FOULQUE
(Fulica atra. LINNÉ.)
Cet oiseau est aussi connu sous le nom de macroule, de morelle, de judelle : 11 est très-commun sur les grands étangs de toutes les ‘parties de la France; il a le dessus du corps noir, le dessous est gris foncé. On reconnait facilement les foulques à la large plaque cartilagineuse blanche qui couvre leur front. Bec blanc rosé, épais à la base, comprimé latéralement ; pattes vertes, teintées de jaune, avec uue jarretière rouge verdâtre; doigts libres et garnis d’une membrane festonnée. Longueur, 0",40 à 0"45.
Dans certaines parties du midi de la France, on donne à tort aux foulques le nom de macreuse.
Les foulques se trouvent ordinairement en grand nombre sur les étangs et quittent rarement l’eau pour la terre ; elles nagent avec une grande facilité, plongent très-rapidement, et sont trèssauvages. On les surprend quelquefois dans les roseaux des bords ; mais elles se dérobent en nageant, et ne se décident à prendre vol que lorsqu'elles y sont contraintes. La chasse des foulques se fait en bateau, et pour qu'elle soit fructueuse, il faut plusieurs embarcations portant chacune deux ou trois chasseurs. Cette chasse présente nécessairement quelque danger pour les tireurs, et il est bon de n’admettre que des chasseurs prudents et habitués a tirer en bateau. Pour la faire avec succès, 1l faut que tous les bateaux, distribués en ligne et à quelque distance les uns des autres sur le côté le plus étroit de l'étang, soient dirigés lentement sur le côté opposé, vers lequel on pousse toutes les foulques. De
temps à autre on trouvera bien l’occasion d’en tirer une; mais le
véritable moment de la chasse ne commence que lorsque la ligne de bateaux arrivant à quelque distance de la retraite où se sont réfugiées les foulques, elles sont obligées de se lever presque toutes en même temps et de passer au-dessus des chasseurs pour se diriger vers le milieu de l'étang. En faisant plusieurs fois cette manœuvre pendant la journée, on peut en tuer un grand nombre; mais 1l faut éviter de faire cette chasse trop souvent, car les foulques, ne trouvant plus assez de sécurité ni de repos, désertent pendant la nuit et gagnent l'étang le plus voisin.
Les étangs de Saclay près de Paris sont souvent couverts de foulques, et présentent une chasse assez facile quand le nombre des chasseurs permet de garder une chaussée qui sépare les deux étangs, et de renvoyer continuellement les foulques de l’un à l’autre en les forçant à passer au-dessus des tireurs embusqués.
La chair de la foulque est noire et passe pour un aliment maigre. Get oiseau n’est par le fait qu'un ‘très-médiocre gibier,
à peu près mangeable en salmis.