PLANCHE XXV, FIG
Ani Brasiliensibus, Marcgrav., Hist. nat. brasil., p.193.
Crotophaga ani, Linn., Gmel., Syst. nat., ed. 13, p. 154, n° À, gen. 49.
Lesser ani, Crotophaga, Lath., Gen. hist., KW, p. 336, np 30
Crotophagus , Briss., Ornith., t. IV, p. 177, pl. 18, f. 1.
Petit bout de Petun, Buff., Ois., t. VI, p. 420, Enl., n° 402, fig. 2. |
Crotophaga minor , Vieill., Encycl. méth., t. UX, p. 1356, pl. 220, fig. 4.
Crotophaga minor, Viaill., Gall., p. 43.
Crotophaga ani, Nigors, Zool. journ., 1821, p. 445, n°29;
Cacalolott, seu avis corvina , Fernandez, Aist. novæ Hisp., p. 50.
Bout de Petun, Dutertre, Histoire des Antilles, t. W, p- 260.
Ani Prasiliensibus Marcgravii, Jonst., Aviar., p. 132.
Ray, Synop. avi, p. 185.
OISEAUX. 155 Sloan, Joy. of Jam., p. 298, pl. 257, fig. 11. Monedula tota nigra, Catesby, Carol. app., p. 3, pl. 3. Crotophagus ater, Brown, Hist. nat. of Jam., p. 4T4. L'Ani des Brésiliens, Salerne, ornith., p. 73, n° 10. El Anno, Az., Apunt. de los pax., n° 263.
Crotophaga ani, Prince. Max., Peitrage zur nat.-von.
Bras., t.. IV, p. 314.
Crotophaga. Tota nigra, nitens; rostro compresso , cultrato.
Dimensions. Longueur totale.............,................... 340 millim. Du pli de l’aile à son extrémité.................... 150 Della queue... 227... dceersaetenencirescsess 10 DADEC ee omalees sen ere ne nee ele delete sie ere ee ste 21 SARAUTENUTÉS LAS SN MINE AR SR AE PR tre Riste 20
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Entièrement noir, à reflets bleuâtres ou violacés, répandus généralement sur la queue et sur les ailes , mais formant de larges bordures aux plumes sur le dos, sur la poitrine , et des stries , sur la tête et sur la gorge. Yeux bruns; bec et pieds noirs.
Jeune. I manque de reflets, ses teintes mêmes sont quelquefois grisâtres; son bec, au lieu d’être en crête tranchante élevée, comme chez les vieux mâles, est beaucoup moins haut, quoique légèrement caréné : cette différence est celle que nous figurons dans la planche25 ,fig..2; 3.
Nous avons rencontré cette espèce depuis les rives du Parana , dans la république argentine, jusqu’au centre de la Bolivia, c’est à dire depuis le 32° degré de latitude sud jusqu’au 12° : elle est très commune au Brésil, à la Guyane, et s’étend jusqu'aux Antilles, où elle abonde encore ; aussi est-elle en même temps du continent méridional et des Antilles, sans se rencontrer dans les États-Unis.
IL n’est peut-être pas, parmi les oiseaux, une seconde espèce qui montre plus d’instinct social : en effet, toujours distribués par grandes troupes, les membres qui les composent sont si intimement liés, qu’ils ne se désunissent pas à l'approche de la pariade, comme on le voit chez les troupiales, et dans beaucoup d’autres genres que nous pourrions citer; ©’est, au contraire, l’ins-
tant où les liens d'amitié semblent se resserrer, où l'intimité devient plus grande. Ces troupes , composées de dix à trente individus et en nombre le plus souvent pair, parce qu’il se compose de couples, ne se séparent jamais : toute l’année, on les voit parcourir les halliers des plaines , les marais , descendre fréquemment à terre, se poser sur les buissons, s’envoler sans se séparer, toujours on ne peut plus unis et le plus près possible les uns des autres.
La saison des amours arrive-t-elle, les mâles et les femelles d’une troupe travaillent ensemble , transportent des racines , des branches sèches, et construisent, sans se quereller, des nids énormes , plats, disposés de manière à se toucher, et qui servent à plusieurs femelles. Si l’une d’elles est plus pressée de pondre que ses compagnes, elle pond et couve, tandis que les autres agrandissent le nid , se placent à côté de la couveuse; et bientôt toutes couvent à la fois avec une harmonie remarquable , se relevant quelquefois pour faire éclore en commun et élever la jeune famille , sans s’inquiéter de savoir à laquelle appartient tel ou tel petit : elles font ainsi, tous les ans, plusieurs pontes. Leurs œufs sont d’un beau bleu de ciel, encroûtés d’une matière calcaire blanche.
