‹ Ornithologie du PérouChapitre 18 sur 288 · Folyborus tharus · texte numérisé non relu

Folyborus tharus

Falco tharus, Morixa, Sag. St. Nat. Chili, p. 264.

Falco plancus, Gu., L. S. N., I, p. 257.

Falco brasiliensis, GM., L. c., p. 269 — Wrep., Beitr., II, p. 190.

Vultur cherway, LaTH., J. O. I., p. 8.

Vultur plancus, LATH., J. O. I., p. 8.

Polyhorus brasiliensis, Vic., Zoo!. Journ., 1, p. 320.

Polyborus vulgaris, Spix, Av. Bras., I, p. 3, tb. | — TscH., Faun. Peru., pp. 16 et 77 — Dp’Or8., Voy. Amér. Mér., Ois., p. 59.

Pandion caracara, GR., in GRrirr., Ed. Cuv. An. Kingd., NI, p. 235.

Polyborus tharus, STRICKL., Orn. Syn., p. 18 — Scu. et SALv.,

fomencl. Av. Neotr., p.193 — Suarez, Cat. B. Brit. Mus., 1, p. 31 AN CZ ZA SNS TND 215)

P. pileo, corpore el alis nigro-brunneus; genis gulaque nudis rubris ; collo loto isabellino; pectore sordide isabellino brunneoque transfascialo; tectricibus caudæ superioribus et inferioribus aibidis; cauda isabellino-albida, brunneo transverse fasciolata, zona extrema fusco-brunnea; remigibus basi albido variegalis.

SG! Une couleur brune plus ou moins foncée, quelquefois presque noirâtre, occupe tout le sommet de la tête avec les plumes nucales; dos avec le croupion, les scapulaires, les ailes, tout l'abdomen et les pantalons presque uniformes partout; la région interscapulaire est plus ou moins rayée en travers d’isabelle; les joues et la gorge sont nues, d’une couleur aurore, parsemées de rares poils blanchâtres; tout le cou et la partie postérieure des joues est d’un isabelle plus ou moins clair parsemé de quelques taches brunes sur le côté postérieur du cou; la poitrine est isabelle rayé en travers de brun; tectrices supérieures et les inférieures de la queue sont d’un isabelle blanchâtre. Barbe interne des rémiges primaires blanchâtre à la base et rayée plus loin de cette couleur, celle des secondaires traversée de raies roussâtres; sous-alaires d’un brun foncé. Queue d'un isabelle blanchâtre, varié d’une quinzaine de raies transversales brunes, plus pâles et plus fines sur la page inférieure des rectrices et terminée d’une large bande

brun foncé; la barbe externe de la première rectrice brune Jusque près de la naissance. Cire et pattes orangées; bec cendré à la base passant graduellement au gris jaunâtre pâle; iris gris brunâtre assez clair.

© Semblable au mâle, d'un brun généralement moins foncé, à région interscapulaire rayée plus fortement d'isabelle; le cou postérieur rayé de brun; chez les individus probablement moins adultes les scapulaires sont aussi plus ou moins rayées de blanchâtre; les raies de la poitrine prolongées sur le haut de l’abdomen. Quelques-unes ont aussi des raies roussâtres sur la barbe externe des rémiges secondaires; le croupion blanchâtre sale rayé à travers de gris. Dans le plumage usé les raies caudales sont pâles.

( Le jeune oiseau en premier plumage est brun en entier, varié au cou postérieur, au dos et sur les scapulaires de longues stries fauves, fines, passant dans toute la longueur des plumes; les plumes du derrière des joues, de la gorge et de la région jugulaire sont d’un ocreux unicolore; tout le dessous varié de taches fauves, très grosses sur la poitrine et de plus en plus fines sur l'abdomen et les flancs; pantalons immaculés ; croupion et les sous-caudales blanchâtre sale, rayés en travers de gris; les raies caudales plus larges, plus régulières et moins foncées que chez les adultes. Pattes bleuñtres pâles.

Ce plumage pâlit avec le temps et les plumes du dos et des ailes deviennent largement pâles à leur extrémité.

Les petits couverts d’un duvet blanchâtre.

G’ Longueur totale, 582; vol, 1,275; aile, 390; queue, 195; bec, 47; tarse, 92; doigt médian, 46; ongle, 21; queue dépassant l'aile de 15 millimètres.

