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GELINOTTE

(Tetrao bonasia. LINNÉ.)

La gelinotte est encore connue sous les noms de poule des cou-

driers et de poule royale. « Qui se feindra , dit Bélon, voir quelque espèce de perdrix métive entre la rouge et la grise, et tenir je ne sais quoi des plumes du faisan, aura la perspective de la gelinotte de bois. »

Cet oiseau, de même taille que la perdrix rouge, a les plumes de la partie supérieure de la tête, du dos et du plastron jaspées de taches d’un brun rougeñtre, noires, grises et fauves, disposées transversalement. Les plumes de la tête sont un peu allongées et peuvent se relever en huppe ; les scapulaires ont une grande tache triangulaire, blanche. Les plumes des ailes sont d’un gris brunâtre au bord interne et variées de gris et de blanc sale au bord externe. Celles de la queue, à part les deux médianes, qui sont brunes et élégamment mouchetées, ont une large bande noire vers leur extrémité, qui se termine par un bord gris blanc. La gorge, noire, est entourée d’un collier blanchâtre, qui s'étend jusqu'aux épaules. La peau nue des yeux est écarlate et bordée supérieurement de petites plumes blanches. Les plumes de la poitrine et des flancs sont brunes au centre ävec une large frange blanche; celles du ventre semblent blanches, parce que la frange blanche se développe aux dépens de la tache brune centrale. Le bec est fort et d’un brun noirâtre ; l'iris et les pieds sont d'un brun plus clair.

La femelle, un peu moins forte que le mâle, n’a pas la gorge

noire, et tout son plumage est moins vivement teinté. Les jeunes

ressemblent à la femelle pendant la première année. On cite des variétés blanches ; mais elles sont très-rares. On trouve la gelinotte dans presque tous les pays de montagnes

GAL L'LNOMNPE; 10

Editeur.

Rothsehild,

SIS.CITLE

Lu Cha

hologie

Ornit

Chenu,

boisées de l’Europe ; en France elle n’est pas rare dans les Vosges, les Alpes et les Pyrénées , et on la rencontre jusqu’en Sibérie. Cet oiseau préfère les forêts où croissent les pins, les sapins, les bouleaux et les coudriers ; il se nourrit de baies, de chatons , de bourgeons et de diverses graines.

La gelinotte est très-sauvage , et c’est en vain que l’on a fait de nombreux essais pour la réduire en demi-domesticité. Elle ne se plaît que dans la solitude des grands bois fourrés et accidentés. Elle se dérobe à pattes , et ce n’est que lorsqu'elle est surprise qu’elle prend le vol pour se retrancher à petite distance sur un arbre, dont elle choisit la partie la plus touffue, refuge qu'elle croit si sûr, qu'elle y attend le chasseur avec une confiance aveugle dont ce dernier sait profiter.

Les auteurs se plaisent généralement à dire que la saison des amours de la gelinotte commence en octobre. Lé fait est que dès cette époque le mâle répond à l’appeau, ce qui ne suffit pas pour justifier une assertion contraire aux lois de la nature; et sans faire exception , la gelinotte pond au mois d'avril ou de mai. Elle établit son nid dans les bruyères, sous les broussailles et donne douze ou quinze œufs d’un roux clair, parsemés de points et de taches d’un roux marron, parfois réunis vers le gros bout.

Les gelinottes se rencontrent quelquefois en compagnies ; elles marchent plus qu'elles ne volent : aussi est-il facile de les prendre au collet ou au hallier, piéges qu’on place avec succès dans les sentiers qu’elles fréquentent.

«Comme espèce sédentaire et comme gibier très-recherché, dit M. Bailly, la gelinotte finira par ne plus se trouver dans la plupart de nos montagnes si l’on ne se hâte d’y réprimer, chez les villageois, la manie de braconner toute l’année et surtout aux époques de la pariade et des couvées. On ne la rencontre déjà plus que très-difficilement dans diverses localités où autrefois elle se maintenait commune, parce qu'on y avait alors quelque égard aux lois sur la chasse. »

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