‹ Ornithologie du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 48 sur 68 · ARRET APE LEE NTI · texte numérisé non relu

ARRET APE LEE NTI

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. individus dé l'e

depuis plusieurs années, notre jardin ainsi qu'une prairie avoisinante, Personne ne les moleste ; elles arpentent le terrain en tous sens, jusque sous nos fénêtres,. surtout le matin; on dirait qu'elles font partie du fonds même, adscripti ylebae.

La Corneille est d’une honnêteté. fort swspecte : l'état de domescité développe ses habitudes perverses. es eo

4 Oiseau criard, filoux, vornce et coriace, ” c'est un des grands fléaux de l'agriculture, dit Toussenel, un déterreur de graines, un voleur de cérises, un assassin de Jlevrauts, de perdreaux, de lapins, J'en ai tué quelques-unes et je ne m’én repas pas! ” Margot prise au nid, se familiarise au point de connaître: tous les: membres de la famille, et fuit les étrangers ; elle ne'se fait aucun scrupule -do'dérober les objets brillants, les couteaux, les culliers, etc.

La Corneille du Canada beaucoup plus petite que le’Corbeaa est d’un noir * luisant à reflets bleus:et pourpres ; le bec noir et les pieds noirs et couverts en partie de plumes tombantes ; les bouts des ailes *: On'nous/signale un fait singulier : il ne s'agit pas précisément de la découverte du Merle blanc, mais de l’apparition en 1847, à Sainte Anne des Monts, comté de Gaspé, d’üne Correille blanche : ‘‘Véritablé'objet de cüriosité pour

les popalations entières, on vénaît dé plüsieurs lisués voir: Cette Corneille, éclose au milieu de :

ce phénomène:

ses noires compagnes dans un petit bois de supins situé en. arrière de la. demeure de M. Sasseville, avait un pluhage blanc'crême, sans aucune traté d'autre nuance: du reste,

elg'avait exactement 14 taille, la’ formé, le cri ét'les habis tudes : des:autres individus de soh:espèces—{(d4 C: Taohié:).

On a- remarqué des albinos daus tous les'espèces ; mais ueilles'blatthes; quoique Wilson patle de

en'Îslande; ADI »

Un?cultivateur de Ste.-Foy, comté de Québec, vient- de porter chez M. Couper, taxidermiste de cette ville, une souris’ blanche : elle ‘est: évaluée à $4.. d'où: l'on pent cohclurè ‘que parmi les rouigeurs aueni bien que: per les êce hèmainé; l& couleur y fait

c'est le première fois que noie snfengon DORE de Cor-' d

dtütnt à ‘Tour!

M.-Couper prétend que cé n'est pas un'allino, attendu que les albinos’ont les yeux rougés, mais /bieri une souris d'une nouvelle espète, {Noté de l’auteut.)'

rbeauxblanes

+ éuudoup, uleur'aux yeux dé oeùx qui les exploitent.

ferinées, touchent pou à l'extrémité do la queus a

'une qui est arrondie; la quatrième plume primaire, la | elles plus longue ; les secondaires, échancrées au bout et nos rpg l'iris, couleur de noisette. —“ Il existe des font outes, dit Baird, si notre Corneille est bien la

même que l'Européenne.” :: NET ote : Longueur totale 18 ; envergure 38. J{TEUN rver- Il:

0; w (ll ous- LE CORBEAU. ®? (f cas (Raven.) Il | 1? Le Corbeau est un oiseau célèbre, dont la tradi- jl con- tion remonte aux temps bibliques. Q Al t les Il figura au déluge où il sortit le premier de l’arche, { ober poste n’y plus revenir, rompant ainsi sans façon aveo y ‘humanité. Ce fut lui qui fut chargé de la mission

délicate d'apporter au prophète Elie le pain quotidien, près du torrent de Cherith. Il occupa une ‘place éminente dans la légende romaine, où il sauva

our la seconde fois la cité éternelle en se mettant

u côté d’un chevalier gaulois et en jetant traîtreusement de la poudre aux yeux de ce dernier. Dans la légende grecque, c’est un Corbeau qui indique à Alexandre de Macédoine la route du temple mystérieux de Jupiter Ammon. “Je crois me souvenir, dit Toussenel, d’avoir ‘rencontré un Corbeau dans l'Olympe scandinave où il occupe un siége tout près du loup Fenris, ou sur l’épaule d'Odin. Nous savous que Rome et la Grèce l’admettaient au premier rang des oiseaux, dans leur conseil, ayant l'oreille des dieux ; qu’ils lui donnaient voix délibérative dans leurs assemblées politiques.”

