ACTE DEUXIEME
Que ce monde est sourd et silencieux !
Ce monde... Où étais-tu ?
ORPHÉE Q^ui m'a rappelé? Qui m'a frappé ?
EURYDICE
Oh non ! pas moi! J'ai mal... cette corde en cassant m'a cinglée... xx^^i^
Personne ne l'a touchée... Elle s'est brisée toute seule...
Mais tant mieux, et toutes les autres !
Voilà d'où vient ton mépris de moi, et les haines autour de toi-même : ta lyre.
Je la déteste : elle te possède, elle t' ensorcelé...
Mais je te délivrerai. Je t'éveillerai toujours de tes mauvais songes.
Alors, tu me diras ce qu'on dit en aimant.
(Dan^ un transport paddioniié :
ORPHÉE j'aidit j-a LYRE, se Ics^e, et, — détourné d'Eurydice :)
Tu es belle et indomptable, Lyre, amante enchantée !
Gardienne au seuil de mes palais sonores ! Réseau fier qui trame mes sommeils et défend mon rêve chantant.
Lyre, c'est à toi que vont les jeux aimants : tes hanches sont polies et nacrées ; la courbe de tes cornes est cambrée comme deux bras dansants :
Ta voix est nombreuse ! Ta voix est hardie ! Quand tu trembles, tout s'agite et retentit.
Mais, tes nerfs vivants, voici qu'ils se brisent : la corde morte traîne sur mes poignets et sur mes doigts.
Quel discord a pu la rompre ?
O seule! Vas-tu m' abandonner ainsi?