XXIV
(1) Vers 9440, 9470, 9478, 10168.
(2) Bibliotheca latina, VI, p. 571 (2* édit. de Florence).
(3) Tome XXX, col. 254-261. Épître, XXXVI : Valérius Rufino ne ducat uxorem.
(4) Voyez ci-dessous, p. 141, 1. 21 et suiv.
(5) « Optima fcmina, quac rarior est phoenicc, amari non potcst sine amaritudinc metns et soUicitudinis et frcqucntis infortunii » (VIII).
(6) a Malae autem, quarum tam copiosa sunt examina, ut nullus sit expers malignitatis earum, cum amantur, amare puniunt et afflictioni vacant usque ad divisionem corporis et spiritus » (VIII).
(7) « Amice, dct tibi Deus omnipotens feminae fallacia non falli » (XXX).
(8) « Phoroneus rex, qui legum thesauros populis publicare non invidit, sed is primus Graecorum studia deauravit, die qua viam universitatis ingressus est, ait Lcontio fratri suo : Ad summam fclicitatem nihil mihi deesset si uxor mibi sempor defuisset. Cui Leontius : Et quomodo uxor obstat? At ille : Mariti omnes sciunt » (XIV).
(9) Dcjanira Tii,ynthium vestivit interula... Duodecim inbumanos labores
Roman de la Rose, v. 1016IÎ-7Û... Vatérius, XXIIl (I). — 17976-88... — 111(2).
Jean de Meuu ne doit pas seitlement à Vatérius les p qn'i! a traduits de sa letlre, mats aussi l'idée première de certains épisodes, doot il a cherché le développement dans d'autres ouvrages. Eutre les citations empruntées à Valérius, il a intercalé un long extrait de Tbéopbraste, le récit de la mort do Lucrèce, d'après Tile-Live, des vers de Jiivénal, une phrase de Solin. Voici comment ces citations ont été amenées.
Valérius termine sa lettre en donnaut à son ami ce dernier conseil : « Lege Aureolum Tbeophrasti et Medeam Nasonis, et viï pauca invenies impossibilia mulieri (XXX). » Notre poète, en quête d'épigrammes contre les femmes, s'est empressé de suivre celte recommandation; il a lu ce qui restait du livre de Théophrasle et l'a traduit (3). S'il n'a pas raconté ici les aventures de Médée, c'est sans doute qu'il a trouvé cet épisode mieux h sa place dans la partie de son roman {v. 14115-55) où, traduisant l'Art d'aimer d'Ovide, il rencontrait ce distique :
PhasiJa jam raalrcin fallax dimisit laaon :
Venit in ..Eaonioa altéra nujjU sinus (.■!. Am., Ill, 33-34).
Auparavant, Valérius avait dit : ■ Vexilla pudiciliae lulerunt I cura Sabinis Lucretia et Pénélope et paucissimo comitatu tropaea I retuleruut. Amice, nulla est Lucretia, niilla est Pénélope, nulla I est Sabtna {'X). ■ Au milieu de sa citation de Théophraste, Jean Meun s'interrompt pour dire que les deux meilleures femmes I ont été Pénélope et Lucrèce, 11 en pioGlo pour racojiler la mort [ de cetlB dernière, d'apiés Tite-Live (4). Mais ce qui prouve que [ l'idée de cette digression lui a été suggérée par Valérius, c'est
L eonsuminavit Alcîdes. A. tertio decimo, qui omnem iabuinsnitalom e r'jinperatas est. Sic Tordasiaius hominua aeque dolendas ut gemebuadas occnbait j. (XXIV).
(1) Audax est ad omnia quao amat val odit temina, et artifîciosa cum nocere vult, quod sempureat et fréquenter; cum juvaro parai, obest s [XXIII). (î) ■ Ego autom, in Ooraiuo sporans, adjicio quod Ulyssis imîtator eris, non Empodocliâ, qui pcr suam philoBopliiam (no dicam melancholiain , id est atram bilem} victus, JEtnam aibi msusoleum elegit, et parabolam quam autlia ad veteres attulit u (III).
(3) Voir page 110.
