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äls émigrent, ils planent bien haut dans les airs pendantle jour et s’abattent au crépuscule sur lacime touffue des arbres de haute futaie, où ils font entendre un petit cri sans harmonie. Îls se nourrissent d'insectes et de gros coléoptères qu'ils attrapent au vol et sans se poser à terre: ils aiment aussi les fruits sauvages. Il placent leur nid quelquefois sur un rameau qui traverse le chemin, quelquefois dans œne clairière dans les bois, sur une branche horizontale à peu de hauteur de terre. Ce nid se compose à l’extérieur de.coton, d’herbes sèches, doublé de fin foin ; le tout mal bâti. La femelle pond quatre ou cinq œufs d’un bleu clair; l’incubation où le mâle et la femelle prennent part, dure douze jours. Les jeunes ne revètent que la troisième année les couleurs éelatantes des vieux mâles ; leur plumage pendant la jeunesse est varié de jaune, de vert et de rouge. Audubon a essayé en vain d’élèver les jeunes pris au nid.
La femelle est d'un brun jaunâtre ; elle n’a pas les couleurs vives du mâle, dent le plumage entier æst vermillon lustré ; les parties inférieures sont plus éelatantes, à l'exception du bout des ailes qui est brun noirâtre ; le bec est fort gros brun jaunâtre en dessus, bleuâtre en dessous ; la tête grosse, le corps leng. L'iris, noisette ; les pieds et les jaunbes bleu-clair.
Longueur totale 74; envergure 11.
LA CORNEILLE. * | (Crow).
La Corneille est un des oiseaux les plus réandus en Canada, comme elle l’est dans le reste de Ÿ'Amérique, on ratée ajouter lé mondes entier: de là le mot de l’Ecossais, fier de l’ubiquité de sa
* No. 426. Corvus americarius.—Bainv.
Corvus americanus.—Aupusox.
race, “ que l’on ne saurait parcourir sous la calutte des cieux, un pays où l’on ne rencontre en même temps un Ecossais et une Corneille.”
Elle fait un nid de branches, de mousse et de crin, qui se voitau loin, au haut des sapins et des épinettes, sur la lisière des forêts ; les œufs sont au nombre de quatre, d'un vert pâle, tachetés de petits points olivàtres. Le mâle veille attentivement pendant que la femelle couve et donne l’alarme si quelque danger se présente. Elle arrive dans nos campagnes à la fin de février ou au commencement de mars, et devance le printemps de quelques semaines, si la température est douce : quelques unes, probablement les octogénaires ou les plus infirmes, sont sédentaires en Canada et pendant des hivers rigoureux, il n’est pas rare d’en trouver mortes d’inanition ou de froid.
Une bande de Corneilles a hiverné cet hiver mèmue dans une grange isolée dans le village de Montmagny, se nourrissant de blé ct d'avoine; des défauts de construction leur avaient permis de pénétrer par les fondations ;. une fois entrées elles y restèrent.
M. Glackemeyer decrit, d'une manière plaisante les délibérations, qui l’automne précédent leur dé-
art:
“ Je fus témoin, dit-il, il y a trois ans, du départ, des corneilles pour leur migration d'automne ; j’eutendais un croassement extraordinaire et me dirigeant du côté d’où venait le vacarme, j’aperçus sur la clôture un bataillon noir. Ilyavait un nombre considérable de ces oiseaux ; ils se touchaient sur le bout des piquets, dans une étendue d'au moins trois arpents. À l’inflexion de leurs voix, on voyait bien qu'il s'agissait d’une affaire de grande importance; chaque orateur paraissait donner son avis; et, sem: blable à ce qui arrive quelque fois das les délibérations d’autres bipèdes, de temps à autres plusieurs parlaient à la fois : pourtant il était évident qu'il règuait ‘un certain ordre. Il y avait parmi, des Papineau, des Morin, des Lafontaine, des Stuart, des Aylwin, etc., etc. Une grosse, perchée sur une souche plus élevée que le autres, était le
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général de l'armée ; elle avait figurée sans doute, à Jhateaugay, car on paraissait avoir une si grandv confiance dans sa valeur, que l’on bavardait en sa résence sans la moindre crainte : enfin, après de ongs débats, l’une d'elles, à la mine intelligente, peut-être était-ce le premier ministre, s’écria : “C’est assez, partons ; si nous restons unies, nous n’avons rien à craindre” Aussitôt toutes les corneilles prirent leur essor pour ne revenir «qu’au EL suivant, chaque famille dans le même bocage qu’elle avait occupé l’année précédente ; car elles y reviennentimraanquablement, etsi des étrangères cherchent à s’y introduire, c’est une guerre à mort. ” La nature a doué la Corneille d’une sagacité étonpante pour découvrir le danger : on dit communément que les Corneilles sentent la poudre et le fusil
à un mille de distance : le chasseur, à moins de se éacher, ne saurait les tirer que sous le vent.
