SIXIÈME ORDRE
NAGEURS , NATATORES, /lig.
Anseres , Linn.
Palmipedes, Cuv.
Pour suivre les oiseaux que nous allons décrire, nous devons abandonner les plaines cultivées et fleuries, les montagnes boisées où se jouent ces oiseaux terrestres que nous avons déjà fait connaître, de couleurs si variées, si différents dans leurs mœurs. Nous ne pouvons pas non plus nous borner à parcourir les rivages tranquilles des lacs, des rivières, les plages maritimes où vivent les Échassiers ; maintenant il nous faut, pour ainsi dire, abandonner la terre, pour nous aventurer, avec les êtres que nous voulons connaître, sur cet élément agité que les hommes sillonnent en tous sens , stimulés les uns par l’esprit de découverte, les autres par l'espoir souvent trompeur d’accumuler des richesses.
C’est, en effet, seulement à la surface ou sur le bord des eaux que nous rencontrons ces oiseaux variés dans leurs formes, dans leurs couleurs , dans leurs habitudes , que leurs pieds palmés , disposés pour la natation , ont fait réunir sous le nom de Palmipèdes ou de Nageurs.
Cherchons quelles différences saillantes distinguent les uns des autres les oiseaux nageurs qui fréquentent l’ile de Cuba.
Les teintes brillantes dont nous avons vu s’orner les Passereaux , les Grimpeurs , et même quelques Échassiers , ne sont plus aussi vives chez les nageurs. Le vert , le pourpre, l’azur métallique , ne colorent plus que partiellement la tête et les ailes des Canards,
ceux de tous qui se rapprochent le plus volontiers de la terre, comme si la nature avait voulu faire pour eux un dernier effort. Chez les autres oiseaux de cet ordre, plus ou moins pélagiens , les teintes vives ont disparu , sans que, néanmoins, celles qui les colorent soient tout à fait dénuées de beauté. Les Fous (1), les Frégates (2), les Cormorans (3) ne montrent, il est vrai, que du brun ou du noirâtre, se confondant et s’harmonisant avec la sombre couleur des rochers sauvages sur lesquels ils se posent ; mais le plumage varié du Pélican (4), la blancheur de neige des Hirondelles de mer, des Mouettes, du Phaéton, ne contrastentils pas agréablement, en se détachant sur l’azur des mers ou dans les airs, sur les nuages orageux de la tempête?
Nous ne trouvons encore ici aucune conformité dans les mœurs : nous voyons bien, dans les terres, les Grèbes (Saramagullones) nager et plonger sans cesse au sein des eaux douces des lacs, sur les bords desquels des troupes de Canards (Patos) sociables, barbotent gaiment ; nous apercevons aussi, non loin de là, le Cormoran (Corua) à l'air gauche, emprunté, perché sur les branches des arbres, immobileet froid témoin des incessantes promenades aériennes des Mouettes (Gaviotas) criardes , au vol léger, et de la gentillesse des Hirondelles de mer (Gaviotitas); qui fondent du haut des airs, avec la rapidité d’une flèche, sur le malheureux poisson qu’elles guettent; mais tous les autres , essentiellement marins, n’abandonnent jamais la vaste étendue des mers ou leurs rives tourmentées par la vague. Tandis que le Pélican (Alcatraz) , le géant des oiseaux de ces régions, digère gravement en nombreuses compagnies , posé sur le rocher le plus sauvage, le bec reployé sur la poitrine , se reposant de sa pêche du matin; tandis que le Phaëton (Rabo de junco), le Fou (Pajaro bovo), parcourent, d’un vol droit et lent, les régions aériennes de l’océan Atlantique, souvent à plus de cent lieues des côtes, s’arrêtant seulement pour plonger, la tête la première, et pour nager en poursuivant les poissons dont ils font leur nourriture, la Frégate ( Ravt horcado), le meilleur voilier de tous les oiseaux aquatiques, s'éloigne encore davantage des continents, pour suivre les troupes voyageuses des poissons volants , qu’elle saisit de son bec aigu, lorsque ceux-ci,
(1) Pajaro bovo. (2) ÆRavi horcado.
