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LES FÊTES JUIVES

néennes, que les Hébreux adoptèrent en s'établissant dans le pays de Chanaan. A la fête des Azymes, on mangeait pendant huit jours du pain sans levain, parce qu'il s'agissait d'une fête des prémices et qu'on n'avait pas encore la pâte fermentée de l'année nouvelle. A la fête de Snkkoth, l'usage persista de vivre, pendant une semaine, sous des cabanes de branchages ; à Jérusalem, on les dressait sur les toits et dans les cours. Cette solennité comportait aussi des processions ou des danses, où les fidèles portaient des palmes et des rameaux fleuris comme les thyrses bachiques des Grecs; d'où l'erreur vénielle de Plutarque, qui assimile cette fête aux Bacchanales et attribue aux Hébreux le culte de Dionysos.

33. La fête des Azymes était primitivement distincte de la Pâque (Pesach), mais ne tarda pas à se confondre avec elle. La Pâque (« passage du dieu »?) était la fête des prémices des troupeaux; on y sacrifiait et l'on y mangeait à la hâte, en costume de voyage, un agneau ou un chevreau, dont les os n'avaient pas été brisés et qui devait être consommé entièrement. Le dieu était censé assister au repas et y prendre sa part, qui était le sang de l'animal dont on avait enduit la porte. Plus tard, on mit cette fête en relation avec la sortie d' Egypte : Dieu avait fait périr les premiers-nés des Égyptiens, mais avait laissé indemnes les maisons des Israélites, dont les portes étaient marquées du sang de l'agneau. On ajoutait que les Israélites, très pressés de fuir, avaient emporté leur pain à l'état de galettes et l'on expliquait ainsi que l'on mangeât, en même temps que l'agneau, du pain sans levain. Tout

cela sont des inventions sacerdotales. La Pâque, chez les Chananéens sédentaires, est l'oblation d'un chevreau au dieu local qui, étant le maître de toutes choses, a droit à un tribut. Plus anciennement, c'est le repas de communion dont le dieu prend sa part; plus anciennement encore — peut-être dans le clan deRachel, ce nom signifiant « la Brebis » — c'est le repas totémique où l'agneau sacré est mangé pour renouveler et fortifier la sainteté du clan. Cette vieille idée a si bien traversé les siècles, qu'elle reparaît dans le christianisme : Jésus est l'agneau pascal, qui est sacrifié au moment de Pâque et dont les fidèles, dans l'Eucharistie, se partagent sans cesse la chair et le sang.

34- L'usage de répandre le sang sur la porte et sur le seuil reflète une superstition de sauvages; comme les démons sont avides de sang et accourent à son odeur, les fidèles n'ont rien à craindre de leur gloutonnerie qu'ils satisfont à l'entrée. Même dans le culte raffiné dejahveh.lesang des animaux est interdit aux hommes: c'est la part du dieu.

35- A l'époque des Macchabées, on ajouta ou plutôt l'on adopta la fête de Purim, qui est censée célébrer la défaite d'Aman. Ce mot signifie « les sorts .»; on rappelait qu'Aman avait consulté le sort, pour savoir quand il donnerait suite à ses projets sanguinaires contre les Juifs. C'est une explication fabriquée, et d'ailleurs inepte, pour rendre compte du nom de la fête. En réalité, ce nom n'est hébreu qu'en apparence; c'est probablement celui d'une fête assvrienno, puhru. Esther et Mordekaï (Manloehée) rappellent de trop près les dieux babyloniens Istar et Manluk, pour que le

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