BOËCE
J'ai dit déjà quelle influence la Con^^olation de Philosophie a eue sur l'esprit général du Roman de la Rose (1); voici en détail quels sont les vers qui traduisent ou paraphrasent le texte de Boèce :
Rom. (
a Rose, v. 5558-5681 . Cous. Phi!., liv. II, pr. 5754-5761. — (2).
(1) Voyez pngcs 94 el suiv,
(2) Jean rappelle que Ja pntrio do l'homme n'est pas on t
Co puot l'en bien des dors onquerro, Qui BoécB do Confort lisent (v. 5757-58).
A co propos il rccommando la iBCturo de la Consolât
î traduction rendrait d
SBCONDB PARTIE. 137
Bom. de la Rose. v. 6920-694$. Cons.Phil.,liv. II,mèt.vi(l).
— 6988-7028. — II,mèt.vi.
— 7036-7049. ~ Ht, pr, xii.
— 7079-7090. — III, pr. VI.
— 7117-7148. — II, pp. I.
— 7225-7590. — II. pr. ii (2).
— 9692-9705. — III, pr. viii (3).
— 18038-18534. — V, pr. in,iv,v,vi.
— 18722-18809. — II, pr. v.
Les argiimenU donnés par Boèco dans 3a dissertation sur la prescience divine et le libre arbilre se Ironvenl dans d'autres ouvrages plus anciens ou plus modernes que le sien, qui ont traité le môme Bujel; comme, d'autre paît, Jean de Meuil a interverti l'ordre de ces arguments, on pourrait ne pjs reconnaître, à une simple lecture, que notre auteur s'est servi directement de la Consolalioii ; je vais placer en regard de quelques vers pris au commencement, à la fin, et çà et là dans le cours de )a discussion, le passage correspondant du traité latin; on sa ]'eudra compte facilement que le texte français n'est que la traduction de l'autre.
Autrement cil qui bien feroiont
Ja loier avoir n'en devroicnl.
Ne cil qui de pcchicr se paine
Ja raés D'en devroit avoir paine (v. 18050-53),
• ... frustra enim bonis malisque praemia poeiiaeque proponuntur... • (1. V. pr. m).
Ne Dieu prier riens ne vauJrnit (v, 18108).
... nec deprecandi ulla ratio est.,. » (1. V, pr. iir).
[ grands services à ceux qu[ ne sont pas à mémo do la lire dans l'original. 1 On sait que Jean do Meun a fait lui-même cette traduction qudquos années plus tard, et qu'il eut do nombreux imitateurs, (I) Voyez page 128. i
(l) Ici Jean do Meun a longuemont doToloppc son modolo, on ajoutant de nouveaux exemples à cous dcBoi^co.— Pour los principaux développomonts, j voyez les paragraphes relatifs à Homère et bue Mytijogrnphes. (3) Voyez page 109.
C'est nécessité en regart.
Et noD pas nécessité simple, Si que ce ne vaut une guimple ; . Et se chose a venir est vaire.
Donc (^st ce chose nécessaire , Car teie vérité possible Ne puet pas estre convertible Avec simple nécessité (v. 18165-72).
« Duae sunt etenim nécessitâtes, simplex una... altéra conditiouis... Quod eniDi quisque novit, id esse aliter ac notucn est nequit. Sed haec conditio minime secum illam simplicitatem habet » (1. V, pr. vi).
Mes cist mauvesement dcslient
Le neu de ceste question (v. 18219-20).
.. credunt hune quaestionis nodum posse dissolvere... » (1. V, pr. m).
Qui rest dolor a recenser
Et pechiés neïs de penser (v. 18248-49).
a ... quod sentire non modo nefas est, sed etiam proferre... » (i. V, pr. m).
Car qui la diffînicion
De pardurabicté deslie,
Ce est possession de vie
Qui par fin ne puet estrc prise,
Trestoute ensemble, sans devise (v. 1843 U35).
a iEternitas igitiir est interrainabilis vitae tota simul et perfecta possessio » (l. V, pr. vi).
