Herpetotheres cachinnans
Falco cachinnans, L., S. N., I, p. 128.
Macagua, AzarA, Apuntam., n° 15.
Astur cachinnans, Cuv., Règne Anim., I, p. 320.
Herpetotheres cachinnans, Vieiz., N. D. H. N., XVIII, p. 317 — Gal. Ois., I, p. 47, tb, XIX — Sc. et SALv., Nomencl. Av. Neotr., p. 129 — SHarpe, Cat. B. Brit. Mus., I, p. 278 — Tacz., P. Z.S., 1877; p. 329.
Macagua cachinnans, D'Ors., Voy. Am. Mér., Ois., p. 96.
H. supra brunneus; sublus totus, pileo et torque collari isabellinus; pileo striis brunneïs ; laleribus capitis cum semitorque nuchali nigro brunneis ; cauda cuneala, nigro-brunnea fasciis senis rufescente isabellinis.
get Q Ad. — Brun en dessus, à tectrices alaires et les scapulaires bordées de roussâtre plus ou moins distinctement; tout le dessous du corps, un large collier et les sus-caudales sont d’un isabelle pâle dans le plumage usé et plus ou moins roussâtre dans le plumage frais; sommet de la tête isabelle roussâtre varié de stries brunes longues et fines passant dans toute la longueur des plumes; les lores largement nus, garnis de cils noirs; les côtés de la tête avec un demi-collier nucal sont d’un brun noirâtre plus foncé aux joues et à baguettes criniformes. Rémiges brunes, traversées d’une suite de larges raies rousses, qui en s’élargissant sur la barbe interne couvrent entièrement son bord; sous-alaires isabelles maculées
de petites taches brunes. Queue subcunéiforme, brune noirâtre, traversée de six raies d'un isabelle roussâtre assez larges, qui sur les médianes sont pour la plupart interrompues sur la baguette; dans le plumage frais le bout des rectrices est isabelle. Bec noir; cire orangée; pattes d’un jaune orangé; iris brun foncé.
© Longueur totale, 460; vol, 855; aile, 265; queue, 210; bec, 28; tarse, 54; doigt médian, 42; ongle, 18 millimètres.
« L'oiseau très jeune, dont le vol est de 84 centimètres, a le collier peu marqué, la tête et le ventre variés de longues taches noires sur le milieu de chaque plume, le dos varié de roux aux bordures des plumes qui sont noires, et les raies de la queue obscures » (D'ORBIGNY).
D'Orbigny donne 47 centimètres de longueur totale, 91 du vol.
« Commun à Lechugal et dans la vallée du Marañon ; à Yurimaguas j'ai souvent entendu ses cris même pendant la nuit, et y ai constaté qu’il crie ordinairement à 2 heures du matin et à 8 heures du soir. Cette voix prolongée pendant environ une demi-heure est facile à exprimer par les syllabes suivantes : kau-au, kau-au... Les habitants des bords du Marañon prétendent que ces cris présagent la mort. C’est un oiseau stupide, ne faisant point attention à la présence du chasseur. À Lechugal, il est connu sous le nom de valdivia.
» J’ai trouvé l'estomac de cet oiseau rempli de grosses scolopendres en compagnie d’un petit serpent. Comme les scolopendres se cachent pendant le jour sous les troncs d'arbres et dans les trous et ne sortent à la surface que durant la nuit, l’oiseau doit donc savoir les retrouver. Dans une femelle tuée à Lechugal avant le soir, le jabot était rempli de scolopendres toutes fraîches » (STOLZMANN).
« Partout où il se trouve, on peut reconnaître sa présence par un cri caractéristique, qui ne peut être mêlé à la voix d’aucun autre rapace, outre celle du Micrastur gilvicollis, à laquelle il présente une certaine ressemblance .Il la fait souvent entendre pendant la nuit; elle rappelle sous certain rapport celle du paon.
