Les Druides avaient lemonopole des sacrifices
LES CELTES OU GAULOIS
tant publics que privés; ils étaient exclus du service militaire; ils jugeaient les contestations entre peuples et particuliers et excommuniaient ceux qui refusaient d’accepter leur sentence, en les excluant des sacrifices. Devins, magiciens, médecins, les Druides cueillaient le gui du rouvre, dont ils vantaient la puissance magique; ils attribuaient les mêmes vertus à nombre de plantes et à des oursins fossiles, qualifiés d’œufs de serpents (sans doute de serpents sacrés). Leurs opinions sur les dieux nous sont mal connues; les anciens les soupçonnaient de ne pas croire à ceux du vulgaire. S’il faut ajouter foi à un texte irlandais (i), d’ailleurs de très basse époque, les Druides racontaient que trois d’entre eux avaient créé le ciel et la mer, dont étaient issus les dieux; peut-être y a-t-il là une allusion à la puissance créatrice du sacrifice, analogue à celle que nous trouvons en Inde. Les Druides ont dû, anciennement, enseigner la métempsychose, doctrine qui se réduisit plus tard à celle de la migration des âmes vers une région sise à l’Occident; la mort n’était ainsi qu’un incident entre deux existences, et les Gaulois en étaient si persuadés, qu’ils faisaient des prêts remboursables dans une autre vie. Suivant la cosmogonie druidique, analogue, sur ce point, à celle des stoïciens grecs, le monde que nous habitons devait périr par l’eau et le feu.
30. Les Druides et les chevaliers forment, d’après César, les deux classes de la haute société gauloise ; la plèbe ne compte pas. Il parle souvent d’un Éduen,
(1) Revue archéol., 1878, 1, p. 384.