BAPTÊME
Le divin instituteur de ce sacrement avant voulu que l'eau y fût le signe sensible de la grâce dont il est la source , c'est à juste litre qu'on a donné à ce sacrement le nom de Baptême, dont le sens est lotion, ablution, purification par l'eau. Ce terme grec a été adopté par les langues latine et française, et il exprime énergiquement le signe et l'effet du sacrement. Les Pères de l'Eglise en ont parlé sous des dénominations qui rentrent toutes à peu près dans le sens intrinsèque de baptême. Ils l'appellent bain, purification, immersion . infusion , lavoir de la régénération, etc. On le trouve aussi désigné sous les noms de régénération . illumination , sépulture, croix et même circoncision, elc.
Ce ne fut qu'après l'ascension de Jésus- Christ que les Apôtres se répandirent daps les parties du monde, et que, selon le précepte qu'ils avaient reçu , ils conférèrent le baptême aux croyants. On pense que saint Pierre baptisa par aspersion les trois mille personnes qui crurent en Jésus-Christ, dès la première prédication de ce Prince des Apôtres. Mais il est constant qne l'immersion fut pratiquée généralement dans les premiers siècles. Toutes les églises d'Orient baptisent encore ainsi, et dans l'Eglise occidcutale on plongeait le néophyte dans Peau, pour lui conférer le baptême, pendant les deux premiers siècles. Ce fut alors qu'a cause des inconvénients que parut offrir l'immersion, le nord et le centre de l'Europe adoptèrent l'infusion. Néanmoins, on ne pourrait regarder cette dernière manière de baptiser comme une chose tout-à-fait nouvelle, car saint Cyprien en parle et l'approuve. Du reste, l'aspersion (font nous avons parlé, qu'est- ello autre chose qu'une infusion ? Il faut néanmoins convenir que l'immersion qui consistait à plonger daps l'eau tout le corps du néophyte, était un signe plus expressil de la purification complète de l'âme dans le Sacrement. L'invocation des trois personnes divines accompagnait toujours et nécessairement ment le Buptéme.ùc quelque manière que se fit l'ablution corporelle; mais le nombre des chrétiens étant devenu considérable , les formes liturgiques se développèrent en même temps, et déjà dès le deuxième siècle, au moins, le baptême n'était administré qu'après certaines préparations, et plusieurs cérémonies qui en relevaient aux yeux du peuple la sainteté et la dignité.
Dans ces premiers siècles le baptême né-. tait conféré qu'aux adultes, on les y préparait par des instructions sur les premiers mystères de la foi. C'est pourquoi, on leur dounail le titre de Catéchumènes. Ce nom convenait surtout à ceux qui du paganisme
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voulaient entrer dans le sein de l'Eglise, car les adultes issus de parents chrétiens s'appelaient plus ordinairement compétents. La cérémonie par laquelle on recevait les catéchumènes consistait à imprimer le signe de la croix sur leur front, cl à leur imposer les mains en accompagnant cette action d'une prière. Dès cet instant les catéchumènes étaient appelés chrétiens, el lorsqu'euGn ils avaient reçu le baptême on les nommait fidèles. Ces deux qualités n'étaient pas , comme on voit, dans le principe, identiques, A ces deux premiers Rites, les siècles postérieurs en ajoutèrent d'autres tels que les exorcismes, le sel, l'onction de l'Huile saiute, la salive, etc.
Le catéchumène, après avoir été éprouvé
Ï tendant un temps plus ou moins loug, scon les dispositions qu'il manifestait, pouvait enfln recevoir le sacrement de baptême. Ce temps était quelquefois de deux ans. Saint Augustin, dit-on, fut catéchumène pendant huit mois. Mais aussi quelquefois le caléchuménat se prolongeait plusieurs années. C'est ainsi que saint Martin, fait catéchumène à dix ans, ne fut baptisé qu'à dixhuit ans. Quelques-uns cnûn attendaient jusqu'à la vieillesse le moment de recevoir le baptême. C'est ainsi que le grand Constantin ne fut baptisé à Nicomedie qu'un peu avant sa mort.
La préparation au baptême ne pouvait avoir lieu qu'à l'égard des adultes ; mais les enfants à l'égard desquels il n'y avait aucune précaution a prendre étaient baptisés aussitôt après leur naissance, aux époques où ce sacrement s'administrait avec solennité, ou en quelque temps que ce fût , lorsqu'ils étaient en danger de mort. C'est un fait constaté d'après la tradition des saints Pères, cl ce serait la méconnaître que de le nier, comme l'ont fait quelques écrivains. Depuis plusieurs siècles, ce qui n'était dans les premiers temps qu'une exception est devenu la règle générale, et plusieurs Conciles ordonnent que le nouveau né soil présenté à l'église pour le baptême, au plus lard, le troisième jour après sa naissance. Il est à déplorer que celle sage prescription des Conciles ne soit plus rigoureusement observée par les fidèles, et qu'en différant sans raison, on expose le salut éternel des enfants.
Deux jours dans l'a nnée étaient désignés pou r l'administration solennelle du baptême. C'étaient la veille de Pâques el celle de la Pentecote. 11 ne reste plus de celle ancienne discipline que la bénédiction de Peau baptismale en ces mêmes jours. Celle règle était encore en pleine vigueur au neuvième siècle. Dans les dixième et onzième siècles, plusieurs ordonnances ecclésiastiques et civiles en prescrivaient encore l'observation ; mais, a dater des douzième et treizième siècles, on s'en écartait ordinairement , et la coutume de baptiser en tout temps devint enfin générale.
Les Grecs y avaient joint l'Epiphanie parce qu'en ce jour ils célébraient la fêle du baptême de Jésus -Christ dans le Jourdain,
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par saint Jean-Baptiste. Quelques églises de l'Occident avaient voulu imiter l'Eglise grecque, mais le pape Léon I rappela par un décret les évéques à l'Ordre ancien.
Dans les Gaules, comme on peut le démontrer par le témoignage de plusieurs auteurs, on baptisait solennclTcmeut, outre les veilles de Pâques et de la Pentecôte, le jour de Noël, de l'Epiphanie et de saint Jean-Baptiste. En quelques diocèses d'Espagne ou joignait à ces fêles celles des Apôlres et des Martyrs. Mais une lettre du pape saint Sirice à 1 archevêque de Tarragone rappelle ces Eglises à l'usage de ne conférer ce Sacrement qu'à Pâques et à la Penlecôte.
Nous n'avons pas besoin de rappeler qu'if n'est ici question que du baptême administré solennellement, car depuis le berceau de l'Eglise il a toujours été permis du baptiser en tout temps. Saint Augustin le diltrès-oxplicitcmcnl : Ver totum annum sicut unicui~ que tel nécessitas fuit ecl volunlas...
Pour ce qui regarde le lieu où le baptême était conféré, nous en parlons dans L'article