‹ Ornithologie du PérouChapitre 37 sur 288 · Pholeoptynx cunicularia · texte numérisé non relu

Pholeoptynx cunicularia

Strix cunicularia, MounA, Stor. Chili, p. 348 — Wrep., Beitr. Natg. Bras., UI, p. 248.

Urucurea, Azara, Apuntam., If, p. 211.

Strix dominicensis, GM., L. S. N., I, p. 296.

Strix grallaria, Spix, Av. Brasil., I, p. 21.

Noctua urucurea et Noctua dominicensis, Tscx., Faun. Peru., pp. 115 et 116. |

Athene cunicularia, BP., Comp. List B. Eur. et N. Amer., p. 6 — Peiz., Orn. Brasil., pp. 9 et 299 — Tacz., P. Z. S., 1874, p. 553.

Athene socialis, GaMs., Pr. Phil. Acad., TX, p. 47.

Athene hypugæa, Woopx., in Sitz. Exp. Zuni et Color. Rivers, p. 62.

Pholeoptynx hypogæa, SALv., Ibis, 1860, p. 401.

Pholeoptynx cunicularia, Scz. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p. 417. |

Speotyto cunicularia, SHAPRPE, Cat. B. Brit. Mus., IE, p. 142.

Ph. supra brunnea; maculis isabellino albidis, subrotundatis varia; subtus isabellina, brunneo maculaia; gula alba, semitorque collari ochraceo brunneoque vario; pedes graciles, digitibus nudis, pilis albidis aspersis.

d'et Q — Brune en dessus, variée de grosses taches d’un isabelle blanchâtre plus ou moins subarrondies, paraissant être le plus nombreuses sur la nuque et au cou postérieur, de sorte que cette couleur y prédomine, grosses sur les tectrices du milieu de l'aile, le devant du front blanchâtre ainsi qu'une bande sourcilière; côtés du visage variés de blanchâtre et de brun; gorge largement blanc pur bordé en dessous d’un demi-collier ocreux tacheté de brun; milieu même de la région jugulaire blanc pur; le reste du dessous du corps est isabelle tacheté de brun, d’une manière un peu plus dense sur les côtés de la poitrine; milieu même du bas-ventre blanc; souscaudales d'un isabelle immaculé. Rémiges brunes variées d’une suite de cinq paires de taches isabelles dont celles de la barbe externe sont élargies jusqu’au bord interne; sous-alaires isabelles tachetées très peu de brun. Rectrices brunes avec cinq paires de grosses taches subarrondies isabelles

ou blanchâtres plus ou moins entourées d’une bordure d’un brun plus foncé que le reste du fond. Pattes grêles allongées, à tarse couvert sur le côté antérieur de petites plumes isabelles qui sur la moitié inférieure sont transformées en poils ne couvrant pas entièrement la surface, tandis que sur le côté et en arrière le tarse est complètement nu ou parsemé de poils très rares; les poils sont rares aux doigts; les scutelles des doigts d’un gris verdâtre sale; plantes jaunes; ongles noirâtres. Le milieu de la mâchoire est d’un gris corné foncé; la base et la mandibule jaunâtre; iris jaune; bordure de la paupière noire.

c' Longueur de l'aile, 168 ; queue, 87; bec, 20; tarse, 47; doigt médian, 20; ongle, 13 millimètres.

Q Longueur de l’aile, 170; queue, 90; bec, 20; tarse, 46 ; doigt médian, 20; ongle, 14 millimètres.

La race habitant la région élevée des punas est beaucoup plus forte, à pattes garnies plus ou moins abondamment tout autour de plumes jusqu'aux doigts qui sont aussi souvent garnis de plumes couvrant presque la moitié de leur surface; dans d’autres individus les poils aux doigts sont aussi rares que chez les oiseaux de la côte; ces exemplaires ont le côté postérieur du tarse plus ou moins dénudé, mais moins que chez les oiseaux de la côte. Le brun de ces oiseaux est roussâtre; les taches terminales des rectrices sont transformées en une bordure blanche continue, la couleur brune prédominant sur les côtés de la poitrine.

SG! Longueur totale, 265; aile, 200; queue, 100; bec, 21; tarse, 43; doigt médian, 20; ongle, 13 millimètres.

Q Longueur totale, 275; aile, 213; queue, 110; bec, 23; tarse, 50; doigt médian, 20; ongle, 14 millimètres.

