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LES PROVERBES

de bandes devenu roi; mais cela ne fut possible que .longtemps après son époque, alors que les caractères de sa rude physionomie s’étaient effacés.

6j. Les Lamentations sont cinq petites pièces relatives à la prise de Jérusalem en 586. Faussement attribuées à Jérémie, elles ont été mises en français, sous ce nom, par Lefranc de Pompignan. D’où la célèbre épigramme de Voltaire : *

Savez-vous pourquoi Jérémie A tant pleuré pendant sa vie?

C’est qu’en prophète il prévoyait Qu’un jour Lefranc le traduirait.

65. Le livre des Proverbes se compose d’exhortations et de sentences morales, inspirées de l’expérience du monde et de la piété. Cette collection est due à plusieursauteurs qui se sont répétés et imités entre eux. L’attribution à Salomon résulte d’un texte du premier livre des Rois (5, 12). suivant lequel ce sage prince prononça 3000 mashnl; elle est contredite parle contenu même du recueil. Les Proverbes supposent un état de civilisation où il n’y a plus ni polythéisme, ni polygamie, ce qui convient seulement à la période de la Restauration. La personnification de la Sagesse (§ 8) est un trait tout à fait étranger aux écrits prophétiques et législatifs de l’Ancien Testament; elle laisse soupçonner une influence grecque.

66. Le livre de Job est un poème édifiant, avec des parties narratives en prose, qui a pour but de montrer

HÉBREUX, ISRAÉLITES ET JUIFS

•comment le juste doit savoir souffrir. Un homme riche et honoré. Job, est éprouvé par le Seigneur, qui permet à l’un de ses anges de lui enlever tous ses biens. Il se résigne et bénit Dieu. Le mauvais ange, dit l’Accusateur (en grec diabolos, d’où le nom du diable), insiste pour frapper Job dans son corps même, qui se •couvre d’ulcères; sa femme blasphème, mais Job ne l’imite point. Ses amis viennent le voir et restent muets devant sa misère. Alors Job, perdant patience, se répand en plaintes et maudit le jour où il est né. Les amis répondent qu’un tel malheur doit avoir été mérité et lui adressent des reproches qui l’exaspèrent; un autre personnage intervient, pour blâmer à la fois Job et ses amis. Enfin, la voix de Jahveh se fait entendre dans l’orage et glorifie l’intelligence qui gouverne le monde. Job se repent de son mouvement de révolte et Dieu lui rend tous ses biens, qu’il conserve, •avec la vie, pendant 140 ans.

67. L’importance attribuée à l’ange malveillant, •qui discute avec Dieu, suffit à prouver que ce livre appartient à une époque tardive, postérieure à l’Exil, où l'idée persane de Satan (Ahriman) s’était introduite •dans la pensée religieuse des juifs. D’autre part, le fond populaire de la légende est fort ancien, car, -d’abord, il est question de Job « le juste » dans Ézéchiel {14, 14) et, en second lieu. Job n’invoque ni ne reçoit de consolations fondées sur la croyance à une autre vie. Un grossier contre-sens de la Vulgate (19, 25) a fait croire que Job parlait de sa propre résurrection et de l’attente du Messie; mais il n’y a, dans ce passage obscur, que l’attente d’une réparation ter-

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