‹ OrmondChapitre 5 sur 40 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ammi d'un dësir soudain de se corriger, Ornnond s'assit au pied d'un arljre, résolu de faire le catalogue des défauts qu'il se reconnoissoit , et de ses bonnes résolu* tions pour l'avenir. Il prit son crayon , déchira la seconde feuille d'une lettre , et y écrivit ce qui suit :

« Résolutions d'Henry Ormond.

« i". Je ne boirai jamais plus de. . . . * Terres de vin. » ( Le nombre en blanc. )

« 2°. Je ne me mettrai plus en colère*

« 3°. Je ne verrai jamais mauvaise compagnie.

« 4°- Je prendrai moins de plaisir à m'entendre louer , surtout par les femmes que j'aime. »

Il fut interrompu par la vue d'un jeune garçon qui, ayant sous le bras un bâton noueux, s'avançoit vers lui , pieds nus, d'un pas qu'il est impossible de décrire, qu'il faut avoir vu , et qui tient entre la

marche et la course , la même place que

fredonner entre parler et chanter.

« Voilà la réponse des lies Noires , M. Henry. Il y auroit bien long-temps que je serois de retour ; mais il étoit ■— le roi Corny s'entend , — à la foire de Frisky. Il a fallu que j'aille l'y trouver , et il n'a pu me donner sa réponse que ce matin.

Il vous fait bien ses complimens, M.Henry, et il m'a charge de vous dire qu'à deux heures et demie son bac vous attendra sur le rivage, avec un lit pour Moriarty , cap il a oublié de vous l'écrire. »

La dépèche du roi des Ues Noires fut alors tirée du sein du messager ; elle étoit ainsi conçue :

« Mon cher Henry ,

« Sur quelle mauvaise herbe a donc marché le cousin Ulick , pour vous bannir du château de l'Hermitnge ?— INIais depuis qu'il est devenu ministériel , ce n'est pas le même homme , surtout depuis son troisième mariage. — Au surplus point de morale. — Il a toujours été trop courtisan pour moi. Je ne le suis pas , moi , mon cher enfant. Arrivez bien vite, vous

serez reçu et embrassé à bras ouverts. ' — J'en aurois cent , comme Eriarëe , qu'ils s'ouvriroient tous. Amenez avec vous Moriarty Carol , je crois que c'est son. nom , le jeune homme que %'ous avez })lessé et qui vous a causé tant d'inquiétudes, pour quoi je ne vous en aime que mieux. — Je l'aime aussi ce brave garçoîi qui , mort ou vif, ne veut pas qu'oa vous poursuive. — Ne soyez pas surpri* de voir le toit découvert en pârlie. J'y travaille depuis mardi ; j'y veux construire des mansardes ; vou$ verrez cela du bac ; mais je ne véù^ pas que pèrsôîî!}^ y mette la main que moi ; le mur a déjà trois pieds , j'en viendrai à bout. Cela n'empêche pas qu'il ne se trouve au palais de bons logemens pour tous mes amis. Shelah Dunglin vous en prépare un. Vous la connoissez , la mère de Betty , qui vaut cent fois sa fille. Elle prendra soin du blessé , c'est une excellente garde , et je vous réponds de lui. — Mais surtout , Henry, point de docteur , ni de chirurgien , ni d'apothicaire. Je ne donne jamais à ces gens-là des permis pour entrer dans les Iles Noires , et c'est à cela.

8o ORMOND.

après la Providence divine, et la petite science dont je peux me glorifier , que j'attribue la conservation de la bonne santë de tout mon peuple : joignez-y de l'oseille sauvage , el deux ou trois secrets qu'il ne faut pas confier au papier sans réflexion , voilà toute ma médecine. C'est la bonne.