(4) Voir p. 119.
142 0Rir,IN8S BT SOUnCBS DU nOHAN DE LA ROSE.
qu'il la termine par les paroles mêmes de la lettre à Rufin :
Bi n'est il méa nule Lucrèce,
Ne Ponclope nule en Grèce,
Ne prodefame nule en terre.
S'il ici't qui les seûst rcqucrre.
Ainainc le dient li paien (v. 940i-H) (1).
Valérius ayanl avancé que l'hoiiiiête femme esl plus rare que le phénix (VIII), Jean répète cette comparaison ; puis, croyant renchérir, il en emprunte d'analogues à Juvénal :
Maina que de fenis ! par raa teste, Par comparaison plus lionneaCe , Voire mains que de blans corbeaus (v. 9444-46).
C'est oisel clersemé en teri'e, Si legierement connoiasable Qu'il est au cine noir semblable (v. 9455-57} (2).
Ainsi amené à relire la sixitme satire de Juvénal, il y trouve d'autres traits à l'appui de sa thèse et ne manque pas de les citer (v. 9458-65 et v. 9486-95).
Plus loin (v. 9941-52), Jean de Meun emprunte k Valérius une allusion à la mort d'Hercule, victime de Déjanire, et à ce propos il cite une phrase de Solin sur le héros grec (3).
Ainsi, les vers du roman traduits de la lettre à Ruiln sont loin de représenter tout ce que Jean doit à Valérius.
QEBSH ET HOGl^H BACOM (4).
Les cinquante vers (v. (6953-17000) dans lesquels Jean de Meun représente l'Art à genoux devant la Nature, cherchant, sans
(1) Ce dernier vers peut laisser supposer que notre auteur considérait Valérius comme ètaat païen.
(2) Cette citation pourrait aussi avoir été rournie à Jean de Msuu par Jean de Salisbury, qui cite le vers de Juvénal dans son Polycratique, quelques lignes après le passag;e de Théophrasto,
(3) Voir p. 140, n. 9,
(4) Djabar al KonS, dont le nom, en Occident, a Été Lransfiirmc en Ocbcr, vivait an milieu du huitième siècle. Tous les médecins arabes postérieurs BU nnuviema siècle le considéraient comme leur maître. Il occupe le premier rang parmi tes alcbimistes. Plusieurs de ses œuvres ont été traduites eu latin au moyen âge. Bien que Bacon n'ait vécu qu'au treizième siècle, il m'a paru naturel de traiter de lui en même temps que de son maître Geber.
ly réussir, à pénétrer ses secrets et à reproduire ses créations, sont * intimemeiU lies à ceux qui suivent et qui exposent la doctrine du grand œuvre. Un des reproches les plus souvent tonnulès au moyen âge contre les alchiinisles par leurs adversaires était de vouloir substituer l'art à la nature, à quoi ceux-ci répondaient que s'ils cherchaienl à connaître les secrets de la nature, ce n'était pas pour contrefaire ses œuvres, mais pour l'aider dans ses enfaotements. Ces objections et ces réponses, ainsi que les rapports de l'art et de la nature, sont développés en lôle de plusieurs anciens traités d'alchimie, notamment dans la. Summa perfecUonit MagisteTii (]), de l'arabe Geber. Roger Bacon a écrit une épître sur le même sujet : De secretU operibus Artis et Nalurae et de nulliiale Magiae {2). Or, il me parait évident que Jean de Meun a connu la somme de Geber; et il semble aussi qu'il a In les traités du moine anglais, entre autres X'Alchimia major (3) et le Brève Breviarium de liono Dci (4). Je vais analyser le passage du ^^ roman sur l'art et l'alchimie, en rapprochant de celle analyse les ^K passages correspondants des traités que je viens de citer. ^H a L'alchimie, » dit Jean de Meun , >< oe peut changer les es- ^V pèces, si préalablement elle ne les décompose en leurs éléments primitifs; et si elle peut arriver k cette décomposition, il faut encore qu'elle sache, dans le mélange des éléments, garder les proportions dont dérive la forme, qui établit entre les substances des différences spécifiques (v. 17000-17018). n
« Distincte suut rerum species et diversitates, quia diverse sunt et distincte elemeutorum ad invicem in commistione proportiones... Ignotaigiturmiscibilium proportione quaadipiscitur forma etrei perfeclio, quomodo mtxtum vel miaceadum formas sciemus? &ed ignoramuB solis, lune (5), necnon elemeutorum proportiouem, ergo formare ipsa ignorare debemiis... Et si proporlionem elemeutorum scires, modum tamen mixtionis ad invicem eorum ignoras, quoniam in caveruis et mineris et absconsis locis bec
Iuatura procréât... Et si hoc débile scires, in mixtionis tamen actiooe ignorares calorem equare agentem, quo mediante res ista (I) Iraprimée dans Is Bibliotheca Chemica curiosa ilo Mangot, t. I, p. 519 et Buiv. (Gonève, 1702, 2 vo!. in-f).