- La Corneille est un oiseau si peu aimé, si peu populaire que, sans sa rare méfiance, l'espèce en serait éteinte depuis longtemps, tant elle a été persécutée par le genre humain. Aux Etats-Unis, on a mis sa tête à prix, comme celle du loup, de la panthère, etc. Elle se nourrit d'insectes, de grains, de mollusques, de charogne, de poisson mort. Sur le littoral du St:-Laurent, dés nuées de Corneilles visitent deux fois par jour les grèves à basse marée, pour enlever le poisson dans les pêches que l’on y tend : une île en particulier, l’île aux Corneilles, tire son nom du nombre extraordinaire de ces noirs volatiles qui y séjournent, c’est le chef-lieu de la tribue. Ces oiseaux font des dégats horrib'.: dans les champs fr'aichements ensemencés. En seL':mbre, leurs dévastations sont fort préjudiclables au cultivateur. En juin et juillet elles se faufilent dans la basse cour * et enlèvent les jeunes poussins, mal-
* Voici un fait attesté par un Observateur exact:
‘J'ai été moi-même victime de la propensité de cet oiseau vorace : le prihtemps dernier, j'avais mis mes cuuards près d’un ruisseau, à une assez grande distance de ma maison ; ils cessétent aussitôt de nous fournir des
gré la résistance do leur mère, pour nourrir leurs
petits: souvent la poule réussit à repousser l’agres-
seur, Plus d’une fois nous avons été témoin des
bruyants conciliabules, dont les Corneilles accom-
pagnent ce que nos cultivateurs appellent, Voces
de Corneilles. Cela à lieu ordinairement dans l’après-midi ; le vacarme, une fois commencé, acquiert
* un crescendo rapide et devient bientôt assourdissant. k Après avoir, pendant une demi-heure, sillonné 10 l'air en tous sens, au-dessus d’un grand sapin, la Lun bande entière s’abat sur ses rameaux. Leur sombre ll plumage sur la verdure de l’arbre, présente au loin L un singulier spectacle, Un grand sujet de jubilation pour les Corneilles, c’est la découverte en plein jour d’un Chat-huant ou duc de Virginie, espèce El nocturne et qui ne laisse pendant le jour ses épais E fourrés que pour cause majeure. Le ban et l’ar- } ; rière-ban des Corneilles se bat immédiatement dans tout le canton : de noires cohortes. arrivent de toutes ji parts à la fête. S'il se trouve un Geaï ou un Titiri lu dans le voisinage, il s’enrôle comme escarmoucheur léger, pour harasser le hibou en le becquetant d’en
haut, tandis que les Corneilles voltigeant autour, lui
tirent, en passant, la queue ou les plumes, ou bien le
frappent avec leurs ailes. Le brigand, perché sur
‘üne grosse branche, se tient immobile, et dans un
morne silence, il semble méditer une vengeance
fo éclatante dès que la nuit sefera. Ses agresseurs le FA pressent-ils de trop prêt, il fait claquer son bec, et | rouler ses gros yeux jaunes. Enfin, ne pouvant y tenir, il s'élance dans les airs et gagne d’un vol incertain le plus prochain buisson, le taillis le plus impénétrable et se soustrait de cettesorteau martyre qu'on lui avait réservé.
œufs ; en vain les cherchait-on, jusqu'à ce que nous nous aperçumes que les corneilles. se les appropriaient. Elles se plaçaient sur le haut d’une cheminée en ruines, près des buissons ou les canards avaient fait leurs nids et guet». taient le moment où ils pondaïent pour enlever les œufs, même avânt que la pondeuse les eût laissés, et faisaient ainsi, tous les matins, un bon dejeûner aux dépens du mien.—(Ed. Glackemeycr, de Charlesbourg.)
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Cette haine implacable des corneilles et de certainsautres oiseaux pour le hibou, a été le sujet d'une singulière +4 papa que nous fimes ce mr 3
Nous attachâmes ur duc empaillé au haut d’un grand orme qui ombrage notre demeure; ceci avait lieu le soir. Le lendemain, dès l'aube, la famille entière fut éveillée par le plus diabolique vacarme, que nous eussions entendu depuis bien lon temps. Il fut facile d’en découvrir la cause. En ouvrant la fenêtre, nous vimes une nuée de corneilles, entourant en tous sens l’oiseau de nuit; les unes le frappaient avec leurs ailes à la figure, mais en prenant toutes les précautions du monde pour se garantir des griffes du monstre. Quelques-unes lus hardies, se hasardèrent sur la branche où était e duc, et se trainant avec précaution, elles le saisirent sournoisement parles plumes de la queue, qu’elles essayérent de lui arracher une à une, mais non sans crainte qu'il ne se retournât, puis elles s'envolaient bien vite après chaque tentative : plus tard, voyant que l'oiseau ne résistait pas, les plus braves l’attaquèrent de front avec leurs ailes et leur bec, et elles ne cessèrent que vers huit heures du matin, lorsqu'elles l’eurent entièrement culbuté. L'ennemi étant en déroute, les Corneilles se dispersèrent dans Spencer Wood et dans le Bois-Gomin, pour revenir le lendemain réitérer le même tapage, car nous avions rétabli l'ennemi de la veille, Même résultat chaque jour, pendant trois semaines mais avec moins de Corneille; ces oiseaux ayant. enfin constaté à n’en plus douter le décès du duc, la paix se rétablit. Quoique défiante, * la Corneille aime à séjourner dans les bois qui l’ont vu naître : il y en quatre ou cinq qui fréquentent chaque été
.# On les Sn hé au moyen de cornets -de fer blanc ou de carton, induits à l’intérieur de glu. de résine ou de gou-
dron:, un fragment de viande ou de poissonest jeté dedans rs Margot, dans sa voracité, plonge le bec dans le cornet, qui l'encapuchonne. Elle s'élève de suite perpendiculairementt
pe de vue, puis elle retombe à jerre, épuisée uù où le ie et cà on la prend. Ce de }'auteur.)
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