» Le 9 mai, un grand oiseau passa au-dessus de moi, se posa et commença à crier coucoucou..., mais je n’ai pas pu le voir à cause de l’épaisseur du fourré. En examinant cependant attentivement pendant un certain temps, je suis parvenu à distinguer l'oiseau perché sur une grosse branche basse d’un arbre gigantesque, et je l’ai pris d’abord pour une chouette, tant ses plumes étaient hérissées et la tête paraissait être énorme. Après mon premier coup de fusil il passa sur un autre arbre voisin, et quand je l’ai blessé de mon deuxième coup, il se mit à courir assez vite, se renversa ensuite sur le dos, se défendant avec ses griffes. La femelle se tint encore quelques jours dans le voisinage et ne cessait pas d'appeler son mâle. Il ressemble à une chouette par sa grosse tête et son chant nocturne » (JELSKI).
« On est sûr de le rencontrer toujours à la lisière des bois, soit dans les plaines sèches, soit plus fréquemment sur le bord des rivières, soit enfin au bord des eaux stagnantes. Il est sédentaire et assez répandu sans être commun ; nous l’avons toujours vu seul, isolé, perché sur le haut d’un arbre sec, dans une immobilité parfaite, présentant alors par sa grosse tête enfoncée entre les épaules la position et les formes d’un oiseau de proie nocturne. Il est peu craintif, ou du moins s'éloigne peu lorsqu'il aperçoit quelqu'un, se contentant alors de répéter d’une voix sonore à peu près l'expression de son nom indien, tout en restant au même lieu ou dans les environs, et fatiguant le voyageur des cris bruyants et cadencés qui lui ont valu l’épithète de rieur, parce qu’on a cru y remarquer une espèce de ricanement. Les Indiens, et même par imitation les Espagnols de Santa Cruz de Moxos, ont tiré de ce ricanement l’idée que le cri du m#acagua annonce infailliblement l’arrivée prochaine d’une pirogue venant des contrées lointaines; aussi sans autre indice que
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celui-là, se rendent-ils de suite au port pour attendre les arrivants. Quoique souvent trompés dans leur absurde croyance, ils n’y sont pas moins attachés depuis des siècles, Il est à remarquer que tant que le macagua n’est pas troublé par la crainte au sein des déserts qu'il a choisis, il ne crie pas, et ne commence ses conversations joyeuses que lorsque le silence imposant des rives boisées des nombreuses rivières de ces régions est interrompu par l’arrivée de quelque gros mammifère ou d’une pirogue battant au loin les eaux des coups précipités des pagayes de ses conducteurs indiens; d’où sans doute l’origine de la superstition dont j'ai parlé.
» Son vol est lourd, jamais prolongé ; s’il part, c’est toujours pour aller se reposer sur l’arbre le plus voisin ou parcourir en s’arrêtant souvent les rives d’un marais ou d'une rivière, Nous ne l’avons jamais vu planer à la manière des buses ; il va rarement à terre, si ce n’est afin d'y dépecer sa proie lorsqu'il l’a saisie ; maïs dès qu’il l’a finie, il retourne se percher sur son arbre favori. D’après ce que nous avons pu observer, nous sommes de l’avis de tous les auteurs qui disent qu’il se nourrit de reptiles, qu’il paraît tuer à coups d’aile, comme beaucoup de buses; nous croyons aussi qu'il mange quelquefois des insectes et même des poissons, quand ils sont morts au bord des eaux. C’est au reste le seul aquiléide qui ait le jabot nu et saillant, rappelant par ce dernier trait le Polyborus vulgaris, quand celui-ci a beaucoup mangé.
» Il s'établit, au dire des habitants, sur la lisière des bois, au sommet de très hauts arbres, y construit un nid énorme dans lequel il dépose de 4& à 5 œufs. Le couple alors semble devenir plus ricaneur que jamais et poursuit longtemps les importuns, répétant avec plus de force encore ses cris aigus, sans doute pour mieux les éloigner de la nichée » (D’ORBIGNY). |
+ 37. — Failco Cassini
Suarpe, Ann. N. I, XI, p. 223 — Cat. B. Brit. Mus., L, p. 384. ? Falco nigriceps, Cass., U. S. Astr. Exped., p. 176, tb. XIV. Falco anatum, Tacz., P. Z. S., 1874, p. 590.
F, supra nigricans, dorso teciricibusque alarum ei caudæ cinereo transfascialis; sublus rufescens, gula pecioreque supero immaculatis, peclore infero striis tenuissimis nigris; abdomine, libiis subcaudalibusque nigro transfascialis; remigibus primariis externe nigricantibus, cinereo indistincte fascialis ; cauda nigro cinereoque transfasciata, reciricibus rufescente terminatis.
