‹ Ornithologie du PérouChapitre 29 sur 288 · Cerchneis cinnamomina · texte numérisé non relu

Cerchneis cinnamomina

Bidens sparverius ei B. dominicensis, SPix, Av. Brasil., p. 16.

Falco sparverius, Wiep., Beitr. Orn. Bras., IL, pt I, p. 1146 — Tscx., Faun. Peru., pp. 19 et110 — D’Or8., Voy. Amér. Mér., p.119.

Falco gracilis, Sws., 4n. in Menag., p. 281.

Falco cinnamominus, Sws., [. c., p. 281.

Tinnunculus cinnamominus, GR., Gen® B.,1I, p. 21 — Tacz., PZASEMSTE Nip 020 MST D 229;

Tinnunculus cinnamomeus, BP., Consp. Av., I, p. 27.

Cerchneis cinnamomina, SuABPE, Cat. B. Brit. Mus., 1, p. 439.

Tinnunculus sparverius, Scz. et SALv., P. Z.S., 1876, p. 17.

C. pileo alisque cyaneo plumbeis, his nigro maculalis : dorso scapularibusque rufis, postice nigro plus aul minus transverse strialis ; sublus isabellina, peclore rufescente, hypochondriis nigro maculatis; lateribus capilis fulvo albidis, mystace suboculari et fascia postauriculari nigris ; remigibus primariis nigris ; cauda rufa, fascia anteapicali nigra.

G' Ad. — Sommet de la tête et les ailes d’un plombé bleuâtre, avec des stries noirâtres fines sur le premier, de grosses taches noires subarrondies sur les tectrices alaires et une large bande noire composée de la base des rémiges secondaires; nuque rousse avec une tache noire au milieu et une raie sur chacun de ses côtés; tout le dos, les scapulaires et le croupion d’un roux cannelle rougeâtre avec des stries transversales noirâtres, plus ou moins longues, sur la partie postérieure du dos et des scapulaires. Les côtés de la tête sont d’un fauve blanchâtre avec une tache sous-oculaire schistacée, une grosse moustache et une large raie verticale postauriculaire noirâtres; poitrine roussâtre; le reste du dessous du corps fauve isabelle avec de grosses gouttes noires sur les flancs de l'abdomen. Les tectrices alaires et les rémiges secondaires sont d'un plombé bleuâtre, avec de grosses gouttes subcordiformes sur les premières et une large bande basale dans les dernières ; les primaires sont noirâtres, bordées finement de blanchâtre,

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à barbe interne rayée en travers de blanc; la barbe interne des secondaires rayée de noir; sous-alaires isabelles parsemées de taches noires. Queue de la couleur du dos avec une large bande terminale noire, bordée au bout d’un liséré cendré. Bec d'un cendré bleuâtre à la base, passant au noirâtre à l'extrémité; cire orangée; tour de l'œil d’un jaune plus pâle, ainsi que Îles pattes ; iris brun foncé.

Q La femelle a la tête comme celle du mâle, le roux de la nuque moins intense; tout le dos et les tectrices alaires sont d’un roux sombre rayé en travers de bandes noirâtres ; le croupion est d’un roux plus vif et très peu varié de noirâtre. Le dessous est fauve sur la poitrine et isabelle sur le reste, la poitrine et l’abdomen variés de stries brunes, plus grosses sur les flancs que sur le milieu du corps. Rémiges brunes, les secondaires et la barbe interne des primaires rayées de roux. Queue rousse, traversée d’une douzaine de raies noires, dont la terminale est large et la rectrice externe beaucoup plus pâle que les autres. Cire jaune verdâtre.

Les femelles moins adultes ont les raies caudales moins complètes; elles manquent surtout sur les rectrices médianes. Quelques-unes ont une grosse tache rousse occipitale.

GS Longueur totale, 269; aile, 184; queue, 120; bec, 17; tarse, 35; doigt médian, 23; ongle, 9 millimètres.