(3) Corua.
(4) Alcatraz.
changeant d’élément, s’élancent d’un vol timide dans lPespace , croyant ainsi se soustraire à la chasse vigilante que leur font , au sein des eaux , les Bonites et les Dorâdes.
Nous possédons dix-neuf espèces d’Oiseaux nageurs de l’île de Cuba ; cherchons si elles vivent simultanément sur les continents voisins ou si elles sont propres aux Antilles.
Celles qui séjournent à Cuba et dans l'Amérique méridionale sont peu nombreuses; nous n’en trouvons que deux , l'Anas spinosa, et le Colymbus dominicensis , habitant seulement les régions tropicales ; ainsi nous n’aurions qu’un neuvième d’oiscaux venant du sud , nombre inférieur à tout ce que nous avons rencontré chez les Oiseaux de proie, les Grimpeurs, les Gallinacés, égal à celui des Échassiers, mais bien supérieur à celui des Passereaux. Les Nageurs viendraient donc appuyer notre conviction que Cuba ne reçoit des migrations d'hiver que du nord, tandis que les espèces qui viennent du sud suivent seulement la zone torride.
Les Oiseäux Nageurs qui arrivent de l'Amérique septentrionale à Cuba sont au nombre de trois , l’Anas sponsa, V’ Anas arborea , P'Anas americana ; chiffre qui, comparé à la totalité , serait seulement près d’un sixième , et moins élevé proportionnellement que celui des Grimpeurs, des Échassiers, surtout des Passereaux ; mais nous devons faire observer qu’il ne comprend que les oiseaux qui, lors des migrations d'hiver, s’arrêtent aux Antilles, sans passer plus au sud.
Les espèces de Nageurs qui se rencontrent en même temps à l’île de Cuba et sur les deux continents américains sont au nombre de dix, réparties dans les genres suivants :
Colymbus carolinensis. 1 1. 5 10 COMME GIE Ar 2 Pelecanus fuscus.. . . . . 1 D PSC EEE EN EEE a Fregata aquila. . . 1 Phaeton æthereus. . . . 1 SIERRA Te 3
Total. . . 1
Ainsi ces espèces s’éléveraient à plus de la moitié de la totalité, chiffre bien ‘plus élevé que tout ce que nous avons rencontré jus-
qu’à présent : ce qui nous paraît tenir, pour quelques espèces , à leur indifférence du climat ; pour les autres , au contraire , à ce qu’elles appartiennent à la zone torride ou à quelques degrés en dehors , zone d’habitation leur permettant de vivre sur les parties méridionales de l'Amérique septentrionale.
Parmi les espèces de Nageurs qui, plus largement distribuées , se rencontrent sur le sol américain et en Europe, nous en trouvons trois , l'Anas marila, le Phalacrocorax graculus, et le Larus atricilla; celles-ci dès lors auraient pour patrie Phémisphère boréal, tandis qu’une seule, plus voyageuse encore, la Sterna anghca, se trouve simultanément à Cuba, sur les deux Amériques et en Europe, aux deux hémisphères. Il ÿ aurait donc quatre espèces ou un peu plus du cinquième de la totalité des Nageurs qui seraient de l’ancien et du nouveau monde, proportion un peu moindre que celle des Échassiers.
Il n’est aucun Nageur qui ait Cuba ou les Antilles pour patrie spéciale , tous ÿ venant, comme sur un point de passage, de l’un ou des deux continents voisins.
En résumé, les proportions relatives des Oiseaux Nageurs que nous possédons de Cuba nous les présentent, pour plus de la moitié, comme habitants des deux continents américains ; pour un cinquième, de l’ancien et du nouveau monde; pour un peu plus du sixième, de l'Amérique septentrionale ; et, pour un neuvième, de PAmérique méridionale seulement , sans qu’une seule espèce soit spéciale à cette île ou aux Antilles ; ainsi les Nageurs sont à Cuba soit de passage dans les migrations d’hiver, soit propres aux zones chaudes dont l’île fait partie.