(2) Hamburgi, 1618. la-S:
(3J Impriniéo dans la Oibltolheca Chemica de Manget ot dans Ssnioi'is medicinae magigtrl D. Rogerii Baconis angli de AHe chymUe scnpfa cui acceueruni opUKUla alia eJustSem aulhoris. FrancofurU, 1608. Iq-16.
(4) SanloHt meilicinae.... p. 93-264.
(5) Le soleil el la lune, dans la langue dos alchimlFles, EOnl l'or et l'argeDl.
oniGiifss KT 90t;ncf9 du rohak m lu bou-
perBcilur... Hec omoes persuasioaes predicle sont sophistaram arlein nostram simpliciter Tore aegaatium » {Summa perfeetionis Magisterii, ch. VI).
a Néanmoins, > continue t'auleur du rom&n, < il est certain que l'alcbimie est un art vërilable, & condition qu'on le pratique «agitmeut ; car, quoi qu'il en soit d^s espèces, les élémeols qui les composent peuvent se combiner de mille façons, et par ces différentes combinaisons piodtiire desespèces différentes »(v. 17019-31).
Geber répond aux objections que J'ai reproduites plus haut : ■ Spccies mulatur in speciem secundum banc vtam, cum iadividuum speciei unius in alterius speciem mutatur. Videmus oamque vermem et nuluraliLer et per arlJQcium nature in mascam mutari, que ab eo dill'ert specie, et vitulum strangulatum in apes transmulari, et fmmentum in lolium, el canem transmutari in vermem, per ebullitionis pulrefactionem...» (^umnta, cli. VIII).
Jean de Meuii donne aussi des exemples de changements d'espèces i il rappelle la transformalion artificielle de la fougère en verre , et la Iransformalion naturelle de la vapeur en grêle pendant l'orage (v. 1*032-48). Or le premier de ces exemples est cilé dans VAlchimia major de Bacon : i Vitrum fit per c. annos io ventru terre de sua natura, et nos facimus ipsum in parva hora per magislerium (p. 43). De même dans le Brève Breviariuin de dono Dei : « Ignem lestem invoco inferiorem qui omnia coipora inferioi'a, vegetabilia quidem et sensibilia, convertit in cinerem, et de cinere vitrum facit, pula de Qlice facit cinerem et de cinere vitrum ; de pliimbo quoque facit cinerem et de cinere vitrum » {Brève Br., p. 130-131).
Il De la même façon , » poursuit Jean de Meun , ■ on pourrait transformer les métaux en les purifiant, car tous sont composés a âlémeuts diversement combinés,
Car tuit, par diveraes a
Dedens les terrestres miniei-cs.
De soufre et de vif argent Dessent,
Si eom li livre U confessent (v. 17049-60).
■ Ei'gosimiliterpossumusfacere aurumetargeatumde aui-o vivo et sulpliure iu parva bora, sicut fit iu terra per ccnlenos auaos {Alchimia major, p. 43)... Ubique fere in UbrU eorum (philosophorum) alchymicia alque naturalibus reperitur nietalla omnia ex sulpbure et argento vivo naturaliter atque materialiter esse composila " (Brève flr. , p. 99).
