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SARCELLE D'ÉTÉ

(Anas querquedula. LINNÉ.)

La sarcelle d’été ou sarcelle commune, connue aussi sous le nom de criquart, est surtout remarquable par les plumes longues et taillées en pointe qui couvrent les épaules et retombent sur les ailes en rubans blancs au centre, et d’un vert noirâtre sur les bords. Le devant du corps présente un beau plastron tissé de noir sur gris et comme maillé par petits carrés tronqués, renfermés dans de plus grands, tous disposés avec tant de netteté et d'élégance qu'il en résulte l'effet le plus piquant. Les côtés du cou et les joues, jusque sous les yeux, sont couverts de petits traits blancs vermiculés sur un fond roux. Le dessus de la tête est noir, ainsi que la gorge; mais un long trait blanc, prenant sur l’œil, va tomber au-dessous de la nuque. Les flancs présentent des zigzags gris noirâtre sur un fond blanc. Les couvertures des ailes sont d’un cendré bleuâtre, et le miroir est vert reflétant, bordé de blanc en haut et en bas. Bec noirâtre; pieds gris.

La parure de la femelle est bien plus simple : vêtue partout de gris et de gris brun, à peine remarque-t-on quelques traces d’ondes ou de festons sur sa robe. Sa gorge est blanche, et de chaque côté de la tête, près du bec, on remarque une tache blanche; enfin, une petite bande blanchâtre se prolonge un peu derrière les yeux.

Les jeunes ont le plumage de la femelle.

« Il y a en général, dit Buffon, tant de différences entre les deux sexes dans les sarcelles, que les chasseurs peu expérimentés dé-

signent les femelles sous le nom d’arcanettes ou racanettes, comme si elles constituaient une espèce particulière. »

La sarcelle d'été se trouve dans toute l’Europe; elle établit son nid sur le bord des étangs, au milieu des joncs, et pond six ou huit œufs d’un blanc un peu roussâtre. Cependant on sait qu'il se fait des passages assez réguliers de ces oiseaux en avril et en octobre. Les sarcelles ne volent pas en formant des triangles comme les canards, et leurs bandes ne sont pas très-nombreuses ; cependant, à l’époque du passage d'automne, toutes les sarcelles d'un même canton semblent se réunir au temps fixé pour le départ; et dans les airs, elles se poursuivent en jouant et en faisant continuellement entendre leur cri. Cet oiseau se nourrit d’herbages, d’escargots, d'insectes et de larves, et il ne plonge que très-rarement.

Ce petit canard se laisse assez bien approcher par le chasseur, et quoiqu'il ait le vol très-vite, on le tire sans difficultés. Il s’ac-

commode facilement de la vie en volière.

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