IV
LlTinCIE CATHOLIQUE.
« main gauche du pontife, jusqu'à la Gn de
• la Bénédiction. Pendant ce temps, les autres ■ ministres de l'autel se tenant à genoux cl « tous ceux qui sont dans le chœur se lour- « nant vers l'autel, nu-téte et debout, re- « çoivenl la Bénédiction pontificale. Le reste « est chanté et observé par Mgr. l'archevêque, « selon ce qui est marqué dans le Bénédic- « lionnal, et lorsque le pontife Tait les signes « de croix sur le calice, il dit : Et par ejus
• sit semper vobiscum. »
Le Bit mozarabe a une Bénédiction semblable , mais elle est donnée également par les prêtres. Le diacre dit : Humiliate vos benediclioni. Le prêtre : Dominas sit semper vobiscum. Le chœur : Et cum spirilu tuo. Puis le prêtre lit trois formules qui contiennent des vœux pour le peuple et à chacune desquelles le chœur répond : Amen. La conclusion est ainsi conçue : Per misericordiam ipsius Dei nostri qui est benrdiclus et vivit , et omnia régit in sœcula sœculorum. n] Amen. « Par la miséricorde de ce même Notrc-Soi- « gneur et Dieu à qui appartient toute béné- « diction, et qui vit et règne dans les sièeics « des siècles. »
Le cardinal Bona cite une Bénédiction tirée de l'ancien Missel gallican , qui est à peu près la même que celles qui se trouvent dans les manuscrits par lui mentionnes , et par conséquent dans le Pontifical de 1511, dont nous avons parlé. Saint Césairc d'Arles parle de ces Bénédictions qui précèdent VAgnus H ri, et l'on ne peut douter qu'elles ne remontent à la plus haute antiquité. Les Eglises qui se sont maintenues dans ce Bit et qui sont assez nombreuses en France, ont en cela agi d'une manière extrêmement louable, quoique cet usage liturgique soit étranger à la mère de toutes les Eglises. Ces nombreuses formules sont d'une onction admirable dans leur variété d'expressions. C'est peut-être la seule partie de 1 Office divin qui soit restée à peu près inconnue, non-seulement aux fidèles, mais encore aux membres du clergé inférieur.
Le même cardinal cite un Sacramentairc romain raanuscrildu onzième siècle, où il est dit qu'après les paroles : Pax Domini sit setnper vobiscum , on doit adresser au peuple diverses mouilions pour les jeûnes des Quatrc-Tcmps, les jours de Scrutin, les Fêtes des Saints, etc.
Nous parlons dans l'article dicerion de la Bénédiction que les évéques grecs donnent avec le chandelier à deux branches et celui a trois branches .pour figurer les deux natures en Jésus-Christ et le mystère de la très-sainte Trinité.
JV.
VARIÉTÉS
Parmi les Bénédictions pontificales, il en Ml une à laquelle est attachée spécialement une indulgence plénière. Nous donnons pour exemple celle que l'archevêque de Paris détail donner, le jour de l'Assomption, en vertu a une faculté du pape , notifiée par le cardi-
nal Caprara, légat a lolere. en France, pour le concordat de 1802. Cette Bénédiction porte le nom de papale, parce qu'elle est donnée selon la même forme que celle que donne le papeeldonl nous avons parlé dans le deuxième paragraphe de cet article. Il n'y a de différence que dans les accessoires, comme on
Iieut s en convaincre par cet exposé. Après a Messe pontificale, le prélat ayant la mitre en tête, se place sur son trône, où il est environné de ses assistants. Un diacre on autre ministre, en surplis , lit en latin la concession faite par le pape à l'archevêque , et en vertu de laquelle il peut donner la bénédiction papale. Ensuite il en donne lecture en français, pour être entendu du peuple. On publie aussi l'indulgence plénière, accordée à ceux et celles qui recevront cette bénédiction. Elle ne peut être gagnée qu'après avoir reçu le sacrement de l'Eucharistie, et on y recommande de prier pour le pape et l'Eglise. Le prélat se lève sur son trône et lit, comme enchantant , veluti canendo , la formule : Prenons et meriiis, etc., telle que nous l'avons insérée dans ledit paragraphe. Quand ceci est terminé , le prélat s'approche du peuple, vers lequel il se tourne : on sonne les cloches, l'orgue joue, ainsi que d'autres instruments, s'il y en a, et avec la plus grande pompe qu'il soit possible d'employer, le pontife donne celte Bénédiction par les paroles : Et benedictio Dei omnipotenlis Pa-ftris et Fïf/ii et Spiritus f Sancti, descendut super vos et maneat semper. ^ Amen.
A Laon, selon Lebrun Desmarettes, l'évê— que donnait une Bénédiction solennelle entre PEvangile et le Credo. Mais ce ne peut être autre chose que la Bénédiction donnée par les évéques après la prédication.
Les évéques donnent aussi une Bénédiction chantée après l'Office de Matines , et après Vêpres. Elle a lieu par la formule connue : Sit no m en, etc., Adjutorium, etc. Il en est de même pour les Bénédictions qu'ils donnent après une Procession, quand ils font leur entrée dans les villes et bourgs de leurs diocèses, ou dans d'autres circonstances solennelles.
Le père Lebrun , dans son troisième tome des Explications, etc. , entre dans les détails les plus curieux sur la Bénédiction pontificale qui précède VAgnus Dei. Il s'attache à démontrer qu'elle est exclusivement d'origine gallicane. A l'époque même où la liturgie romaine fut adoptée dans les Gaules, les évéques ne voulurent point abandonner ce Bit. Drogon , fils naturel de Charlemagne , et qui occupait le siège épiscopal de Metz, fit insérer ces Bénédictions dans son Sacramentairc On trouve, dit Lebrun, ces formules bénédictionnelles dans tous les Pontificaux imprimés avant saint Pie V. Pourquoi donc, demande cet auteur, la plupart des évéques de France ont-ils abandonné ce Bit? C'est qu'ils se sont insensiblement accoutumés à se servir du Pontifical romain, publié par les successeurs du pape Pic V, et que dans ces pontificaux, les formules dont nous parlons ne figurent point. Comme le Bénédiclionnal n'est
en usage que pour les évéques , il esl peu ordinaire qu'on le Tasse imprimer. On se borne à en posséder un exemplaire manu» scrit dans chaque diocèse. A Paris, il n'en existe que deux, l'un qui appartient à l'archevêché, et l'autre au Chapitre. Nous avons transcrit Gdèlemenl celui que nous avons rencontré dans le Pontifical de 1511 , dont nous faisons plus haut mention, mais ce Pontificalcst extrêmement rare. Si quelques-uns de nosseigneurs les évéques de France désistaient en avoir une copie, peut-être moins altérée que celle dont ils sont en possession, nous nous ferions un vrai plaisir de leur procurer ce Bénédiclionnal. Les Eglises de France, qui suivent le pur Rit romain , ne ponrraient-elles pas y joindre cet usage liturgique qui retrace un digne et beau souvenir de la Liturgie gallicane? C'était le vœu du père Lebrun, et nous nous y associons pleinement, parce qu'il nous a été donné de goûter ces formules pleines d'onction, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Le même auteur parle d'un Pontifical manuscrit que possédait l'archevêque de Lyon (De Saint-Georges); il dit que ce Pontifical passa aux héritiers de ce prélat et qu'il ne fut pas possible de le retrouver. Nous sommes persuadés que le Bénédiclionnal annexé au Pontifical de 1511. est la reproduction intégrale du vieux manuscrit perdu.