‹ Ornithologie du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 46 sur 68 · LEA · texte numérisé non relu

LEA

s da

C'est que «a voix vibre dans ce qu’il aime Et que son chant y tombe dans un cœur :

De ses accents sa femelle ravie

Veille attentive en oubliant le jour ;

Le printemps fuit, l'œuf éclos et la vie

N'est que printemps, que musique et qu’umour.

Lieu de bouheur! que cette vie est belle !

Ah ! dans mon sein je me sens aujourd’hui Assez d’amour pour reposer comme elle Et de transport pour chanter comme lui.

N'est-ce pas que jxmais la passion n’a parlé par une bouche humaine un langage plus sublime et plus incendiaire, et que l’infortunée Didon est bien pâle auprès de Laurence, et mème Roméo qui veut trop tôt s’en aller ! N'est-ce pas que le pauvre historien des bêtes qui a commis l’imprudence d'illustrer son récit de tels vers, est tenu de demander pardon à ses lecteurs d’oser eacore leur servir sa vile prose après !

Aucune gloire, aucune chance heureuse n’a donc manqué au Rossignol. Conime il a des panégyristes qui s'appellent Virgile, Ovide, Lamartine, il # des historiens nommés Pline, Buffon, etc. etc. Jean-Jacques déclare en ses Confessions, qu'il n’a jamais entendu le chant du Rossignol sans être

vivement ému. Le naturaliste latin savait les

mœurs de l'oiseau, il y a dix-sept siècles, comme nous les savons aujourd’hui ; mais la mythologie grecque a erré sur son compte.

La tradition mythologique s’est trompée, pour avoir fait de Philomèle le type d’une princesse athénienne célèbre par sa beauté, à qui son beaufrère aurait infligé un outrage et puis coupé la langue pour l'empêcher de divulguer son crime. Ce signalement de princesse de sang royal, belle et muette, ne reproduit aucunement les traits du Rossignol, qui n’est ni beau ni muet, et qui d’ailleurs serait parfaitement incapable d’égorger un neveu pour le faire manger à son père, comme le fit, dit R2

l'histoire, la princesse outragée. D'où je crains fort que ceux qui ont cru d’après la fable que la romance du Rossignol était une complainto sur les malheurs de Philomèle et sur la perversité de Térée, n'aient été dupes de leur crédulité. La romance ou plutôt le nocturne du Rossignol n’est pas une complainte, mais bien ‘une élégie amoureuse écrite pour une voix seule par un maëstro passionné, Et la passion brulante qui respire en ce poëme et empèche de dormir l'infortuné inamorato, est la double jalousie de l’art et de l’amour.

Le Rossignol, en effet, ne chante pas seulement pour attendrir le cœur de sa maîtresse et charmer ses ennuis ; il chante aussi et surtout pour qu’on l’admire et pour qu'on l’applaudisse ; il chante pour faire taire ses rivaux, pour les écraser sous le poids de sa supériorité, pour les tenir à distance du canton qu'il s’est adjugé. S'il n’atteint pas ce dernier but par la force de ses poumons, il a recours au combat ordinaire, au combat corps à corps ; car il faut d’une manière ou de l’autre qu’on lui fasse place nette. S'il est vaincu dans cette nouvelle rencontre, il s'expatrie comme le Pinson et va bien loin cacher sa honte. Beaucoup meurent sur le terrain du dépit de la défaite et des blessures reçues. On ne comprend pas à première vue, qu'une épée aussi offensive qu’un bec de Rossignol ou de Rouga gorge puisse donner la mort, mais le fait se reproduit si fréquemment qu’il n’est pas mème contestable. L’habitude des duels à outrance se retrouve jusque chez les Fauvettes proprement dites, qui ont l'esprit moins batailleur que les Rossignols, et chez les Roitelets qui ont le bec encore plus mou et encore plus inoftensif que les Fauvettes.

La quainzaine qui suit l’arrivée des Rossignols parmi nous est l’époque habituelle de ces joûtes terribles. Les mâles dans ces espèces précèdent les femelles d’une semairre ou deux, afin d’avoir terminé leurs querelles pour le jour où celles-ci arrivent, et pour être en mesure d'offrir un établissement convenable aux belles voyageuses en quête de maris. Ainsi procèdent les Ortolans et quelques miliers

d'autres. Cette précession des mâles dont la cause était demeurée jusqu'ici un mystère pour la science, n'intriguera plus personne désormais.