Q Ad.— Noirâtre en dessus, à plumes du dos et des tectrices alaires traversées de raies cendrées et terminées d’une bordure pareille; les raies cendrées beaucoup plus claires et beaucoup plus larges sur le croupion et les tectrices supérieures de la queue, et nulles sur les petites tectrices du devant de l’aile qui sont seulement entourées d’une bordure blanchâtre très fine; le devant même du front est blanchâtre sale; côtés du visage noirs, formant une moustache très large, séparée du noir du cou par une grosse tache roussâtre; la base des plumes des côtés de la nuque plus ou moins roussâtre. Tout le dessous est plus ou moins roussâtre, et blanc de crème sur les plumes pâlies, immaculé sur la gorge et le haut de la poitrine, varié de stries noires très fines, légèrement élargies en dessous sur le bas
de la poitrine, et rayé en travers de noir sur tout l'abdomen, dont les bandes du milieu sont transformées en taches isolées; les raies des pantalons et des sous-caudales plus fines que celles de l'abdomen. Rémiges noirâtres, traversées de raies cendrées, à peine distinctes sur les primaires; des raies roussâtres sur la barbe interne; sous-alaires d’un blanc roussâtre tacheté de noirâtre. Queue noirâtre, rayée de cendré et terminée par une bordure roussâtre. Cire, angles de la bouche et peau nue autour de l’œil jaunes ; bec d’un gris jaunâtre à la base, plus longuement sur la mandibule, passant par le cendré au noir de l'extrémité; pattes jaunes à ongles presque noirs; iris brun foncé.
@ Jeune oiseau brun foncé en dessus, à plumes du dos et des ailes finement entourées de fauve; le devant même du front blanchâtre; les bordures d’un fauve blanchâtre forment une large bande sourcilière et des taches sur la nuque et le côté postérieur du cou. Le fond de toutes les parties inférieures du corps est d’un blanc de crème; gorge immaculée, le reste varié de nombreuses flammèches brunes, très grosses sur l’abdomen et très petites sur le devant du cou; une large moustache brune, analogue à celle de l’adulte, est suivie d’une grande tache blanchâtre, variée de brun. Rémiges brunes avec des bandes roùsses à travers la bande interne; sousalaires brunes, tachetées de fauve blanchâtre. Queue d’un brun grisâtre, traversée de raies d’un fauve roussâtre, largement interrompues au milieu des pennes et terminée par une bordure de la même couleur.
Q Longueur totale, 436; aile, 345; queue, 170; bec, 30; tarse, 40; doigt médian, 53; ongle, 20; queue dépassant l'aile de 27 millimètres.
Deux femelles, dont une adulte et l’autre jeune, fournies par M. Jelski, de Junin et de Chorillos. Toutes les deux avaient le jabot rempli de débris de bécasseaux (Tringa).
Le jeune oïseau de Cayenne, fourni par M. Jelski, appartenant probablement à la même espèce, a tout le fond des parties inférieures du corps d’un fauve roussâtre plus foncé sur l’abdomen ; la tache mystacale brune beaucoup plus large que dans le jeune péruvien ; rien de blanc au front et aucune trace de sourcils; il n’a que de petites taches rousses sur la nuque et les côtés du cou; le fond du dessus est brun
foncé à bordures des plumes roussâtres.
+88. — Falco deiroleucus
Temm., P. C., I, tb. CCCOXLVIII — Scz. et SaLv., Nomencl. Av. Neotr., p. 191 — Tacz., P. Z. S., 1874, p. 590.
Falco aurantius, Gm., L. S. N., I, p. 238 — SuarPE, Cat. B. Brit. Mus., I, p. 402.
Hypotriorchis aurantius, GRr., Hand List B. Brit. Mus., I, p. 21.
Hypotriorchis deiroleucus, PELz., Orn. Bras., p. 397.
