LES PICS OÙ PIQUE-BOIS
Les Pics, habitants naturels des grandes forêts, sont beaucoup plus nombreux dans l'Amérique septentrianale qu’en Europe. Pour cinq espèces . que Vieillot comptait en France, on en compte maintenant vingt-neuf en Amérique. On en a remarqué neuf à dix sortes en Canada. Symboles du travail et de la persévérance, la nature leur a donné des instruments appropriés à leurs besoins. Des pieds courts, des ongles forts.et arqués pour grimper et se cramponner aux arbres ; un bec dur, quarré et taillé en
iseau à sa pointe pour creuser et fendre l'écorce : -une queue composée de plumes élastiques, fortes et
à barbes roides et dures pour se solider et servir de point d’appui; une langue pointue, longue, visqueuse et susceptible d’être dardée hors du bec par ur mécanisme tout spécial, pour retirer les insectes des trous; tels sont les moyens ingénieux que la nature Jeur a fournis pour bien exercer leur laborieuse industrie. Les Pics ont un merveilleux -instinct pour découvrir les insectes dans le cœur des
arbres cariésou morts. Ils se cramponnent d’abord
au pied de l'arbre, posent le ventre sur le tronc et prêtent l’oréille pour s’assurer s’il contient des insectes rongeurs: ils montent ensuite peu à peu,
s'arrêtent un instant pour écouter, et continuent ainsi jusqu’à ce qu’ils entendent le bruit que fait la
larve : lorsqu'ils sont assurés de l’endroit, des coups de becs redoublés lui ont bientôt livré leur proie. Ils ont encore une autre manière de chasser qu’ils
emploient d'ordinaire sur un arbre vert: après l’avoir frappé violemment, ils se transportent aussitôt sur le côté opposé pour saisir l’insecte caché dans l'écorce, que le bruit réveille et met en mouvement ; enfin ces oiseaux défians et craintifs se dérobent à la vue du chasseur en tournant autour du tronc ou ‘d’une grosse branche, et en se tenant toujours sur la face opposée, Tous les oiseaux de ce genre vivent de larves et d'insectes, mais il en est qui joignent à ces aliments les baies et les fruits tendres: un poirier sauvage avoisinant notre résidence était, en août dernier, un j point d'attraction pour un Pic qui conjointement t] avec une troupe de Récollets, * véritables Gargan- | tuas, l’eut bientôt dégarni de tout son fruit. Quelques uns à l’ouest dela province se tiennent en famille, d’autres par troupes : nous Îles avons énéralement rencontrés isolemment ou par pairs. | en.est qui ne grimpent pas, mais se trennent aussi souvent à terre que sur les arbres, tels que le Pic doré, connu dans nos campagnes mainteuant, comme au temps où écrivait le vieux Gouverneur des Trois-Rivières, sous le nom de Pivert ou Pivart. Les arbres vermoulus sont ce que ces oiseaux préferent pour y,percer le trou qui doit receler leurprogéniture : ils l’arrondissent avec leurs becs ét lui donnent souvent une grande profondeur. Les Pics ont un vol onduleux et gracieux. Leur nid se compote d'herbe, de mousse ét de divers autres matériaux réunis saus art. Les petits naissent couverts d’ün. léger duvet, et ne quittent leur berceau que quand leurs doigts et leurs ongles ont assez de Ares our Jeur faire gagner l’entrée de leur antre, et que leurs ailes ont assez de longueur pour leur donner les moyens de suivre leurs parents.’ Le grand maître de la tribue, le Pic au bec d'ivoire, nous regréttons ‘ de le dire, nous ne l’avons pas ; mais en revanche, nous avons le Pic noir à huppe rouge,
* Jaseur du Cèdre.
bb :
"LE PIC-NOIR À HUPPE ROUGE. * | [7 07 Colack Wood Cuck.]