L'avenir des Rossignols dépendant du triomphe obtenu dans ces concours de musique vocale, on conçoit toute l'importance que les pères de famille et les enfants mûles de cette espèce attachent à l'étude du chant. Il n'y a peut-être pas un seul département de France où l’ardeur immodérée

w'apportent à cette étude les jeunes Rossignols, ne fasse chaque année des victimes. Aïnsi dans nos colléges, des centaines de malheureux enfants s’abrutissent l'intelligence en des travaux ingrats pour acquérir le titre glorieux d'élève del’Ecole Polytechnique, et paient quelquefois de leur santé ou de leur vie cette noble #mbition.

Il résulte de cette tension perpétuelle de l’esprit des Rossignols vers le progrès et la perfectibilité, que quelques-uns des mieux doués acquièrent des talents supérieurs qui leur assurent leur monopole des honneurs et des places. Heureux sont les fils de tels pères, car ceux-ci naturellement jaloux de perpétuer l'illustration de leur nom et de faire souche de virtuoses, se font un plaisir et un devoir de pousser leurs héritiers dans la voie du succès, en les initiant à tous les secrets de la méthode et à toutes les rubriques du métier. De là l'illustration séculaire de telles ou telles familles de tel ou tel canton, de la famille des Rossignols de Romanville, par exemple, ou de celle des fauvettes à tête noir d'Auteuil.

ais de mème qu’il est pour les Rossignols des contrées ré où semble s'être réfugié l’atticisme du beau langage, il est des Béoties par contre où fleurit le patois et dont les malheureux :ndigènes n'émettent pas une note qui ne devienne aussitôt le texte de mauvais quolibets. Les Fauvettes du bel air sont peut-être plus impitovables encore pour le purisme de la phrase que les jolies parleuses des salons de Paris.

Bechstein, naturaliste aliemand, qui à fait sur l’histoire des Fauvettes de profondes études va jus-

qu'à affirmer que le chant nocturne est un privilége -äristocratique, appartenant À certaines familles de Rossignols, mais non à toutes, et se transmettant par le sang. Le chant d’un Rossignol parfait ren? ferme habituellement vingt-quatre strophes, sans compter les ornements et les fioritures dont l’artiste brode ses finales. On a calculé aussi que la portée de la voix du Rossignol égalait celle de la voix de l’homme et s’entendait de plus d’un kilomètre.” Maigré le témoignage de Charlevoix, de Leclerc et autres, nous pouvous affirmer sur l'autorité de Vieillot, Audubon, Wilson, Baird, que le Canada ne peut réclamer l'O: phée du vieux monde :

. Il ya dans Vieillot, un passage assez curieux et que nous croyons peu connu.

‘ On ne doit pas s'étonner, æ’écrie-t-il, si les Européens qui habitent l'Amérique, ont donné le nom de Rossignol à la plupart des oiseaux de cette partie du monde, remarquables. par un gosier éclatant, et particulièrement au Troglodyte aedon, . puisque la plupart des personnes qui connaissent le -ramage du Coryphée de nos bois, se font une idée fausse de sa taille et de son plumage. Les uns le supposent gros et grand d’après la force et l’étendue de sa voix : d’autres croient qu'il est paré de brillantes couleurs, et beaucoup ne peuvent se persuader que ce soit un petit oiseau revêtu d’un vètement tres-modeste. Mais notre Rossignol se trouvet-il réellement sur Je nouveau continent ? On le croira, si l’on s'en rapporte à Lepage Dupratz * qui fait mention d’un Rossignol qu’on rencontre à la Louisiane : à Charlevoix, qui désigne sous le mème nom un oiseau du Canada, maïs qui n’a que la moitié du Chant du Rossignol d'Europe ; au père Leclère, qui l’a vu dans la Gaspésie ; enfin à un médecin de Québec, qui a mandé à Salerne que

. notre Rossignol se trouvait au Canada comme en

France, dans la saison.

“ Ces historiens ou voyageurs n’auraient-ils pas

* Histoire de la Louisiane.

