BAR
VABIÉTKS.
D. Claude de Vert, dans son deuxième volume, fournit les notions les plus étendues sur l'origine et les diverses formes de la barrette ou bonnet carré. Ce que nous venons dédire n'en est que le résumé, en ce qui regarde la forme des barrettet au dix-septième siècle. Un ouvrage qui, en ce moment, s'imprime A Venise (1842;, fournit un grand nombre de nolions curieuses sur la barrette, sous le nom de berrelta cléricale. Selon l'érudit auteur, la barrette est d'un très-ancien usage; elle était formée de quatre pièces d'égale grandeur à la sommité desquelles était figurée une croix ; elle avait des rebords pareils à ceux que l'on voit aux barrettes grecques. Dans la suite, on lui donna une plus grande élévation ; on la formait carrément pour qu'elle figurât la croix, chacun des côtés représentant les quatre branches dont elle se compose; c'est pourquoi quelques auteurs veulent que le clerc baise la barrette avant de la mettre sur sa téte, en signe de vénération de la sainte Croix. Un Concile d' Ai x s'exprime clairement à cet égard : Clerici pileis utantur simplicibus,non ternis, nuque turbinatis; biretum autem temper gérant in modum crucit consutum, ut ecclettatticot homines decet. Le Concile de Malincs en 1607, dit que les clercs doivent porter: ... Cléricale biretum quodest ecclesiasticorum hominum proprium, ad crucis formam confectum....
Cette barrette n'était pas seulement portée dans l'intérieur de l'église , mais encore en tout temps : Semper gérant. Aujourd'hui, dit l'auteur, elle n'est mise que lorsqu'on est en habit de choeur, soit dans l'Eglise, soit dans les Processions extérieures.
Sa couleur doit être noire, selon le Concile d'Asti, en 1588 : Biretum nigri sit coloris, illudque non fronti vel alttri temporum descendent inclinatumque, sed capiti œqualiler impotitum feront. L'écrivain Samedi rapporte que les chanoines d'Anvers portaient la barrette violette, non pas comme une prérogative, mais pour se conformer à une ancienne tradition.
On a pu voir que la coiffure nommée calotte, diminutif de la cale, est l'origine de la barrette. Aujourd'hui cette cale est une coiffure facultative; elle est en drap, ou en cuir; on en use hors de l'église et dans l'église , on peut s'en couvrir pendant les offices, excepté quand on dit la Messe, quand on cx-
Eiose le saint Sacrement et qu'on en donne a Bénédiction. Au chœur, les prêtres quittent la calotte à l'élévation, quand ils vont à l'offrande, etc. La convenance et les usages locaux dictent les règles qu'on doit suivre à cet égard.
Le sieur de Moléon rapporte dans ses Voyaget liturgiques qu'à Chartres, le diacre tient pendant la Messe le bonnet carré A la main, excepté à l'Evangile. Le même auteur dit que les moines de Sainl-Oucn de Rouen ont un bonnet carré sous le chaperon ou la coule de leur froc. « Ce bonnet, ajoute- t-il.
« étail l'ancienne calotte. » 11 n'est pas nécessaire de faire observer que l'auteur parle du dix-septième siècle» et que depuis la révolution le célèbre monastère n'existe plus.
Les calottes varient decouleurselon les personnes. Celle des cardinaux est rouée ainsi que celle du pape. Aux jours solennels le sou* verain pontife porte la calotte blanche; celle des évéques est violette, doublée de rouge.
En plusieurs églises les enfants de chœur portent la calotte de drap rouge (Fotr soutane).
On a l'exemple d'une religieuse ayant droit de porter la barrette cléricale ; c'est la Supérieure des Théatines de Naples. Saint Philippe deNéri, roulant honorer la pieuse Ursule de Benincasa, institutrice de cet Ordre, lui mit sur la téle sa propre barrette, Ursule ne voulut plus s'en dessaisir; et on conserve encore dans ce monastère le vénérable couvre-chef. En mémoire de ce fait, les Supérieures de ce couvent, par un privilège spécial, portent au chœur et dans les réunions capitulaires, la barrette sacerdotale.