OMPonoueur de mtiale 49 queue 22505 bec ob; tarse, AD0doict médian, 95; ongle, 23 millimètres.

Les œufs sont d’un rouge violet, couverts de taches plus foncées de la même couleur et plus rapprochées entre elles au gros bout que sur l’autre. Longueur : 74 millimètres sur 46 de largeur (D'ORBIGNY).

Déserts de la côte péruvienne (D’ORBIGNY) ; rare au Pérou (TSCHUDI). à

Selon Stolzmann, commun sur la côte péruvienne et dans la wallée du Maranon semblable à la côte par sa faune et sa flore, tandis que dans la sierra haute il ne l’a jamais observé.

« Le caracara... est sans contredit le plus commun de tous les Falconides américains, et nous répéterons même avec l'observateur espagnol qu’il l’est autant à lui tout seul que tous lesautres Falconides ensemble. Nous l’avons rencontré dans toutes les parties froides, tempérées et chaudes de l’Amérique Méridionale, sur les montagnes peu élevées, comme dans l’immensité des plaines...; mais nous ne l’avons pas trouvé sur les Andes, sur les montagnes qui atteisnent une hauteur de 7,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, ou dans les forêts humides et chaudes au milieu desquelles on ne voit plus de plaines; encore vit-il sur les bords des rivières qui les traversent, si déjà le bord de ces rivières est habité par l’homme sauvage. En effet, le caracara suit l’homme soit dans la civilisation des villes, soit dans la simplicité de sa vie pastorale, au sein des plaines: il le suit parcourant par hordes dévastatrices les immenses pampas du Sud, ou se fixant enfin et commençant à cultiver le sol si fécond des contrées chaudes. De même que le catharte, le caracara ne trouverait pas assez de nourriture s’il ne s’associait à l’homme, dont il partage

alternativement les privations et l’abondance, souffrant comme lui la faim sans se plaindre ou consommant en un seul jour les provisions d’une quinzaïne, Sobre ou vorace, il sait tour à tour se faire à tout, sans jamais abandonner l’homme, qui est quelquefois malgré lui son protecteur, mais bien plus souvent son persécuteur volontaire.

» Le caracara n’a donc pas d'asile qu’il affectionne particulièrement, et comme le chien chez les mammifères et la poule chez les oiseaux, il habite tous les lieux où l’homme peut habiter. puisque celui-ci lui devient indispensable ; c’est en un mot un animal parasite, vivant, ainsi que tous les êtres de son espèce, aux dépens de ceux-là mêmes qu'il craint le plus et qui ne cessent de lui faire la guerre.

» Il se couche bien avant les cathartes, passant ordinairement la nuit à côté de sa fidèle compagne, sur les branches inférieures du vieil arbre par lui adopté. Dans les lieux où les arbres sont éloignés, sa journée s'achève bien plus tôt; un trajet de 5 à 6 lieues ne l’effraye pas pour aller retrouver son gîte habituel, et cet espace il le franchit en un instant. C’est particulièrement en Patagonie que nous avons pu remarquer ce manège de caracaras, qui chaque soir allaient dormir sur les saules du haut Rio Negro et descendaïent tous les matins autour des différentes fermes où l’on élève les bestiaux. Dans les lieux où les arbres manquent, le caracara choisit pour domicile le point le plus élevé des buissons, ou bien un tertre à défaut des buissons voisins, mais cela très rarement, car il aime beaucoup à se percher. Le matin, sans jamais devancer l’aurore comme l’urubu, pour commencer sa chasse, il se lève avec le soleil et commence sa journée. Planant d’abord ou plutôt volant avec assez de rapidité, en regardant tout sur la route, il se dirige directement sur les fermes qu'il à choisies pour son terrain de chasse ordinaire, ou sur la maison dont il sait qu'il doit attendre la nourriture la plus abondante. Il se pose ordinairement sur les arbres des environs, sur les barrières, sur le toit même des maisons, ou bien il parcourt les alentours à pas lents, visitant avec soin les ossements répandus sur le sol pour en arracher le moindre lambeau de chair; souvent par paires, maïs le plus souvent en troupes nombreuses, dans lesquelles se perdent et se confondent les individus de chaque couple pour ne plus se retrouver et se reconnaître que le soir en recagnant la retraite commune. Toute la journée ils se mêlent avec les chimangos, les deux espèces de cathartes, et en d’autres saisons avec les innombrables cohortes de mouettes et de goélands qui viennent, comme eux, vivre quelques mois aux dépens de l’homme. Leur caractère querelleur devrait leur faire préférer la solitude, et nul doute que l'intérêt seul les rassemble, car ils ne montrent jamais entre eux cet esprit de vigilance qui caractérise les oiseaux vivant en grandes familles; aussi ces réunions ne sont-elles que fortuites, et chacun n’y est que pour soi. Autour des établissements où l’on sale de la viande, et desquels on rejette souvent des centaines de carcasses encore couvertes de chair, on voit quelquefois réunis des milliers de cathartes et de caracaras qu’attire de loin cette pâture, car le caracara sans jamais quitter le pays, le parcourt dans un rayon de 50 lieues et plus, en suivant la marche des voyageurs et des Indiens, ou quand le manque d’aliments le force à pousser au loin ses migrations. Les ressources épuisées, les caracaras se dispersent, et chacun va de son côté chercher de nouveau fortune ailleurs.