êge s de tant ren?

sans tiste »rtée x de )?

clerc té de nada

ux et

si Îles né le ) cette r éclaaedon, sent le e idée uns Île l’étenaré de e pervèterouve- On Île atz * tre à us le a que e; au nfin à e que me en

s pas

confondu notre Rossignol avec d’autres oiseaux, d’après quelques analogies dans le chant? C’est de quoi mes recherches ne me permettent nullement de douter, ainsi que jo le prouverai ci-après. Ce- ‘pendant Gueneau de Montbeillard dit, qu'il est propable que le Rossignol habite aujourd’hui l’Améri- -que Septentrionale, et que trouvant le climat peu favorable soit à cause des grands froids, soit à cause de l'humidité, ou du défaut de nourriture, il chante moins bien au nord de cette partie du monde qu’en Asie et en Europe. En supposant que cette transplantation ait eu lieu de la manière quil indique et qui me parait presqu'impossible, le

ignol se montrerait dans Île nouveau continent tel qu’il est sur l’ancien, puisque les causes prétendues de dégénération n’existant pas dans la saison où les voyageurs cités ci-dessus ont cru le reconnaître, elles n'auraient pas nui à sa voix. Elles ont lieu, il est vrai: mais alors les oiseaux à la fin de l'Amérique Septemtrionale se trouve sous la zone torride, et certainement le Rossignol, qui est de leur classe, agirait comme eux, s’il habitait le Canada, et ainsi qu’il le fait lui-même dans le nord de l’Europe; il irait donc passer l’hiver dans les régions Méridionales, où l’appellerait la pâture dont à cette époque il serait frusté ans son pays natal, et n’y reviendrait qu’au moment où ces causes ces-

.sent. La nourriture ne lui manquerait pas alors

plus que dans nos contrées, car les insectes y sont au moins aussi nombreux et assez petits pour que des oiseaux entomophages dont le bec est moins fort et moins bien orné que le sien, puissent en faire leur proie et en nourrir leur jeune famille. De plus, la température du Canada, bien loin d’être froide et humide dans la saison où il l’habiterait, y est saine et chaude. Le collaborateur de Buffon ajoute, pour appuyer sa conjecture, que l’on sait d’ailleurs que le climat de l’Amérique et surtout du Canada n'est rien moins que favorable au chant des oiseaux ; c'est ce qu'aura éprouvé, selon lui, notre Rossignol transplanté à la Nouvelle France, Cette R4

asserlion n'est nullement fondéa pour le nord de l'Amérique, puisqu'il y a au moins autant d'oiseaux chanteurs qu'en Europe, et que leur ramage bien loin d'être inférieur, est aussi varié, aussi sonore et aussi mélodieux ; il faut néanmoins convenir que le Rossignol n’y a point d'émule; mais nos Grues, nos Bruants, nos Fauvettes, nos Pinsons y trouveraient des concurrens dignes d’eux et mème plusieurs y rencontrerait des maîtres.

. # Quoique le nom du Rossignol ait été donné à guests oiseaux de cette partie du monde, il n’inique point l'espèce du Rossignol proprement dit ; en effet, celui de Dupratz est le moqueur de cet ouvrage, (le moqueur de Virginie) lequel porte aussi le nom du Coryphée de nos bois à Saint- Domingue; le Rossignol de Virginie est la Loxie huppée ou le Cardinal dont je fais la description dans le tome IT; celui de l'Amérique d'Edwards, une Fauvette de la Jamaïque, laquelle diffère du Rossignol d'Europe par son plumage et dont le chant n’est pas connu. William Bartram donne aussi le nom de Philomela, à un petit oiseau jaune que je soupçonne être la Fauvette tachetée * ou éélle à tête Jaune, d’après la description de son chaperon jaune ; le Rossignol de Charlevoix, de Leclerc et du médecin de Québec n’est autre que le Troglodyte ædon, ainsi nommé au Canada, à la Nouvelle Ecosse et ailleurs par les Français et les Américains, vu que son ramage a de l'éclat et de la mélodie, quoique ses phrases soit plus courtes et moins variées que celles de notre chantre des bois. Maigré cette infériorité de chant, cet oiseau a des droits au nom de Rossignol, surtout si on compare son gosier à celui des autres petits volatiles du même pays, et il est vraiment le seul qui puisse l’y remplacer.