« Je ne vous aurois pas écrit tout cela, si la goutte ne m'avoit attaqué un pied ce matin à quatre heures. Au lieu de vous écrire, j'aurois été vous chercher moi-même en grand style , tandis que je ne puis que vous envoyer mon bac à six rameurs , banderolles déployées , et avec une musique enragée. — Je veux que vous arriviez glorieusement, et non en exilé, chez Cornélius O'Sliane , communément dit le roi Coimy, mais qui n'est pour vous que votre vieux ami de cœur.

« C. O'Shane. »

« Puisse le ciel bénir Cornélius O'Shane ! » dit en lui-même Henry, en finissant de lire celte épitre. « Roi ou non, c'est le meilleur cœur qui existe parmi les hommes. »

ORMOND. Si

Prenant celte lettre sur son cœur , il la serra avec soin dans son porte-feuille, et se levant en hâte , il laissa tomber la liste fie ses résolutions. Le cours de ses idées avoit été complètement rompu , et il avoit entièrement oublié celles qui l'occupoient quelques instans auparavant.

Il n'étoit même pas vraisemblable que la chaîne s'en renouât prompteinent dans le palais où il alloit faire sa résidence.

L'heuredu départ étant arrivée, Moriartj fut placé , ce qui ne lui étoit jamais arrivé , sur un excellent lit de plumes, et transporté au bac à six rameurs , banderolles déployées, où un joueur de flûte fit un tapage infernal pendant toute la traversée. La tète du malade en souffrit un peu , mais le son de cette musique n'en étoit pas moins agréable à ses oreilles , parce qu'elle donnoit un air de triomphe au départ de M. Henry du continent^ et à son arrivée dans les lies IN^oires. Le roi Corny avoit ordonné que leur débarquement fût célébré par une décharge de douze coups de fusil qui furent tirés successivement , le second ne partant que lorsque le bruit du premier avoit été

Sz OR M ON D.

répète par tous les ëchos hospitaliers. Un cheval, orné de rubans , attendoitOrmond sur le rivage , et un enfant qui tenoit Tétrier lorsqu'il y monta, lui dit qu'il ëtoitcharf];ëdesconiplimens du roi Corny pour le prince Henry f et qu'il avoit ordre de le proclamer prince des lies Noires , ce qu'il fit au son de la trompe , tout le long du chemin. Le cheval, qui ètoit iort bon , 8'ennayoit d'être arrête à chaque pas pour cette prociamation ; maië le tout étoitpour la plus grande gloire d'Ormond. Le peuple en guenilles l'acconipagnoit en poussant des cris de joie , et admiroit l'adresse avec laquelle il maîîrissoit la fougue de son coursier. Le roi Corny , qui s'ëtoit fait rouler dans son fauteuil jusqu'à la porte de son palais pour y recevoir son hôte , n'en fut pas moins frappé

« Par tout ce qu'il y a de plus noble au monde, »s'écria-t-il, « ce jeune Henry Ormond étoit bien faitpour être prince. lise tient à cheval aussi-bien que je le ferois moi-même ; et celui qu'il monte a besoin d'une main expérimentée. »

Ormond descendit , et l'accueil affable ,

cordial, paternel qu'il reçut, le pénétra jusqu'au fond du cœur.

« Soyez le bien venu , prince Henry, mon fils adoptif , soyez le bien venu dans le château du roi Corny. J'aurois dit dans le palais, si je ne craignois que les gens chargés de l'administration de la poste aux lettres n'en prissent ombrage , et ne commissent des erreurs dans la délivrance des dépêches qui m'arrivent. — Comme je ne suis ni évéque, ni archevêque , ils pensent ,- Dieu me bénisse! que je n'ai pas le droit d'avoir un palais temporel, ïi 'importe, entrez avec moi. — Nous voici dans la grande salle. Voyez , voilà un lit pour l'objet qui vous occupe le plus , mon enfant , pour votre favori , votre blessé. — Je visiterai sa blessure , et je la panserai moi-même. C'est le premier soin dont je m'occuperai dès qu'il sera arrivé. »

Sa majesté lui montroit en même temps un lit placé dans un coin d'une grande salle, dont le plafond orné de peintures , les corniches, et la grande cheminée de beau marbre blanc , faisoient un singulier contraste , avec des tas d'orge , d'avoine,

et de sacs vuides qu'on voyoit sur le plancher.

