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LES DIEUX GERMANIQUES

les apaisent par des offrandes moins barbares. » Les chroniqueurs du moyen âge disent que le Mercure des Germains s'appelait Vodan, Woden ou 04m. Du reste, les noms assignés aux jours de la semaine son très significatifs à cet égard. L’usage de la semaine de 7 jours, désignés par les noms des planètes, était déjà général, sous l’Empire romain, à la fin du IIe siècle; les Germains l’adoptèrent au ive siècle, en substituant les noms des divinités germaniques à ceux des divinités romaines. Le mardi, dïes Martis, devint Tuesday en

anglais (jour de Tiu ou de Tyr, le Mars germanique);

l’allemand Dienstag se rattache à un surnom de ce Mars, Thingsus, que l’on trouve sur des dédicaces latines de soldats germains. Le mercredi, dies Mercurii, est en anglais Wednesday, jour de Woden; les Allemands disent Mittwoch, « le milieu de la semaine. » Le jeudi, Jovis dies, anglais Thursday, allemand Donnerstag, atteste que Thor ou Donar, le dieu du tonnerre, est identique à J upiter. Le vendredi, Veneris dies (Friday, Freytag), prouve que Freya a été identifiée à Vénus. Bien entendu, ces identifications sont des à peu près et ne nous éclairent pas beaucoup sur la nature primitive des dieux germaniques.

7. Dans les Eddas, Tyr-Mars est le fils d’Odin- Mercure; comme lui, c’est un dieu guerrier. Il faut remarquer que le nom de Tyr ( Tius en gothique, Ziu en haut-allemand) est étymologiquement identique au Dyaus sanscrit, au Zeus grec; c’est donc, à l’origine, le dieu céleste. Quant à Woden, son nom, analogue à celui du vent en allemand (Wind), montre qu'il était undieu du vent et sansdoute, plus anciennement encore

le dieu des esprits et le conducteur des morts, à la façon de l’Hermès psychopompe des Grecs. L’armée des esprits, conduite par Odin, parcourt les airs et le bruit qu’elle fait éveille l’idée d’une « chasse sauvage ». La nuit, quand souffle l’ouragan, le paysan dit encore que « la chasse sauvage court dans le ciel ». Odin est donc à la fois un dieu atmosphérique, nocturne et infernal. Si l’on se rappelle que, d’après César, les Gaulois se croyaient les descendants d’un dieu nocturne, assimilé à Pluton, il est difficile de ne pas établir un lien entre cette conception celtique et celle des Germains.

8. Dans un certain nombre de tribus, Tyr-Mars doit avoir eu le pas sur Odin-Mercure. Ainsi, Tacite (Ann., XIII, 57) raconte la fin d’une guerre entre les Hermundures et les Cattes; l’armée vaincue fut massacrée, en suite d’un vœu fait à Mars et à Mercure (remarquons que Mars est nommé ici en tête). De même, dans les Histoires de Tacite (IV, 64), les Tenctères adressent des actions de grâce kMars, « le premier des dieux ». Dans un grand pays qui n’était pas centralisé, qui n’avait encore ni clergé, ni littérature écrite, de pareilles divergences n’ont rien d’étonnant.

9. Au chap. XXXIX de sa Germanie, Tacite donne une description des cérémonies du culte de Mars. Il en place la scène chez les Semnons, les plus anciens et les plus nobles des Suèves. « Ils ont, nous dit-il, des délégués qui se réunissent à des époques marquées dans un bois vénérable (donc, pas d’édifices du culte, mais des forêts sacrées et des réunions cultuelles ayant un caractère politique). Nul ne peut entrer dans ce bois

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