“ Il diffère si peu par son plumage et sa taille e notre Troglodyte, qu’on le distingue difficilement au premier aperçu ; aussi familier, il semble ne se

ne mme ne + Got ce me mp he + Ann me

* J'Oiseau jaune du Canada.

rd de seaux ) bien ore el r que xrues, "OUVeE- > plu-

nné à l n’init dit; de cet rte Saint- Loxie ription wards, ère du lont le donne \ jaune e * ou n chade Leque le A, à la et les t et de rtes et s bois.

a des mpare iles du sse l'y

ille de ent au ne 86

me mt

Ni —

plaire que près de la demeure de l’homme ; il suffit de lui procurer les commodités qu’exige la position de son nid, pour être sûr de l’attirer dans un jardiu, et qu'il y viendra nicher tous les ans, si l’on ne détruit pas sa couvée. Il mérite la proischon que les américains lui accordent, car il n’est aucunement nuisible, puisqu'il ne vit que de larves, de crysalides, de petits insectes et que c’est le seul oiseau chanteur qui se fixe dans les villes Son ramage est aussi fort aussi sonore que celui de notre Pinson, Fringilla cœlebs, maïs plus moëlleux. plus étendu et plus varié. J’Américain qui n’a pas cet oiseau près de sa demeure et qui désire l'y fixer lui construit au printemps une petite mraisonnette ; d’autres pour le mème motif attachent une callebasse contre leur maison ou au bout d’une perche qu'ils placent au milieu de leur jardin. Ce réduit reste rarement vacant ; car les jeunes couples étant forcés de chercher, à leur retour du sud, un canton qui les isole de leurs semblables, s'en emparent aussitôt. Tout ce qui est clos ou obscur leur convient.” Trève de textes.

Que conclure de tontes ces autorités ? Que notre Rossignol canadien, n’est ni le Rossignol d'Europe, ni même le Troglodyte aedon que Vieillot décrit, espèce fort répandue aux Etuts-Unis et au Haut- Canada, mais rare dans le Bas Canada.

Le petit Ménestrel * qui en avril dans nos campagnes proclament si mélodieusement le retour du rintemps et de la verdure, celui que nous appelons e Rossignol, appartient à la tribue des Pinsons. Quel est celui parmi nous, qui après un rude hiver, peut sans émotion entendre son doux ramage, cet accent de la patrie, qui méme au vieillard, rappelle les heureux jours de s1 jeunesse, le temps qui n’est plus, “ l’âge des long espoirs et des roses pensées, où tout fleurit et chante au dedans de nous.”

Audubon et Brewer semblent croire qu’il y a

* Ce Pivuson s'est montré cette année versa l+ ler avril. Le premier Merle, le 16 du même mois.

TT me ES

deux espèces qui portent le même nom—l'une Lâtit dans les buissons, l’autre à terre. L’une serait l'oiseau connu à la campagne sous le nom de Rossignol et l’autre sous celui de Rossignol de Rêts ou Guerêts ; maïs ceci est un tout autre oiseau, (c’est le Bay winged Bunting de Wilson) dont nous parlerons au chapitre suivant.

Le mûle à les couvertures supérieures d’un gris jaunâtre, striées d’un brun noirâtre et roussâtre ; il a sur la tête trois bandes longitudinales d’un gris blanc, les pennes d’un brun foncé, frangées d’un roux brunâtre ; les pennes de la queue d’un brun clair, frangées d’une couleur plus claire; la gorge blanche, piquée de brun grisätre sur chaque côté : les parties inférieures blanches ; le devant du cou avec des teintes roussà.res et barré de brun grisâtre. Le bec est fort.

Longueur totale 6; Envergure 84.

Le Rossignol, lautomne venu, émigro vers les Etats du Sud, après avoir élevé trois couvées de jeunes en Canada—la migration se fait pendant la nuit. Le mâle pendant Ie temps de la ponte, se perche sur un arbre ou sur une clôture pour charmer par son ramage pendant Îles longues heures de l'incubation, sa compagne. IL continue à chanter, jusqu’au moment du départ.

LE ROSSIGNOL DES GUËRETS, * i(Bay winged Bunting.)

Ce Bruant, bien connu des populations rurales sous lo nom du Rossignol des Guérets, n’est pas plus uu Rossignol que celui que le peuple appelle le Rossignol du Canada, Il aime les guérets et les torres labourées, couvre le long des sillons comme une alouette, auquel oiseau il ressemble par sa cou-

* No. 337. l’oecetos gramineus.—BatRD.