« Ce salon , » dit le roi Corny, « est destiné pour les levers; mais jusqu'à ce qu'il soit terminé , il me sert provisoirement de grange , de caserne , et d'infirmerie. C'est sous ce dernier rapport qu'il nous sera le plus utile aujourd'hui. »

Moriarty arrivoit en ce moment. On l'apporta dans la salle des levers , convertie en hôpital ; et le roi Corny, malgré la goutte qui ne lui attaquoit que les pieds , leva l'appareil de sa blessure , et le pansa avec autant de dextérité que de Bienveillance , car il avoit réellement des connoissances véritables dans beaucoup d'arts , qu'on n'auroit jamais cru qu'il eût étudiés.

On ne tarda pas à annoncer le dîner , qui fut servi avec une profusion confuse, qui prouvoit que les domestiques , qui ne brilloient point par leur livrée , n'étoient pas accoutumés à avoir souvent des jours de gala.

La foule , qui avoit accompagné Ormond et Moriarty, fut admise dans la salle à manger, et se tint debout autour de la

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table , où s'assirent le roi Corny, le prince Henry, et le père Joseph , directeur général des consciences des Iles Noires, comme les courtisans de Versailles assistoient au grand couvert des rois de France. Mais ces bonnes gens furent traités avec plus d'hospitalité que ne l'étoient alors ces courtisans; car dès qu'on eut enlevé les plats de dessus la table , on leur distribua tout ce qu'ils contenoient. Après quoi , souhaitant à Corny, par de grandes acclamations, un règne long et prospère , saluant avec respect sa majesté le roi , son altesse le prince, et sa révérence le prêtre , ils se retirèrent sans s'inquiéter s'ils suivoient en sortant le même ordre qu'ils avoient observé pour entrer.

« Maintenant, père Joseph, w dit le roi , «dites-nousles grâces, et approchez-vous de moi , afin de faire justice à mon vin de Bordeaux, ou à mon punch au whiskey , si vous le préférez. Et vous aussi , prince Henry, — nous resterons royalement à table aussi long-temps qu'il vous plaira. »

« Jusqu'à l'heure du thé, » pensa Henry. ' « Jusqu'au souper, » pensa le prêtre.

« Jusqu'à ce que nous nous couchions, » pensa le roi Corny.

L'heure du thé étant arrivée , Orraond , conformément à sa première résolution , se leva pour sortir ; mais le poignet vigoureux de sa majesté le saisit sur-lechamp, et le força à se rasseoir.

« Que faites-vous donc, prince Henry?

Asseyez-vous, et soyez bon convive. Tel est mon ordre royal. — Père Joseph , fermez la porte, et donnez-m'en la clef. »

Il ne restoit nul moyen d'échapper , il fallut que le prince restât à table , et bût avec sa majesté et sa révérence jusqu'à ce que le besoin de dormir se fît impérieusement sentir à ces deux hauts personnages.

Le lendemain Ormond s*eveilla la tête lourde, se rappela avec dégoût l'orgie bachique de la nuit précédente , et se demanda , avec dépit , ce qu'étoit devenu sa première résolution ?

« Le blessé demande après vous , M.

Henry, » dit une servante qui veuoit ouvrir les volets de sa chambre.

« Comment se trouve-t-il? » demanda

vivement Ormond , se mettant sur son séant.

