dans les balustrades ; peut-être même les portes qui en facilitaient l'entrée ou la sortie.
Ducange et quelques autres prétendent que ces ruga étaient des espèces -de portes prolongées pour faciliter le passage , et ils croient même que le nom de rues a pu en dériver. César Bullinger pense que ces Rugœ étaient des cannelures, canaliculos ou petits canaux qu'on pratiquait artistement sur le marbre en tables qui composait la balustrade, et il ajoute qu'on nommait rugœ ces cannelures, à cause de leur ressemblance avec les rides qui sillonnent le front des vieillards. Il est aise de voir qu'on a pu fort bien nommer ride* des balustres posés symétriquement l'un près de l'autre et formant une enccinlo nommée, pour ce motif, balustrade. Ces balustresouchancels admirent une grande magnificence. Léon III, au siècle de Cbarlcmagne, Gt élever autour de l'autel du Prince des apôtres , dans l'église de Saint-André , un chancel d'argent qui pesait quatre-vingts livres. Etienne IV Gt confectionner une balustrade pour environner un autel, elle pesait cent trente livres et sa matière était d'argent très-pur, ex argento purissùno. Pascal I en Gt placer uno de même métal , dont le poids était de soixante et dix-huit livres. Les moins précieuses étaient d'ivoire, de bronze, de marbre. Nous ne Onirions pas si nous voulions rapporter les nombreux exemples do celte magniGccncc dont on n'a point même l'idée de nos jours. En quelques-unes de nos églises on a élevé récemment des balustrades en carton-pâte ou carton-pierre, pour clôturer nos sanctuaires. Heureuses les églises dont les chanccls dégénérés sont en cuivre ou en fer. Mais les âges d'or et d'argent du christianisme ne vivent plus que dans les souvenirs.
Du reste , non-seulement le chœur était environné de balustres pour séparer le clergé des Gdèles , mais il y eu avait mémo autour de l'autel.
Les Voyages liturgiques du sieur de Moléon nous apprenncul que l'autel de Saint- Jean de Lyon était ainsi environné d'une ôolustrade, outre celle qui ceignait le cbœur.
Les noms de pogiurn , pectorale , se trouvent aussi dans plusieurs auteurs , pour désigner des clôtures autour du chœur. C'étaient des murs à hauteur d'appui. On pourrail peut-être dire que ces murs ou parapet* étaient les bases des grillages de fer que Von nomme plus exactement balustres , et en ce cas le pogiurn et lo pectorale existeraient encoro dans les églises modernes qui ont des balustrades, car ordinairement celles-ci sonl portées !>ur les parapets dont nous parlons.
1 ld LITURGIE!
Le pectorale sans grille superposée serait notre table de Communion. On peut lire le commentaire deDom Mabillon sur l'Ordre romain. Il rntre à ce sujet dans des détails trèsinlércssanls et dont nous ne pouvons donner qu uu aperçu très-succincl.