F. supra lateribusque capilis nigricans; qula juguloque albidis; pectore rufescente striis nigricantibus; abdomine nigricante, fulvo squamato; tibiis fulvo rufescentibus maculis nigris lriangularibus ; subeaudalibus nigris, rufescenlte transfasciatlis; pogonio interno remigium maculis subrotundatis rufescentibus; rectricibus fasciis senas albidis, medio interruplis.
get Q — D'un noir terne en dessus et sur les côtés de la tête, à plumes du croupion bordées finement de fauve, tandis que les bordures pareilles des scapulaires et des tectrices alaires postérieures sont d’un gris blanchâtre et moins régulières; tectrices supérieures de la queue traversées d’une raie médiane blanche et bordées au bout de blanchâtre sale. Le dessous de la gorge et la région jugulaire sont blanc de crème, la poitrine plus ou moins rousse est variée de longues et grosses stries noirâtres; la couleur roussâtre forme aussi une large raie au.haut des côtés du cou; abdomen noirûtre squamulé de fauve par les bordures de toutes les plumes, qui en outre ont aussi une raie roussâtre sur le milieu, invisible pour la plupart à l'extérieur; le bas-ventre et les pantalons sont d'un fauve roussâtre varié de grosses taches roussâtres subtriangulaires; sous-caudales noirâtres, traversées de raies fauves roussâtres. La barbe interne des rémiges porte une série de taches arrondies, rousses en dessus et fauves blanchâtres en dessous; sousalaires noirâtres maculées de fauve. Les rectrices traversées de six raies blanchâtres, largement interrompues au milieu des pennes, excepté la dernière qui est continue au milieu, l'extrémité même des rectrices est entourée d’une bordure pareille. Cire et paupières d’un verdâtre sale, à bordure noire dans ces dernières; mâchoire d’un gris corné noirâtre et noire à l'extrémité;, mandibule grise à la base et noire à l'extrémité; pattes Jaunes sales à ongles noirs; iris brun très foncé.
Q Longueur totale, 385; vol, 886 ; aile, 295 ; queue, 160; bec, 31 ; tarse, 44; doigt médian, 50; ongle, 17; queue dépassant l'aile de 18 millimètres.
« Pendant six ans de séjour au Pérou, je n’ai rencontré que deux exemplaires de ce faucon, un à Paltaypampa, et un autre à Tumbez, tous les deux mangeant un pigeon » (JELSK1). S
:39. — Hypotriorchis rufigularis
Falco rufigularis, DAuD., Trait., Il, p. 131.
Falco albigularis, Daup., L. c., p. 131 — Snarpe, Catal. B. Brit. Mus., I, p. 401.
Falco aurantius, var. B, Larn., J. O., I, p. 48.
Falco thoracicus, Donov., Nat. Rep., tb. XLV.
Bidens aurantius, Spix, Av. Brasil., p. 17.
Falco cucullatus, Sw., An. in Menag., p. 340.
Hypotriorchis rufigularis, GR., Gen. B., 1, p. 20 — Scr. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p. 121 — Tacz., P. Z. S., 1882, p. 47.
Hypotriorchis aurantius, BP., Consp., |, p. 25.
H. niger ; plumis tergi, uropygit, scapularibus lectricibusque alarum et caudæ superioribus plus aut minus cinereo limbatis ; abdomine caudaque fasciis transversalibus albis; gula cum collo lalissime rufescentibus, crisso, subcaudalibus libiisque cinnamomeo rufis.
d' Ad. — Noir, à plumes du dos inférieur, du croupion, des tectrices supérieures de la queue, des scapulaires postérieures et des tectrices alaires, celles surtout du milieu de l'aile, largement entourées d’une bordure d'un cendré bleuâtre foncé et traversées d’une pareille raie interrompue au milieu dans celles du croupion, des sous-caudales et des scapulaires postérieures ; l'abdomen rayé en travers de blanc, finement et d’une manière peu régulière, ces raies composées de bordures terminales et d’une ligne en travers le milieu des plumes; la gorge, le devant et les côtés du cou son d’un roussâtre plus ou moins intense dans le plumage frais et fort päli dans le plumage usé; le bas-ventre, les sous-caudales et les pantalons sont d'un roux ferrugineux intense. Une série de taches blanches transversales se trouve sur la barbe interne de toutes les rémiges; sous-alaires noires maculées de blanc. Queue traversée de six lignes blanches interrompues sur le milieu de toutes les rectrices, dont la partie de la barbe externe est cendrée sur la page supérieure. Bec noir, à mâchoire d'un gris jaunâtre au-dessous des narines ainsi que la base de la mandibule; peau nue autour des yeux et cire jaunes orangées; ongles noirs; iris brun foncé.