— Coussi coussi. 11 a mal dormi, il n'a fait que rêvasser toute la nuit. Il dit que c'est parce qu'il ne vous a pas vu hier soir. Je lui ai dit que c'étoit l'effet du changement de lit qui empêche toujours de dormir la première nuit. »

L'idée d'avoir totalement oublié la veille le pauvre malade , le contraste de cet oubli avec l'inquiétude dont il avoit été agité pendant les deux nuits précédentes , fut l'objet de nouveaux reproches que se fit Ormond. 11 pouvoit à peine se reconnoitre. H chercha à s'excuser à ses propres yeux. — La politesse , — la reconnoissance , — l'ordre absolu du roi Corny, — son caractère irascible , quand on s'opposoit à ses volontés sur le point délicat du culte de Bacchus; — la porte fermée ; — enfin, deux contre un. Dans de pareilles circonstances , étoit-il possible qu'il agît autrement? Mais les mêmes circonstan' ces, la même impossibilité pouvoient se représenter aujourd'hui , demain , tous les jours. Le caractère absolu du roi Corny ne cbangeroit problablement pas da-

vantage que la recoiinoissance qu'il lui devait. Ainsi donc, Ormond , à l'âge de vingt ans, devoit contracter l'habitude qu'il dëtestoit le plus au moral et au physique, celle de l'ivresse? Quedeviendroit alors l'intérêt que preuoit à lui lady Aunaly ?

Ces deux questions n'etoient pas d'une égale importance , mais notre héros étoit encore loin alors de pouvoir mettre une juste proportion dans ses raisonnemeus.

C'éloit bien assez qu'd raisonnât un peu. L'idée qu'il avoit pu oublier Moriarty, qu'il auroit été incapable de commander à ses passions , si quelque événement les avoit mises en jeu ; enfin , que la nalure du mal étoit telle qu'il devoit se représenter tous les jours, et qu'on n'en pouvoit prévoir la fin, détermina Ormond à opposer une ferme résistances Cornélius O'Shane, à la première occasion.

Elle se présenta le soir même. Après lin dîner donné aux principaux habitans des lies Noires, en Thonneur de son fils ndoptif , et pour le leur présenter, le roi Corny présenta un toast à plein verre, « à la santé du prince pré omptif , » comme

il l'appela. A l'instant où l'on alloit la porter , il découvrit un vuide dans le verre d'Ormond , et jurant avec énergie, il insista pour que son verre fût rempli.

a Etes-vous donc prince présomptif? jj s'écria-t-il d'un air moitié surpris, moitié irrité : « voudriez-vous résistera votre père et à votre roi? le contrarier à sa propre table, après dîner? — Emplissez votre verre. »

Ormond ayant insisté pour en être dispensé , le roi Corny garda un sombre silence , fronça le sourcil , et parut éprouver un mécontentement sérieux. Quelques instans après , la bouteille faisant une nouvelle ronde et étant sur le point d'arriver à lui , Ormond se leva pour quitter la table. Il eut besoin d'un grand effort sur lui même , car il voyoit tous les traits de son bienfaiteur exprimer le reproche et la colère. Il s'avança pourtant vers la porte , tandis que Cornélius s'écrioit : « qu'il s'en aille l'ingrat , qu'il s'en aille ! »

Henry avoit la main sur la serrure, et liherchoit à en faire jouer les ressorts rouilles. Corny continua :

^o ORMOND.

« Voilà sa reconnoissance ! — 11 n'a pas d'ame. — Je l'avois mal jugé. » Ormond se retourna et s'adressant à lui d'un ton aussi ferme que respectueux : Monsieur , lui dit-il , c'est en ce moment que vous me jugez mal. — Y a-t-il ici quelqu'un , « eontinua-t-il en s'approchant de ia table , et regardant en face tous les convives les Tins après les autres, «y a-t-il ici quelqu'un qui ose en dire autant ? Vous , mon protecteur , mon second père , vous l'avez dit , mais vous ne l'avez pas pense. Vous pouvez tout dire à Henry Ormond; vous pouvez l'écraser , le fouler sous vos pieds , lui déchirer le cœur , vos bontés lui ont lié les pieds et les maius. Mais, messieurs^ si quelqu'un de vous pense que je n'ai pas d'ame » qu'il me fasse le plaisir de ledire. — Moi un ingrat , monsieur ! mettez-moi à l'épreuve ; demandez-moi tout au monde, ma vie même , puisque vous m'avez percé le coeur et que j'ai pu le supporter. »

