Milvago chimango
Polyborus chimango, Vieir., N. D. H. N., V, p. 260 — Tscx., Faun. Peru., pp. 16 et 79 — n’Ors., Voy. Am. Mér., Ois., p. 60.
Aquila pezopora, MEYEN, Beitr., p. 62, tb. VI.
Milvago chimango, Darw., Voy. Beagle B., p. 14 — Scr. et SALv., Nomencl. Av. Neotr., p. 122. ï
Ibycter chimango, Kaur, Wiegm. Arch., XVI, p. 41 — SHARPeE, Cat. B. Brit. Mus., I, p. #1.
M. supra brunneus, plumis marginibus pallidioribus; sublus fulvus brunnescente varius; fascia fronlali superciliisque nigricantibus; gula, tectricibusque caudæ superioribus el inferioribus albis ; remigibus primariis et cauda basi pallidis, subtiliter brunneo vermiculatiis; fascia extrema caudali brunnea margine albo.
cg et © — D'un brun roussâtre en dessus, à plumes du dos et tectrices alaires bordées largement d’une nuance plus pâle, tandis que les plumes du sommet de la tête et du cou postérieur atténuées et aiguës à l'extrémité ont toutes une raie linéaire d’un brun foncé tout le long de la baguette, bordée sur le premier de la nuance analogue à celle du dos et d'une nuance plus pâle tirant au grisâtre sur le cou; bande noire passant au travers du front et prolongée de chaque côté en un sourcil bien prononcé ; les joues d’un fauve grisâtre. En dessous la gorge est blanche, la coloration du reste fort compliquée; la région jugulaire et le haut de la poitrine couverts de plumes aiguës au bout, d’un gris tirant au roussâtre, à baguette brune ; l'abdomen ondulé de grosses raies brunâtres irrégulières sur un fond grisâtre pâle; bas-ventre et pantalons d’un fauve isabelle immaculé ;
sous-caudales blanchâtres. Les grandes tectrices alaires primaires sont presque blanches, traversées de nombreuses lignes brunes irrégulièrement brisées ; rémiges brun noirâtre à barbe externe des primaires grise blanchâtre dans sa moitié basale variée d’une dense vermiculation brune, tandis que la partie correspondante de la barbe interne tirant plus ou moins au fauve avec une vermiculation plus grosse et rangée en raies transversales vers la base; sous-alaires rayées de brun sur un fond fauve roussâtre. Queue isabelle finement maculée et vermiculée de brun sur les rectrices médianes et les submédianes ainsi que sur la barbe externe des suivantes, tandis que leur barbe interne et les rectrices externes en entier sont traversées de quelques raies assez distinctes ; l'extrémité même de toutes les rectrices est largement brun foncé avec une bordure terminale d’un fauve blanchâtre.
Bec jaune; pattes d’un jaune clair; yeux d’un jaune roussâtre.
Longueur totale, selon d'Orbigny, 36-37; vol, 75 centimètres.
Un mâle du Chili du Musée de Varsovie présente les dimensions suivantes :
Longueur de l'aile, 276; queue, 160; bec, 31; tarse, 53; doigt médian, 33; ongle, 13 millimètres.
Selon Tschudi, rare et ne se trouvant que dans la sierra. Selon d’Orbigny, sur la côte péruvienne, près d’Arica.
« Fidèle compagnon du caracara ordinaire, le chimango ne l’accompagne pourtant pas servilement partout. Nous l’avons rencontré principalement dans toute la République Argentine ; depuis la Patagonie jusqu'aux frontières du Paraguay, sur la côte du Chili et sur celle du Pérou. Au sud il se trouve jusqu’au détroit de Magellan, et dans le nord il remonte jusque près d’Arica, par le 16e de latitude Sud. Il préfère les plaines aux montagnes, et à toutes autres localités les terrains secs et couverts de buissons. Il habite indifféremment à l’est et à l’ouest des Andes, mais est incomparablement plus commun dans les plaines orientales que sur les montagnes de l’occident. C’est surtout dans les pampas de Buenos-Ayres et dans la Patagonie qu'il établit ses colonies les plus nombreuses. Il ne suit point le caracara dans l’intérieur des plaines chaudes de la Bolivie, ni sur les montagnes secondaires de cette République, ni sur celles du Pérou; mais dans tous les lieux qui les retrouvent ensemble, les mœurs, les habitudes, les goûts des chimangos sont ceux du caracara. Comme le caracara, il s'attache à l’homme dans ses établissements, dans ses migrations, dans ses voyages; il a le vol du caracara, ses manières vives et bruyantes, son esprit querelleur ; mais ici différant de son modèle, il ne tourmente, n’attaque, ne combat que les oiseaux de son espèce, et sans doute en raison du sentiment de sa faiblesse, ne poursuit jamais les autres oiseaux pour les forcer à rendre leur nourriture afin de s’en nourrir lui-même. Il se montre moins fier que le caracara, sans lui céder en familiarité, en audace et en effronterie. Sa nourriture est celle du caracara, les animaux morts, les chairs rejetées des maïsons indiennes, les reptiles, les insectes, les jeunes poulets; et comme dévastateur des basses-cours il ne mérite et ne s’attire pas moins que lui l’animadversion des fermiers. Quant aux détails nous référons à ceux que nous avons donnés dans l’article précédent, pour épargner à nos lecteurs des répétitions gratuitement fastidieuses.
