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DIEUX GAULOIS ET DIEUX ROM 'INS

de dieux, suivis d’épithètes qui sont tantôt locales, tantôt caractéristiques de la fonction des dieux indigènes. Ainsi Mars paraît, dans les textes épigraphiques, avec 40 épithètes, Mercure avec 20, Apoll n avec 12, Jupiter et Minerve avec quelques-unes seulement. Dans les monuments figurés, Mercure se trouve beaucoup plus souvent que Mars. Ce dernier, représentant le groupe des divinités guerrières, était naturellement plus en honneur à l’époque de l’indépendance celtique; mais, dès le temps de César, la Gaule s’étant enrichie et calmée, Mercure, dieu du négoce, avait pris le dessus et son importance s’accrut d’autant plus sous la domination romaine, qu’il n’était pas suspect aux Romains. Le Mars celtique fut assimilé au Mars du Capitole, ce qui le rendait inofïensif, le romanisait, tandis que le bon Mercure est souvent représenté encore avec le caractère et le costume d’un dieu gaulois.

23. César a raison d’attribuer aux Gaulois un Apollon médecin : c’est le dieu des eaux thermales, dont le nom romain paraît associé à de nombreuses épithètes comme Bormo ou Borvo (le bouillonnant), G rannus (le brillant), Maponus (l’enfant), Toutiorix (le roi de la cité). L’Apollon du Norique (sur le Danube) s’appelle Belenus; les soldats répandirent son culte sous l’Empire comme ceux de Grannus, qu’adorait Caracalla en 215, et de la déesse équestre Epona.

24. On voit que les prétendus noms des dieux gaulois, dont on connaît plusieurs centaines, ne sont, en réalité, que des épithètes; si ces dieux avaient des noms, il faut croire qu’ils étaient tenus secrets.

176 LES CELTES OU GAULOIS

25. L’organisation de la religion gallo-romaine, sur le modèle du panthéon romain, fut un effet de 1 organisation politique de la Gaule et aussi de l’industrie des faiseurs d’images, qui se développa très rapidement. Des divinités spécialement romaines, comme Neptune, Vénus, Tutela, Concordia, s’introduisirent en Gaule; les marchands et les soldats y apportèrent des cultes étrangers, comme ceux d’Isis de Mithra, d’Attis, de Belos. Toutes ces religions étaient dominées par le culte politique de Rome et d Auguste, qui fut institué en — 12 au confluent de la Saône et du Rhône à Lyon. Le loyalisme des Gaulois, comme celui d’autres peuples conquis, s’affirma aussi par 1 addition du surnom d ’ Augustus aux noms de leurs divinités, par exemple dans la formule « consacré à Mercure Auguste » qui paraît souvent dans les inscriptions:

26. Alors que la Gaule cisalpine et la Provence avaient seules, avant la conquête, possédé des temples, la Gaule transalpine, dès le Ier siècle, se couvrit d’édifices somptueux, comme le sanctuaire de Mercure Dumias sur le Puy de Dôme, dont la statue colossale en bronze était 1 œuvre du Syrien Zénodore. Il est inutile d insister ici sur la religion gallo-romaine; les détails qui concernent son organisation, ses prêtres et ses fêtes sont du ressort des manuels d’antiquités.

27. Les Druides formaient le clergé national gaulois; on les trouve dans les Iles Britanniques et en Gaule, mais non pas dans la Gaule cisalpine, ni en Germanie, ni en Galatie. Leur nom paraît signifier o.ru-vid., le très voyant »>; l’étymologie qui le rattache

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