‹ OrnithologieChapitre 77 sur 93 · OEUF, PLANCHE XXXI · texte numérisé non relu

OEUF, PLANCHE XXXI

ADULTE

Jacana # species, Marcgrav., Hist. nat. Bras., p. 191.

Parra jacana, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 92, sp. 3.

Parra jacana, Lath., Syst. ornith., gen. 79, sp. 1.

Parra jacana, Vieill., Encycl. méth., t. WE, p. 1053.

Parra jacana, Princ. Max., Peitrag..…. von Bras., HV pD10.

Parra jacana , Cuv., Règne an., t. 1, p. 535.

Jacana armata fusca, Briss., Ornith., t. UV, p. 125, n° 4.

Le Jacana, Edwards, Glan., pl. 347.

(1) Une erreur singulière a fait adopter ce nom , d’après Marcgrave, qui l'écrit Zacana. Vahana est la dénomination guaranie des Poules d’eau ; Marcgrave, en estropiant ce nom, l’appliquait à la première espèce qui est, en eflet, un Porphyrio, ainsi nommé au Brésil et en Guarani ; et les ornithologistes en ont formé Jacana, qu’ils ont appliqué seulement au genre qui nous occupe, confondu avec les Y’ahanas par Marcgrave.

Le Jacana du Brésil, Buff., Oùis., t. VIIL, p. 185, Enl. 322.

Jacana tertia species (1), Marce., Âist. nat. Bras., p- 197:

Jacana armata nigra, Briss., Ornith., t. V, p.124, n°3.

Parra nigra, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 92, sp. 10.

Parra nigra, Lath., Sysé. ornith., gen. 78, sp. 2.

Le Jacana noir, Buff., Ois., t. VIII, p. 189.

Parra nigra, Vieaill., Encycl. méth., t. WI, p. 1054.

Jacana alia species , Marcgrav., Hist. nat. Bras., p. 191.

Jacana armata, Briss., Ornith., t. V, p. 123.

Parra brasiliensis, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 92, sp. 11.

Parra brasiliensis, Lath., Syst. ornith., gen. T8, sp. 3.

Le Jacana peca, Buff., Oùs., t. VIIL, p. 190.

Parra brasiliensis, Vieill., Encycl. méth.,t. UE, p. 1054.

Aguapeazo, Azar., Apunt. para la hist. de los pax., t. LE, p.257, n°514.

Parra chilensis (2), Vieill., Dict. d’hist. nat., t. XVI, p. 418.

Parra chilensis, Vieill., Encycl. méth., t. UE, p. 1055.

JEUNE

Fulica spinosa, Linn., Syst. nat., ed. 10, gen. 82, sp. A.

Jacana armata, varia, Briss., Ornith., t. V, p. 129.

(x) Les descriptions exactes des seconde et troisième espèces de Jacana de Marcgrave ont servi de base aux espèces purement nominales de Gmelin , de Latham, de Vieillot et de Buffon, Parra nigra, Parra brasiliensis (Jacana noir et Peca), qu’il faudra dorénavant faire disparaître des nomenclatures. Pour le Parra viridis, nous croyons que c’est le Porphyrio martinica (voyez cet article).

(2) Le Parra chilensis de Gmelin est basé sur la description fautive que Molina (Hist. du Chili, p. 229) a donnée du Vanneau de Cayenne (Vanellus cayennensis, Nieill., Parra cayennensis, Linn.); mais ce qui vient encore augmenter ce chaos, déjà si difficile à débrouiller, c’est que Vieillot, ainsi qu’on le voit, ne se contente pas de citer Molina; il suit l’idée de Sonnini dans sa traduction d’Azara , et réunit encore | Æguapeazo de l’auteur espagnol à l’espèce de Molina, procédé d’autant plus extraordinaire que la description d’Azara est aussi claire que possible , et n’a aucun rapport à celle de Molina.

Parra variabilis, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 92, sp. 4. Fe

Parra variabilis, Lath., Syst. ornith., sen. T8, sp. 5.

Jacana varié, Buff., Ois., t. VILLE, p. 129, n° 5.