Q Ne diffère que par une taille plus forte.
Les oiseaux moins adultes ont les raies blanches de l'abdomen plus larges et plus complètes, et de rousses ou blanchâtres sur la poitrine.
( Les jeunes en premier plumage ressemblent beaucoup à la femelle du F. æsalon, 1ls ont les parties supérieures de la tête et du corps d'un brun assez foncé, avèc une rale sourcilière fauve et fine et un demi-collier composé de taches fauves sur Ia nuque; les plumes du sommet de la tête
bordées de roussâtre, d’une manière très peu prononcée, les côtés de la tête variés de nombreuses stries brunes sur un fond fauve. Le dessous est fauve ; gorge immaculée, le reste varié de nombreuses flammèches brunes, dont celles du cou antérieur sont fines, celles de la poitrine et de l'abdomen grosses, les plus grosses sur les flancs n'y laissant que des taches fauves arrondies et isolées; les taches aux pantalons assez fines; sous-caudaies sans taches. Sous-alaires brunes tachetées de fauve; les taches sur la barbe interne des rémiges plus grosses que chez l'adulte et fauves. Les raies des rectrices également plus larges et fauves, l'extrémité même bordée de fauve; l’espace entre cette bordure et la dernière raie plus foncé que le reste de la queue. Bec plombé, à base jaunâtre dans la mandibule; cire et pattes jaunes.
G' Longueur totale, 268; vol, 600; aile, 186; queue, 95; bec, 16; tarse, 33; doigt médian, 30; ongle, 10 millimètres.
Q Longueur totale, on OI, aile Ml EMqueue MIRE Mec 0 tarse, 33; doigt médian, 33; ongle, 13 millimètres. |
Huambo (STOLZMANN).
+ 40. — Hypotriorchis femoralis
Falco fusco-cærulescens, VieiL., N. D. H. N., XI, p. 90 — SHARPE, Cat. B. Brit. Mus., 1, p. 400.
Falco thoracicus, Licur., Verz. Doubl., p. 62.
Falco femoralis, Teum., P. C., CXXI et COCXLII — Scr. et SALV., P. 7. S., 1874, p. 678 — D'Ors., Voy. Am. Mér.; p. 116.
Hypotriorchis femoralis, GR., Gen. B., 1, p. 20 — Perz., Orn. Bras, p. 5 — Scz. et SaLv., Nomencl. Av. Neotr., p. 121. — Tacz., P. Z.8$., 1874, p. 590.
Hypotriorchis aurantius, HERRM., Proc. Ac. Philad., 1854, pe AL
H. supra plumbeo ardesiacus; superciliis lalissumis in nucham protractis rufis ; sublus fulvo rufescens, abdomine medio libisque saluratioribus, lateribus abdominis nigricantibus albo transfasciatis; myslace suboculari ardesiaco; cauda nigricante, fasciis lransversalibus limboque terminali albis.
g' et Q Ad. — D'un ardoisé plombé en dessus, plus foncé sur la tête et graduellement plus clair en avançant en arrière; les tectrices supérieures de la queue traversées de raies blanches et terminées par une bordure d’un cendré blanchâtre; une large raie sourcilière rousse prolongée en s’élargissant sur les tempes,; le devant même du front et les lores fauves; une
large raie sous-oculaire ardoisée, prolongée en une large moustache des deux côtés de la gorge et de l’autre côté en une raie auriculaire; le reste
du milieu des joues d'un fauve roussâtre. Le dessous du corps est fauve:
roussâtre sur la poitrine et blanchâtre sur la gorge; le milieu de l'abdomen et les pantalons d'un roux plus intense; les sous-caudales d’un roux un peu plus pâle; les côtés du ventre d’un ardoisé noirâtre à plumes traversées de quelques raies blanches, fines et terminées par une bordure pareille. Rémiges un peu plus foncées que le dos, à barbe interne traversée de nombreuses raies blanches, les secondaires terminées par une large bordure de cette dernière couleur, les primaires par un fin liséré blanchâtre; sousalaires roussâtres avec les stries noirâtres sur celles qui sont voisines du corps. Rectrices ardoisées noirâtres, traversées de 9 raies blanches, assez larges et terminées par une semblable bordure ; les raies des deux médianes cendrées. Cire, angle de la bouche et peau nue autour des yeux jaunes; base de la mâchoire jaune sale passant ensuite par le gris et le noir à l’extrémité; mandibule jaune sale avec l'extrémité noire, brusquement séparée de la couleur basale; pattes jaunes à ongles d’un noir corné,; iris brun foncé.