Le Corbeau vit solitaire, vol bien et haut, et sént, dit-on, les cadavres d’une lieue. Son vol, les diverses inflexions de sa voix, et ses moindres actions, faisaient à Rome le fond de la science des augures, science que les Chaldéens avaient d’abord transmise

* No. 423 Corvus Carnivorus.—Bairb.

Corvus Corax.—Aupuson.

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aux Grécs; de là, elle passa aux Etrusques et plus tard aux Romains. Le Corbeau’ füt: consacré par éux à Apollon, le dieu des Augütes. ‘’ Les anciéns ne sont pas les seuls qui aient étudié la science des augures. Plusieurs nations modernes attribuent au * Corbeau une ‘connaissance surnaturelle de lavenir. Shakespear le fait intervenir dans Ofhello, dans The Tempest et ailleurs, pour annoncer des malheurs à ses héros.

La renommée tantôt bonne, tantôt mauvaise, du Corbeau ‘“ anathématisé par Job et classé par Moïse au rang des animaux immondes,”? a fort-intrigué plusieurs pères de l'Eglise, notamment saint Jean-Chrysostôme, saint Augustin et saint Cyrille.

“ Saint Cyrille aime à croiré que le Corbeau n’est pas aussi noir qu’on le fait et qu'il n’a pi rompu avec: Noë aussi brutalement qu’on le kit. L’historiographe d’Elie, saint Jean, semble douter que le Corbeau ait pu être le pourvoyeur du prohète et donne une ingénieuse -explicition du fait. aint Augustin explique:la dépravation du Corbeau, par la chute de l’homme et dit que si l’homme eût resté pur, le Corbeau ainsi que les autres oiseaux se seraiént modelés sur lui.”* Le Corbeau s’apprivoise facilement, imite le cri des animaux et la voix humaine, et aime à dérober les objets métalliques. ” Sans être bien commun dans le Bas-Canada, on rencontre cet oiseau fréquemment dans les chaînes des hautes montagnes qui bordent les rives du St.-Laurent. Les cimes sourcilleuses du Cap au Diable et de la Baie des Rochers, sur la rive nord du St. Laurent près de la Malbaie, ont de tous temps été renommées à cause des Corbeaux qui.les fréquentent. Un nid séculaire, et qui a été noté, si l’on en croit la tradition, par les premiers missionnaires de la Nouvelle France, existe: sur le-haut d’un’ bloc perpendiculaire de 150 pieds, à la Baïe des Rochers, huit lieues plus bas que la Malbaie. Ce roc taillé a pic surplombe le fleuve: sa cime offre un

* ‘Tloussenel.

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plan incliné : le’ pied de l’homme no le mesura jamais. De temps immémorial, on a vu ses noirs ha: bitants tourbillonnant au tour de son sommet'et pé: nétrer dans leur aire placé dans une fissure :‘leurs excréments blanchissent la surface du rocher et se voient au loin: | Jet

Dans la plus haute passe que l’on rencontre dans le chenin qui conduit au Saguenay, appelée Passe des : Monts, et qui consiste en un passage étroit à parois perpendiculaires hauts de 1500 pieds, les rauques cris des Corbeaux ont plus d’une fois inspiré la terreur aux étrangers. M. Nairne, de la Malbaie, metitionne cette circonstance comme un fait bien avéré et jouinallier.

Le Corbeau est fort commun à l’ouest de la

ovincé, nombreux même dans les environs de la” chüte de Niagara. Wilson prétend que là où il-y a beaucoup de corbeaux, il y a peu de: corneilles: et vice' vers. Son séjour sur les bords des: lacs! Erié ét Ontario lui a fourni, dit-il, d’abondantes preuves. de ce fait. Ils: bâtissent un nid fort et: düräble: sur' des: grands:arbres. Ils'se nourrissent: dé charogne, de vermisseaux, de reptiles, de mollusques dont ils cassent l’écaille en les laissant tomber du haut des’ airs sur un rocher. ‘“ Grande déstructeurs des œufs’ des autres’ oiseaux dans la saison nuptiale,” ils suivent, dit-on, le chasseur du cäribou ét de l’otignal dont les restes leur fournis: sent un banquet. Buffon prétend que cet oiseau: crève:les yeux aux buffleset se perche ensuite: str leur'dos;' pour en arracher des lambeaux de chair: palpitante et eela, plus’ par instinet de férocité que: par' le désir d’assouvir sa faim: c’est là une des: fables nombreuses qn’il débite. !