» Le chimango est après le caracara ordinaire l’espèce la plus commune, sans qu’on puisse néanmoins en porter le nombre même à un dixième de celui de cette première espèce. Plus marcheur que le caracara, il ne recherche pas autant les grands bois pour y coucher, se contentant le plus souvent du toit d’une maison ou d’une butte élevée en terre ou en pierre. On le voit, comme nos poules en été, se rouler avec délices dans la poussière des chemins. Il a une sorte de cri de guerre qu’on peut traduire par la syllabe chiii, cri prolongé, cri aigu répété continuellement et de l'effet des plus désagréables.
» Ses amours commencent aux mois de septembre ou d'octobre. Le chimango s'éloigne alors un peu des habitations pour déposer sa nichée sur des arbustes touffus ou même sur des arbres. Il y construit un nid volumineux composé d’épines et de racines, et dans lequel il pond 5 ou 6 œufs, dont les diamètres sont de 42 sur 34 millimètres. La couleur en est rougeâtre avec des taches rouge brun, surtout au gros bout, quoiqu'il y ait quelquefois exception. La forme de ces œufs et la distribution de leurs taches les font ressembler beaucoup aux œufs de la cresserelle de France, les plus familiers de nos oiseaux de proie, puisqu'ils nichent dans les vieilles constructions. Le chimango à cette époque perd un peu de son égoïsme ordinaire. Il partage souvent alors ses aliments avec sa compagne et prodigue aux jeunes les soins les plus tendres ; mais dès que ceux-ci peuvent se suffire à eux-mêmes, il les abandonne pour ne les reconnaître jamais et reprend sur-le-champ son caractère de voracité et d'indépendance » (D'ORBIGNY),
+8. — Milvago chimachima
Polyhborus chimachima, Vieiz., N. D. H. N., V, p. 259 — D'Or8., Voy. Amér. Mér., p. 63.
Falco crotophagus, Wirep., Reis. Brasil., I, p. 279.
Falco degener, Licar., Verz. Doubl., p. 61.
Milvago ochrocephalus, Six, Av. Brasil., I, p. 12, tb. V.
Gymnops strigillatus, Spix, Av. Brasil., I, p. 10, tb. IV.
Milvago chimachima, GRr., List Gen. B.,p. 2 — Cas., Schomb. Reis. Guian., IL, p. 741 — Scz. et SaALv., P. Z,. S., 1866, p. 198; 4873, p. 302 — Nomencl. Av. Neotr., p. 122.
Ibycter chimachima, KauP, Wiegm. Arch., XVI, p. 41 — SHARPE, Cat. B. Brit. Mus., I, p. 39.
M. isabellino rufescens; dorso alisque atro brunneis, superciliis postocula-
ribus nigris; rectricibus brunneo fascialis et in exlrema parle nigra zona lalissima ornalis.
S' Ad. — D'un isabelle sale sur la tête, le cou postérieur, surtout le dessous du corps et les sous-alaires, d’une nuance plus pâle sur la première, roussâtre sur l'abdomen et plus roussâtre encore sous les ailes; une strie sourcilière noire, commençant au bord postérieur de l’œil et prolongée jusqu'à la nuque; tout le dos et les ailes sont d’un brun noirâtre, à plumes entourées d’une bordure terminale plus pâle; les tectrices supérieures de la queue isabelles; les plumes du croupion traversées de raies isabelles roussâtres. Barbe interne des rémiges primaires isabelle dans sa moitié basale et traversée de raies brunes, l’externe isabelle blanchâtre, maculée de brun; l'interne des secondaires rayée d’isabelle. Queue isabelle traversée de sept raies brun noirâtre, moins larges que les raies claires, et terminée par une
— = ee
large bande noirâtre, bordée au bout d’isabelle blanchâtre; les bandes claires des rectrices médianes parsemées de taches brunes. Bec jaunâtre pâle;, pattes gris jaunâtre; iris blanchâtre; peau nue du tour des yeux et du voisinage de la naissance du bec d'une légère teinte rosée.