Le tableau suivant montrera, par genres et par familles , les nombres comparatifs des espèces de Nageurs que nous connaissons à Cuba.
a NAGEURS | TOTAL NOMS NOMS DE L'ILE DE CUBA ,; PROPRES DES ESPÈCES RER US GRR NE ER : z Fr CC 2 = UP So Eten des des nes [ea le Sels ls) LS lee Los | 8 leo | par par LEE ÉTERNEL QE FAMILLES. cennes. [ES | ÈS | «5 | Ê | EN T4 Ar EE OU PE DO: SET Ds | SE genre. famille, Sa (m8 | las | ss ls Ah a — — L— —] nn Lo —-{ D = — À Colymbidæ.. | Colymbus..|| : » L LL NS DA 2 2 Mrutidæ....1|ANAS...... i 3 2 1 » » 7 7 Pelecanus. . » » I » » » 1 Phalacrocorax. . » » » I » » I Pelecanidæ. .{ Sula. ...... » » I » » » ! 5 Fregata D: » » I » » » 1 Phaeton. ..|| » » L » » » I à Parts... » » » I » » 1 Sternidæ.... 5
Les Oiseaux Nageurs que noas possédons de l’ile de Cuba, comparés, par familles, à ceux que nous avons observés sur le continent méridional , offrent plusieurs lacunes importantes. Nous n'avons point de Procillaridæ pélagiens ; néanmoins nous croyons que quelques-unes de leurs espèces doivent se voir aux Antilles ; mais il n’en est pas ainsi des Mergidæ plongeurs , si communs dans les mers du pôle sud , dont aucun représentant ne se rencontre aux Antilles.
COLYMBIDÉES, COLYMBIDÆ, Leach.
Colymbus, Briss., Linn., Gmel.
Podiceps, Lath.
Pinnatipedes , Temm.
Nous ne réunissons pas dans cette famille, comme le fait M. Temminck, les Grèbes aux Foulques et aux Phalaropes ; alors les divisions artificielles l’emporteraient sur les divisions naturelles, les Foulques ne pouvant être séparées des Poules d’eau , les Phalaropes appartenant , sans aucun doute , aux Scolopacide.
Nous ne conservons donc, dans les Colymbidées, que le genre Colymbus (Podiceps, Lath.), et le genre Heliornis, Bonatère. Le second seul manquerait à l’ile de Cuba , quoiqu'il soit très commun sur le continent méridional.
Cette famille est caractérisée par des ongles larges, déprimés ; par des pieds placés en arrière, dont les doigts antérieurs sont fortement aplatis ou déprimés, réunis à leur base, entourés d’une seule membrane en feston, recouverte d’écailles transversales.
Elle ne comprend à Cuba que deux espèces, dont l’une est propre aux deux Amériques et aux Antilles, l’autre à ces îles et à PAmérique méridionale.
GENRE GRÈBE, COLYMBUS, Briss.
Colymbus , Gmel., Vieill.
Podiceps, Lath., Temm.
Caractérisé par son bec droit, dur , comprimé, pointu , dont la pointe est légèrement arquée; par ses narines concaves, oblongues, percées de part en part; par ses pieds longs, placés en arrière, à tarses comprimés, composés de trois doigts antérieurs, aplatis en feuille, et d’un pouce comprimé , s’articulant sur le tarse ; par sa queue nulle, ses ailes courtes ; ce genre l’est encore par ses mœurs aquatiques , son habitude de plonger et de rester très longtemps sous les eaux.
Les espèces qui le composent sont de toutes les parties du monde; Cuba en possède deux : le Colymbus dominicensis , commun aux Antilles et à l'Amérique méridionale ; le Colymbus carolinensis , s'étendant des Antilles aux deux Amériques.
x° 411. GRÈBE DE SAINT-DOMINGUE.
COLYMBUS DOMINICENSIS, Briss.
Saramagullon , A CUBA.
Colymbus dominicensis, Briss., Ornith., t. VI, p. 64. Colymbus dominicensis, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen.75, sp. 10.
Colymbus dominicus , Lichtenst., Doubl., p.87, n° 921.
Colymbus dominicus, Bonat., Encycl. méth., t. X, p. 58.
Podiceps dominicus, Lath., Syst. ornith., gen. 84, sp. 10..