On pourrait se demander si le nom de Crotophaga (mangeur de vermine) est bien appliqué à cette espèce ; car, quoique quelques auteurs aient dit qu’elle se pose sur les animaux domestiques pour manger les tiques ou autres insectes parasites, nous pouvons affirmer que nous ne l’y avons jamais vue. Les troupiales ont l’habitude de se percher ainsi, et comme beaucoup de leurs espèces sont noires, on aura sans doute confondu notre espèce avec ces oiseaux. Les Anis vivent sur les buissons , sont quelquefois sauvages, et n’ont jamais assez de familiarité pour se poser sur le bétail. Ils vivent particulièrement de petits reptiles sauriens et d’insectes, principalement d’orthoptères, et quelquefois de graines.
Le Crotophaga ani a deux sortes de chant : l’un aigre, fortement prononcé, qu’on peut exprimer par ou-1-0, d’où lui est venu le nom de Judio (juif) qu’on lui donne à Cuba; l’autre, qui n’est qu’un gazouillement désagréable que les créoles de Cayenne ont comparé au bruit de l’eau bouillante dans une marmite de terre ; de là sa dénomination de Bouwilleur des canaris (de Canari, le nom des pots de terre).
Indépendamment de ces noms, on l'appelle encore, dans les coionies françaises, Bout de petun, où Bout de tabac, Oiseau diable. C'est PAno mini des Guaranis du Paraguay; le Mauri des habi-
OISEAUX. 157 tants de Santa-Cruz de la Sierra , en Bolivia. Nous trouvons encore sa synonymie dans toutes les langues parlées par les nations de la province de Chiquitos , en Bolivia. : par exemple, on le nomme Otichoorich, en chiquito ; Caamiata , en guarañoca ; Oo, en otuke ; Ocota, en morotoca; Urujuju , en saraveca ; Cañeco , en quitemoca ; Techorikich, en cuciquia; Huarayu, en paunaca ; Aalane, en paiconeca. En botocudo du Brésil, on Pappelle Puiñacha. Dans la province de Moxos , on le nomme encore /sino, en baures ; Nalahuit, en itonama ; Utuï, en cayuvava; Ovi, en itenes ; Oilsoro, en pacaguaras ; Polopolo, en movima ; et enfin Nichuk , en canichana.
PSITTACIDÉES, PSITTACIDÆ, Zeach.
Psittacus , Linn., Gmel., Lath.
La famille des Psittacidées est représentée à Cuba par une espèce seulement de chacun des trois genres de Perroquets propres au continent américain ; les Aras, les Perroquets, les Perruches ; car on sait que toutes les autres divisions de ce grand genre appartiennent à l’ancien monde et aux îles océaniennes.
Nous voyons que deux de ces trois espèces appartenant chacune à des genres différents, le Macrocercus tricolor et le Conurus guyanensis , vivent en même temps sur le continent méridionai , tandis que la troisième, le Psittacus leucocephalus, est propre aux Antilles.
GENRE PERROQUET, PSITTACUS, Zinn.
Cette division, à laquelle on a conservé l’ancienne dénomination imposée par Linné , se caractérise par sa queue courte, presque égale, ainsi que par ses formes plns ramassées ; car, du reste , les oiseaux qui la composent mènent le même genre de vie que les autres.
La seule espèce que nous ayons à Cuba est propre seulement aux Antilles.
x° 70. PERROQUET A TÊTE BLANCHE.
PSITTACUS LEUCOCEPHALUS, Aldrov. (1).
Cotorra, À CUBA.
Psittacus leucocephalus, Aldrovande, Ævi., t. 1, p. 670.
Psittacus leucocephalus, Joust., Avi. , p.22.
Psittacus leucocephalus, Linn., Syst. nat., edit. 10, p. 100.
Psütacus leucocephalus , Linn. Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. A5, sp. 90.
Psittacus leucocephalus, Lath., Syst. ornith., gen. 5, Sp NE
Psittacus martinicus, Perroquet de la Martinique , Briss., Oraitre, MM Nip 72200 0:
Perroquet de la Martinique, Buñff., Oùis., t. VI, p. 212, Pr u 549)e035:
Perroquet à front blanc, Buff., Oùis., t. VI, p. 212, Enl. 335.
White beated parrot, Edw., Glan., p. 166.
Vaillant, Perroquets, pl. 107, 108, 109.
White crowned parrot, Latham, Gen. hist., I, p. 235, FAN IT
Psittacus leucocephalus, Vieill., Encycl. méth., t. WI, p- 1371.
Psittacus leucocephalus , Vigors, Zool. journ., 1827, p. 444, n° 24.
(1) Le premier auteur qui ait parlé de cette espèce est Oviedo, que nous aïmons à citer; car dans sa Coronica de las Indias occidentales, publiée en 1547, il montre, à chaque page, avec quel soin et quelle exactitude il observait, fait des plus rares de son temps. A propos des Perroquets, il dit (lib. XIV, cap.1v) : De las aves que ay en esta ysla Española : las quales no ay en España ni alla se crian (folio 110). « Æy muchas maneras de Papagayos en esta ysla, asi » de los verdes tamaños o mayores que palomas que tienen un flueco de plumas » blancas, en el nacimiento del pico, etc. »
« Il y a beaucoup d’espèces de perroquets dans cette île (Saint-Domingue); » aussi des Verts de la taille ou plus grands que des pigeons, qui ont une tache de » plumes blanches à la base du bec, etc. »
OISEAUX. 159 Fernandez, Æist. nov. Hisp., p. 37, cap. 117. Ray, Synops. avi. , p. 31, n° 5, et pag. 181, n°7. Barrere, Ornith., class. 3, gen. 2, sp. 9.