Parra variabilis, Vieill., Encycl. méth., t. IE, p. 1055.

Aguapeazo blanco de bajo, Azar., Apunt. para la hist. de los pax., t. UI, p. 262, n° 375.

Parra. Castaneo-rubro ; capite, collo, pectoreque nigroviolaceis ; remigibus olivaceo-viridibus, apice nigrescente marginatis ; rectricibus apice nigro violaceis ; pedibus cærulescentibus ; rostro flavo.

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A dulte des deux sexes. Tête, cou, poitrine noirs ; dos, grandes couvertures des rémiges, pennes scapulaires, queue, rouge-brun foncé ; cette même teinte, plus brune, couvre les parties inférieures, et les tectrices inférieures des rémiges ; du noir au tranchant de Vaile, sous la queue et au bas-ventre ; rémiges vert très-pâle, terminées de noirâtre en bordure; les deux rémiges primaires ont du noir à leur côté extérieur ; caroncules rouge foncé; bec jaune à son extrémité et passant ensuite par degrés au rouge de sa base ; yeux rouges ; pieds bleu pâle.

Jeune de l’année avant la mue. Dessus de la tête brun ; sourcils, gorge , poitrine et ventre blancs; dessus du cou noir avec l’extrémité des plumes brune; dos, dessus des aïles brun grisâtre ; flancs, croupion et queue rougeàtres ; pieds bruns; yeux gris ; les ailes comme l’adulte.

Jeune en mue. Des plumes noires au milieu du blanc de la poitrine ; des plumes rougeâtres mélangées au gris du dos ; ainsi les couleurs de l'adulte se trouvant déjà indiquées par les plumes naissantes des jeunes, il n’y a plus d'incertitude sur la convenance de la réunion que nous faisons du Parra jacana au Parra varia-

bihs, d'autant plus qu’on ne les rencontre jamais que dans les six mois qui suivent la ponte, c’est-à-dire avant leur mue.

Les réductions que nous avons faites à la synonymie des espèces de Jacanas américains bornent à une seule les six espèces que signalent les compilateurs; car les Parra jacana, Parra variabilis , Parra nigra et Parra brasiliensis de Gmelin, sont l’adulte, le jeune, ou des espèces nominales, basées sur des descriptions incomplètes de Maregrave; le Parra chilensis est le Vanellus cayennensis, et le Parra viridis, également établi d’après Marcgrave, doit être, à notre avis, le Porphyrio martinica des auteurs modernes.

Nous n'avons jamais rencontré le Jacana au sud du 30° degré de latitude méridionale ; il devient rare dès le 29° degré, tandis qu’il est très commun sur toutes les plaines chaudes situées à l’est des Andes, à Corrientes, au Paraguay, en Bolivia, au Brésil, à la Guyane, et aux grandes Antilles, Haïti et Cuba, sans passer sur le continent septentrional. Il habiterait donc la zone torride, dans l'Amérique du sud et aux Antilles , où il est sédentaire en toute saison.

Gai, enjoué, des plus vif dans ses mouvements, le Jacana se tient toujours près des eaux stagnantes, marécageuses ou lacustres, mais seulement près de celles que couvrent des plantes aquatiques qui surnagent à leur superficie. Là, s’aidant de ses longs ongles qui occupent une plus grande surface, on le voit se promener sans enfoncer sur ces mêmes herbes, et comme sur la terre, y marcher avec vitesse ou gravité, tout en cherchant les petites coquilles et les insectes dont il se nourrit. Il va souvent aussi au bord de l’eau et y entre lorsqu'il croit faire meilleure chasse, ne restant jamais un moment en place, et toujours empressé dans toutes ses actions. Quelquefois seul, d’autres fois par paires ou par troupes de quatre à six individus, répandus sur le même lac sans se rapprocher les uns des autres, les Jacanas passent le jour et la nuit dans le même lieu, devenant plus actifs , surtout le soir et le matin : il paraît alors y avoir plus d’intimité entre les divers individus ; ils se rapprochent davantage ; mais, alors aussi, leur naturel querelleur les amène à se disputer , à se battre même , en s’élancant les uns contre les autres , et en cherchant à se donner des coups d’ailes, à peu près comme les coqs avec leurs ergots. On a dit que le Jacana est craintif; cependant nous n’avons jamais eu lieu de nous en apercevoir , dans les lieux où nous l’avons rencontré, ce qui tient peut-être à ce qu'il n’est jamais dérangé ni

