ANAS MEXICANA
Cuchareta, À CUBA.
Souchet du Mexique , Briss., t. VI, p. 337.
Anas mexicana, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 67, sp. 81.
Anas mexicana, Lath., Syst. ornith., gen. 97, sp. 61.
Anas. Fulva; supra nigro alboque lineata ; remigibus Juscis; tectricibus alarum minoribus albis; majoribus corpori proximis viridi-aureis.
Nous n’avons pas reçu cet oiseau avec la collection de Cuba ; mais, parmi quelques descriptions des oiseaux de cette île, rédigées par M. Poey , nous trouvons une espèce appelée Cuchareta, dont le bec et les couleurs nous paraissent appartenir à cette espèce ; au moins est-il difficile de n’y pas reconnaître un Souchet à miroir blanc et vert, aux pieds jaune rougetre; ce qui convient parfaitement au Souchet du Mexique.
PÉLÉCANIDÉES, PELECANIDÆ, Leach.
Pelecanus, Phaeton, Linn., Gmel., Lath.
Steganopodes, Illig.
Syndactyles et plongeurs, Vieill.
Pinnipèedes ou Podoptères, Dumer.
Totipalmes , Cuv.
Cette famille, la plus facile à distinguer par ses pieds, dont une membrane réunit le pouce aux autres doigts , est on ne peut plus naturelle , quant aux mœurs des oiseaux qui la composent, tous étant pêcheurs par excellence et marins.
Parmi les genres qui constituent la famille des Pélécanidées , il n’en manque qu’un seul à lile de Cuba, celui des Plotus, qui se rencontrent sur les deux continents américains ; l’ile possède donc une espèce de chacun des genres Pelecanus, Phalacrocorax , Sula, Fregata et Phaeton.
Sur les cinq espèces que nous venons de signaler, quatre sont communes aux deux Amériques et aux Antilles, tandis que la cinquième habite simultanément les Antilles, l'Amérique septentrionale et l’Europe.
GENRE PÉLICAN, PELICANUS, ZLinn.
Les Pélicans sont, sans aucun doute, les mieux caractérisés parmi les oiseaux aquatiques , par leur long bec dilaté en dessus , à arête marquée, onguiculé et très crochu à son extrémité, dont les bords sont dentelés ; par la flexibilité de la mâchoire inférieure, dont l'intervalle des deux branches est garni d’une membrane qui s’étend en sac sous la gorge.
La seule espèce que nous ayons à Cuba est propre aussi aux deux Amériques , sur les côtes de l’océan Atlantique , comme sur celles du Grand Océan.
n° 420. PÉLICAN BRUN, PELECANUS FUSCUS, Zinn.
Alcatraz, À CUBA.
Acatrazes grandes de la isla Española, Oviedo , 1547, Coronica de las Indias, Historia general de las Indias , Ub. XIV, cap. vr, folio 110.
Onocrotalus sive pelecanus fuscus, Sloan., Jam., p. 322, CH
Pelecanus bub-fuscus gula distensili, Brown, Nat. hist. of Jam. , p. 480.
Pelecanus fuscus, Linn., Syst. nat., ed. 10, gen. 66, spi
Pelican, Ellis, V’oy. à la baie d'Hudson , t. X, p. 52.
Pélican d'Amérique , Edwards, p. et pl. 93.
Grand gosier, Dutertre, Hist. nat. des Ant., t. M, p. 271.
Onocrotalus fuscus, Brisson, Ornüth., t. VI, p. 524.
Pelicanus fuscus, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 72, sp. 10.
Pelecanus fuscus, Lath., Syst. ornith., gen. 99, sp. 3.
Pelecanus fuscus , Bonatère, Encycl. méth., t. 1, p. 43.
Pelecanus fuscus, Vieill., Gal., p. 276.
Pelecanus fuscus, Brown Pelican, Bonap., 4mer. DE Ve
Pelecanus fuscus, Bonap., Syn., sp. 352, p. 401.
Pélican brun d'Amérique, Buff., t. VIII, p. 306, Eni. 957.
Pelecanus carolinensis, Gmel., Syst. nat, ed. 13, gen. 72, sp. 14.
Pelecanus carolinensis, Lath., Syst. ornith., gen. 99, SN
Pélican de la Caroline.
Pelecanus erythrorhynchos, Gmel., Syst. nat., ed. 13, gen. 12, sp. 15.
Pelecanus erythrorhynchos, Lath., Syst. ornith., gen. 99, sp. 8.
2 AE erythrorhynchos , Bonat., Encycl. méth., t. X, p. #4.
Pelecanus. Corpore supra et cinereo-fusco, pennis medio albidis ; subtus cinereo-fusco, capite albo; arca oculorum nuda , rubra ; sacco pensili cærulescente, nigro lineato ; rostro rubro ; pedibus nigris.
Dimensions 'Ecngueur totale EAN ii. 1 m. 450 millim. DONS PE ER se eee cp as LA 2 M. 290 DA Dec PTE Ra LS SE Ar ER I Re en 345
Têteet partiessupérieures du cou blanches, dessus du corps cendrébrun, le milieu de chaque plume blanchâtre sur toute sa longueur ; parties inférieures de la teinte générale du dessus, flambée de blanc ; un trait blanc circonscrit le point de départ de la poche gutturale,
cou marron , une touffe jaune au devant; tour des yeux rouge, bec vert à son origine, puis cendré bleuâtre et rouge à son extrémité ; rouge dans les mâles.
Femelle. Grise, tachetée de brun et de roux ; corps blanc en dessous.