» Les caracaras sont peut-être les plus familiers des Falconides. Ils sont si peu sauvages dans certaines parties de l'Amérique Méridionale où les bestiaux abondent, qu'à peine se dérangent-ils au passage du voyageur, ou s'ils se croient trop près, ils s’en éloignent seulement de quelques pas, soit en marchant, soit en sautant, pour se poser à peu de distance. Généralement querelleurs, ils se livrent sans cesse des combats sanglants pour un perchoir, et bien plus souvent encore pour une proie. Alors comme toujours et partout dans le monde, le plus faible doit céder. Impertinent et se fiant sans doute à la force de son bec, le caracara s'attaque non seulement aux siens, mais encore aux autres espèces des caracaras, aux cathartes, aux mouettes et à tel autre oiseau qui le gêne ou dont il est jaloux. A-t-il vu par exemple une mouette ou un catharte avaler un bon morceau, soudain il s'attache à sa poursuite, le presse, le harcèle, jusqu’à ce qu’il l’ait contraint à dégorger, pour

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s’en nourrir lui-même, cet aliment qu'il lui envie. Nouveau stercoraire, il vit aussi très souvent des déjections d’autres oiseaux. Les mouettes, peu belliqueuses, dégorgent facilement, parce qu’elles sont accoutumées à le faire, quand à la mer elles sont poursuivies par les stercoraires et par les puffins; mais les cathartes osent quelquefois résister, et alors il y a bataïlle sanglante où les caracaras obtiennent toujours la victoire qu'ils doivent à la supériorité de leurs armes. Nous n'avons jamais vu plusieurs caracaras ensemble sans être témoin de quelques différends et de plusieurs coups de bec. Le caracara est, sans nul doute, le plus bruyant et le plus effronté de tous les oiseaux de proie d'Amérique. Il est très vif dans ses manières, marche le corps horizontal, la tête élevée, regardant fièrement autour de lui. Si quelque chose l’inquiète, il dresse les plumes qu’il porte sur l’occiput et qui alors dessinent une espèce de capuchon. S'il attend perché sur un arbre ou sur tout autre objet, il rentre la tête entre les épaules, et ses aïles sont alors un peu pendantes, surtout lorsqu'il à froid. Dans sa marche lente et composée pendant laquelle il retourne de temps en temps la tête, pour ne rien laisser échapper de ce qui peut mériter son attention, il forme des pas assez allongés, en avançant alternativement les jambes l’une devant l’autre, et cela des heures entières, sans jamais sauter, à la manière des Aquiléides et des Falconides. Il aime beaucoup à percher et c'est toujours sur les branches des arbres ou sur les maisons qu’il établit son observatoire du jour.

