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LES CROISADES

ducs de Pologne au baptême; le pape Honorius ordonne une croisade contre les Prussiens, auxquels les Chevaliers teutoniques font une guerre d’extermination (1236-1283). Les Chevaliers Porte-glaive traitèrent de même la Livonie et la Courlande (1202-1230). Il fallut pourtant attendre la fin du xiv* siècle pour la conversion complète des Lithuaniens.

11. La pratique des pèlerinages aux pays de la Bible est antérieure même au triomphe du christianisme : c’est ainsi qu’Hélène, mère de Constantin, avait été à Jérusalejji. où l'on s’arrangea pour lui faire découvrir « la vraie croix ». La conquête de la Syrie par les musulmans rendit ces pèlerinages plus périlleux; les pèlerins revenaient en racontant avec émotion le triste état de la Palestine et les avanies qu’y subissaient les chrétiens. « Dans les extrêmes misères du moyen âge, dit Michelet, les hommes conservaient des larmes pour les misères de Jérusalem. » La papauté, d’accord avec le monde féodal, dont la guerre était la raison d’être, organisa alors vers la Terre Sainte ces grands pèlerinages armés qui sont les croisades (1096- 1291). Si elles coûtèrent des millions de vies, épuisèrent les ressources de l’Europe chrétienne, surexcitèrent le fanatisme, exaltèrent jusqu’à la folie le culte des reliques et des saints, provoquèrent l’abus et fe commerce des indulgences, elles eurent l’avantage de contenir la marée montante de l’islamisme, de renouer des relations régulières avec l'Orient et d’intro-

DE JUSTINIEN A CHAR LES-QUINT

duire par contact, dans la chevalerie occidentale, des idées un peu plus libérales que celles de la barbarie franque. Même les désastres des croisades ne furent pas inutiles, en éveillant dans les foules un germe de scepticisme sur l’efficacité de la protection divine et sur l’infaillibilité des conseils venus de Rome. Enfin, « la liberté, naturelle aux hommes , renaquit du besoin d’argent où étaient les princes. » (i)

12. En général, les Croisés, « malgré leur sainte entreprise, se conduisaient en voleurs de grands chemin. » (2) La première cohue, partie en 1095, celle que les Turcs détruisirent à Nicée, brûla, tua et pilla tout sur son passage. L’armée commandée par Godefroy de Bouillon massacra toute la population de Jérusalem (1098). La quatrième croisade fut détournée par l’astuce des Vénitiens vers Constantinople, et la prise de cette ville, abominablement ravagée, où l’église même de Sainte-Sophie fut le théâtre d’orgies sanglantes et sacrilèges, reste une tache sombre sur l’histoire du christianisme occidental (1204). « Ce

fut la première fois que la ville de Constantinople fut prise et saccagée par des étrangers, et elle le fut par des chrétiens qui avaient fait vœu de ne combattre que des infidèles. » (3) L’histoire n’éprouve quelque soulagement qu’au récit des malheureuses croisades de saint Louis vers l’Égypte et Tunis, où ce roi, médiocre chef d’armée, montra du moins de touchantes vertus de chrétien.

(1) Voltaire.

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