Ermberizu graminea.—AuyDuBox.

ieur grise et la longueur de ses ailes. Il se perchera sur un buisson près de la clôture, ou bien sur les piquets de cèdre dans nos campagnes et de là, À fera entendre pour une demie heure entière, sa douce et mélanco ue ritournelle. Mille fois, par un beau soleil, pendant ces tièdes journées de mai et de juin, vers cinq heures de l'après midi nous avons recuilli de loin, ses sons flutés, modulés avec grâce, lorsque après avoir quittés Québec nous passions près de cette belle ferme de Marchmont sur la Grande Allée, lieu chéri du Rossignol des Guérets. Il bâtit son nid dans l'herbe des champs, dans une petite cavité: le nid est solidement construit d’herbes fines et de feuilles, de crin de cheval et contient quatre à six œufs; aux Etats- Unis, il élève deux couvées.

La nourriture consiste en graines de foin et au besoin, ils savent fort bien attraper les insectes : leur chair est tendre et savoureuse. Ces oiseaux se consolent philosophiquement de la perte de leur liberté ét chantent très bien en volière : ils préfèrent comme les allouettes, ne pas se percher,

Le Rossignol des Guérets a le dessus du corps d'un brun cehdré, tacheté de brun plus foncé ou de noir : les couvertures des ailes, partie d’un bai clair, partie noires, frangées d’un brun pâle ; les ailes même grisàtres, terminées de brun; la queue cunéiforme ; la penne extérieure blanche à la frange extérieure et terminée de blanc ; la suivante frangée et terminée de blanc, dans une étendue d’un demi pouce, le reste grisâtre, frangée d'un brun pâle: le bec brun foncé en dessus, plus pâle en dessous ; un petit cercle blanc entoure l’œil : le haut de la poitrine, d’un blanc jaunâtre, abondamment couverts de points noirs qui s'étendent le long des côtés; le ventre blanc; les pieds et les jambes couleur de chair ; la troisième plume de l'aile à partir du corps, presqu’aussi longue que le bout de l’aile une fois fermée.

La femelle est fort fessemblante au mâle.

Longueur totale 5$; envergure 10.

en edit Re 22 ce à 4e SU A

SE RS ee AR POBÉP ME 12

PSE VE NE are

SD RE RE M TE = ee ns ë Re — - — FE

RÉ re gros nn ET

L'OISEAU GRIS ORDINAIRE, # (Chipping Sparrow.}

L'oiseau Gris est très commun et très familier dans ses habitudes : il nichera à quelques pas de votre demeure dans un abrisseau quelconque ; il viendra chaque jour recueillir les miettes de pain que les serviteurs jettere” , au vent après le repas, pour en nourrir ses jeunes. Un de ces familiers de Wilson. pendant un mois entier, ne manquait jamais de venir, chercher les bribes de pain que les enfants du logis lui jettaient de table par la fenètre : lors-

ue les jeunes sont prêts à voler, cet oiseau s'éloigne des habitations et fréquente les haïes et les champs jusqu’au moment de sa migration d’automne. Le nid est tapisssé de erin: la femelle y dépose quatre ou cinq œufs d’un bleu clair, avec quelques points d’un noir pourpre au gros bout. La nature lui à refusé un chant régulier : il n’a qu’un eri bref, Chip-Chip,et une autre note chrrrrrrr quil répète pendant une demi minute du haut d’un arbre ou d’un édifice.

Le mû!e à le front noir; le menton et une ligne au-dessus de l'œil, blanchâtre ; le sommet de l& tôte, chaitain; la poitrine et les côté du eou, d’un eendré pâle; la mandibule inférieure, couleur de chair; le croupion, d’un gris fencé ; le ventre blanc, le dos, varié de noir et de baï elair; les aile, noires, largement frangées de chaitain clair ; la queue, noirâtre, fourchue et légèrement frangée d’un jaune pâle ; les pieds et les jambes, couleur de chair pâle.

Longueur totale 5,; envergure 8,

La femelle, a moins de noir au front et le bai est plus pâle. Le noir du front disparait chez les deux pendant la mue,

* No. 459. Spizella socialis.—Bairp.

Emiberiza socialis.—AUDUBUN.