Le Corbeau s6 trouve dans toutes les parties: du: mônde;:en Norvére, du Groënland, ar Kamchatka; eh’Rüsie, ‘en’ Sibérie: même, on rencontre le-Cor: Es nc ac gr Latkain, dans : le cercle arotique, LewWisist Clark, l'ont twle 17 décembre 1804, dans: le cours de leur célèbre voyage, pendant un: froid de-46-degrés audessous-de ©: Mur ou

CE

Il a.été remarqué au Mexique, en Tartarie. Il abonde en France, en Angleterre, à Owhyh3e, daus l'Océan Pacifique, au Bengal. 1l pond de trois à six œufs verdâtres irrégulièrement tachetés de brun.

Si le Corbeau, en domestivité, se défend très-bien contre les chats et les chiens ; lorsqu'on lelaisse dans la basse-cour, il attaque et dévore les jeunes poussins jusqu’au dernier. Il atteint un fort grand âge et subit de singulières transformations dans sa livrée : le climat et les années en fournissent la solution.. En Irlande et au Groenland, on en rencontre parfaitement blancs. RL | |

.# À Rome, après la victoire d’Actium, plusieurs Corbeaux furent présentés à Auguste et lui adressèrent cette phrase : Ave Cœsar, victor imperator ‘ Salut à César, victorieux et ‘empereur! Auguste les acheta fort cher. Un pauvre cordonnier, alléché par la récompense,-entreprit de dresser, un Cor-. beau de la même manière, et, comme les progrès de son élève était lents, il répétait souvent d’un ton triste 5 J'ai perdu ma peine et. ma dépense / Enfin le Corbeau put articuler la phrase adulatrice, et le cordonnier alla se placer avec son oiseau sur le passage d’Auguste : maïs, celui-ci ayant dit qu’il avait dans son palais assez de courtisans semblables, le Corbeau répéta la phrase qu’il avait tant de fois entendue : ‘“ J'ai, perdu ma peiné et ma dépense ! Auguste se mit à rire et l’acheta plus cher que les autres *. “rss |

:# Le corbeau mesure 26 pouces de longueur ; envergure 50 pouces ; le bec est dur et fort, d’un noir lustré avec une échancrure au haut et long de trois pouces ; les yeux sont noirs; la couleur générale est un noir lustré à reflets bleus, couleur d’acier; les parties inférieurés sont moins lustréss; la queue est arrondio et dépasse les ailes d'à-peu-près-deux

oes ; les jambes ont deux pouoes et demi de

ong et:sont noirés ainsi que les pieds; ag ds + sont fort longues. Leo corbeau est d'une grande longévité. wifi art

* Lemaoût.

Chateaubriand, dans un accès de mélancolie, prédisant la mort des langues modernes, assigne au corbeau le rôle de hérault suprème.

‘“ Les peuplades de lOrénoque dit-il n'existent plus: il n’est resté de leurs dialectes qu’une douzaine de mots prononcés dans la cime des arbres par des perroquets revenus libres: la grive d’Agrippine gazouillait des mots grecs sur les balusträdes des palais latins.

‘ Tel sera tôt ou tard le sort de nos jargons modernes ; quelque sansonnet de Vew Place, siffera sur un poramier des vers de Shakespear inintelli. gibles au passant; quelque Corbeau envolé de la cage du dernier curé franco-gaulois, du haut de la tour

‘ en ruines d’une cathédrale abandonnée, dira à des

peuples étrangers. nos successeurs : “ Agréez les “-acconts d’une voix qui vous fut connue ; vous ‘ mettrez fin à tous ces discours. ”

LE GEAI DU CANADA.—LE GEAI GRIS. * (Moose bird—Canada Jay).

“ Si j'adoptais, dit Wilson, une des théories favorites de Buffon, je dirais: Voilà une espèce des Geais des Etats-Unis, dégénérée sous l'influence de la température glaciale du Canada ;” ou bien ençere : “ la dégénération du Geai d’Amériqne, date depuis sa migration des rives fortunées de l’Europe, il y a quelque milles ans”; maïs laissons au Comte ses absurdes théories et passons aux faits.

Cet oiseau est conau dans les campagnes, sous le nom de Pie. Ce n’est point une pie ; nous avons entendu des anciens parler d’irruptions de Pies en

Canada, et pourtant la Pie n’habite que l’ouest et

le sud-ouest de l’Amérique ; + de rares accidentels tout au plus peuvent s'être arrèté au milieu de nous.

