‹ Orographie de la Sibérie, précédée d'une introduction et d'un aperçu de l'orographie de l'AsieChapitre 3 sur 8 · Le haut plateau est caractérisé · texte numérisé non relu

Le haut plateau est caractérisé

a) Par une élévation considérable en moyenne. A l'exception des profondes vallées creusées par un certain nombre de fleuves qui se dirigent vers le Baïkal — et que nous nommerons les tranchées du plateaUy — le fond des vallées, même des grands fleuves qui Tarrosent, est situé à une hauteur considérable de 800 à i , 100 mètres. Prenant leur source à une hauteur de 900 à 1,200 mètres, ces fleuves s'enfoncent très lentement dans le plateau dans leur cours sinueux, et ne descendent au niveau de 600 mètres, qu'à une distance très considérable de leurs sources et très près des limites du plateau.

b) Par l'absence de grandes différences entre les points les plus élevés des lignes de partage des eaux et les fonds des vallées. A l'exception de quelques chaînes dont la base repose sur le niveau du plateau à des hauteurs de 900 mètres environ (montagnes surplantées^ angehàu/te Gebirge, de Ritter), qui s'étendent sur le plateau parallèlement à ses bords, ces différences ne dépassent guère 3oo mètres. Les lignes de partage des eaux se trouvent toutes approximativement à une altitude de i,o5o mètres, dans les bassins de la Selenga et du Vitim ; tandis que le fond des vallées varie entre 750 et 900 mètres de hauteur, selon l'importance des fleuves, les grands fleuves s'enfonçant certainement plus dans le massif du plateau.

c) Par les pentes très douces des élévations servant de lignes de partage des eaux, par leurs formes arrondies et aplaties, et par leur largeur très considérable.

d) Par le caractère des vallées fluviales qui sont largement ouvertes et représentent des plaines dans le haut du cours des rivières, tandis que leurs larges vallées ont des parois abruptes dans le bas de leurs

— Secours, là où elles s'enfoncent considérablement dans le haut plateau (i).

é) Par le caractère marécageux, non seulement du lit des vallées, mais aussi des élévations servant de lignes de partage des eaux. Après avoir atteint le plateau, le voyageur ne rencontre plus d'obstacles dans les basses collines qu'il a à traverser, mais il est très fréquemment arrêté par des marais continus.

f) Par une abondance extraordinaire de lacs, grands et petits, dont les cartes d'aujourd'hui ne donnent qu*une idée très faible, (par exemple, ceux de Kossogol, Chakcha, Eravna, Baount, Oulougli, les petits lacs qui se trouvent dans la vallée de Tsipa, etc., etc.).

g) Par l'irrigation très abondante et par le parallélisme des fleuves que les cartes actuelles ne représentent que là où des levés exacts ont déjà été faits.

h) Au point de vue de la flore, par la diffusion du mélèze, sa prédominance sur les autres espèces sylvestres et par le caractère de prairies marécageuses le long du cours des rivières. On ne rencontre le pin que là où les vallées fluviales sont enfoncées, de telle sorte que leur lit est situé au-dessous de ySo mètres, et là où il y a des couches suflisamment puissantes d'alluvions sableuses.

i) Il est probable que la faune du haut plateau a son caractère typique, mais elle n'a pas encore été suflisamment étudiée pour nous permettre d'être affîrmatif sur ce sujet.

k) Par une extension extraordinaire des granits et des granitosyénites. Les schistes cristallins se rencontrent principalement près des rebords du plateau.

l) Par la présence de chaînes peu élevées, plantées sur le plateau et parallèles à sa direction générale. Ces chaînes ne possèdent pas des altitudes relatives de plus de 3oo à 5oo mètres. Sur le plateau du Vitim le pied de ces chaînes est à des altitudes de i,ooo mètres environ, et leurs élévations plates, ondulées et marécageuses, ne dépassent pas 1 ,35o ou 1,450 de hauteur absolue.

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