>» Sa vue est très perçante et ses cris sont des plus désagréables. Ceux qu'il fait entendre lorsqu'il poursuit un autre oiseau ou dans les combats sont bien différents de celui qu’exprime son nom guarani de caracara et le nom que lui donnent beaucoup d’autres nations américaines. Il ne fait entendre ce dernier cri que dans le repos et seulement à terre, tout en retournant la tête en arrière de manière à ramener le sinciput sur le dos. Ce cri, quand le caracara le profère, est répété bientôt à plusieurs reprises et comme à l’envi par son compagnon et par tous les caracaras du voisinage. C’est principalement au temps des amours qu'il le fait entendre, et pourtant il est difficile de le prendre pour un chant d'amour, surtout en se rappelant les mélodieux accents de notre rossignol. Le vol du caracara est toujours horizontal, très rapide; ses ailes forment alors un angle droit avec le corps. Il ne plane pas comme la buse et n’a point de manière particulière quand il chasse. Quelquefois après la pluie, il étend ses ailes pour les faire sécher; maïs une forme distincte de vol n’annonce jamais chez lui, comme chez les urubus, l'approche du mauvais temps.

>» Le caracara est omnivore; il se nourrit de toute substance animale, putréfiée ou non, mais il préfère les animaux vertébrés, et parmi ces derniers les reptiles ophidiens, remplaçant à cet égard en Amérique le secrétaire du cap de Bonne- Espérance. Nous avons été plusieurs fois témoin de la préférence qu’il donne aux serpents. Un domestique à cheval ayant laissé traîner derrière lui une lanière de cuir ou courroie, un caracara la prit pour un serpent et suivit en courant le cavalier jusqu’à ce qu'il eut enfin reconnu son erreur. Il mange quelquefois des limaçons et des insectes, mais il faut qu’il soit pressé par la faim. Les sauterelles lui servent plus souvent de pis aller que les autres insectes. Il prend quelques petits mammifères vivants, mais préfère en général une chasse plus facile et se contente des restes de charogne. Jamais il ne chasse aux oiseaux dans la campagne, quoique dans certaines contrées il ne puisse voler sans se voir incessamment poursuivi par des troupes de gobe-mouches surtout, qui le harcèlent pendant longtemps, certains qu’il ne cherchera pas à se défendre ; mais plus hardi parmi les oiseaux domestiques et vivant quelquefois près d’une couvée de poulets, on le voit descendre inopinément dans une basse-cour et enlever dans ses serres, malgré la pauvre mère accourue à la défense de ses poussins, un poulet qu’il va dépecer au loin. Ce corsaire de la gent volatile accompagne quelquefois le chasseur sans que ce dernier s’en doute, et dès que celui-ci à touché un oiseau, s’il n’est vrompt à le relever, plus alerte que lui, le caracara lui enlève sa chasse avec une effronterie sans exemple. L'oiseau blessé par le chasseur est de suite achevé par le caracara qui pourtant n’attaquerait jamais le plus petit oiseau plein de vie.

» Les caracaras se réunissent aux cathartes pour dépecer un animal mort dans la campagne, et c’est alors que ces avides rivaux se livrent les plus sanglants combats. Que le berger attentif ne perde pas un instant de vue sa brebis prête à mettre bas, car le caracara la guette, et la moindre négligence peut coûter la vie au jeune agneau, bientôt déchiré par le cordon ombilical. Aussi avons-nous vu le chien berger de la province de Corrientes, actif autant que judicieux, s’empressant autour du troupeau que, seul, il conduit, surveille et ramène, n’en laisser jamais impunément approcher un caracara. Le voyageur a pu se croire entièrement seul au sein des vastes solitudes... Erreur; des hôtes cachés l’accompagnent. Qu'il suspende sa marche, et soudain il verra plusieurs caracaras jusqu'au lendemain... ; mais ils partent avec lui, le suivent toujours, sans se montrer; ils ne paraîtront de nouveau qu’à sa prochaine halte. Met-on enfin le feu à la campagne pour renouveler les pâturages, le caracara plane le premier sur ce théâtre de destruction et vient y saisir au passage tous les pauvres animaux qu’une fuite rapide allait dérober à leur perte.