* No..443. Perisoreus canadensis.—BaiRp.

Garrulus canadensis.—AtbuBon.

+ La Pie commune habite l’intérieur du Texas, l'onest dé la Louisiane, l’Arkansas, lo Missouri, les Montagnes Rochouses, 1e Saskatchewan. (Audubon.)

Le Geai du Canada habite toute la partie septentrionale du Nouveau-Monde. En hiver, il se montre rès deshabitationssur la lisière des forêts, pillelaca- * ane du voyageur et du chasseur * dans les boïs, recueille les reste de pain ou de viande que ces derniers laissent après leur frugal repas, guette le momént où le trappeur vient de tendre ses piêges, our dérober l’appàt. Il se construit un nid de ranches et d'herbes sur les pins et pond deux œufs bleus, ques fois trois ; il vole par couple, emmagasine des fruits dans des arbres creux, et langüit en captivité quoique son appétit continue d’être vorace : tels sont quelques uns des caractères du Geai gris. En traversant la forêt l'hiver, on rencontre souvent ces oiseaux dans les sentiers battus, se posant à terre et faisant éntendre un babil constant, sans marquer aucune défiance. Quant le cultivateur les voit, il conclut que la température va s’adoueir ou bien qu'une bordée de neige est imminente. Ce Geai n’a rien pour le recommander, ni chant, ni plumage.

Il a le dos et les ailes d’un gris de plomb sale ; la queue de la même couleur, longue, uniforme et terminée de blane sale ; l’intérieur des ailés, brun, avec des pointes blanches ; les plumes de la tête sont hérisées et mal disposées ; le front et les plumes recouvrant les narines, aussi bien que toutes les parties inférieures, de blanc brunâtres ; cette couleur entoure le bas du cou comme un collier ; artie dn sommet et du derrière de la tête, noire ; le bec et les jambes, noirs ; l'œil, noisette foncée ; tout le plumage du dos ést long, abondant, hérissé, comme pour le protéger contre la rigueur du froid. Longneur totale, 11 pouces ; envergure 15.

* Cet oiseau est si peu défiant, que le chasseut le prend au moyen d'une attrape qu'il lui tend avec es raquettes suspendues sur des petites branches.

LE GEAÏI BLEU, * (Blue Jay.)

La parure éclatante du Geai bleu en fait une espèce de damoiseau, de dandy parmi les habitants ailés de nos forêts ; son caquetage, ses manières excentriques complètent ses titres. Cet oiseau fréquente le bord aussi bien que l’intérieur des grands bois ; son cri aigre fait fuir le chevreuil et attire souvent en conséquence sur l’oiseau, la vengeance sommaire du chasseur. Parmi les autres chantres des bois, à la saison des amours, ses accents fixent immédiatement l'attention ; dans le concert général, sa voix représente assez la trompette. 1l a la faculté d’imiter le cri des autres espèces. Lorsqu'il s’entretient avec sa compagne, il simule Île cri du canard ; mais si on l’approche, la note d'alarme qu’il émet en s’envolant est véhémente et soudaine. En d’autres occasions, on croirait entendre le grincement de la roue d’une brouette ; le tout est accompagné de gestes, de soubresauts et de hochements de tête fort singuliers. Le Geai bleu se construit un gros nid sur un cèdre, un pommier ou un autre arbre ; le matelasse de racines sèches et y pond cinq œufs d’un olive pâle, tachetés de brun. Le mâle se garde bien de chanter dans le voisinage du nid'et n’y vient qu'avec le plus grand silence et en secret. Il se nourrit de glands, de maïs, de chenilles, sans épargner les vergers, les cerises et autres fruits ; Ja faim le fera mème s’introduire par les crevasses de la grange pour dévorer le grain :

* No. 435. Cyanura cristata.—Bainp.

Garrulus cristatus.—AupuBon.

t Depuis que ces lignes ont été écrites, le Colonel} Rhodes nous signale un fait identique. Une famille de Geais bleus biverne depuis plusieurs années dans le bois qui entoure sa villa, sur le chemin St. Louis, près de Québec : le Colonel ami sincère de l'espèce, bien qne chasseur . impitoyable d'ours ct de caribous, est dans l'habitude de pourvoir à l'alimentation de nos amis au bleu plumage : la soirée arctique du 7 février dernier, uu de «es pension-

pris sur le fait, il s’esquivera sans bruit, comme si sa conscience l’accusait.