, Qai 3e aauroit donc soulillicr As esperiz aparillier, Si que foi'ce (l'entrer eussent Et que voler ne s'en [jeùssent, Quant il dedens les cors outrassent,., (v. 17061-65).
« Totaigilurilloriimprobatiohec est; Si corpora,filii doctrine, vuli lisconvertere, tiiiic.aiperaliquam medicinamfierihocaitpossibile, per spiritus ipsos fieri ueccsse est; sed ipsos, uoii Bios corporibus, uliliter adherere non est possibile, iinmo fugiunt et immiinda relinqmint illa ; ipsos autem flxos, non est possibile ingredi , ciim terra factj sint, que noa iufunditur ; et tamen inclusi corpoi'ibiis fisi apparent, non tameo suiit... i [Summa, cb. X).
Mes que bien purgiés les li'ovassent
El fust li sofrea sans ardurc,
Por biancbe ou por rouge taintiii-e.
Son Toloir des meta us auroit
Qui ainsinc faire le sauroit (v. 17066
Qui qtierit ex eo (sulphiire) opiis elicere, illud per se preparando non eliciat , quouiam cum commixlo perfldtur, et sine illo protelatur magisterium usque ad desperationem, et cum suo cotnpari sit tinctura, et dal pondus completum unicuique melallorum, et ipaum feditate dépurât et illustrât et perficit cum magisterio . sine quo nulluni boruiti prestat, sed potius corrumpit et dénigrât... » (Summa, ch. X).
Car d'argent vif fin or font neslre
Cil qui d'alqucmiû sunl mesiro,
Et pois et color li ajousient
Por choses qui gairea ne couatcnt {v. 17071-74).
<< Quisquis tamen melatium radicitius citrinat et ad equalitalem perducit el muudat, ex omui génère molallorum aurum facit... » (Summa, ch. XVII).
Il me semble assuré que Jean de Meun a pris dans les trois ou- Trages de Geber et de Bacon, dont je viens de donner des eslraits, tout ce qu'il dit de l'alcbimie. Kien n'indique qui! eu ail connu davantage, ni surtout qu'il ait jamais pratiqué cette science. Cependant les alchimistes, depuis l'apparition du tiomau de la Bose, l'ont toujours considéré comme un des leurs, et plusieurs traités
I d'alchimie ont été publiés sous son nom, entre autres Le miroir
d'Alchymie et les Remontrances ou la Complainte de Nature à l'alchimiste errant (1).
ABOU-MASGHAR.
Au nombre des prophètes qui ont annoncé la naissance de la vierge, Jean de Meun range Âlbumazar. Celui-ci aurait dit :
Que dedans le virginal signe
Nestroit une pucele digne,
Qui sera, ce dist, virge et merc,
£t qui aletera son père,
£t ses maris lez li sera,
Qui ja point ne la touchera (v. 20111-20116) (2).
Albumazar, ou plutôt Abou-Maschar Djafar ibn-Mohammed, vivait au neuvième siècle. Gasiri (3) lui attribue une cinquantaine d'ouvrages, dont quelques-uns ont été traduits eu latin au moyen âge. J'ai vainement cherché la prétendue prophétie dans Y Introductorium in Astronomiam (4), dans le De magnis conjunctionibus annorum revolutionibus ac eorum perfectionibus (5), et dans les Flores astrologiae (6), les seuls traités que Jean de Meun me paraît avoir pu connaître : elle, ne s'y trouve pas.
ALHAZBN.
Alhacen, li niés Hucaym, Qui ne refu ne fous ne gars, Gis fist le livre des Regars.
De ce doit cil science avoir, Qui vuet de Parc en ciel savoir ; Car de ce doit estre jugierres Clers natureus et cognoissierrcs, Et sache de géométrie, Dont nécessaire est la mestrie, Au livre des Regars prover.
(1) Brunet, Manuel, sous Meun,
(2) Cf. V. 20109-20122.
(3) C&siri , Bibliotheca arabico-hispana Escuria/ensis..., I, 351 (Madrid, 1760-70, 2 vol. in-f).
(4) Augustae-Vind., 1489. In-4\
(5) Aug.-Vind., 1489. In-4\
(6) Aug.-Vind., 1488. In-4*.