Les vers 18722-J8809, dans lesquels Jean montre combien les animaux pourraient nuire à Thomme, si la nature leur avait donné la parole et la raison, sont un développement de cette phrase de Boèce : « Hum.anae quippe naturae ista condicio est, ut tum lantum ceteris rébus, cum se cognoscit, excellai, eadem tamen infra bestias redigatur, si se nosse desierit, nam ceteris animantibus sese ignorare naturae est, hominibus vitio venit (l. II, pr. v).
SECONDE PADTIE.
Jean de Meun avait-il étudié le droit? A trois reprises diffél.rentes,il fait part au lecteur de ses connaissances juridiques. Une f fois , c'est un article des Imtilutes de JusLiiiieo qu'il cite :
S'uDa laronccaus cmble deoiera.
Robes perche, blé en gi-sDiera,
Por quatre tans au mains icrt quites,
Hetonc les lois qui aoat escrites;
Et anit pris en présent forfait |v. 8117-21) (I).
Plus loin, il Tait allusion soit k un texte du Digeste, soit à quel- )^ue commentaire de ce teste :
One si despite ne vi gens Com ceus que l'en voit indigcns.
Por leacnoinga^neis ica refuse Chascuns qui de droit cscript use, Por ce qu'il sont en lui clamés Equipolens as diffamés (v. 8935-40) |2j.
Eoflii, il rappelle une prescriptiou du Code Juslinien; mais Mite dernière citation, de laquelle on a inféré que notre auteur Eétait homme de loi (3), est faite de seconde main; elle est em- Spruotée h. Guillaume de Saint-Amour ;
Et si desfent Justiniens,
Que nus bons, i Pois^ans de cori Por qu'il lo trui;
ingniec.. (v. 12268 et suiv.) [4).
(Il mal., liv. IV, tit. I, art. j : « Pocna manifosti furti quaJrupli est... s
(3) Dig. , liv. XXîI . tit. v, art. 3 : n Caliiatratns libru quarto de cognilio-
kûbus : Tostiuni fiiios diligenler sxaniinanda CBt, idooquc in porsona conim
(xploronda orunt in primis condicio cujusque... an locuplos vel cgons sit,
it lucri causa quid facilo admittat... Laga Julia de vi cavctur ne bac loge
a roum teatimonium dicoro liccrot qui... quiva palam quaestum facict
focerllvp.
(3) F. Michel, Le Romsn de la Rose, t. H, p. 20, note I.
(4j Cod„ liv. Xi, lit. ïXlV : « Do Mondicanlibus validis, » — Of. ci-deasous,
TALÉRIUS.
Jean de Meun a emprunté plusieurs de ses traits satiriques contre les femmes à un certain Yalérius, dont il cite plusieurs fois le nom (1). Qui était ce personnage? On n*a aucun renseignement sur son compte. Fabricius(2) l'appelle, à tort, VaUrianus; un certain nombre de manuscrits le confondent avec Valère Maxime, mais son style est d*nne époque postérieure à celle où vivait Tauteur des Dits et Faits mémorables. Il était chrétien ; le seul écrit qu'on connaisse de lui, celui que Jean a mis à contribution, ne laisse aucun doute à cet égard. Cesi une lettre, dans un style très prétentieux, visant à l'érudition , adressée à un ami, du nom de Rufin, pour le dissuader de prendre fomme. Cette lettre était très populaire au moyeu âge, comme l'atteste le grand nombre des copies qu'on en a faites alors. Elle a été quelquefois attribuée à ^ut Jérôme, et elle est imprimée à la suite des ouvrages de ce Père dans la Patrologie latine de Migne (3). Les vers du Roman de la Rose traduits de Yalérius sont les suivants :
Roman de la Rose, v. 9404-5.... Valérius, IX (4)