Sa haine contre le hibou, lui a fait prendre part à la sainte alliance, à la ligue formée entre la corneille, le titiri, l’hirondelle, pour châtier l’égorgeur, des attentats qu’il commet sous le voile de la nuit contre le monde aïlé. A l'apparition du nocturne, le Greaï bleu sonne son tocsin d’alarme et les Geais du voisinage d’accourir. On entoure, on embrouille (style d'élection) le solitaire, qui, à l’instar dé bien d’autres blagueurs saus plumes, affecté un grand calme, voir même une attitude imposante ; mais enfin la réprobation universelle le forée à fuir : pour: suivi par la troupe furibonde, il s’enfonce dans un épais buisson et paraît s’y croire en parfaite sûteté : tel naguère, un valeureux champion des libertés populaires, se blottissait discrètement de record en uné historique armoire, * un jourd’élection et pour cause.

Pourtant le Geaï bleu ne vaut guèré mieux que le nocturne; au besoin, il ne se fait aucun scrupulé de piller les nids des autres oiseaux et de dévorer les jeunes ; les parents des opprimés s6 ligüent en: semble et le forcent à battre en retraite. Pendant la disette de l'hiver, il se gorge de n'importe quelle charogne qu’il rencontré dans ses courses. Tel est son caractère à l’état sauvage. Wilson parle d’un- Geai approvisé qu'il possédait, lequel fit preuve d’instincts sociaux à un haut degré : “ Je le mis d’abord, dit-il, dans une cage avec un Pivart, lequel faillit l’assommer : je l’ôtai et je lé plaçai avec un loriot de verger, femelle, La princesse prit une attitude confuse et craintive, comme si la présence de l’intrus dans son domicile était pour elle un outrage. Le Geai, tapis au bas de la cage, était parfaitement immobile, comme pour donner à son amie

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naires cherchant non seulement le vivre, mais aussi lé couvert, se fofila dans la grange. Il devint victime de sa hardiesse ; mais après avoir été admiré; choyé et bien nourri par les enfants du logis pendant une semaine entiêre, on le rendit à la liberte.—(Note de l'auteur.)

* Visiblo au Paluis de Justice, à Québec.

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le temps de calmer ses alarmes. Madame &«e hasarda à en approcher, prête à fuire au premier signe de danger : le Geai ramassa des miettes do chataignes : elle suivit son exemple, mais toujours sur le qui vive, Tous ces symptômes de défiance disparurent avant le soir, et, la nuit venue, tous deux se perchèrent côte à côte sur le même juchoir, amis comme Castor et Pollux. Quand le Geai voulait boire, l’autre oiseau sautant sans façon dans l'abreuvoir, s’y baignait en éclaboussant son compagnon, qui supportait ce traitement avec une patience de petit saint: entre chaque bain, il se hasardait à prendre une becquetée d’eau et paraissait de la meilleure humeur possible. (“ Il permettait à la dame deluitirer les favoris * ; elle s’amusait aussi à lui nettoyer les griffes des fragments de chàtaighes qui y adhéraient : tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Est-ce l’infortune commune qui était le lieu de cette amitié ? Toujours est-il vrai que le caractère tyrannique du Geai peut s’adoucir : et qu’on parvient à lui faire respecter en captivit@des oiseaux qu'il dévorerait libre dans Ja forêt. ”

Il est non-seulement hardi et bruyant, mais il imite dans l’occasion, à s’y mépreundre, le cri de l’émérillou : il assemble par ce moyen une bande de Geais et chacun de tourmenter et d’attaquer l'oiseau : de proie, La pièce quelquefois tourne au tragique ; l’émérillon fixant une victime, s’élancera dessus et la sacrifiera à sa faim et à son ressentiment : à l'instant la face des choses change ; de hauts cris proclament Île désastre et la bande s’envole.

Le Geai est susceptible d'éducation ; plusieurs faits l’attestent. Les bandes de Geais bleus en Canada ne sont jamais bien nombreuses.