Le jeune oiseau à le dessus du corps et des ailes d’un brun foncé à bordures des plumes pâles au dos et sur les tectrices alaires; les côtés de la tête également colorés comme chez l’adulte, mais les moustaches et la raie sous-oculaire sont d’un brun noirâtre ; gorge et poitrine fauve blanchâtre avec de grosses taches longitudinales brunes sur cette dernière ; abdomen brun varié de quelques taches blanchâtres; bas-ventre, pantalons et souscaudales d’un fauve roussâtre uniforme sur toutes ces parties et beaucoup plus pâle que chez les adultes; rémiges et rectrices brunes, avec des raies blanchâtres; sous-alaires fauves beaucoup plus variées de brun.
G' Longueur totale, 382; vol, 79,5; aile, 276; queue, 176; bec, 22; tarse, 45; doigt médian, 38; ongle, 13: ; queue dépassant les ailes de 3» millimètres.
& Assez commun aux environs de Junin et à Maraynioc. Probablement il habite les punas et je ne l’ai observé ailleurs. À Maraynioc, quoiqu'il y a des buissons et des arbustes, je ne l’ai vu posé que sur les rochers. Il paraît chasser principalement le matin et le soir; vers midi il se repose lourdement et est moins farouche. Comme les autres faucons, après avoir manqué l’oiseau dans son premier choc, il cesse de le poursuivre » (JELSKI).
« Je l’ai vu à Cutervo tombant au milieu d’une bande de Charadrius récentes, mais il manqua son coup » (STOLZMANN).
« Nous avons été à portée de remarquer qu’elle ne se trouvait pas partout sur l'immense étendue de terrain qu’elle habite, qu’elle ne vivait ni au sein des grandes forêts ni au milieu des plaines inondées, mais que ses conditions d'existence étaient des terrains assez secs, recouverts de petits arbres épars et non serrés entre eux, comme les lieux nommés dans le pays espinillares ou algarrobales, ou bien encore des bois de palmiers yataïs et carondaïs toujours assez clairsemés. Aussi croyonsnous pouvoir lui assigner comme habitation de choix tout le grand Chaco ou pour mieux dire tous les terrains compris entre le pied oriental des Andes et les bords de la rivière du Paraguay, parce que c’est là plus particulièrement que se trouvent les arbres épars dont nous venons de parler. Quoique répandue sur une vaste surface de terrain, elle n’est, à proprement parler, commune nulle part. On en rencontre quelquefois des individus isolés, mais le plus souvent ils vont par paires, épars dans
RRAUTE La L
les campagnes et séparés les uns des autres par une grande distance, car ils sont des plus égoïstes. Dans la province de Corrientes nous avons été porté à croire qu'ils étaient de passage, car nous ne les y avons trouvés qu’au temps des froids et jamais en été, ce qui nous a fait supposer peut-être avec raison qu'ils y viennent des régions plus australes, ou des montagnes qui bordent le grand Chaco à l’Ouest; toutefois ailleurs nous les avons vus toute l’année; il est vrai de dire que les oiseaux qui vivent dans ces lieux n’émigrent pas, tandis que dans la province de Corrientes beaucoup d'espèces de passereaux ne viennent en troupes que l'hiver, descendant alors des contreforts des Andes et des régions australes. Ils couchent sur le sommet des palmiers, sur les feuilles sèches ou sur les branches inférieures des arbres, à la lisière des bois; là les deux consorts sont rapprochés sur le même arbre et quelquefois sur la même branche; le matin ils s’éveillent dès le point du jour et commencent leur promenade. On les voit voler avec grande rapidité entre les arbres épars, souvent au rez de terre, cherchant à découvrir leur proie qu’ils saisissent au vol avec leurs serres et qu’ils emportent assez loin de là pour la dévorer dans un lieu qui leur paraît sûr ; puis ils viennent se poser sur le point culminant d’un palmier ou de tout autre arbre isolé; là ils restent quelquefois des heures entières