Les jeunes en premier plumage ont le brun des parties supérieures du corps un peu plus pâle que chez les adultes; le fond du dessous plus blanchâtre à taches brunes moins grosses, surtout au ventre; les plumes du tarse et les sous-caudales d'un blanc presque pur.

« Très commune, surtout sur la côte, Habite par paires les vieilles murailles abandonnées ou dans les trous de monticules pierreux. Elle passe la journée posée devant son trou. À l’approche d’un homme, elle s'envole à quelques centaines de pas et se pose, regardant continuellement sur sa place abandonnée et sitôt qu’elle est libre elle y revient; pendant des heures entières elle répète cette manœuvre. Son vol est très onduleux. Sa nourriture est très variable et se compose de différents petits animaux : souris, gobe-mouches, lézards, serpents, crustacés marins, etc. Le long de la route entre Lima et Chorillos et dans le voisinage, des milliers de ces chouettes

nichent dans les ruines des maisons et dans les murailles des plantations » (TSCHUDI).

«Aux environs de Junin elle est moins nombreuse (la race grande) que sur la côte et également diurne » (JELSKI).

« Très commune à Tumbez sur les lomas, elle y passe la journée à l’entrée de son terrier. Je ne sais pas si elle le creuse elle-même, mais il paraît qu’il n’y a pas dans la contrée aucun animal qui serait capable de cette opération. Le lézard (Zejovaranus) de ce pays vit dans des trous, mais ne se trouve pas dans les lomas et ne s'établit que dans les endroits bas où la végétation est plus riche et les cactus abon-

dent. Il paraît qu’elle se nourrit principalement de crapauds (Pufo transandeanus), mais j'ai trouvé aussi des insectes dans son estomac; l'entrée de son trou est toujours garnie d'os de ce crapaud. En la tirant il faut la tuer sur place, autrement en la blessant, elle pénètre comme une flèche dans le terrier. Au crépuscule je l’ai vue chassant aux crapauds sur les tas d'ordures, au milieu de la ville » (STOLZMANN).

« Il est cependant bon de dire que sur l’immense surface de terrains qu’elle habite, elle choisit seulement ceux qui lui plaisent et qui sont conformes à son genre de vie; aussi ne se trouve-t-elle jamais au milieu des bois ni même des plaines buissonneuses, à moins que sur ces dernières il n’y ait des clairières étendues, encore faut-il que celles-ci soient arides et sèches, car ce qu’elle préfère, ce sont ces immenses plaines ou pampas qui occupent tout le sud de l'Amérique Méridionale, ainsi que les coteaux également dépourvus de bois des versants est et ouest des Andes, près de Mendoza ou au Chili, et les dunes côtières.

» L’urucuréa est assez commune dans les lieux que nous venons de désigner, c’està-dire qu’elle est disséminée de manière à ce qu’on n’en trouve jamais de très voisines l’une de l’autre, excepté les deux consorts, car elle reste accouplée toute l’année et paraît vivre ainsi constamment. Chaque couple choisit son canton où il s'établit pour la vie, ne voyageant pas et ne permettant guère aux autres de s'établir pres de lui. L’urucuréa prend pour domicile un terrier abandonné de tatous, de biscachas, de renards et d’autres animaux des contrées qu’elle habite, et y passe sa vie. Si l’on s’approche de sa résidence vers le milieu du jour, heure à laquelle les autres oiseaux nocturnes sont plongés dans le sommeil le plus profond, on la trouve quelquefois dans son trou, mais le plus souvent au dehors, le mâle et la femelle l’un près de l’autre. Elle voit de très loin ceux qui viennent troubler son repos et fait entendre alors son cri de guerre ou d’alarme qu’on peut exprimer par les monosyllabes échiitchii-tchii-tohii longtemps prolongés. Elle s'envole pour aller se poser à quelques pas de là sur une butte, où tout en tournant la tête avec crainte et regardant avec une effronterie apparente l’importun qui la dérange, elle se laisse approcher de très près, puis s'envole encore, ainsi que sa compagne, va se percher sur un tertre voisin, au sommet d’un petit buisson ou d’un chardon et recommence son cri, ne pensant à s’aller cacher au fond de son terrier que lorsqu'elle à grand’peur, ce qui est très rare. Elle reste ainsi toute la journée autour de son nid, chasse même quelquefois pendant le jour, cependant c’est de préférence vers le soleil couchant, à l’heure où les petits rongeurs sortent de leurs terriers, qu’elle commence sa chasse en planant comme le font les autres oiseaux de proie, et nous avons cru remarquer qu’au milieu de la nuit elle se reposait de nouveau pour chasser dès le crépuscule du matin. Il nous a semblé qu’elle dormait également pendant les nuits obscures et pendant les fortes chaleurs du jour, chassant plus spécialement le matin et le soir, le matin après le soleil levé quelque temps encore, ainsi que.le soir avant la nuit. Elle vole à la campagne comme le font au crépuscule seulement les autres oiseaux de proie nocturnes. Nous pouvons donc dire que c’est presque un oïseau diurne ou tout au moins le plus diurne de toute la série. Au crépuscule elle s'éloigne davantage de sa demeure et parcourt tous les environs à un quart de lieue à la ronde, en chassant, se perchant alors plus volontiers sur les arbres secs, les barrières, les ruines, les maisons et les rochers. Elle fait dans ce cas entendre un chant plaintif qu’on peut traduire par Aou-hou-ououou, visitant tous les lieux habités des environs avec moins de crainte que de jour, quoique ce soit même alors un oiseau assez familier qui se laisse facilement approcher.