Frisch, pl. 46. Klein, Æ#vi., p. 25, n° 9.
Sloane, Jam., p. 297.
Psittacus. 7’ridis ; remigibus cœruleis ; fronte alba ; orbitis niveis ; ventre gulaque rubris; rostro lœviter incarnato ; pedibus flavescente-griseis.
Miénensions DOnBuEUL-totale. 3.00, REA RNR MNER à. 334 millim. Duplidel'aile à sonfextrémité. "0." "0... 184 DE a queue ee gere see at en eee ie fe ele 106 Du bec (sans développement). ......,............. 20 SARAUECUR: d'auiare aatne re eee lois ete nos ete 25 Salinreur 0 Sn SRE UE Et ane tn
Mâle. Yeux bruns, bec et partie nue autour des yeux blancs; front jusqu'aux yeux d’un blanc souvent teinté de rose ou de violet; joues , gorge et devant du cou rouges , mais avec peu de régularité. On remarque quelques plumes de cette couleur sous Paile. Bas-ventre rouge de sang foncé ; oreille noirâtre ; le cou , toutes les parties supérieures et inférieures , les petites couvertures supérieures de l’aile vert foncé, chaque plume bordée de noir , ce qui rend l’oiseau comme écaillé; grandes couvertures des rémiges vertes, les plus antérieures bleuâtres ; pennes primaires en dessus d’un beau bleu, se changeant en violet du côté externe, noires de l’autre ; vert bleuâtre au côté interne , en dessous; rectrices : la plus externe bleue au côté intérieur, jaune avec une tache rouge sur son milieu , au côté interne ; les 2°, 3° et 4° de chaque côté, vertes sur la partie externe, l’autre côté comme dans la première ; la 5° verte extérieurement , jaune au côté interne ; la 6e entièrement verte; croupion et couvertures supérieures de la queue vert jaune.
Femelle. Elle se distingue du mâle adulte par le manque de rouge aux ailes.
Jeune mâle. I manque de rouge aux ailes, à la gorge et au ventre ; il a le sinciput gris-cendré , les plumes du corps bordées de brun.
Ce Perroquet, un des plus beaux par son plumage, est propre seulement aux Antilles ; il est très commun à la Martinique, à Saint-Domingue, et surtout dans l’ile de Cuba, où il se tient dans les lieux incultes et sauvages. Ami de la société , comme tous les Psittacidées, on le voit constamment en grandes troupes composées de couples parcourir avec bruit les lieux boisés; et le soir surtout, il fait retentir les échos de son cri désagréable, parce qu'alors , rassasié des baies et des fruits dont il se nourrit, il cherche un lieu où il puisse passer la nuit. A l'instant de la nichée, il devient plus solitaire et s'enfonce dans les forêts ; les couples se. séparent et cherchent un lieu propice pour établir leur nid qui, suivant les chasseurs de Cuba, est placé dans les anciens troncs des arbres, faits par les Pics, ou bien encore sur les premières enfourchures des plus grosses branches : la femelle y dépose deux œufs blancs.
Aussi craintif que méchant, on ne peut que très difficilement les approcher ; néanmoins la chasse en est très amusante ; car, si Pon peut joindre une de leurs nombreuses troupes, on a beau jeu, tous étant posés les uns contre les autres , au sommet d’un palmier ou d’un autre arbre, de manière q&’un coup de fusil tiré au milieu du groupe en abat un grand nombre à la fois. Parmi ceux qui tombent , s’il s’en trouve quelques uns de blessés jusqu’à ne pouvoir voler, ils poussent toujours de grands cris ; et de suite le reste de la troupe, qui s'était éloigné au coup de fusil, revient comme pour défendre ses membres, et tourne autour d’eux en criant, ce qui permet au chasseur de les tirer encore plusieurs fois de suite, et de faire ainsi une chasse très abondante.
Adultes, leur chair est assez dure; mais, à l'instant de la nichée, les jeunes sont un très bon manger, recherché des habitants des campagnes et de ceux des villes. Pris adultes , on ne parvient pas à les élever ; aussi est-on obligé de les prendre dans le nid ; mais alors ils deviennent très doux et s’élèvent facilement. [ls sont susceptibles d'apprendre les différents sons, et rendent surtout avec beaucoup de douceur les mots qu’on leur enseigne.
GENRE ARA, MACROCERCUS, /’ieill.
Psittacus, Linn., Latham , etc.
Parmi les Aras au plumage brillant, les plus grands Ges Psittacidées, Vespèce que nous allons décrire n’est pas la moins remarqua-
ble de Cuba, nous n’avons pas la certitude qu’elle n’y soit pas venue de l'Amérique méridionale.