OISEAUX. 253 chassé par les habitants; aussi se laisse-t-il facilement approcher. Seulement, quand on est trop près, et qu'il n’y a plus d'herbes aquatiques sur lesquelles il puisse marcher et s'éloigner, il s'envole pour aller se poser soit au milieu du lac, soit de Pautre côté ; son vol est droit et peu prolongé. Tous les Jacanas d’un même lieu se répondent sans cesse, par un cri qu’exprime la syllabe cot répétée trois fois de suite; néanmoins la frayeur leur fait jeter un cri d’alarme tout à fait différent, qui est le signal de la vigilance pour tous les congénères du voisinage.

Dans l'hémisphère sud, les amours des Jacanas commencent en octobre ; ils s’accouplent alors, et s’isolent davantage, chaque paire prenant possession d’un canton particulier. Sans faire aucun nid , la femelle dépose, sur les plantes aquatiques flottantes des marais, trois ou quatre œufs assez pointus à l’une de leurs extrémités, dont les diamètres sont 23 et 30 millimètres d’une couleur jaunâtre : ils sont marqués, en tous sens, de lignes en zigzags d’un beau noir lustré, plus rapprochées vers le gros bout. Tout le temps de Pincubation, la femelle laisse, pendant le jour , au soleil, le soin de les réchauffer, ne les couvant que le soir, la nuit et le matin. Dès que les petits sont éclos, ils suivent la mère, qui les protège avec une tendre sollicitude, allant même jusqu’à se battre à coups d’ailes pour les défendre des oiseaux de proie, et principalement des Caràcaràs, qui en détruisent un grand nombre. Les petits sont d’abord couverts d’un duvet blanchâtre remplacé bientôt par le plumage varié qui a donné lieu à lespèce nominale Parra variabilis.

Les indigènes et les colons des pays où vivent les Jacanas les aiment et les protégent à cause de leur gentillesse ; néanmoins , malgré les diverses tentatives qu’on a faites , ils n’ont pu être conservés à l’état domestique , s’y laissant toujours mourir de faim.

A Cuba , l’on nomme le Jacana Gallito (petit coq) , à cause de ses éperons et de sa crête ; dans Pile d'Haïti, on l'appelle Chevalier mordoré varié, de ses teintes. Son nom guarani d’Aguapeazo ne veut pas dire le ver de l Aquape, comme la dit Azara ; c’est le nom de cette espèce de plante flottante voisine des Jongermannes, sur laquelle il marche de préférence ; nom dérivé d’Aguape (dénomiation générique des plantes aquatiques), et d’Açog (ver, en forme de ver), exprimant la forme de la feuille de cette même plante, divisée par segments comme un annelide. Nous avons encore recueilli sa synonymie dans les diverses langues des indigènes de l'Amérique méridionale. Nous trouvons qu'on le nomme Utuu-

chacach , en Chiquito; Ororoe, en Guarañoca; Pohochadae , en Samucu ; Tarao, en Otuke ; Aca-aca, en Saraveca; Oipelo, en Paiconeca ; Tahu-tahu, en Paunaca; Aguapeazo, en Guarayo, dialecte du Guarani. Dans la province de Moxos, c’est le Sesey, des Muchojeones ; Kichichi, des Baures ; le Huiriri, des Itonamas ; le Jekeke, des Cayuvavas; le Huethuë, des Iténès ; le Sacajna, des Pacaguaras; le Délé des Movimas ; le Ntajavuaratasi, en Canichana.

GENRE COURLIRI, ARAMUS, 7eill.

Ardea, Linn., Gmel.

Numenius, Brisson, Lath.

Rallus, Ilig.