Podiceps dominicus , Princ. Max. de Neuw., Beitrag… von Bras.,t. IV, p. 835.
Podiceps dominicus , Spix, Aves, t. IL, tab. 101.
Castagneux de Saint-Domingue, Buff., Oùis., t. VIT, p. 248.
Maca menor, Azara, Apunt. para la Hist. nat. de los Pax.,t. UL, p. 466, n° 445.
Petit Macas, Azar., Trad. de Sonn., t. IV, p. 358, n° #45.
Colymbus. Capite subcristato, pennis verticis et paroticis elongatis, strictis; vertice, gula, colloque nigris ; regione parotica alba, nigro lineata ; pectore abdomineque sericeo-rufescentibus; pennis dorsi nigris subtilissime rufo marginatis.
Dimensions. Longueur totale
OR NAN COR LOC Me DE 250 millim.
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Mâle. Tête presque huppée, les plumes des sourcils et des joues longues , blanches , striées de noir. Dessus de la tête, gorge, cou en entier, d’un noir mat; tout le ventre d’un beau roux brun ; plumes du dos noires, légèrement bordées de roux ; bec bleuâtre ; yeux rouge carmin tacheté de rouge plus foncé; pieds vert obscur.
Femelle. Gorge et ventre, au milieu, blanchâtres; cou brun ; tête brun noirâtre, sourcils et joues blancs ; dos noirâtre ; ailes noires.
Jeune mâle. Cou noir , ventre blanc varié de noir.
Jeune femelle. Gorge et ventre blancs, le reste fuligineux.
Cet oiseau a été depuis longtemps indiqué comme habitant les Antilles (Saint-Domingue et la Jamaïque) et la Guyane. M. le
Prince Maximilien de Neuwied l’a rencontré au Brésil; et, pour joindre nos observations particulières aux siennes, nous dirons que nous l’avons observé à la frontière du Paraguay, aux environs de Buenos-Ayres , sur les rives du Rio-Nigro en Patagonie , sur les eaux des provinces de Moxos et de Chiquitos, dans la Bolivia, ainsi que sur les lacs des plateaux les plus élevés des Andes , surtout le long des rives du lac de Titicaca, à 4,000 mètres au dessus du niveau de la mer. Cette espèce habiterait donc depuis les régions les plus chaudes de l'Amérique méridionale jusqu’au 41° degré sud , et du niveau de la mer à 4,000 mètres au dessus, et s’étendrait, dans l’hémisphère nord , jusqu’aux Antilles.
Ami des eaux stagnantes, cet oiseau se trouve dans les lacs, dans les marais , seul ou par petites troupes de quatre à huit individus, qui errent sans crainte sur les eaux, et se laissent approcher de très près, se fiant à l’agilité avec laquelle ils plongent, ne reparaissant que très loin de là ; si espace est très circonscrit, ils plongent et reviennent tout doucement se placer au milieu des herbes, ne montrant alors que le bec et la tête hors de l’eau , se croyant si bien en sûreté, qu’il nous est arrivé d’en prendre ainsi de tout vivants. À Buenos-Ayres, ils se promènent dans la rade même, au milieu des embarcations qui se croisent en tous sens. Leur vol paraît très pénible; néanmoins il est impossible de ne pas se persuader qu’ils puissent fournir de longues traites, lorsqu'on en rencontre un jour dans un lac isolé et éloigné des autres, tandis que, la veille, il n’y en avait pas ; ce qui doit faire supposer qu’ils font de nuit leurs petits voyages: Ils se nourrissent de poissons , de larves d’insectes, de petits reptiles et de coquilles.
Vers le mois de novembre, dans l’hémisphère sud, le Grèbe de Saint-Domingue choisit un marais ou un lac couvert de jones ; et là, au plus épais de ces plantes, il s’en sert pour construire, au dessus des eaux, un nid bien garni de plumes en dedans, et sur lequel la femelle dépose quatre à cinq œufs blancs, lisses, dont les diamètres sont 30 et 40 millimètres. Dès que les petits sont éclos , ils suivent leur mère, et, comme de jeunes canards, abandonnent peu leur conductrice, qui les fait se cacher au moindre bruit.