Comme bien d’autres oiseaux, ils jouent un rôle important dans les forêts : les graines qu'ils avalent et qu’ils rejettent servent à reproduire un nombre

* Longs poils roides que les moucherolles, les geais et autres espèces ont à la base du bec.

immense d'arbres forestiors; ce fait n 6t6 romarqué par plusieurs naturalistes. rh,

Le Geni bleu porte sur son chef, un panache de plumes d’un bleu clair où pourpre, qu’il dresse ou abaisse à volonté ; uno étroite ligne noire courre le long du front plus haut que l’œil, mais sans le surmonter ; le dos et le haut du cou est d’un beau pourpre où le bleu prédomine ; un collier noir, prenant au derrière de la tête, descend avec grâce du côté du cou au haut de la poitrine où il forme un croissant ; le menton, les joues et la gorge sont blancs, légèrement nuancés de bleu ; le ventre est blanc, les couvertures supérieures des ailes sont d’un beau bleu; les côtés extérieurs des primaires, d’un bleu clair; ceux des secondaires d’un pourpre foncé, excepté les trois plumes les’‘plus proches du corps, lesquelles sont d’un superbe bleu-clair, et sont, excepté les primiaires, harrées de croissants noirs et terminées de blanc ; la queue est longue et uniforme, composée de douze plumes d’un bleu-clair luisant, marquées de demi-pouce en demi-pouce, de courbes transversales noires, chaque plume étant terminée de blanc, excepté les deux médiannes, qui se fondent en un pourpre foncé à leur extrémités. La poitrine et le dessous des ailes, sont d'un blanc pâle, avec des taches peu apparentes de pourpre ; le dedans du bec, le Lée la langue, les pieds, les griffes sont noirs ; l'iris, noisette.

Longueur totale, 12 pouces ; envergure 14.

Laïssons maintenant à un grand poëte, à un chaleureux admirateur des beautés de la nature, à Chateaubriand, la tâche de résumer l’existence des Passereaux.

“ Une admirable Providence se fait remarquer dans les nids des petits oiseaux: on ne peut contempler, sans en être attendri, cette bonté divine qui donne l’industrie au faible et la prévoyance à l’insouciant. Aussitôt que les arbres ont

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ont

développé leurs fleurs, mille ouvriers commencent leurs travaux: ceux-ci portent de longues pailles dans le trou d’un vieux mur; ceux-là maçonnent des bâtiments aux fenêtres d’une église ; d’autres

cherchent un crin à une cay ale, ou Île brin” de laine.

que.la brebis a laissé suspendu à la ronce.. Il y :a des bucherons qui croisent.des branches dans la cime d'un.arbre ; il y a des filandières qui recueillent. la sole.sur un ‘chardon : ; mille palais s'élèvent et, cha-

que.palais est un nid, chaque nid voit.des métamor::

phoses charmantes : un œuf brillant, ensuite .un petit couvert de duvet. Ce nourrisson prend des plumes, sa mère lui apprend à à se soulever sur sa couche; bientôt il va jusqu’à se percher sur le bord de son berceau, d’où il jette un premier coup d'œil sur la nature ; effrayé et ravi, il se précipite parmi ses frères ; mais rappelé par la voix de ses parents, il sort une seconde fois de sa couche, et ce jeune roi des airs, ose déjà contempler le vaste ciel, la cime ondoyante des pins, etles abîimes de verdure audessous du chène paternel. Et cependant, tandis que les forèts se réjquissent en recevant leur nouvel hôte, un vieil oiseau, quise, :sent abändonné de ses ailes, vient s’abattre-auprès d’un courant d’eau: là,

résigné et solitaire, tend tränquillement la mort au bord du même fleuve-oùil-chgnta. ses amours, et dont les arbres portent: sis AS son. nid et sa postérité harmonicuse” ,:.,:..

Lecteur, nous avons términé, Pour cette année du moins, notre esquisse de cette classe intéressante, les Passereaux : en contemplant les abîmes d'amour maternelle des parents pour les jeunes ; on recueillant les flots d'harmonie de ces locataires aériens ; en examinant les mystères de la migration printanière et automnaie, ainsi que les merveilles du vol et de la nidification, comment ne pas nous écrier avec un aimable auteur :

“ Mélodieuses ER du feu d'en haut, où n'atteiguez-vous pas?.....,..pour vous ni hauteur, ni distance; le ciel, l’abime, c’est tout un. Quelle nuée et quelle eau profonde ne vous est T

accessible® La terre dans sa vaste ceinture, tant qu'elle est grande, avec ses monts, ses mers et ses vallées, elles vous appartient. Je vous entends sous l’équateur, ardent comme les traits dn soleil. Je vous entends au pôle, dans l'éternel silence où la vie a cessé, où la dernière mousse a fini; l’ours lui-même regarde de loin et s'éloigne en grondant. Vous, vous restez encore, vous vivez, vous aimez, vous témoignez de Dieu, vous réchauffez la mort. Dans ces déserts terribles, vos touchantes amours innocentent ce que l'homme appelle la barbarie de la nature.”

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