LES DEESSES-MÉRES
15. L ci Preya germanique, épouse d’Odin, identifiée à Vénus dans le' nom du vendredi ( Veneris dies, Freytap), n’est probablement qu’une déesse de la fécondité, dont la Nerthus de Tacite et la prétendue Isis sont des désignations locales ou des épithètes.
16. Tacite a mentionné encore quelques dieux de second ordre, par exemple dans un bois sacré du Waldgebirge (Germ., XLIII) : « Le soin du culte, dit-il, est remis à un prêtre en habit de femme. Ce culte s’adresse à des dieux qui, dans l’Olympe romain, seraient Castor et Pollux. Point de statues, nulle trace d’une origine étrangère : mais ce sont bien deux frères, tous deux jeunes, qu’on adore. » Diodore dit aussi que « les Celtes des bords de l’Océan » (entendez les Germains) vénèrent les Dioscures. Un couple divin analogue existait en Gaule; les images des Dioscures romains, associées à des dieux gaulois, se voient sur un autel parisien du temps de Tibère. Le nom que Tacite donne aux Dioscures germains, Alcis, est encore inexpliqué.
17. On ne sait presque rien sur d’autres divinités germaniques comme la T an fana et la Baduhenna de Tacite, comme les nombreuses déesses-mères, aux noms barbares, que révèlent par centaines les inscriptions de la vallée du Rhin. Ceux de ces noms où paraît la lettre h sont certainement germaniques et non celtiques ; mais la conception de ces déesses, généralement groupées par trois, paraît originaire de la Gaule, où les fées jouent un grand rôle et d’où elles ont passé dans le folklore germanique.