‹ Ornithologie du PérouChapitre 36 sur 288 · Circus cinereus · texte numérisé non relu

Circus cinereus

Vrers., N. D. H. N., IV, p. 454 — n’Onrs., Voy. Amér. Mér., p. 110 — Sex. et SALY, Nomencl. Av. Neotr., p. 118 — SHARPE, Catal. B. Brit. Mus., I, p. 56.

Ceniciento, AzarA, Apuntam., I, p. 145.

Circus campestris, Bonx. et ViriL., Enc. Méth., TI, p. 1218.

Falco histrionicus. Q. et Gaim., Voy. Uran., p.93, tb. XV et XVI.

Circus histrionicus, Kine, Zool. Journ:, IT, p. 425 — Tacz., P. Z.S., 1874, p. 553.

Circus poliopterus, Tsou., Faun. Peru, p. 113, tb. III.

O. cinereus; abdomine, tibiis subcaudalibusque rufo alboque transfascratis; rectricibus fasciis nigrus.

G' Ad. — Cendré en dessus, sur les ailes, la queue, la gorge et la poitrine, à dos presque entièrement foncé, et sur les scapulaires dont les plumes sont largement foncées à l'extrémité; sommet de la tête plus foncé que les parties environnantes; les plumes de la nuque longuement blanches à la base, formant souvent des taches blanches plus ou moins distinctes sur cette partie; tectrices supérieures des ailes plus ou moins squamulées de foncé à bordures des plumes plus claires; la poitrine plus ou moins rayée en travers de blanc et quelquefois de roux dans sa partie inférieure; sus-caudales blanches avec des taches foncées, plus ou moins prononcées près de leur extrémité; le reste du dessous du corps rayé transversalement de blanc et de roux, en sorte que les raies de ces deux couleurs sont presque d’égale largeur. Les cinq rémiges primaires noires plus où moins poudrées de cendré sur la barbe externe et à l'extrémité même, et blanches à la base de la barbe interne; toutes les autres cendrées, terminées de noirâtre et blanches à la base intérieurement ; sous-alaires d’un blanc pur. Queue cendré clair en dessus, à base graduellement blanche, plus longuement vers les externes et blanche ou blanchâtre sur la page inférieure, terminée d’une bande -antéapicale noire et d’une bordure terminale d’un gris blanchâtre, traversée de cinq ou six raies noires sur la barbe interne des rectrices, nulles ou presque nulles sur la barbe externe des oiseaux très adultes, et d'un cendré foncé chez les individus moins adultes; les deux médianes‘sans raies. Bec noir, à base cendrée; cire et pattes jaunes; iris jaune; bordure de la paupière jaune.

© Brune en dessus, à sommet de la tête, les tectrices médianes des ailes et les scapulaires tachetés de roux; les lores, une bande sourcilière et une raie sous-oculaire blanchâtres ; les joues brunes, variées de fauve, entourées d'une collerette blanche, maculée de brun foncé; nuque tachetée de blanc,

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le cou postérieur de roussâtre ; poitrine brune variée de blanc; le reste du dessous roux brunâtre traversé de grosses raies blanches irrégulières; les raies blanches des pantalons et des sous-caudales lavées de fauve. Rémiges cendrées, traversées de raies brunes foncées et terminées par cette dernière couleur avec une fine bordure blanchâtre; sous-alaires blanches,

variées de grosses taches d’un roux brunâtre. Les deux rectrices médianes

et la barbe externe des autres gris cendré, traversées de cinq raies brunes avec une pareille bande terminale large, entourées au bout d’une bordure blanchâtre ; la barbe interne des quatre ou cinq rectrices latérales de chaque côté de la queue plus ou moins rousse, à base même blanche; la page inférieure de la queue d’un gris isabelle blanchâtre, à bandes brunes pâles; tectrices supérieures de la queue blanches. Bec, pattes et iris comme chez le mâle.

( Jeune mâle semblable à la femelle, et n’en étant distinct que par la poitrine et l'abdomen blancs ou d’un blanc roussâtre, variés de flammèches brunes, plus grosses que sur la première et plus fines au milieu du dernier ; pantalons fauves ou roussâtres, avec quelques taches plus foncées; les sous-caudales à raies transversales moins régulières; queue plus rousse et moins cendrée en dessus.

G' Longueur totale, 426-443; aile, 320-330; queue, 205-210; bec, 28; tarse, 59; doigt médian, 29; ongle, 14 millimètres.