Dans la province de Corrientes, les Guaranis nomment ces oiseaux Macas, dénomination applicable à toutes les espèces du genre.
x° 412. GRÈBE DE LA LOUISIANE.
COLYMBUS CAROLINENSIS, Briss.
Saramagullon, À CUBA.
Podiceps minor, Pied-bill dopchick, Catesb., Carol. t. X, Sr.
és Jfuscus, Klein, 4v., p. 150, n° 5.
Colymbus podiceps, Linn., Syst. nat., ed. 10, gen. 68, sp. 4.
Colymbus podiceps, Bonat., Encycl. méth., t. 1, p. 57.
Colymbus podiceps , Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 75, TPAUE
Colymbus carolinensis , Briss., Ornith., t. VI, p. 63.
Podiceps carolinensis, Lath., Syst. ornith., gen. 84, sp. 42.
Podiceps carolinensis, Spix, 4v., t. Il, p. 100.
Pied billed Grèbe, Pennant, Arc. zool., t. IL, p. 497, n° 418.
Le Grebe de la Louisiane, Buff., Oùis., t. VIIE, p. 24, Enl. 943.
Le Castagneux à bec cerclé, Buff., Ois., t. VII, p. 247.
Colymbus ludovicianus, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 72, sp. 22.
Colymbus ludovicianus, Bonat., Encycl. méth., t. 1, p. 94.
Colymbus ludovicianus, Lichtenst., Doub. de zool., p. 88, n° 922.
Podiceps ludovicianus, Lath., Syst. ornith., gen. 84, sp. 13.
Podiceps ludovicianus, Prince. Max. de Neuw., Beitrag… von Bras., t. IV, p. 830.
Maca de pico corvo, Azar., Apunt. para la hist. de los Pax., t. UI, p. 464.
Maca à bec crochu , Azar., Voy. trad. franc., t. IV, p. 997, n°444.
Mergus major leucophœus , Feuillé, Journ. observ., p. 391 (Œd. de 1725).
Colymbus insulæ Sancti Thomæ , Briss., Ornith., t. VI, p. 58.
Colymbus thomensis, Gmel., Syst. nat., ed. 13 , gen. 75, sp. 23.
Podiceps thomensis, Lath., Syst. ornith., gen. 84, sp. 8.
Le Grèbe duc Laart, Buff., Ois., t. VIII, p. 240.
Colymbus thomensis, Bonat., Encycl. méth., t. 1, p. 54.
Colymbus. Rostro albo, incrassato, arquato, nigro, transversim zonato ; pectore sericeo-aureus; subtus nigrescens.
Dimensions. Longueur totale................................. 400 millim Duvole. 2e OR M Res te EU RL 620 Cireonterence duiconps CEE Cr EEE CEE 255 Du pli de l’aile à son extrémité.................... 130 Dub CSSS MRC T CRE HSE EE CRE CRERE 24 CÉNrEN TER on cocon 00cm dopencoooso 14 Satlarmeur NS, CUP RE CT 2e RME PRE CECE 7
Méle. Parties supérieures noirâtres , poitrine jaunâtre brillant ; bec blanchâtre; une bande transversale noire sur le milieu de sa longueur ; pieds bleu livide; yeux cendrés.
Femelle. Dessus de la tête et toutes les parties supérieures noiràtres ; une tache noire commence à la base de la mandibule inférieure, et vient former une large tache sur le bas du cou; le reste du cou gris cendré ; parties inférieures variées de noirâtre et de blanc argenté, à reflets ; ailes noirâtres ; leurs couvertures inférieures presque blanches.
Cette espèce, facile à distinguer de tous les autres Grèbes par son bec fort, court, droit sur les deux tiers de sa longueur, fortement courbé et crochu à son extrémité , nous paraît avoir été décrite, dans tous les auteurs du siècle dernier, sous trois noms différents; en effet, pour nous c’est en même temps le Colymbus podiceps, le C. ludovicianus et le C. thomensis de Gmelin. Il faudra donc, à l’avenir, ne conserver qu’une seule dénomination ; et celle de Colymbus carolinensis , Brisson , étant la plus ancienne , nous la conserverons, plaçant toutes les autres comme synonymes.
