MOIS K
<3e leurs oppresseurs, et entrèrent au désert sous la direction d’une nuée et d’une colonne de feu. La magie de Moïse leur permit de passer la Mer Rouge à pied sec, tandis que le Pharaon qui les poursuivait fut englouti avec son armée. Au désert, les Israélites commencèrent à murmurer, malgré la manne qui tombait du ciel pour les nourrir et l’eau que Moïse fit jaillir du rocher d’Horeb en le frappant. Arrivé au S inaï, Moïse y reçut les lois de Dieu, au milieu du tonnerre et des éclairs ; il les communiqua aux Hébreux, réunis au pied de la montagne, qui s’engagèrent à leur obéir. Là se place (20-23) une première esquisse de la législation. La fin du livre comprend des détails minutieux sur l’érection du Tabernacle, sorte de sanctuaire ambulant au centre duquel était l’arche d’alliance; la description est interrompue par le récit de la révolte des Hébreux qui se prennent à adorer un veau d’or et que Moïse fait châtier durement par ses Lévites. Puis le prophète qui, dans sa colère, a brisé les premières tables de la loi, est appelé sur le Sinaï avec de nouvelles tables où Dieu inscrit une seconde fois le même texte et confirme son alliance avec Israël. Enfin le tabernacle est dressé; Aron et ses fils sont revêtus de la sacrificature héréditaire pour y officier.
46. On a supposé, dès 1834, que le pays d’où émigrèrent les Hébreux n’était pas Misraim (l’Égypte), maisA/i/sri, une région de l’Arabie du nord. Toutefois, une stèle découverte en 1896 par Flinders Petrie semble établir que les Égyptiens, sous le régime de Menepbthah (vers 1300), dévastèrent le territoire d ’lsiraal -et châtièrent plusieurs villes de Chanaan. Des noms
HÉBREUX, ISRAÉLITES ET JUIFS
de tribus ressemblant à Joseph-el et à Jacob-el ( Isphal et Iakbal) figurent sur les listes de Thoutmès III comme ayant vécu en Palestine. Ces Joséphites et ces Jacobites étaient des Bédouins qui peuvent avoir été poussés par la famine en Égypte, bien accueillis d’abord et puis expulsés.
47. L’existence de Moïse ( Mosé , peut-être l’égyptien mcsn «enfant ») n’est pas démontrée par les livres bibliques qui lui sont attribués à tort; nous n’avons pas davantage le droit de la nier. Elle est et reste simplement douteuse. Aucune religion n’est l’œuvre d’un homme; maison ne peut guère concevoir l’essor d’une religion sans l’ascendant d’une volonté puissante, d’un génie comme Moïse, saint Paul, Mahomet. Moïse a pu être un adorateur de Jahveh.qui a fait triompher pour un temps le culte de son Dieu parmi les tribus soumises à son influence; il a pu être un homme d’État qui a groupé des tribus et les a enflammées de son enthousiasme. Quant aux détails de son histoire, ils sont mythiques. La légende de l’enfant abandonné sur les eaux se retrouve depuis la Germanie jusqu’au J apon, en passant par la Babylonie. Devant Pharaon, Moïse descend au rôle d’un vulgaire sorcier, armé d’une baguette magique, dont les exercices font sourire. Le passage de la mer à sec et la noyade de Pharaon sont des incidents romanesques, inconnus non seulement des textes égyptiens, mais des plus anciens
prophètes d’Israël. La promulgation de la loi au Sinaï
peut avoir un fond historique, si Jahveh était vraiment le dieu local de la montagne, le dieu du clan de Moïse (non un Dieu universel) ; mais qui, demande Wellhau*