LE GOGLU—L'ORTOLAN DE RIZ. * (Bob-o-link—Rice bird.)

Le Goglu est célèbre, sinon pour la douceur, du moins pour la bizarrerie, et l'étendue de son chant. On distingue très bien le mâle, le printemps et l'été par le blanc couleur de crème qu’il a sur la tête, sur les ailes et sur le croupion.

Peu de prairies, peu de champs de foin en Canada au printemps, qui ne contiennent le nid de deux ou trois couples de Goglus.

Dès leur arrivée, qui a lieu autour de Québec, vers Je vin Ar de mai, la femelle commence les préparatifs de la nidification: pendant ce temps, le mâle, ne cesse de faire entendre sa voix vibrante, métallique et harmonieuse. Le nid est bâti, dans l'herbe des prairies ; il se compose de feuilles, de foin sec ; il est tapissé à l’intérieur de matériaux flexibles, Les ur : sont au nombre de cinq, bleus blancs et les jeunes pendant la première année ont le plumage de leur mère. Les accents du mâle, pendant la periode de l’incubation sont fort agréables, malgré les sons discordants dont ils se composent. Planant au dessus du pré verdoyant ou repose sa jeune famille et où convergent toutes ses affections et tremoussant de tout son corps, il donne libre cours à une mélodie dont Le notes, rapides, liquides, saccadées, joyeuses ressemblent au chant reuni de plusieurs oiseaux de la même espèce. Une personne qui toucheraient au hasard et rapidement les clefs Fautsé et basses d’un piano, tout en tirant autant de sons hauts et bas que possibles, donneraient une idée faible mais approchante du thème musical du Goglu, à coup sûr l’un des musiciens les plus connus et les mieux appréciés en Canada. Le Goglu possède des notes admirables, mais il les repète si rapidement qu’on peut à peine les distinguer. Néanmoins quand

en me

* No. 399. Dolychonix Orizivorus.—Batrn.

Dolychonix Qrizivora.—Aunu8ox.

AA NY NC © % 2,5 Y 4 K VF, » 4, K se NN Ÿ CN « << 7 LG # € ” VA Ke Ze Æ ep : Fe £= ÉFÉE TE 2 SI A 4: ee + 5 O 34333 Ê 335 a | j ui < mes . = 2113 Êg£ == al = ls EA ï N (eB ® #2 # AD LP» 3? à N > /

plusieurs Goglus chantent à la fois, l'effet est frappant. Par une belle matinée de mai, allez enten: dre sept ou huit Goglus, perchés ensemble, à la cime de ces grands ormes isolés, ou de ces beaux érables destinés à ombrager les troupeaux à la campagne: écoutes les lutter d’harmonie et faire resonner les échos d’alentour de leur voix retentissante.

Ce chant varie chez les individus. Wilson le traduit par les mots, any kang kang keckle-ee-kekelek keelek-ilik-any kang, repeté avec une rapidité extrème, chaque note à la fin enjambant sur la suivante. Il arrive souvent que le Goglu recommence

lusieurs fois sa chansonnette avant d'arriver à a fin, comme s’il s’efforçait de se la rappeler En mai, juin et juillet, cet oiseau couvre tout le nord du continent. En août, le male endosse la livrée de la femelle et son chant cesse entièrement. Au commencement de l’automne, dans certaines localités, ces oiseaux se reunissent en bandes ; puis ils augrant par légions vers le sud et aux Antilles. Le Goglu qui au printemps faisait la joie du paysan, par son humeur enjoué et ses concerts, devient l’automne, le fléau de l’agriculteur, dans le sud des Etats-Unis. Ils s’abattent alors par milliers dans les champs de blé et les plantations de riz, qu'ils saccagent : leur cri est alors bref chink chink : une

uarre. d’extermination s’en suit. On les tue au

usil ; on les mange avidement : ils ne sont qu’une boule de graisise. Le Goglu, pris en mai, oublie vite, dans la volière, les douceurs de la liberté : on le nourrit au pain et au ‘ait et au millet; mais le pain et le lait, pour le Goglu comme pour un grand nombre d'oiseaux granivores, est la nourriture la plus propice qu’on puisse leur donner en captivité.