Notherodius (1), Wagl.

La seule espèce connue de ce genre a été placée parmi les Hérons par Linné , par Gmelin, par beaucoup d’autres auteurs ; parmi les Numenius, par Brisson et par Latham ; entre les Hérons et les Cigognes, par Vieillot ; dans les Cultrirostres avec les Grues, et près des Caurales, par Cuvier ; entre les Grues et les Hérons , par Temminck; dans les Rallus, par Illiger ; par M. le prince de Neuwied, parmi les macrodactyles, près des Rallus. On voit combien cette espèce a été ballottée parmi les Ardeide, les Scolopacide, les Rallidæ ; elle prendrait naturellement place dans la première série d'oiseaux par ses pieds à longs doigts et par son bec comprimé ; dans la seconde, par la longueur de son bec ; mais cette énumération de caractères montre qu’on tient compte seulement de la forme du bec et des pieds, sans s’occuper du genre de vie, qui aurait immédiatement fixé le rang du Courliri, qui doit se trouver en dehors de ces deux familles, comme Illiger l’avait pensé. En effet, si nous comparons les caractères et les mœurs de cet oiseau à ceux des autres, nous trouverons que son bec, en se rapprochant de celui du Longirostre par sa longueur, a aussi du rapport avec celui de certains Râles, du Rallus longirostris, par

(1) Lorsque , depuis longtemps, Vieïllot avait institué le genre Æramus , admis par les auteurs, il est fâcheux de voir qu’on impose sans but une dénomination nouvelle , qui ne sert qu’à surcharger la synonymie déjà si embrouillée de Vornithologie. Il nous semble qu’en zoologie un nom de genre ou d’espèce imprimé doit toujours être respecté.

OISEAUX. 255 exemple ; ainsi que ce dernier, il est allongé, très légèrement arqué, comprimé et renflé un peu avant son extrémité , comme on peut le reconnaitre par linspection de la planche 31 , fig. 4 et 5. Ses pieds sont longs, ses doigts très allongés, annoncent un oiseau qui, à la manière des Räles, vit dans les grandes herbes et dans les marécages ; son plumage de même est grivelé ; les plumes de la tête sont courtes comme celles des Râles, le peu de différence de livrées entre les sexes et les âges le rapproche encore de ces oiseaux. Voyons maintenant ce que nous trouvons dans les mœurs en faveur de ce rapprochement. De même que les Râles, les Courliris se tiennent autour des hautes herbes, rarement dans l’eau, toujours seuls ou par paires ; s'ils s’envolent, ils le font en battant des ailes et tenant les jambes pendantes comme les Macrodactyles , et vont se poser non loin de là ; ils remuent eontinuellement la queue, comme eux ; comme eux encore, font entendre, soir et matin, des cris sonores ; se nourrissent comme eux, d'insectes, de vers, de mollusques dont ils amoncellent les coquilles, à imitation du Râle géant d'Amérique ; comme eux aussi, ils pondent parmi les joncs des œufs tachetés et de même forme que ceux des Räles et des Poules d’eau; comme les petits de la Poule d’eau et du Räle , enfin les Courliris, marchent aussitôt qu’ils sont nés, ce que ne fait aucun des Ardéidées , dont les petits restent dans le nid jusqu’à ce qu’ils puissent voler. De tous ces traits de ressemblance et de conformité d’habitudes ,'inous croyons pouvoir conclure que les Aramus ne doivent être placés ni parmi les Ardeidæ, avec lesquels ils n’ont que des rapports éloignés, ni avec les Scolopacidæ , dont ils n’ont en rien les caractères ni les mœurs voyageuses, mais bien dans les Macrodactyles de Cuvier, famille des Rallidées, dont ils ne différent par aucun de leurs caractères zoologiques, et dont, au contraire, ils réunissent les formes et les habitudes, ainsi que nous lavons écrit, dès 1828 , à M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire , ainsi que l’a judicieusement fait observer M. le prince Maximilien de Neuwied.

N° 104. COURLIRI COURLAN.

ARAMUS GUARAUNA.

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