On a rencontré cette espèce à la Louisiane, à la Caroline , aux Antilles, à la Guyane, au Brésil, au Paraguay. Nous Pavons aussi recueillie à Corrientes et dans l’intérieur de la république de Bolivia; ainsi elle serait, en même temps, commune à l'Amérique méridionale jusqu’au 28° degré de latitude sud, et à peu près jusqu’au même degré de latitude nord à Amérique septentrionale. Elle abonde dans l’ile de Cuba , où elle porte le nom de Saramagullon.
Elle fréquente , de même que l'espèce précédente, les lacs et les marais, plutôt que lesrivières, y menant du reste, en tout, le même genre de vie que l’espèce précédente ; mais elle est beaucoup moins
commune.
Il‘ FAMILLE.
ANATIDÉES, ANATIDÆ, Leach.
Anas, Linn., Gmel., Lath.
Lamellirostres , Guy.
Lamelloso-dentati, Klig. Serrirostres, Dum.
Dermorhynques, Vieill.
Colymbiens ailés, Blain.
Nous neréunissons, dans cette famille, que les divisions du genre Anas de Linné , et ses Merqgus , caractérisés par leur bec déprimé , recouvert d’une peau mince , pourvu de lames aux deux mandibules ; par leurs pieds courts, emplumés jusqu'aux genoux ; par leurs ailes médiocres ; par leurs formes massives, etc. De ces deux genres, le second manque entièrement à Cuba, ainsi que parmi les divisions du premier, les Cycnus, les Anser ; car on trouve, au nombre des Anatidées de cette île, des Anas ou Canards proprement dits, des Fuliqula où Milouins , des Rhynchopsis ou Souchets.
Des sept espèces que nous offre ile de Cuba, trois se trouvent en même temps sur le continent américain septentrional, une dans Amérique méridionale, deux sur les deux Amériques , une dans l’Amérique septentrionale et en Europe.
GENRE CANARD. ANAS, Zinn.
Les caractères de ce genre, distingué par les lamelles de son bec, sont trop connus pour que nous ayons besoin de les reproduire ici, et nous en dirons autant de leurs habitudes. Personne n’ignore que les Canards sont essentiellement aquatiques , qu’ils aiment les eaux courantes, les marais , les rivages de la mer, et que la presque totalité des espèces voyage tous les ans. L’opinion générale à Cuba que tous les Canards y viennent des Florides n’est fondée que pour quelques espèces, puisque l’Anas spinosa y vient, au contraire, de l'Amérique méridionale , y trouvant la température de la zone torride, qu’il n’abandonne jamais.
La synonymie américaine des Canards est très compliquée ; nous en donnerons un échantillon par celle des Canards en général, sans distinction d’espèces, et que nous avons recueillie de la bouche des indigènes de l'Amérique méridionale. C’est , en Patagon, Chaken ; en Puelche, Catlagua; en Auraucano, Culfu ; en Mbocobis du grand Chaco, Otarene ; en Botucudo du Brésil, Ketap-mon. Ils ont aussi des noms particuliers dans la province de Chiquitos, au centre de l'Amérique méridionale : c’est en Chiquito, Bitchituuche; en Guarañoca , Orora mamim; en Samucu , Ororoi ; en Otuké, Matasene ; en Poturero , Ambia ; en Morotoca, Sogueta ; en Saraveca, Ojachu-zamart ; en Quitemoco, Yahuïco ; en Paunaca , Omojane ; en Paiconeca, Chicoriri; en Guarayo , dialecte du Guarani , Ipé. Dans la province de Moxos, on les nomme , en Chapacura , Cucutsisi ; en Muchojeones , Makichana ; en Baures, Pichicone ; en Itonama, Bichichi ; en Cayuvava, Visisi; en Itenes, Ahuahua ; en Pacaguara , Jimmonona ; en Movima , Huisisi ; en Canichana , Nicsevulé ; en Moxo , Huichichi.
n° 113. CANARD HUPPÉ, ANAS SPONSA, Linn.
Huyayo , À CUBA.