‹ Ornithologie du chasseurChapitre 41 sur 65 · LIN HOMO NAT GT · texte numérisé non relu

LIN HOMO NAT GT

vivacité de sa quête, aux faux arrêts multipliés, aux bonds courts et précipités qu'il fait, à l’opiniâtreté avec laquelle l'oiseau tient et se laisse quelquefois serrer de si près qu'il se fait prendre; souvent aussi il s'arrête dans sa fuite et se blottit, de sorte que le chien, emporté par son ardeur, passe par dessus et perd sa trace ; le râle profite de cet instant d'erreur pour revenir sur sa voie et il donne facilement le change. Il grimpe même quelquefois dans une haie, un buisson , et semble épuiser toutes les ruses possibles avant de se décider à se servir de ses ailes, car il ne part qu’à la dernière extrémité. Son vol lourd ne le porte jamais loin : on en voit ordinairement la remise; mais c’est presque toujours inutilement qu’on va le relever, car il s'est déjà éloigné à plus de cent pas lorsque le chasseur arrive. Il sait donc suppléer par la rapidité de sa marche à la lenteur de son vol. Mais quand arrive le moment du départ pour d’autres contrées, il trouve, comme la caille, des forces inconnues pour fournir aux besoins de sa longue traversée; il prend son essor la nuit, et, secondé par un vent propice, il se porte dans nos provinces méridionales et passe en Afrique.

Les râles se tiennent dans les prairies jusqu’après la coupe des foins, et s’y nourrissent d’insectes, de limaçons et de vers, qui sont les aliments exclusifs des petits, tandis que les adultes mangent aussi diverses graines et surtout celle du trèfle et du genêt. Ces oiseaux; moins féconds que les cailles, ne pondent que neuf ou dix œufs tachetés de brun roux sur un fond d’un jaune brunâtre. Le nid du râle est fait avec un peu de mousse ou d’herbe sèche, dans un petit enfoncement du sol bien abrité.

Cet oiseau, ordinairement très-gras, est considéré comme un excellent gibier ; mais il se garde peu et doit être mangé peu de temps après avoir été tué.

Le motif qui pousse le râle vers le Nord s’explique par le besoin d’une nourriture particulière et par l'attrait de la fraîcheur des

prairies.

Page 1