LÉGENDE DD PHÉNIX
Jean de Meun raconte en une vingtaine de vers {1691 1-16930)
ConCeritur ferrum, silices SufBcît et damai pars
itilla
il dit
Par liinor auet le far user.
Mes ceu ne vous puet escuser , Quer la chambre Venus la sage N'a nule peour de damage (Cl. d'A.. p. 82).
a pas exprimé cette idée; (
Et c
a booe bals sel ette, Tiengno la chambre Venus neto. (R. R„ v, I4Î76-77).
(1) On peut supposer qu'en écrivant ce vers, Jean do Moon songeait à U Chanson des Saisnes de Jean Bodol (La Chsnson 'Us Saxons, par Jean Bodel, p. p. F, Michel. Paris, 1839, 2 vol.).
(2) Couf. La Chanson de Roland, éd. L. Uauticr, laibsc CCVli,
la légende du phénix. Il ne suit, dans son récit, aucun des auteurs classiques. Dans le poème de Phoenice, attribué à Lactance, dans celui de Claudien et dans d'autres ouvrages, Toiseau vit mille ans ; dans le Roman de la Rose, son existence est réduite à cinq siècles , comme dans la Métamorphose XV® d'Ovide (1) ; mais l'idée du bûcher et celle de la renaissance du phénix, connues de Jean, ne Tétaient pas d'Ovide; Tune se trouve exprimée, pour la première fois, dans les Sylves de Stace (2) ; l'autre dans les Épigrammes de Martial (3).
Les pères de TÉglise ayant fait un mythe chrétien de cette légende, elle devint très populaire au moyen âge, et Jean de Meun lui-même aurait été fort en peine probablement de dire comment il l'avait connue. Deux vers :
Un autre fenis en revient,
Ou cil meïsmcs, se Dé vient (v. 16921-16922),
montrent qu'il connaissait l'ancienne légende, d'après laquelle, lorsque le phénix est mort, un autre lui succède, et la nouvelle, qui symbolise le mystère de la résurrection , et suivant laquelle c'est le même oiseau qui renaît.