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LES TEMPLIERS

Les templiers ne faisaient pas seulement la guerre, mais la banque ; ils étaient devenus riches, quoique moins que les hospitaliers. Leurs biens tentèrent les princes et les papes. On les accusa de rites secrets, d’idolâtrie, de pratiques infâmes. Philippe le Bel, aidé par le pape Clément V, qui résista d’abord, fit arrêter en 1307 tous les templiers de France. Il les fit interroger par ses agents, qui usèrent de la torture pour extorquer des aveux, et les livra ensuite à l’Inquisition, dont il se servit comme d’un instrument docile. Les templiers avaient confessé mille turpitudes; mais, en dehors de France, là où la torture ne fut pas appliquée, ils protestèrent de leur innocence et, en France même, on observa ceci : deux templiers de commanderies différentes, torturés et interrogés par le même juge, avouent les mêmes crimes, tandis que deux templiers de la même commanderie, torturés par des juges différents, avouent des crimes différents. La fraude est donc évidente ; les confessions ont été extorquées et dictées. Il n’y a pas l’ombre d’une preuve que les templiers aient emprunté des rites idolâtriques ou des pratiques immorales aux Orientaux avec lesquels ils étaient en contact. Du reste, au dernier moment, ceux qui purent le faire rétractèrent leurs aveux; sur quoi on les déclara relaps et on les brûla vifs (1310). Le Grand-Maître Jacques de Molay.qui avait avoué sous la menace de la torture, se rétracta quatre ans après et périt sur le bûcher (1314). La persécution s’étendit aux autres pays de l’Europe : même en Angleterre, à la demande expresse du pape, on employala torture, qui a toujours répugné à l’esprit libre de ce pays.

DE JUSTINIEN A CHARLES-QUINT

L’ordre aboli (1312), les princes confisquèrent ses biens et en donnèrent une partie à d’autres ordres; la papauté réclama et reçut de riches dépouilles. Cette affaire est une des plus odieuses d’une triste période de l’histoire qu’admirent encore des ignorants et des fanatiques. Mais si la responsabilité du pape y est grande, celle de Philippe le Bel est plus lourde encore; le pape, « faible et domestiqué », fut le complice et non l’instigateur du roi. Philippe le Bel ne procéda pas avec moins de cruauté et de cynisme pour se débarrasser des juifs et des lépreux.

39. Le dogme de l’incarnation de Jésus-Christ était une pierre d’achoppement pour les intelligences. On crut se tirer d’embarras, dès le IVe siècle, parla théorie de V adoption. Dieu avait adopté Jésus lors du baptême du Jourdain. Cette théorie, voisine de l’arianisme, fut soutenue surtout en Espagne du temps de Charlemagne, condamnée par le concile de Ratisbonne (792) et réfutée par Alcuin (799). On en trouve cependant des traces dans l’enseignement d’Abélard.

40. Des tentatives vaines ont été faites pour attribuer au christianisme du ive siècle le culte de la Vierge Marie. C’est du Ve au vie siècle seulement, en Orient, que la mariolâtrie se dessine; on enseigne que Marie r. été portée au ciel par des anges, et l’empereur Maurice institue en son honneur la fête de Y Assomption (582), qui fut plus tard adoptée en Occident (vers 750). Depuis le xne siècle, çn France surtout, Marie est adorée comme mère de Dieu, presque comme déesse.

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