» Sa pose naturelle, lorsqu'elle est par terre dans l’inaction, est presque perpendiculaire, ses aïles basses, et sa tête enfoncée entre les épaules ; si quelque bruit vient troubler sa tranquillité, ou si la sentinelle des autres oïseaux de la plaine, le vanneau armé (Zringa cayennensis Lath.), fait retentir les environs de son cri d'alerte, l’urucuréa dresse la tête, et son attitude alors est grotesque; elle tourne la tête de tous côtés. Perchée, son corps est également vertical, et même lorsqu'elle marche, il ne prend pas la position horizontale qu'il affecte presque chez tous les oiseaux de proie.

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Elle marche vite et à pas précipités. On peut dire qu’elle est presque toujours à terre, se perchant seulement par occasion et plus particulièrement lorsqu'elle chasse. Son vol est celui des chevèches ordinaires, léger et rapide ; quand elle poursuit sa proie, elle vole au rez de terre ou à quelques pieds au-dessus, planant le plus souvent en tournoyant soit sur les terriers des rongeurs, soit autour des buissons et des haies. Le jour elle ne s'envole que pour aller à vingt ou trente pas de distance se reposer de nouveau, continuant ce manège tout le temps qu’elle est poursuivie. Elle se nourrit de rats, de jeunes cobayes, de reptiles et d'insectes.

» Quelques auteurs, comme le Père Feuillée et Molina, prétendent qu’elle se creuse des terriers profonds dans la campagne. Nous croyons pouvoir affirmer que cette assertion est dénuée de tout fondement, ce qu’il est facile de vérifier par la nature de ses’‘ongles, toujours aigus, jamais émoussés, et peu propres d’ailleurs à ce genre d'exercice. Il nous est au contraire démontré qu’elle s’approprie un terrier de tatou, de renard, de mara et surtout de biscacha, le plus commode à cause de ses divisions, diverses issues et de ses divers compartiments souterrains; aussi est-on certain de rencontrer l’urucuréa dans les endroits où la campagne est infestée de cette dernière espèce de mammifères. Les habitants nous ont assuré que lorsqu'un couple prend possession d’un de ces terriers, les véritables propriétaires sont obligés de l’abandonner à cause de la ténacité de l’urucuréa et sans doute aussi par raison de propreté; car la biscacha si soigneuse ne peut, à ce qu’il paraît, supporter l’odeur désagréable que porte avec elle l’urucuréa, odeur commune du reste à tous les oiseaux de proie nocturnes. On sent que le couple intimement lié toute l’année n’a pas besoin de se réunir à la saison des amours, ni de chercher au loin un lieu où il puisse nicher commodément; son terrier habituel lui en offre les moyens. Il se contente donc de déposer au fond trois ou quatre œufs blancs, dont les diamètres sont 31 et 34 millimètres, et c’est là qu’il couve alternativement. Les jeunes naïssent avec un duvet blanc; ils grandissent avec promptitude, le couple leur portant fréquemment de la nourriture. Dès qu’ils sont assez grands pour marcher, on les voit tous les jours venir au dehors du terrier s’exposer au soleil. Ils s’habituent ainsi peu à peu à chasser; dès qu’ils sont assez forts, les parents ne souffrent plus qu’ils restent dans le terrier paternel, et ils n’ont plus qu’à se chercher une compagne et à s'approprier dans la campagne, et toujours assez loin de leurs parents, un terrier qui deviendra leur domicile pour toute la durée de leur existence. On voit par ce qui précède combien l’urucuréa empiète sur les mœurs qui n’appartiennent ordinairement qu'aux mammifères. C’est en effet une anomalie singulière que les mœurs de cet oiseau » (D’ORBIGNY).