Q Longueur totale, 286; aile, 213; queue, 142; bec, 18; tarse, 36; doigt médian, 23; ongle, 9 millimètres.

Queue dépassant le bout de l’aile de 35-37 millimètres.

« Oiseau très répandu au Pérou, n’y paraissant manquer que dans la région de la puna et dans les grandes forêts du versant oriental des Cordillères. Partout il n’est pas nombreux et se tient par paires isolées. On le connaît sous le nom d’alcon ou serrucalo » (STOLZMANN).

€ On peut conclure que cet oiseau habite dans l’Amérique Méridionale depuis le niveau de la mer jusqu’à la hauteur de 12,000 pieds, et depuis la ligne jusqu’au 42° de latitude Sud, à l’est et à l’ouest des Andes...

» Quoique il lui faille pour vivre des terrains montueux peu humides et surtout boisés par intervalles, nous croyons pouvoir affirmer que cette espèce est bien plus répandue et bien plus commune que le Falco femoralis ; ses convenances sont moins restreintes que celles de l’espèce que nous citons, et non seulement elle vit au milieu des déserts, soit dans les montagnes, soit sur les falaises du bord de la mer, comme en Patagonie, mais elle est aussi un peu parasite de l’homme, car nous l’avons toujours rencontrée dans les endroits où l’homme construit des maïsons, imitant en cela notre cresserelle d'Europe avec laquelle elle a d’ailleurs beaucoup d’autres points de ressemblance. Il lui faut néanmoins des lieux où des arbres épars lui permettent d’apercevoir au loin autour d’elle ou un rocher ou une maison; aussi est-on sûr de la rencontrer perchée sur la plus haute maison d’un village, sur un clocher ou même sur les croix et les girouettes. Elle est si familière qu’elle vit le plus souvent au milieu des villes, et que même en Patagonie nous l’avons vue à bord d’un navire à la baie de San Blas et dans le Rio Negro se percher sur les vergues. On sait que les oiseaux ne viennent se reposer sur les navires que lorsqu'ils se trouvent à la mer et fatigués, que dans un port et au milieu d’un pays le plus souvent sauvage, aucun oiseau n’ose approcher de ces objets nouveaux pour lui. Notre espèce au contraire paraît les rechercher sans aucune crainte, sans doute comme point culminant d'où elle peut voir de plus loin; il est vrai que son genre de vie lui fait rechercher naturellement le voisinage de l’homme, entouré de beaucoup d'animaux qui lui servent de nourri-

ture. De tous les oïseaux de proie cette espèce est bien certainement la plus matinale, son genre de chasse l’exigeant; aussi la voit-on le matin voler dès le point du jour chercher dès lors sa proie, et le soir ne se coucher que longtemps après que les oiseaux crépusculaires ont commencé à parcourir les campagnes. Nous croyons que sa première chasse consiste en chauves-souris (1) et en petits rongeurs qu'elle saisit au lever de l’aurore ; aussi parcourt-elle d’abord les environs des édifices dans les lieux peuplés, les vieux arbres dans les campagnes, les falaises ou les rochers sur les montagnes ou le bord de la mer. Lorsque le soleil paraît, sa chasse est souvent faite ; alors on la voit perchée sur le point le plus élevé des lieux, sur les clochers, sur les pointes des rochers ou sur le faîte des arbres morts ou isolés; là tout en s’agitant continuellement, manifestant de l’impatience et examinant tout ce qui se passe autour d'elle, elle reste longtemps; mais le plus souvent, s'il y a un autre individu de la même espèce dans les environs, ce dernier viendra lui disputer son perchoir, et alors tous deux s’envoleront pour se poursuivre en criant quelques moments jusqu'à ce que l’un des deux revienne au premier poste, tandis que l’autre erre pour prendre position sur un autre point élevé du voisinage. Si cette espèce s'ennuie de son repos, elle vole autour du village presque au rez de terre, à la hauteur du toit des maisons, le long des rochers ou bien entre les arbres et chasse ainsi pendant quelques instants, puis elle regagne son poste ou tel point élevé du lieu qu’elle a choisi. Nous n’avons pas pu déterminer d’une manière bien certaine si elle vivait toute l’année accouplée ou non; nous serions cependant porté à croire qu'elle vit par couples, car nous avons cru remarquer qu'il y en avait toujours deux par village, par montagne ou dans chaque canton et que ces individus paraissent être unis. Cette espèce, loin d’être craïntive, montre tant de familiarité que les habitants mêmes s’y attachent et s'intéressent à elle; au reste elle est d’une bravoure extraordinaire, s’inquiétant peu des centaines de petits oiseaux qui la harcèlent dans son vol, et la première elle poursuit les caracaras et les cathartes qui s’approchent de son domicile, surtout lorsqu'elle a son nid. Son vol est, comme celui de tous les faucons, très rapide, mais peu prolongé; elle se tient immobile et battant des ailes au milieu des airs, et ces moments exceptés, elle crie presque toujours en volant, surtout quand elle n’est pas seule. Elle ne demeure à terre que pour saisir une proie, ne marchant jamais et inactive seulement sur son perchoir habituel.

