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TRIADES CELTIQUES

quelques textes font penser, en effet, qu’un rôle analogue était attribué à l’Hercule celtique, fondateur d’Alésia.

19. Les monuments nous font connaître des déessesmères, généralement groupées par trois, qui s’appellent Matres ou Matronae et portent des épithètes locales trèsvariées, celtiques ou germaniques. Elles répondent aux fées du folklore celtique, nom dont la forme latine, fatae, leur est quelquefois appliquée par les inscriptions.

20. Ce groupement de divinités par trois paraît avoir été familier aux Celtes. Nous avons déjà parlé ■d’Esus, Taranis et Teutatès, du dieu cornu entre Apollon et Mercure; sur plusieurs monuments on rencontre un dieu à trois têtes, identifié plus tard à Mercure, qui semble résumer en lui une triade. La triade était aussi une formule religieuse; ainsi Diogène Laërce attribue aux Druides ce triple précepte : « Honore les dieux, ne fais pas le mal, sois brave. » Le genre littéraire de la triade est très développé chez les Bretons du pays de Galles; les savants locaux, au xvme siècle, ont fabriqué de longues litanies composées de triades philosophiques et morales, sur quelques modèles qui leur étaient connus par la tradition. D’autre part, beaucoup de dieux gaulois formaient, avec des déesses, non pas des triades, mais des couples; ainsi Sucellus est associé à Nantosvelta, Mercure à Rosmerta, Borvo à Damona, Apollon à Sirona, Mars à Nemetona. Nous ne savons pas si ces déesses étaient conçues, dans la légende, comme les épouses, les sœurs ou les mères des dieux; nous les appelons prudemment leurs compagnes ou leurs parèdres.

LES CELTES OU GAULOIS

21. César dit que les Gaulois sont un peuple très superstitieux; pourtant, dans son récit de la guerre des Gaules, il ne fait aucune part à la religion. Librepenseur lui-même, il a, si l’on peut dire, laïcisé cette histoire; Camille Jullian a eu raison de réagir contre l’impression qui s’en dégage à cet égard.

22. Dans un passage célèbre (VI, 17), César nous apprend que les Gaulois ont, sur les dieux, à peu près les mêmes idées que les autres peuples; que leur dieu principal est Mercure, inventeur des arts et guide des voyageurs; qu’après lui ils adorent Apollon, guérisseur des maladies, Mars, dieu de la guerre, Jupiter, dieu du ciel, Minerve, qui préside à l’industrie. Ces assertions sommaires ne doivent pas faire illusion. César dit lui-même (I, 1) que les tribus gauloises diffèrent entre elles par la langue, les mœurs et les lois; il semble donc se contredire en leur attribuant un panthéon bien défini de cinq dieux. En outre, il est certain que l’identification de certains dieux gaulois aux dieux romains a été un résultat de la conquête et ne l’a pas précédée. César s’est exprimé très brièvement et a résumé, à l’intention de ses lecteurs romains, l’impression d’ensemble qu’il avait gardée des religions de la Gaule. Il trouva dans ce pays un grand nombre de dieux, analogues à ceux de la vieille religion romaine dont s’était dégagé, par sélection et sous l’influence de la Grèce, le panthéon romain. Indiquant et, par là même, provoquant une évolution analogue, il groupa les divinités sous cinq chefs principaux. Son exemple fut si bien suivi que, dans les inscriptions de la Gaule romaine, on trouve précisément ces cinq noms collectif.

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