Le Pélican que nous venons de décrire habite toutes les régions chaudes de l'Amérique, depuis la Guyane jusqu’au continent du nord sur les deux océans. IL est surtout très commun aux Antilles , dans le golfe du Mexique et sur les côtes du Pérou où nous l’avons rencontré en grande abondance.
Le premier auteur qui ait parlé de cette espèce est, sans contredit, Oviedo, qui, en 1547, en donna une description capable de rivaliser avec celles que les auteurs modernes en ont publiées : cet historien lui consacre, dans son histoire des Indes, un chapitre entier , où l’on reconnaît un talent d'observation qui devançait les siècles ; aussi sommes-nous heureux de pouvoir le citer ici (1).
Cet oiseau n’a jamais, en Amérique, donné lieu à ces croyances superstitieuses qui, dans l’ancien monde, en faisaient le symbole de la tendresse maternelle, se déchirant le sein pour nourrir de son sang sa famille languissante (2). Au nouveau monde, il est seulement l’objet de l’admiration des indigènes, en raison de sa taille , et de l’adresse avec laquelle il se procure ses aliments ordinaires.
Voyez-vous, sur ce rocher battu de la vague, ce groupe de gros oiseaux grisàtres, serrés les uns contre les autres, immobiles, au cou droit, au bec long, reployé par en bas et appuyé sur la poitrine , à l’air stupide et même ridicule dans leur pose ? Ce sont des Pélicans bruns qui digèrent leur pêche matinale : alors insensibles à tout ce qui les entoure, ils paraissent les plus indolents de tous les oiseaux ; mais, vers le soir, ils se réveillent, s’envolent non sans
(1) Nous reproduisons la description du bec donnée par Oviedo, pour qu’on puisse juger du reste de ses observations. « Tene un pico tan grande como dos » palmos de luengo : y a par de la cabeca es tan ancho o mas que una mano de » hombre : y desde alli se va diminuyendo hasta la punta o fin del pico po en el » extremo donde es mas delgado queda, mas ancho que el dedo pulgar : y de alli » declina algo para abgxo de manera de uña. Y aquello de la parte superior del » pico es duro : y la mandibula baxa se abre tanto y haze un papo que le va hasta » el pecho. »
(2) Cette fable, originairement égyptienne, est appliquée au Pélican par saint Augustin et par saint Jérôme (Vid. ex Æxcerpt. ex Hieronim. apud Lupum de Olvet in Ps. 101).
avoir encore , dans cet exercice, un air singulier ; car leur long cou est rentré sur lui-même et leur bec semble sortir de leur corps; néanmoins vous les voyez s'éloigner de la côte d’un vol facile et se disperser , parcourant seuls alors la surface des mers. Tout à coup Pun d’eux s'arrête, plane avec aisance, reploie ses longues ailes et se laisse tomber perpendiculairement d’une assez grande hauteur sur le poisson qu’il aperçoit au sein de l’onde; la violence de son choc fait jaillir au loin et bouillonner autour de lui les eaux. Il à disparu quelques instants , poursuivant à la nage sa malheureuse victime ; il la saisit enfin , reparaît la tenant dans son bec , la place dans sa large poche, s’envole et recommence le même manége jusqu’à ce qu’il soit rassasié.
Si l’un de ces explorateurs isolés plonge deux fois de suite dans le même lieu, il ne tarde pas à fixer l'attention des autres Pélicans, des Fous, des Frégates qui, bientôt tous réunis au dessus du banc de poissons voyageurs, ne cessent de plonger à l’envi jusqw’à ce qu’enfin ils soient satisfaits. Rien de plus curieux alors que ce nuage d'oiseaux , les uns planant à une vingtaine de pieds au dessus de la surface de la mer, les autres s’y laissant tomber la tête la première ou en sortant avec peine, pour s’y replonger quelques minutes plus tard : on les croirait occupés d’un jeu très animé, au lieu de Pêtre d’une pêche habituelle, nécessaire à leur existence.
Les Pélicans nichent sur les îlots inhabités de la mer des Antilles ; ils y déposent, à ce qu’il paraît, leurs œufs à terre, sans aucun apprêt. Lorsque les petits sont nés, leurs parents vont à la pêche, en reviennent leur jabot plein de poissons, et les dégorgent aux jeunes oiseaux affamés ; sur cette habitude, commune, au reste, à beaucoup d’autres oiseaux de mer, se fonde la croyance populaire signalée au commencement de cet article.
GENRE CORMORAN, PHALACROCORAX, Briss.
Pelecanus, Linn., Gmel., Lath.
Phalacrocorax , Briss.
Carbo, Meyer , Temminck. Hydrocorax , Vieaill.
Ce genre, confondu avec les Fous, dans le genre Pelecanus des anciens auteurs , se distingue facilement de ceux-ci par son bec
médiocre, long, droit, comprimé, courbe à sa pointe, dont la mandibule inférieure n’est pas flexible; par la très petite membrane de la gorge, par sa queue roïide, par sa taille toujours moindre; du reste, il a les mêmes pieds , totipalmes, et à peu de chose près les mêmes mœurs. Il s’avance beaucoup plus que les Pélicans dans l’intérieur des terres , où il pêche du poisson , sa nourriture exclusive.
Les Cormorans appartiennent à tous les pays , à toutes les latitudes ; on pourrait même dire qu’ils sont communs partout. Cuba n’en possède qu’une seule espèce, répartie sur le sol américain , depuis les Antilles jusqu’aux régions froides, et dans notre Europe.
n° 421. CORMORAN NIGAUD.
PHALACROCORAX GRACULUS, Bonap.
Corua, À CUBA.