‹ Orphée-roi. Ed. décorée de compositions originales gravées sur voisChapitre 30 sur 67 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Que ce monde est sourd et silencieux !

Ce monde... Où étais-tu ?

ORPHÉE Q^ui m'a rappelé? Qui m'a frappé ?

EURYDICE

Oh non ! pas moi! J'ai mal... cette corde en cassant m'a cinglée... xx^^i^

Personne ne l'a touchée... Elle s'est brisée toute seule...

Mais tant mieux, et toutes les autres !

Voilà d'où vient ton mépris de moi, et les haines autour de toi-même : ta lyre.

Je la déteste : elle te possède, elle t' ensorcelé...

Mais je te délivrerai. Je t'éveillerai toujours de tes mauvais songes.

Alors, tu me diras ce qu'on dit en aimant.

(Dan^ un transport paddioniié :

ORPHÉE j'aidit j-a LYRE, se Ics^e, et, — détourné d'Eurydice :)

Tu es belle et indomptable, Lyre, amante enchantée !

Gardienne au seuil de mes palais sonores ! Réseau fier qui trame mes sommeils et défend mon rêve chantant.

Lyre, c'est à toi que vont les jeux aimants : tes hanches sont polies et nacrées ; la courbe de tes cornes est cambrée comme deux bras dansants :

Ta voix est nombreuse ! Ta voix est hardie ! Quand tu trembles, tout s'agite et retentit.

Mais, tes nerfs vivants, voici qu'ils se brisent : la corde morte traîne sur mes poignets et sur mes doigts.

Quel discord a pu la rompre ?

O seule! Vas-tu m' abandonner ainsi?

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