à guetter une nouvelle prise, où à se reposer, perchés non loin l’un de l’autre. Si l’on s'approche assez près d’eux pour leur donner des craintes, ils s’envolent et vont s’abattre sur un arbre voisin, sans paraître s’effrayer de l’approche de l’homme. On pourrait même dire qu’ils sont insolents. Nous les avons vus dans les campagnes voler souvent en avant du voyageur qui traverse les hautes herbes, afin de saisir les petits oiseaux que sa marche en fait sortir. Si l’un s'envole, l’autre le suit aussitôt, et tous deux s'occupent de la sûreté commune, car ils tournent continuellement de tous côtés la tête avec pétulance et vivacité, comme pour observer ce qui se passe autour d’eux. Ils paraissent peu sociables et nous en avons vus ne faire que passer furtivement près des lieux embrasés afin d’y saisir leur pâture, puis s’éloigner pour la dévorer, tandis que d’autres oiseaux y restent toute la journée sur place; il est vrai que, plus alertes, ils peuvent bien plus vite satisfaire leur voracité sur le malheureux animal qui cherche à échapper aux flammes. Ils sont querelleurs et montrent toujours beaucoup de bravoure ; ils combattent quelquefois entre eux, le plus souvent dans la saison des amours, pour la possession d’une femelle ; alors ils se poursuivent des heures entières, tandis que la femelle reste passive ; cependant nous l’avons aussi vue prendre parti pour l’un des deux combattants, et dans ce cas la lutte n'étant pas égale, la querelle se trouve assez souvent terminée. Ils ne peuvent pas non plus demeurer en paix avec les autres oiseaux ; ils attaquent les caracaras et les poursuivent longtemps au vol; ceux-ci, quoique bien plus gros, redoutent leur approche. Blessés, ils menacent encore, ils se couchent sur le dos et se défendent à coups de bec et d'ongles. Il paraît que les petits oiseaux cherchent à les épouvanter, car s'ils volent, tous les suivent en jetant des cris ; les plus acharnés sont toujours les gobe-mouches à longue queue (Muscicapa savanha); mais il arrive souvent que les faucons rusés, tout en se dérobant à leur poursuite, saisissent un de leurs persécuteurs qu’ils vont déchirer plus loin, toujours en se cachant des autres oiseaux de proie et montrant beaucoup de défiance de tous. Ils ne se posent à terre que pour manger et y marchent rarement, étant presque toujours perchés. Leur vol est rarement élevé, toujours très rapide et le plus souvent au rez de terre ou à la hauteur des arbres, jamais très long; mais ils parcourent en la moitié moins de temps que les autres oiseaux de proie les lieux qu'ils veulent explorer. Si en volant au rez de terre ils aperçoivent une proie, souvent ils la saisissent au passage, mais plus souvent encore ils s'élèvent de suite à trente ou quarante pieds au-dessus, battant des ailes sans changer de place et regardant toujours à terre comme font nos cresserelles d'Europe, puis fondant comme un trait sur leur proie qu’ils saisissent presque toujours ; car leur vue paraît on ne peut plus perçante et leur coup d’œæil des plus justes. Le seul cri que nous leur connaissions, c’est celui qu’ils poussent lorsque, étant posés, ils veulent se prévenir mutuellement, ou $e poursuivent et se battent; ce cri peut se traduire par les syllabes ericri-cri-
crè..…. En tout temps ils ne vivent absolument que de proie fraîche de mammifères et d'oiseaux, surtout des derniers qu’ils préfèrent à tout et qu’ils poursuivent avec agilité et une adresse extraordinaires.
» Il paraît qu'ils nichent vers le milieu d'octobre ou de novembre sur les mêmes arbres isolés où ils se perchent de préférence; leur nid est construit de branchages croisés ; ils pondent quatre ou cinq œufs ronds, tachetés de rouge brun sur un fond sanguinolent » (D'ORBIGNY).
Paucartambo (WH1TELY) : Tumbez (coll. RATMONDT).