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54, — GCHlaucidium ferox

Caburé. AzarA, Apuntam., I, p. 295.

Strix ferox, Vieiz., N. D. H. N., VII, p. 22.

Strix phalænoïdes, Daup., Traité, Il, p. 26.

Strix passerinoïdes, TEeMM., P. C., CCCXLIV — Wiep., Beitr. Natg. Bras., IE, p. 239.

Strix infuscata, TEMM., /nd. Gen., P. C., p. 7.

Noctua ferox, D'ORB., Voy. Amér. Mér., Ois., p. 127.

Strix ferruginea, Wiep., Reis. Bras., I, p. 105 — Temx., P. C.,

Noctua ferruginea, Tscu., Faun. Peru., pp. 19 et 117.

Athene ferruginea, PEzz., Orn. Bras., p. 399 — Tacz., P. Z.S., 1874, p. 553.

Athene minutissima, PELz., {. c., pp. 9 et 399.

Glaucidium phalænoïdes, Tacz., P. Z. S., 1877, p. 329.

Glaucidium ferox, et subsp. B, Glaucidium phalænoïdes, SHARPE, Cat. B. Brit. Mus., IL, pp. 200 et 203.

G. supra ex rufescente brunneum, maculis el striis albidis varium, nuimerosissimis in capile et nucha; sublus album, striis longissimis brunneis, in lateribus dilatatis, loris et superciliis albidis; remigibus brunneis, marginibus utrinque serie maculis albis variis; cauda nigricante, senis fasciis transversalibus albis, medio pennarum late interruptis; tarsis vestitis albidis, plus aut minus brunneo maculatis; digilibus pilosis. Var. rufa : supra plus aut minus rufum; sublus albidum, rufo varium ; cauda cinnamomeo rufa unicolore.

Q Ad. — Brune en dessus, avec une légère nuance roussâtre au dos et sur les tectrices alaires; variée sur la tête et le cou postérieur de nombreuses taches d’un isabelle blanchâtre, dont celles du front et des côtés sont longues et linéaires, et celles du milieu du vertex et du cervix arrondies et plus grosses; les taches beaucoup plus grosses et plus roussâtres,; un demi-collier à travers le cou postérieur, traversé de deux grosses raies latérales noirâtres peu distinctes; au dos les taches sont moins nombreuses que sur la tête, arrondies ou fines et courtes; celles des scapulaires blanches, très grosses et ovalaires sur les postérieures, petites sur les antérieures; sur les tectrices alaires quelques grosses taches blanches ovalaires au milieu de l’aile, quelques petites isabelles disposées dans différents endroits; côtés du front blanchâtres ; lores couverts de plumes crini-

formes blanches à la base, puis noires; tectrices auriculaires isabelles substriées de brun; tout le dessous est blanc, avec un demi-collier sousgulaire composé de taches brunes sur un fond isabelle; de longues stries brunes presque parallèles au milieu de l'abdomen, tandis que sur les côtés de ce dernier et de la poitrine elles sont fort élargies et presque confondues entre elles et d’un brun moins foncé ; des stries fines le long du milieu des sous-caudales. Rémiges brunes foncées, variées d’une suite de taches isabelles sur le bord dedeurs deux barbes, dont celles des internes sont transformées en raies tranversales, passant au gris sur les deux terminales; sous-alaires blanches tachetées de brun. Queue noirâtre, avec six paires de taches blanches sur chacune des rectrices, formant autant de raies largement interrompues au milieu des pennes, les dernières se trouvent sur l'extrémité même et manquent totalement sur la page externe des deux rectrices latérales de chaque côté de la queue. Plumage du tarse blanc, varié de brun sur le côté externe; doigts parsemés de cils blanchâtres. Bec jaunâtre sale; cire d'un gris jaunâtre; doigts d’un jaune sale, à ongles noirâtres à base d’un gris jaunâtre; iris jaune pâle (exemplaire de Guajango).

Longueur totale, 180; vol, 358; aile, 104; queue, 67; bec, 16; tarse, 18; doigt médian, 17; ongle, 8,5 millimètres.