Ce superbe oïseau qui brave les froids arctiquas aussi bien que. les chaleurs des tropiques, forme partie du petit nombre des espèces sédentaires en Canada: c'est le grand Chef des Pics de l'Amérique du Nord, | AU
Quoiqu'il ne se plaise, dit Vieillot, que da les grandes forêts, il s’approche cependant des “habitations pendant l'hiver, et fréquente .pendant l'été les champs de maïs: il y perce l’épi de ce blé avant sa maturité. Wilson est néanmoins disposé sinon à nier du moins à exténuer ce fuit, et dit que c'est tout au plus pour chercher les larves qui se cachent sous son enveloppe : d’autres, moins charitables, disent que c’est pour manger le grain lorsqu'il est encoretendre ; cette dernière nourriture n’est pas étrangère «u Pic tricolor ni au Pic doré.
Le bec gst long de deux pouces et noirâtre; les
plumes qui s'avancent sur les narines, d’un blanc
roux; l'iris, de couleur d’or; le dessus de Ja tête paré d’une huppe totalement rouge qui sejette en arrière ; les moustaches, du même rouge; trois bandez, eur chaque coté de latête: celle du milieu
est noire et les deux autres sont blanches, l’une de
cas dernières pousse an dessus de l'œil, l’autre part du bec, s'étend sur les joues, se prolonge vers le cou et se perd vers l'épaule ; le bord de l’aile et le haut de la gorge sont dé cette dernière couleur, aïnsi qu'une petite bande qui est sur le milieu des pennes primaires; le reste du plumage est noir; plusieurs
.… plumes des flancs sont terminées de gris.
Dimensions du mâle, 18 x 28. DU
La femelle n’a point de moustaches: elle diffère encore du mâle en ce qu’elle a le devant de la tête brun; la poitrine et les parties postérieures d’un
* No. 90 Hylütomus Pileatus.—Hainn, .
Picus | Pileatus.-AuDtpdg. :
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.sance avec le | -déniché ? “Ce Pic, dit Vieillot, remarquable ‘par
des ‘bords, | 6 ; | couvertures supérieures, et les pennes. secondaires es ailes ont des raies noires transversales sur un
moir grisâtre. Les jeunes n'ont point de rouge à Ja tête, et sont d’an noirâtre ondalé de gris “+ parties où les vieux sont noirs.” (Vieillot) Ce Pie ne va pas en bande : on en voit.d'ordinaire un ou deux ensemble.—Il est difficile à tirer et fort féroce quand il est blessé ; inquiet, infatigable, il est cons-. tammient à l'œuvre; son bec ‘est d’une forçe énorme; # fait voler en éclats l'écorce des arbres. Il pond six gros œufs d’une éclatante blancheur dansun-tron
‘arbre, sans prendre la peine de construire un. nid
Li Math Nous avons vus de bien beaux Pics, tués
p" s du lac Beauport, comté de Québec—l’hiver . rnier.: les Américains le nomment Black Wood
Cock ou Pileated Woodpecker. |
PIC DORÉ—PIVART. * [Golden wioged Woodpecker.] ( . Quel est le. jeu chasseur qui n'ait, fait connaisivart; ;. quel est l’écolier qui ne l'ait
l'élégance de ses formes, la disposition agréable de
.ses couleurs, par l'éclat du jaune doré réparrdue sur
les plumes alaires et caudales, a les parties inférieures
du. corps parsemées de tâches noires sur un fond gris blanc : cette dernière teinte prend un. ton roux
sur l'occiput, sur les côtés .de la tête et ceux de la poitrine, dont le milieu est occupé, par un large
-Croissant noir ; elle se change en gris ardoisé. clair
sur les côtés du cou, et elle est coupée sur la nuque par uné bande rouge : des monstaches noires ‘partent des M pe du bec.et se prolongent jusque sur :
e.la gorge; le dos, les scapulaires, les
* No. 97. Colnptes auratus—BatRn. |.
- Picus auratus. —AUDUBOx. Pique-bois jaune de la Louisiane.
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