HéB ne toU or pas mètre cure
Eq ci declairier la figure ■Des mireors, ne ne dirai Comment sont réfléchi li rai, Ne lor angles ne voil descrivrc :
Tout est aillors escril ou livi'c {v.
Àlbazen ben Âlhazen ibn Alhailam est mort au Caire en 1038. Il .a composé de nombreux traités, dont ou trouvera la liste dans la Bibliotheca arabico-liîspana Escurialensis deCasiri (I). Le livre des Regards, dont parle Jean àh Meiui , a été traduit en lalio et imprime, an seizième siècle, sous le litre de Opticae thésaurus Alhaleni arabis (2)... Il n'y est nullement question de l'arc-en-ciel.
ABAILART ET BËL0Ï8E.
On sait que Jean de Menn a traduit la correspondance d'Abailart et d'Héloîse; celte traduction est conservée dans un manuscrit, assez fautif, de la première moitié du quatorzième siècle (3). 11 est diOicile de dire si elle est antérieure au Roman de la Rose ; du moins, il est certain que i.otre auteur connaissait déjà ces lettres lorsqu'il écrivit son poème ; « A l'appui d'un long plaidoyer contre le mariage, il rappelle l'histoire des deux amants, et le passage mérite d'être remarqué, ne serait-ce que pour se trouver dans un poème composé plus de trente ans avant le plus ancien mauuscrit conservé des lettres originales (4). » Ce passage comprend soixanlTi-douze vers, dont quarante-six (v. 9510-9555) sont tirés de la première lettre d'Abailart (5) , et les vingt-six autres (v. 9556-9581), de la seconde lettre d'Héloîse (0).
^^ JEAN DE SALISBUnr.
J'ai dit déjà que Jean de Meun a pris dans le Polycratique ud fragment du livre des Noces de Tbéophraste; à la vérité, on pourrait supposer qu'il l'a trouvé dans uii ouvrage de saint Jérôme, où Jeau de Salisbury l'a lui-même copié, mais cette bypo-
fî) B&siloae, per Epiacopios, iùTl. In-f-, (3) ConC. HiMtoIre Ulléràire. XXVllI, p. 402. Wlbid., XXVill, p. 40).
[s) Éd. Consin, Doc. inidiU, I, 12.
Conaïn, ibid., l, 75.
146 Origines et sources ou roman de la rose.
ihèse est d'autant moins probable que, précédemment, notre auteur a déjà fait un emprunt au Polycralique, et celte fois en indiquant sa source :
Car aiosinc le dist Atbalus,
Qui des escbez controva Tus,
Quant il traltoit d'aritmetique ;
Et verras en Policratique
Qu'il 8'enflecbi de la matire.
Et des nombres devoit escrire.
Ou ce beau jeu joli trova,
Que par demoostrance prova (v. 7427-34).
« Âttalus ÂsiaticuSy si gentilinm historiis creditur, banc ludendi lasciviam dicitur invenisse, ab exercilio numerorum paululum deflexa materia » {Polyc, liv. 1, ch. v).
C'est encore certainement au même ouvrage que Jean de Meun fait allusion dans ces vers :
Puis ge voler avec les grues.
Voire saillir outre les nues,
Com fist 11 cine Socratës (v. 6146-48)?
a Socrates sibi ex ara Veneris, que Académie erat, vidit offerri cygnum, collum inserentem celo, rostro tangentem sidéra, regionem que Aplane dicitur penetrantem et transcendentem aspectus omnium , et tanta vocis sonoritate et leftitia canentem ut totum mulceret orbem. Sequenti die, Aristides ab Academia parvulum filium Platonem Socrati obtulit, litteris et moribus imbuendum, quo viso , mentis viribus ex corporis dispositione conceptis : Hic est, inquil, cygnus quem nostro Apollini Venus academica cojnsecravit » {Polyc.^ II, xvi).
Les quelques vers (17989-95) dans lesquels Jean de Meun rappelle la mutilation volontaire d*Origène sont encore traduits da passage où Jean de Salisbury fait allusion au même fait (1).