S' Non adulte. — Diffère de la femelle précédente par les stries isabelles également fines et linéaires sur tout le sommet de la tête; taches du dos ocreuses et moins distinctes; les taches petites sur les tectrices alaires plus nombreuses et ocreuses; les deux raies foncées de la bande nucale plus grosses et plus distinctes; les tectrices auriculaires plus brunes; le demicollier sous-gulaire d’un brun presque continu et uniforme; les bandes à travers les rémiges d’un ocreux roussâtre continues, mais plus foncées sur le milieu des pennes; queue traversée de huit raies rousses et d'autant de brunes, les unes et les autres presque de la même largeur, les rousses peu interrompues au milieu des pennes, tandis que Les brunes sont complètes; plumage des tarses blanchâtre, nuancé de brunâtre sur les côtés (exemplaire de Tumbez).

Longueur totale, 177; vol, 359; aile, 96; queue, 63 millimètres.

Q Rousse. — Parties supérieures du corps d’un roux sale, le sommet de la tête et le cou postérieur plus foncés tirant au brunâtre, avec des stries médianes dans toutes les plumes d’un roux sale, élargies à l'extrémité ; demi-collier nucal blanchâtre avec les raies latérales brunes foncées distinctes ; grosses taches scapulaires fauves; quelques taches blanches sur les tectrices du milieu de l’aile; bord du front blanchâtre; tectrices auriculaires roussâtres; demi-collier gulaire brun roussâtre ; toutes les taches du dessous du corps d’un brun roussâtre et plus larges sur le milieu de l'abdomen que chez les oiseaux précédents. Rémiges d’un brun foncé, à barbe externe brune roussâtre et les taches rousses; sous-alaires roussâtres; pli de l’aile blanc. Queue rousse unicolore. Plumage du tarse isabelle roussâtre (exemplaire de Lima).

Longueur de l’aile, 102; queue, 70; bec, 16; tarse, 17; doigt médian, 17; ongle, 10 millimètres.

OBSERVATIONS. — Cette chevèche présente en général beaucoup de variétés dans

sa coloration; on rencontre des individus d’un roux beaucoup plus intense, plus uniforme et beaucoup moins distinctement varié de fauve que sur l'individu péruvien décrit plus haut; les individus pareils ont les stries du sommet de la tête très fines et à peine marquées, ne possèdent aucune trace de demi-collier nucal; les taches aux scapulaires fort réduites et presque cachées; les taches du dessous rousses et très grosses; et même le collier sous-gulaire également roux sans rien de brun. Ce qu’il y a d’extraordinaire dans cette variété, c’est la disparition complète de raies caudales. I1 paraît que cette variété se rencontre partout où se trouve l'espèce.

Tschudi ne l’a rencontrée que sur la pente orientale des Cordillères, Jelski à Lima, Stolzmann à Tumbez et à Guajango sur le Marañon.

« Nous avons cru remarquer qu’elle se trouvait surtout à la lisière des grands bois humides qui bordent les rivières au milieu des plaines, car nous ne l’avons jamais vue dans les arbres des montagnes, ni dans les lieux secs et arides. Le jour on la rencontre toujours dormant, non au milieu des forêts, comme certaines espèces qui fuient le soleil, mais toujours à leur lisière et sur les petites branches basses, mortes ou peu feuillées, les plus extérieures. Là, elle se laïsse souvent balancer au gré des vents, dormant ainsi sans se réveiller au bruit, car souvent, presque touchée, elle gardait la même immobilité, ce qu’il faut attribuer à la pesanteur de son sommeil ou à la difficulté qu’elle éprouve d’ouvrir les yeux, de supporter les rayons du soleil et de voir en plein jour. Elle est peu commune, et on la rencontre constamment seule et jamais par couple, hors le temps des amours. Le soir, elle ne commence à voler que lorsque le crépuscule est déjà avancé; alors elle parcourt tous les environs, suivant la lisière des bois, chassant aux insectes et aux petits rongeurs seulement. Elle vole ainsi toute la nuit, faisant souvent entendre un chant lugubre, mais très faible. Son vol est léver, comme celui de tous les oiseaux nocturnes, il est peu prolongé et surtout peu élevé; sa marche est gênée, et par sauts et non précipitée comme celle des urucuréas; nous croyons même qu’elle pose rarement à terre. Elle niche au sein des bois, dans les trous des arbres morts, sans aucune préparation. Elle dépose dans son nid deux œufs à peu près sphériques et entièrement blanes. Le couple n’est uni qu’alors, et toute la liaison est rompue dès que les petits sont assez grands pour se suffire à eux-mêmes » (D'ORBIGNY).

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