Q Longueur de l'aile, 365; queue, 246; bec, 31; tarse, 67; doigt médian, 32; ongle, 15 millimètres.

Queue dépassant le bout de l’aile chez le mâle de 34-50 millimètres.

Selon la relation de M. Jelski, cet oiseau est très commun aux environs de Junin; pendant toute la journée on le voit voltiger au-dessus des prairies, tout près de terre et se jettant souvent dans l’herbe pour saisir sa proie, ce qui ne lui arrive pas facilement; l’observateur a compté un jour vingt-cinq coups pareils manqués de suite. Il paraît que c’est une chasse aux souris qui se sauvent dans leurs trous. Dans tous les individus examinés par M. Jelski il y avait des débris de petits oiseaux, et surtout des Sycalis. Vers midi, ils ont l'habitude de planer à une plus grande hauteur. Pour se reposer ils se posent souvent sur les tas de pierre et sur les rochers voisins des marécages. En général, l'oiseau est moins craintif que les espèces européennes; il se laisse souvent approcher et en volant il ne fait pas grande attention au chasseur. Stolzmann l’a vu aussi sur les marais des environs de Cutervo.

« Nous nous croyons... autorisé à penser qu’il habite depuis le tropique du Capricorne jusqu'au 52e de latitude Sud, à l’est et à l’ouest des Andes, dans tous les terrains non boisés, arides ou marécageux de toutes ces régions étendues et presque toujours désertes qui couvrent l'extrémité sud de l’Amérique. Quoique répandu sur une aussi grande surface, il est rare partout, et l’on n’en voit jamais que de loin en loin des individus isolés parcourir, en volant assez près de terre avec aisance et légereté, bien que lentement, soit les bords des eaux stagnantes et des marais, soit les dunes des côtes de la mer, soit les rivages des rivières. Il plane aïnsi toute la journée, presque toujours en ligne droite et contre le vent, ne se repose que pour déchirer une proie, ne va pas sur les arbres faire la digestion comme tous les autres aquiléides, et ne se repose jamais sur ceux-ci, se couchant le soir au sommet d’une dune, ou à terre au bord d’un ruisseau. Alors, il a l’aspect d’un oiseau nocturne; mais lorsqu’il marche, ce qu'il fait quelquefois après avoir mangé ou en allant .se coucher, il ressemble pour la démarche à un çcaracara chimango. Il est impossible de planer avec

plus de majesté ; il semble alors que ses ailes sont sans mouvement, ou du moins à peine y remarque-t-on une légère oscillation; cependant elles sont presque toujours obliques ou rarement horizontales, l’une touchant le plus souvent la terre, tandis que l’autre est relevée, ce qui ferait croire, à chaque instant, qu'il veut se poser. C’est ainsi qu’il parcourt tous les lieux où il croit rencontrer une proie facile. S'il s'élève dans les airs, c’est pour s’y dérober aux regards, tant il vole haut; mais 1l descend avec la même facilité et continue ensuite à planer. Il chasse aux petits mammifères, aux tinamous, aux reptiles, aux mollusques et même aux insectes; dès qu’il les aperçoit dans son vol, il s’abat vivement dessus, et s’ils s’enfuient, il les suit soit en volant, soit en courant après, les dévore sur les lieux quand il les a saisis et recommence incontinent sa chasse. Cette espèce, au reste, a des manières vives et pleines de grâce; elle est spécialement voyageuse et ne paraît séjourner que par saison dans les différents lieux ; aussi supposons-nous que c’est dans les froids qu’elle s’avance vers le nord et vient jusqu'au Paraguay, tandis qu’en été elle reste en Patagonie. A l’est des Andes, elle ne se trouve que sur un sol plan, ou peu ondulé, tandis qu’à l’ouest elle est obligée de se tenir sur les pentes des montagnes, les terrains étant là beaucoup moins unis. Il est vrai de dire que ces lieux lui offrent très peu de végétation, vu l’aspect sauvage et stérile de la Patagonie, et par suite sans doute les mêmes aliments... Ce sont des oiseaux fuyards qui se laissent difficilement approcher dans leur vol, maïs qui ont peine à s'envoler lorsqu'ils sont occupés à manger ; aussi n'est-ce qu’alors qu’on peut les tuer » (D'ORBIGNY),

FAMILLE STRIGIDÆ

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