BASILIQUE
{Voyez église.) BATON PASTORAL.
Cel insigne de la dignité épiscopale et abbatiale était dans le principe surmonté d'une petite pièce transversale qui lui donnait la forme du tau ou de la croix. De là dérive le nom de crosse, en italien croce, croix. La potence ou béquille sur laquelle s'appuient les personnes boiteuses ou infirmes porte, pour celte raison, le nom de crosse: du moins tel est le nom qu'on lui donne dans les provinces méridionales de la France. Sans doute on pourrait jusqu'à un certain point expliquer littéralement l'origine du bâton pastoral par le besoin d'un appui qui se fa»t sentir quand on est parvenu a un âge avancé. En général les évéques primitifs étaient choisis parmi les hommes chargés d'années, et ce bâton pouvait soutenir leur marche chancelante et leurs genoux débiles. Mais pourquoi les prêtres, éprouvant le même oesoin, ne nous sont-ils jamais représentés avec cet insigne? C'est qu'en effet le bâton pastoral a été avant tout considéré comme une marque d'autorité, comme un symbole de suprématie. Tels étaient les bâtons dont il est parlé au livre des Nombres : Duces multitudinis...inbaculissuis : a Les c chefs du peuple portaient des bâtons. » Le bâton pastoral est donc dans la main des prélats ce qu'est le sceptre dans celle des chefs de nation. Le paganisme lui-même uous montre les ministres du culte tenant à la main un pareil symbole. Tel était le lituus pontifiant des augures.
On a donné divers noms à cet insigne : celui de pedum, parce qu'il ressemble en effet à la boulette du berger, qui, selon Festus, est recourbée pour saisir les brebis et les chèvres ; celui de feruîa, du verbe ferio, je frappe, parce que c'est avec la féruje que le maître gouverne ses disciples ; celui dit cam
CATHOLIQUE. fit
buta ou eamboca. terme irlandais qui, selon Bona, signifie bâton recourbé. Ce terme, dans plusieurs éditions du Rational de Durand, a dégénéré en celui de sambuco. C'est la remarque faite par le cardinal Bona. Nous croyons que ce n'est point par erreur que le texte de Durand porte le mo< tambuca. Comme le bâton pastoral est creux, cl qu'il est dans sa longueur coupé par plusieurs cercles en forme de nœuds, l'évéque de Mendca bien pu lui donner le nom de sambuca, qui, en langage du pays, signifie bâton de sureau. Cet arbre, comme on sait, est nommé en latin sambucus.
Le bâton pastoral était fréquemment fait de bois, et la recourbure était d'os ou d'ivoire. Cette dernière était aussi de divers métaux. On a cependant beaucoup d'exemples d'anciennes crosses d'argent enrichies de ciselures et recouvertes de lames d'or. Assez communément, quand \e bâton pastoral était de bois, on le faisait de celui du cyprès. Durand nous a transmis les diverses formes que l'on donnait à la sommité de la crosse. On y figurait quelquefois une tête. Quelquefois aussi, sur le globe qui la couronne et d'où
riarl la recourbure, on gravait le mot HOMO. I donne à ceci une explication mystique : c'était pour rappeler au pontife qu'il est homme, et qu'il ne doit pas s'enorgueillir du pouvoir qui lui est conféré. Les significations emblématiques du bâton pastoral sont retracées dans ce vers, qui est cité par le même auteur :
AUrahe per primum, medio rege, puoge per imura.
« Attirez par le haut bout, goovemez par « le milieu, corrigez par la pointe. » Ce vers heureux exprime les trois devoirs du Prélat, la persuasion, la direction, la correction.
Le cardinal Bona parle de la forme du bâton pastoral en Orient. Au lieu d'être recourbé, il y est tout droit et surmonté d'un globe, quelquefois d'une croix ou de la lettre T , on en voit qui sont terminés par deux serpents entrelacés dont les (êtes se regardent. Le bâton des archevêques est en vermeil, d'une haute dimension, et terminé par une boule. Il n'y avait même anciennement que les archevêques qui le portassent ; mais plus tard les évéques et les archimandrites ou Supérieurs des monastères en obtinrent la prérogative, les Arméniens ont le bâton recourbé comme en Occident, mais c'est une figure de serpent, symbole de la prudence épiscopale.
Nous avons dit que la crosse ou bâton pastoral était le signe de l'autorité pontificale. On ne peut fixer l'époque à laquelle les évéques, successeurs des apôtres , adoptèrent ce symbole de leur juridiction ; mais il est certain que cela remonte aux premiers siècles. Le quatrième concile de Tolède fait mention du bâton remis à l'évéque dans le cérémonial de son ordination. Isidore de Sévi Ile en parle dans le même sens. Nous croyons devoir insérer ici les paroles du Pontifical romain, relatives au bâton pastoral, lorsqu'un évêque est consacré. Après