Henry se rassit sur sa chaise , et s'appuyant sur la table , il porta ses mains sur son front , et ne put retenir ses larmes. Cornélius O'Shane repoussa la boa-

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teille qui arrivoit à lui , après avoir fait le tour de la table : « J'ai été coupable d'injustice ! » s'écria-t-il, et oubliant sa goutte, il se leva de table , alla en cbancelant jusqu'à lui , et s'appuyant sur sa chaise r «Henry,» lui dit-il, a regardez-moi, et ditesmoi que vous me pardonnez , ou je né nie pardonnerai jamais. — Bien ! »conlinua-t-il , en voyant Henry lui Saisir la main , et la serrer tendrement : « Bien , mon enfant , vous me délivrez d'un mal pire que la goutte. H n'y a pas en vous un grain de malice ni de ressentiment.

■ — Pas plus qu'en l'enfant qui vient de naître. — Ecoutez -moi , Henry, et ne m'interrompez point. Je veux que tout soit bien convenu entre nous , afin de ne plus m'exposer à me mettre en colère contre vous. — Vous ne voulez pas boire autant que moi ; vous avez raison ; c'est moi qui ai tort. Ce seroit une honte de faire de vous ce que j'ai fait de moi. Mais je suisné avant la réforme à cet égard, et nous ne pouvons faire l'impossible. »

. Le roi Corny retourna à sa place , et remplit son verre. «Avant que je boive ce verre de vin, » continua-t-il, « je veux vouai

mettre à l'abri de toute crainte pour Ta-

venir : Voici le prêtre , et Tom Fer^

raly, allez me chercher mon livre d'Evau-» giles. — Henry Ormond , vous allez prêter serment de ne jamais boire plus de... plus de.... plus que vous ne voudrez. — • Un instant 1 vous êtes un hérétique. — • Bah ! hérétique , c'est parce que je vois le prêtre que ce mot m'est venu à l'idée. Je veux dire que vous n'êtes pas catholique. Mais catholique ou non , un serment est un serment , n'importe qu'il soit prêté devant un prêtre ou devant un ministre. — Mais non , non ! C'est moi qui vais prêter le serment ; cela vaudra mieux. »

« Que vous ne boirez plus , roi Corny ? » s'écria le père Joseph , d'un ton d'alarme , en étendant la main vers lui : «Et si vous aviez la goutte dans l'es to«vac? »

— ■« Que je ne boirai plus ! Croyez-vous que je veuille m'exposer à un parjure?

Non. — Que je ne le presserai jamais de boire un verre de plus qu'il ne le "voudra. » ^ l^ > > >>..

Le serment fut solennellemeni: prêté, et le roi Corny termina la cérémonie en disant , qii'apr^s tout , il n'y avoit per-

sonne qu'il méprisât autant qu'un ivrogne. «Mais, » ajouta-t-il , « chacun sait qu'à cet égard il faut faire une différence entre un gentilhomme qui aime un peu la bouteille, et un ivrogne de profession. Quant à moi , j'ai pour principe de ne jamais me coucher sans être en pointe de gaieté , mais je défie qui que ce soit dédire qu'il m'ait jamais vu véritablement ivre. »

Cette assertion ne porta personne à douter de la véracité de sa majesté , car c'étoit une maxime reçue à sa cour, qu'on ne pouvoit être regardé comme ivre que lorsqu'on étoit tombe sous la table.

Il fut heureux pour Ormond que dans une cour où il se trouvoit de si habiles casuisles , un serment solennel vînt à l'appui de ses bonnes résolutions.

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