» Le caracara s’accouple toute l’année comme les animaux domestiques, dont peut-être il a pris les mœurs. Les plus grands froids, même ceux de 28 degrés, comme nous en avons fait l'observation à Corrientes, n’y mettent pas le moindre obstacle ; mais nous croyons pouvoir assurer qu'il ne fait qu'une ou deux couvées par an. Il commence ordinairement à construire son nid dans les mois d’août et de septembre, et le place sur les arbres le plus touffus et le plus enlacés de lianes ou dans les halliers, à défaut de grands arbres. Ce nid se compose à l’extérieur de branchages secs et épineux ; quelquefois il est tapissé de crins à l’intérieur. Les jeunes naissent avec un long duvet blanchâtre. Ils reçoivent de leurs parents les soïns les plus tendres tant qu'ils sont dans le nid, mais ceux-ci les abandonnent dès qu'ils commencent à pouvoir se suffire à eux-mêmes. Ils sont pendant quelques mois d’une voracité extrême, mais aussi d’une imprudence égale à leur voracité, ce qui fait que les habitants en tuent beaucoup.

» Quoique le caracara rende de grands services aux habitants en les débarrassant de leurs immondices et des animaux morts que leur indolence laisserait s’accumuler dans les campagnes, ceux-ci le détestent et le poursuivent partout avec acharnement, parce qu'il détruit leurs poulets et les oblige à surveiller leurs troupeaux de moutons, à l’époque où les femelles mettent bas » (D'ORBIGNY).

À cette excellente caractéristique des mœurs du caracara, j'ajoute quelques remarques de Stolzmann :

Selon les observations de ce voyageur, le caracara paraît être beaucoup moins nombreux au nord du Pérou que dans les contrées méridionales et centrales de l'Amérique du Sud. Ce voyageur dit qu'on l’y trouve isolément ou par paires, et ce n’est qu'une seule fois qu'il en a vu huit à la fois entre Pacasmayo et Chepen. Il assiste toujours au banquet des cathartes, mais toujours vers la fin, au moment où il n’y à plus grand encombrement, Il produit en volant un bruit caractéristique ; une fois il à semblé à Stolzmann entendre un chien aboyer au lointain, maïs il ne tarda pas à s’apercevoir que ce son provenait d’un caracara passant dans le voisinage.

Sur un jeune élevé à Tumbez en 1876 il à remarqué que le caracara en émotion, comme en se défendant ou en attaquant une proie, change en blanc la couleur rose carnée ordinaire de sa tête, ce qui lui donne un air hideux. Ce jeune oiseau mangeait tout, et même quand il était pressé par la faim il ne dédaignait pas les substances végétales comme le riz cuit, le pain, etc. attaquant au besoin les jeunes poulets et enlevant les œufs après avoir vaillamment combattu avec les poules auxquelles il cédait ordinairement.

Le caracara marche avec une certaine grâce, tenant la queue dans la direction du corps ou l’élevant un peu au-dessus de ce dernier en se balançant légèrement sur les côtés. Sa voix ordinaire est un £e-te-te-te... subitement répété; il la fait entendre le plus souvent lorsque quelque chose l’a effrayé.

Ce jeune était en grande intimité avec la brebis de la maison. On le voyait souvent couché à côté d'elle, la becquetant autour du nez, probablement pour la débarrasser

d’ixodes. La brebis frottait tendrement sa tête contre l’oiseau. Souvent en se chauffant au soleil il s’appuyait sur toute la longueur des tarses, à la manière des cathartes.

Quand on lui donnait un oiseau mort en plumes, il s’en approchait avec précaution, le saisissant doucement et l’examinant de tous côtés, pâlissant, et après avoir reconnu qu'il n’y avait pas de danger, il commençait à le déchirer en morceaux très fins en le tenant sous une patte.

Ordinairement il est poltron; les poules lui enlèvent souvent la nourriture du bec, et ce n’est qu'affamé qu'il ose les combattre. Quand on jetait du pain aux poules il se mêlait à la compagnie en sautillant d’une manière maladroite, et une fois parvenu à saisir un morceau il s’éloignait pour l’examiner attentivement jusqu’à ce qu’une des poules le lui eût enlevé,

Une opinion superstitieuse est répandue parmi les habitants du Pérou que le caracara féconde les poules et qu’on obtient de cette réunion les meilleurs cogs pour le combat. Dans les différentes localités du Pérou le caracara est connu sous les noms d’uarauau, galata ou uarekeke. Cette dernière dénomination est répandue dans la vallée du Marañon, tandis que sur la côte elle s'applique à l’œdicnème,

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