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LES INDIGÈNES DE L'AMERIQUE

4. Le Pérou était moins avancé que le Mexique, parce qu’on y ignorait l’écriture; on correspondait à l’aide de quipos, cordelettes à nœuds de différentes couleurs. Cependant les Péruviens avaient fait des observations astronomiques ; ils possédaient des calendriers solaire et lunaire. Le gouvernement était tout à fait théocratique. La tribu dominante, celle des Incas, exerçait à la fois le pouvoir religieux et politique; le temple du Soleil ne s’ouvrait qu’à eux. Ils se donnaient pour ancêtres un couple civilisateur d’enfants du Soleil, Manco Capac et Marna Oello. L’Inca régnant incarnait l’astre du jour; c’était le pape du royaume solaire. Des couvents recevaient des filles nobles, épouses du Soleil, qui, pareilles aux Vestales de Rome, se consacraient à son culte. Ce culte était moins cruel qu’au Mexique; on immolait surtout des lamas domestiques et des oiseaux de proie. Ce qui subsistait de totémisme, au xvie siècle, était subordonné à la religion du Soleil.

5. Parmi les tribus encore à demi barbares du Mexique, de l’Amérique centrale, du Brésil, etc., les voyageurs, tant anciens que modernes, ont observé des usages et des croyances qui relèvent du totémisme ■et de la magie. Rien de plus curieux, pour ne citer qu’un exemple, que la magie de la prière chez les Indiens Huichols du Mexique : figurer les divinités est, à leurs yeux, un des moyens les plus efficaces de les prier ; on les prie rien qu’en parlant d’elles, en racontant leurs mythes; tout ex-voto déposé dans un temple est une prière, incorporée dans un objet matériel. Une autre tribu mexicaine, celle des Zuiiis, a fourni

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