e chanvre l'engraisse trop. Le chant du Goglu s’ameliore lorsqu'on le met dans le voisinage d’un serin, En cage, il commence à chanter à la fin de décembre, si on la place dans une chambre bien éclairée en face du soleil levant ; il continue de chanter jusqu’à la fin de juillet. Il est fort

frap- recherché en Canada comme oiseau de voliére ou iten+ de cage. ,

à la Le Goglu a le bec court, trapu et conique ; les aux narines petites et elliptiques ; le ventre, la poitrine, \ la le dessous de la queue, d’un noir lustré chez les faire mâles ; le sommet de la tête, le dessous des ailes et ntis- le croupion, couleur de crème ; les griffes fortes et

longues. | on le La femelle a le plumage entier d’un jaune verce-ke- dâtre melangé de blanc et de brun : chez elle, point idité | de noir foncé, ni de couleur de crème comme les a sui- mâles. Longueur totale 7—Envergure 11. nence rer à ypeler ut le L'OISEAU ROUGE. * 8e la (Purple Finoh).

ment. ‘ es lo- À l'approche du printemps, Ÿ il est peu d'oiseaux uis il dent le retour en Canada, est salué avec plus de joie es, Le que l’agréable chantre, connu du vulgaire sous le AySAD, . nom d'Oiseau Rouge. Nous lui laisserons ce t l’au- nom. Au mâle seul, est échue en partage une

d des belle livrée pourpre ou presque écarlate. La femelle s dans est d’un gris foncée par tout le corps. Le mâle ne

qu'ils reçoit ses couleurs vives qu’à la troisième année:

: une ces mêmes couleurs, il les perd completement après ue au trois ou quatre mois de captivité dans la demeure qu’une de l’homme, . fois pour toujours. L’Oiseau

e vite, Rouge est repandu dans toute la partie nord du

on le continent jusqu’au cercle arctic. Une autre bien » pain belle variété, ne se reneontre que dansle sud de vrand l'Amérique et ne dépasse jamais les limites du Nouure la veau Mexique. L’Oiseau Rouge se perchera sur un tivité. arbre, sur le versant d’une colline ou sur le bord d’un

oglu inage

à la

ham- * No. 305. Carpodacus purpureus.—Barrp.

| con- Erythrospiza purpurea.—Aupuson.

it fort t Nous l'avons vu cette année le 12 avril.

ravin au pied du quel, coule un ruisseau et erigeant les plumes sur le sommet de sa tête, il gazouillera

à demi voix et sans interruption pour une heure entière, une douce psalmodie sans autre objet apparent que celui desecharmer lui-même. A l’état de domesticité, ses talents pour l'harmonie le font apprécier de tous. Sa voix n’est pas éclatante comme celle du merle, mais la continuité, la douceur de son chant lui assurent une place distinguée parmi les visiteurs ailés dont s’honore le Canada. Il est granivore, sans dédaigner: pourtant le pain et le lait qu’on lui donne. Lorsque sa cago est exposée dans un apartement bien éclairé, il commencera à chanter en janvier et ne cessera qu’à la fin d'août.

D’un caractère sociable, il est bien adapté pour la volière et son goût pour l’harmonie encourage les autres oiseaux à chanter. Les variations dans son plumage ont causé de singulières meprises aux anciens naturalistes. Pennant, Latham, Bartram, Pallas et autres en avaient fait quatre espèçes.

Le bec de l'oiseau Rouge est si trapu si robuste qu’on serait presque tenté de croire qu’il appartient:à la famille des Gros bec des pins: l'oiseau est fort méchant au commencement de sa captivité : il mord a enlever la chair : il est tapageur et

. harcèle les serins et autres habitants des volières ; mais peu à peu, il s’apprivoise, fait preuve même d'une grande mansuétude. Il faut se garder de lui

a] faire faire trop bonne chère: car il devient si replet

HE qu’il succombe fort souvent à des attaques d’apo-

plexie foudroyante.

Dimensions du mâle 6 x 9.

LE TANGARA ÉCARLATE. *

(Scarlet Tanager.)