Q La femelle ne diffère du mâle que par l'indice des bordures foncées sur les plumes du sommet de la tête, et par des taches brunes sur les bandes claires des rectrices submédianes.
Les femelles plus jeunes ont les plumes du sommet de la tête plus distinctement bordées de brun et des bordures plus larges au cou postérieur ; la poitrine et l’'abdomen sont parsemés de grosses taches brunes pâles.
@ Le jeune oiseau en premier plumage a les plumes de toute la tête, du cou et de la gorge, bordées largement de brun, Le plus largement au sommet de la tête, de sorte qu'il n'y reste d'isabelle que des stries médianes très fines ; les plumes du dos bordées de fauve roussâtre; tout le dessous fortement tacheté de brun, surtout sur la poitrine ; sous-alaires variées de taches brunes.
G' Longueur totale 400; aile, 285; queue, 190; bec, 32; tarse, 45; doigt médian, 37: ongle 15 millimètres.
« On ne le rencontre qu’à de longs intervalles, soit isolé, soit par paires, sans qu’il soit même jamais aussi répandu que beaucoup d’espèces de buses. Nous croyons donc pouvoir n’en porter le nombre qu’à un centième de celui des caracaras et à un dixième de celui du chimango.
» C’est toujours à la lisière des bois que se voit le chimachima. C’est là qu'il s'établit auprès d’une ferme à bestiaux ; c’est-là qu'il vit aux dépens de l’homme, sans néanmoins avoir tout à fait les mœurs des autres caracaras. Abandonnant chaque matin les bois qui lui ont servi de retraite pendant la nuït, il vient se percher sur les poteaux des parcs où l’on enferme les bêtes à cornes et les chevaux, et regarde aux environs en poussant de temps en temps un cri aigu et prolongé, ressemblant assez à celui que répète si souvent le chimango et qu’on peut aussi traduire par la syllabe chiii. Confiant par habitude, quoique moins sociable que les autres espèces, il ne craint pas l’homme avec lequel il vit le plus souvent, maïs ne montre jamais cette familiarité et cet esprit de rapine qui rassemble les autres espèces, telles que le caracara, le chimango et les cathartes.
» La plupart du temps il est seul et semble se complaire dans cet isolement, quand près d’une maison il peut se croire maître de tout ce qui l’entoure et chercher en liberté à terre ce qui tente son appétit, plus sobre cependant qu'aucune des autres espèces et s’acharnant moins sur les animaux morts qu’il n’approche que lorsqu'il est seul. Il reste moins à terre que le chimango, mais affecte en tout la marche, le vol et les allures du caracara, dont il partage aussi les habitudes querelleuses, car il demeure rarement en bonne intelligence avec les siens et plus rarement encore avec le chimango. Nourri, comme les autres caracaras, d'animaux morts, de reptiles et d'insectes, il a de plus une coutume qui lui est exclusivement propre et qui le distingue des autres espèces. Dès qu’il aperçoit dans un parc un cheval blessé par son bât, il vole sur son dos, s’y cramponne et déchire impitoyablement de son bec l’escarre déjà formée sur sa plaie, sans s'inquiéter le moins du monde des bonds et des soubresauts du pauvre animal, qui n’échappe à son bourreau qu’en se roulant par terre et qu’en s’enfuyant au grand galop, au milieu des halliers, s’il est près d’un bois.
» On pourrait se demander quel était le genre de vie de cette espèce carnassière avant que les Espagnols amenassent des bestiaux en Amérique, car antérieurement à la conquête aucune bête de somme n’était employée dans les lieux chauds
par les indigènes, les chimachimas n'avaient assurément pas cette habitude de déchirer ainsi les plaies des animaux domestiques. Cette observation prouverait seule combien la civilisation peut modifier les mœurs des animaux en général, et en l’appliquant aux cathartes et aux caracaras, il deviendra présumable qu'avant l’introduction des bestiaux en Amérique, ils devaient être beaucoup moins nombreux qu’à présent, faute d’y trouver la nourriture nécessaire pour multiplier autant qu'ils le font aujourd’hui.
» Si le chimachima est habituellement moins familier que les autres espèces, il le devient bien moins encore pendant ses amours. Il s'éloigne alors des lieux habités et va construire son nid à la lisière d’un bois isolé. Les Guaranis nous ont assuré qu'il le construit de la même manière que le chimango et qu’il y pond à peu prés le même nombre d'œufs » (D'ORBIGNY).
Ucayali supérieur, Santa Cruz (BARTLETT).