» Elle se nourrit de chauves-souris et de petits mammifères rongeurs, ce qui l’oblige à voler depuis le crépuscule du matin, jusqu’à la nuit close; le jour elle poursuit quelquefois les petits oiseaux. Les tinamous sont ceux qu’elle chasse le plus souvent, et dans ce cas, le couple se réunit pour attaquer ; maïs elle se nourrit aussi de reptiles sauriens, d'insectes et principalement d’orthoptères, ce que nous avons pu reconnaître par l'inspection de son estomac. Elle ne s'approche jamais d’un animal mort; elle chasse absolument comme notre cresserelle d'Europe.

» Vers le mois d'octobre ou de novembre, selon les pays, elle commence à s'occuper de sa nichée. Le couple alors est plus intimement lié, cherchant un lieu propre à déposer ses œufs; s’il est en possession d’une église ou de tout autre bâtiment élevé, il niche dans les galeries, dans les trous des murailles, presque tous les ans au même lieu, et les habitants ont remarqué que si quelque chose que ce soit ne lui faisait pas abandonner la place une année ou s’il n’était pas remplacé par un autre, il venait toujours nicher dans le même trou. Sur les rochers ou sur le bord des falaises il niche dans un trou; son attention pour la surveillance de sa nichée est extrême. Jamais les deux consorts ne l’abandonnent en même temps. Îls déposent, selon Azara, deux œufs blancs. Les habitants nous ont assuré qu’ils en pondent souvent jusqu’à quatre, et ces derniers, dans tout le haut Pérou, sont bien à portée de le savoir*puisqu’ils les laissent vivre au milieu d’eux sans jamais leur faire de

(1) Ce détail ne me paraît pas être exact, car j'ai observé plusieurs fois que notre hobereau, qui chasse également longtemps après le coucher du soleil, prend souvent au vol les chauves-souris mais il les jette toujours, dédaignant une pareille pâture.

mal, se contentant de les dénicher quelquefois quand ils veulent élever des jeunes afin de les accoutumer chez eux à la chasse aux souris. Depuis la conquête, les Espagnols de Chuquisaca et de Cochabamba tenaient à honneur de les dresser pour la chasse aux tinamous comme on dressait les faucons en Europe; ils y réussirent parfaitement à ce qu'il paraît et s’en servaient avec succès. Depuis l'introduction de l’usage des fusils, et surtout depuis la guerre de l'indépendance, ce genre de chasse réservé jadis aux premiers personnages des deux mondes, mais aujourd’hui tout à fait abandonné n’est plus mis en pratique que par quelques Indiens quichuas de la province de Cochabamba » (D'ORBIGNY).

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