Salut, bel étranger, habitant de ces rives brulantes où Montezuma, où Cortez tinrent jadis le sceptre, aussi bien que de celles où Washington

* No. 220. Pyranga rubra.—Bairp. . Pyranga rubro.. -AUDUn2x.

on rent nes- >cier celle son | les gra- Jait dans han-

ur la re les y son y Aux ‘tram,

buste \pparoiseau ivité :

eur et ières ; mème de lui replet

d’apo-

fonda un grand empire! Que na viens-tu plus souvent sur nos bords étaler ta royale livrée, ton manteau écarlate, ton bonnet Phrygien ? Ne crains rien ; si l'emblème de la liberté que tu portes sur ton chef, n’est pour ton pays natal qu’une aspiration ou un reproche, pour ta patrie passagère, il symbolise une douce réalité. Nous n'avons pas à t'offrir les fleurs du sassafras, les fruits de l’oranger, l’ombre des magnol'as ; mais en revanche, un grand peuple t’assure un asile inviolable, un asile que ton pays refuse à l'humanité, à cette portion du moins dont la peau est moins blanche !!

Nous avons nommé le Tangara Écarlate.

Plumage couleur de feu, et des ailes d’un noir lustré,* le Tangara Ecarlate a de plus un joli ramage qui ressemble à celui du Baltimore. Il se nourrit

e guèpes, de taons de baies sauvages, et fréquente les grandes forêts. Il placera le berceau de sa future famille quelquefois sur un pommier: le nid est une faible structure dont des morceaux de filasse, de coton de lin et de l’herbe sèche font tous les frais. Il contient trois œufs bleus, marqués de brun et de pourpre. Si l’on approche du nid, le mâle se tient éloigné comme s’il craignait qu'on le vit, tandis que la femelle voltige autour, en proie à un grand trouble. Buffon a confondu ce Tangara avec le Gros Bec Cardinal, espèce du Sud qui ne vient pas en Canada ; il a prétendu s’étayer d’un passage de Charlevoix f qui ne s'applique évidémment qu'au Gros Bec Cardinal, et non à l'espèce présentement décrite. Ce bel oiseau n’est pas rare dans les forèts de l’ouest du Canada, il est moins abondant dans le Bas-Canada. Le vieux mâle a le plumage entier d’un rouge écarlate ; les ailes noires foncé ; la queue noire, fourchue et terminée d’une frange blanche, et les bords intérieurs des plumes des ailes, presque blancs. Le bec est fort, trapa et

* Voilà sans doute “ces oiseaux rouges et noirs” que le vieux Gouverneur des Trois-Rivières avait remarqué. — (Histoire Naturelle et Véritable de la Nouvelle France.)

ft Voir la page 76, do la première partie de cèt ouvrage.

| 1p | | dE LR

d’un jaune couleur de corne; mais cela varie selon les saisons. Il mue en août et change son plumage rouge pour un vert jaunâtre mélé de roux: c’est son habit de voyage. L’iris est couleur de crème ; ler pieds et les jambes bleu claire,

Longueur totale, 7; envergure, 104.

La femelle a le dos vert, le ventre jaune ; la queue et les ailes brun noirâtre, frangées de vert: le plumage des petits ressemble à celui de la mère.

LE TANGARA VERMILLON.—LE ROI DES OISEAUX. * (The Summer Red Bird.)

L'intérieur de nos grands bois nous présente à de zares intervalles pendant la chaude saison de Pété, des individus de cette belle famille, “ ces oiseaux tout rouges comme du feu” dont parle le Gouverneur Boucher, l'aristocratie de la tribue ailée, que l’on rencontre pendant quatre mois de l’été, dans les forèts ombreuses de la Louisiane et des Carolines. On ne saurait concevoir rien de plus éclatant, de plus magnifique que le Summer Red Bird, auquel le peuple a octroyé le titre glorieux de Roi des oiseaux. Lorsque perché sur un rameau vert, il étale aux rayons du soleil sa livrée resplendissante, c’est une vraie vision orientale. La nature, avare de ses dons, lai a néanmoins refusé la haute prérogative du chant, Ceux qui visitent nos climats sont des “ accidentels” séduits par la douce température de juillet, ou bien des voyageurs entrainés sur l'aile de l’autan, loin de leur véritable patrie.

dis vont du haut. d’un arbre au haut d’un autre arbre, préférant les pins, les grands chènes. Quand

* No. 221. Pyranga aestiva.—BairD." ; Pyranga aestiva.—AuDUBON.

? Histoire Véritable et Naturelle de la nouvelle France.

elor nAgo c'est ‘me ;

queue > plu-

Page 1