‹ OrphéeChapitre 8 sur 32 · CHANT II · texte numérisé non relu

CHANT II

Ton chant est doux, Souvenir apaisé.

Le Silence veillant, le cœur a reposé.

La morte n'est pas morte. o^ Aucune des mortes n'est morte.

Les mains du Souvenir sont fortes ; '^ L'une tient le poète et l'autre tient les mortes.

Personne ici n'est mort Que tous ceux qui sont morts.

Les vivants ne sont que des corps r^f Dociles, poursuivant l'effort têtu des morts. ^

Les morts autour de nous sont de la vie. Et saisie et rendue il n'y a qu'une vie

Gomme il n'y a qu'un fil de temps qui lie Le» siècles morts à la minute en vie.

Tes mortes sont auprès de toi.

Leur chant est doux. Le Souvenir donne sa voix A ces mortes autour de toi.

Ah ! que de vie, Orphée, autour de toi.

i8. — DOUCEUR DES MORTES

Toute cette mort vivante, fluide.

T'enfante sans fin, t'apaise, te guide.

Toute cette vie, amoureusement, Obéit à ton chant !

Sérénité. Toutes tes heures

T'entourent, demeurent.

Chère guirlande inoubliée : efforts, Silences dorés, parfum des remords; Fragile guirlande que porte Le long cortège de tes morts, Des si présentes mortes.

De tes chers amis morts ;

Toi tout entier, années et paysages.

Tout toi-même dans leurs visages.

Ah ! souriant aux ombres, ton visage — Sérénité — rayonne de douceur.

Tout ce qui a touché ton cœur Lui reste infini de douceur.

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